Hchouma !
Maroc 2010 : Est-ce encore possible ?
Société : Les naufragés de Lahraouiyine
Religion : À quoi servent les ouléma ?
Code de la nationalité : N'est pas Marocain qui veut...
Analyse : Le Makhzen et la catastrophe
VCD : Doublages à la marocaine
Coup de coeur : Mille mois (et idées de cinéma)
Manar l'Anar
Économie
Enquête
N° 126
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1966 : naissance à Casablanca
    1989 : major de promotion en littérature française
    1992 : directeur-adjoint du complexe culturel Sidi Belyout
    2000 : fonde l’association "À cœur joie lyrique"
    2003 : crée la "Moroccan Underground Federation"
    2004 : chargé de l’animation culturelle de la ville de Casablanca

Smyet Bak ?
Abdelaziz Abqari Amrani.

Vous êtes tous des petits génies dans la famille ?

Oui. Mon frère est directeur des ventes dans une multinationale, l’autre est ingénieur.

Tbark Allah. Smyet Mok ?
Rkia Abiri.

Nimirou d’la carte ?
BE 4 594

Je ne sais pas pourquoi, mais vous m’avez l’air louche …
Pourquoi ? À cause de la moustache ?

Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
Je travaille dans l’événementiel. Je n’aime pas utiliser le mot culture, tellement il a été galvaudé.

Je sais que vous avez été nommé "chargé de l’animation culturelle de Casablanca". Vous mettrez combien de temps avant de le regretter à votre avis ?
Je n’ai jamais encore rien regretté. On ne regrette pas quand on s’investit, quand on vit pleinement ce qu’on fait. Le travail que je fais me permet de rencontrer beaucoup de gens, de m’ouvrir sur de multiples expériences. Je suis, certes, souvent mis sous pression, mais cela a aussi son charme.

Oui, mais autant dire que ça commence plutôt mal pour vous. La ville vient, par exemple, de rendre payants les complexes culturels pour les activités qui s’y tiennent. Ce n’est pas très encourageant !
C’est une décision administrative qui a été mal interprétée. La preuve, les représentations et les spectacles continuent. Les complexes prélèveront désormais 15 % sur les entrées payantes. Il faut savoir que la mise en place d’une entité chargée de l’animation culturelle dans la ville permettra à tous les acteurs culturels d’avoir un interlocuteur direct qui parle leur langage. Il n'y aura plus de complexes plus actifs que d’autres. Notre objectif est le rééquilibrage des activités culturelles dans tout Casablanca.

Le service de l’animation culturelle est rattaché à la direction de l’hygiène. Quel est le parallèle ?
J’ai cherché et je pense que c’est la proximité du citoyen. À travers les services de salubrité publique et d’animation sociale et culturelle. Je crois que c’est ça.

Et moi je crois qu’en parlant comme ça, vous honorez votre nouveau poste de responsable local
Ce n’est pas de la langue de bois mais je réponds avec prudence. Le chantier est immense, je ne veux pas dévoiler toutes mes cartes. Je ne veux pas brusquer ni donner de moi l’image du messie qui va tout régler. Je veux d’abord voir venir.

Comment vous ferez pour animer une ville de 5 millions d’habitants ?
Le lendemain de ma nomination, j’ai pris un taxi pour visiter les quartiers périphériques de la ville. C’est une urgence, pour voir ce qu’on peut faire. Certes, on peut dire que ces gens ont besoin d’argent, de travail, etc. Et continuer à croire que la culture est faite pour les riches. Je dis que la culture n’est pas un luxe, c’est un besoin. Il faut à tout prix éviter les cités dortoirs. C’est un réel danger. L’idée pour Casablanca, et ce n’est pas nouveau, c’est un festival thématique qui s’inspire de l’identité de la ville.

À quand Casa capitale de la culture urbaine, alors ?
C’est une idée. L’objectif, c’est de vendre l’image de Casablanca, voire d’un Maroc différent, une manière de dire qu’il n'y a pas que le folklore. De mettre l’accent sur une population jeune, urbaine et moderne.

Vous avez la latitude pour décider de ça ?
Je ne décide pas. Je propose et j’argumente.

Vous savez ce qui peut arriver à Casablanca à un couple qui sort d’un concert à 1 heure du matin ?
Un couple, ce n’est pas suffisant comme indication. Un couple mixte, marié, à pieds ou en voiture…

Vous savez de quoi je parle, mais je vous réponds quand même. Soit le couple file 200 DH à un confrère véreux ou il se fait embarquer pour incitation à la débauche !
Les couples se font avoir. L’incitation à la débauche est clairement définie par la loi. Sinon, dans la rue, c’est le droit à la libre circulation.

Je vous parle de Casablanca, pas de New York !
J’irai plus loin que vous. Sans qu’il s’agisse de couples, au-delà de 21h30, c’est le couvre-feu dans la ville. On ne peut même plus se restaurer. Idem pour le transport et la sécurité. C’est un problème global.

Sinon, pour les couples, vous ferez quelque chose ?
Je vais en parler, c’est sûr, mais je ne peux rien décider parce que ça ne relève pas de mes prérogatives. Nous présenterons bientôt une vision globale de l’animation culturelle de la ville et tous ces problèmes seront abordés. Ce qui est normal puisqu’ils influent sur l’affluence vers les lieux culturels le soir.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés