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N° 125
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1944 : naissance à Tissa
    1970 : lauréat de l'Institut national agronomique de Paris
    1972 : condamné à 15 ans de prison pour ses convictions marxistes léninistes
    1984 : libération et reprise d’activité professionnelle et syndicale
    2004 : président de l’AMDH et membre du bureau de l’UMT

Smyet Bak ?
Mohamed Ben Mohamed.

Très original. Et Amine, c’est qui alors ?
C’est moi. En fait, je m’appelais Sijelmassi jusqu’à l’âge de 11 ans. Après, il a fallu avoir un état civil. À l’époque, l’administration refusait de donner des noms qui renvoyaient à des localités. Pour mon cas, c’était Sijelmassa. Et je suis devenu Amine un peu par hasard.

Intéressant. Smyet mok ?
Saadia Bent Abdelouahed Benslimane.

Nimirou d’la carte ?
A 350 773.

Vous sortez de votre 7e congrès alors que l’association a 25 ans. En matière de tradition démocratique, on a vu mieux !
Disons qu’il y a 2 périodes dans l’histoire de l’AMDH. La première commence le 24 juin 1979, date du congrès constitutif jusqu’au 11 mars 1989, date du deuxième congrès en 10 ans. Ça, c’est la période trouble de la répression. De nombreux dirigeants ont été emprisonnés dans les années 80. Il fallait attendre leur sortie de prison pour reprendre notre activité. Mais, à partir de 1989 jusqu’à aujourd’hui, l’AMDH a tenu tous ses congrès conformément à ses statuts. Sans jamais enregistrer un jour de retard.

Ni aucune dissension, jusqu’au 7e congrès…
Nous sommes une organisation vivante, il y a beaucoup d’idées et donc toujours de la tension. Mais c’est la première fois qu’on a été surpris, vous avez raison, par le retrait collectif de certaines candidatures à la commission administrative, alors que nous sommes à l’apogée de notre activité et de notre puissance organisationnelle. Nous n’aurions pas dû accepter ces retraits. C’est une erreur. Le problème qui s’est posé est en relation avec la qualité de certaines candidatures. Sur 17 membres, 4 ou 5 avaient failli à leur mandat précédent. Ils ont cumulé plusieurs absences et devaient être considérés comme démissionnaires selon les statuts de l’association.

Pourquoi vous avez maintenu leurs candidatures alors ?
On a fermé les yeux, voilà. Nous n’avons pas appliqué le règlement intérieur de peur de nuire à l’organisation du congrès. Ces gens n’auraient même pas du être congressistes.

Vous croyez que sans l’article 19, la Constitution serait démocratique ?
Non. Pour être démocratique, la Constitution doit d’abord être élaborée par les forces vives du pays, et ne doit pas être octroyée. Elle doit être adoptée démocratiquement et son contenu doit être démocratique.

Joli, mais pas concret !
C’est pourtant simple. Le peuple doit être à la source du pouvoir. La Constitution doit affirmer les valeurs relatives aux droits humains, la séparation des pouvoirs et pas que les trois pouvoirs traditionnels, mais aussi le religieux et le politique.

Est-ce que l’AMDH est une association laïque ?
C’est la première fois qu’il y a eu débat sur la question d’affirmer la laïcité de l’association. Sur le principe, je crois que tout le monde est d’accord, mais nous avons décidé que le temps n’était pas encore venu pour affirmer la laïcité de l’AMDH. Ce qui ne nous a pas empêchés d’insister sur la liberté de croyance dans notre déclaration finale.

C’est très courageux, bravo !
Je pense que c’est une position qu’il faut mûrir. En plus, très peu de nos intellectuels ont le courage de défendre ouvertement la laïcité de l’État.

De qui avez-vous peur, des islamistes ?
Nous n’avons peur de personne, encore moins des intégristes. Notre position contre le projet sociétal islamiste est claire. C’est un projet anti-démocratique.

Sur 30 millions de Marocains, vous pensez qu’il y en a combien qui partagent vos préoccupations ?
Tout le peuple devrait se sentir concerné. Et c’est notre rôle, avec toutes les organisations démocratiques, que de sensibiliser à ce genre de questions.

Vous êtes combien à l’AMDH ?
6000 membres.

C’est tout ?
Vu la faiblesse de nos institutions, je crois que l’AMDH représente une belle exception. C’est une organisation montante, alors que les autres organisations stagnent quand elles ne régressent pas.

L’État, c’est un partenaire ou un adversaire ?
Les deux. C’est le premier responsable des violations et, en même temps, c’est un passage obligé…

…Qui a peut-être fini par vous avoir à coup de conseils et d’instances officielles ?
C’est une nouvelle difficulté, en effet. Jusqu’au début des années 90, les droits de l’homme ont été le fait d’associations. Aujourd’hui, nous sommes obligés d’expliquer aux citoyens que nous ne faisons pas partie du circuit officiel. L’amalgame est vite fait, malheureusement.

 
 
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