Hchouma !
Maroc 2010 : Est-ce encore possible ?
Société : Les naufragés de Lahraouiyine
Religion : À quoi servent les ouléma ?
Code de la nationalité : N'est pas Marocain qui veut...
Analyse : Le Makhzen et la catastrophe
VCD : Doublages à la marocaine
Coup de coeur : Mille mois (et idées de cinéma)
Manar l'Anar
Économie
Enquête
N° 126
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Tu crois au Père Powell ?

Le Père Powell n’était
qu’un père fouettard (Photo AFP)
Colin Powell est une colombe du gouvernement américain… Nous, on est les dindons de la farce, de vagues peuplades braquées par les chars américains pour le bien-être des ploucs du Kansas et du Wyoming. Les va-t-en guerre qui entourent Bush, jugent que Powell est un demi-traître, coupable de n’avoir jamais montré d’enthousiasme exubérant à l’idée d’aller cafouiller lamentablement en Irak. Powell serait même, dit-on, le moins sanguinaire des ultras à qui l’on doit la destruction de Bagdad et le "nettoyage" du reste du pays, aplati comme une galette. Mais c’est un ultra quand même. Alors quand j’entends dire que Powell ne serait pas d’accord, au fond de lui, qu’il ne
reste au poste que pour neutraliser les faucons et les vrais crétins qui ont manigancé la pitoyable équipée irakienne, je ricane légèrement.
Colombe, Powell ? My eye ! Un homme qui n’est pas d’accord mais qui cautionne des horreurs sans nom est plus nuisible qu’un Terminator qui s’assume. C’est pas la charité bêlante d’une ganache américaine qui y changera quoi que ce soit.
Voilà, le vernis civilisé a craqué. Le Père Powell n’était qu’un père fouettard. C’est toujours dur à croire qu’un Noir puisse si servilement exécuter le sale boulot des Blancs. Faut croire que les Blacks américains qui arrivent aussi haut dans la hiérarchie ne sont que des nègres blancs. J’ai toujours eu la faiblesse de penser que les Noirs étaient naturellement du côté des peuples. C’est une connerie, je sais, mais est-ce qu’on se change ?
Le Père Powell est aussi naze que les autres. Il a les mains aussi ensanglantées que ses potes pâles. Et les Pâles sont profondément fichés dans la gouikra. La guerre diesel était en préchauffage. Maintenant, ça va turbiner. Vitesse de croisière, dix boys tombent chaque jour dans une steppe incandescente où ils n’ont rien à faire. L’Amérique est en sursis. Et la bonne conscience des citoyens américains a un coup dans l’aile : on torture du bougnoule dans les prisons en Irak. Les prisonniers, bronzés comme nous, damnés comme nous, métèques comme nous, sont promenés en laisse comme des chiens. Les tarées américaines du commandement de la prison se rincent l’œil en regardant de pauvres hères simuler des actes sexuels.
Que fait Bush ? Il regrette, tandis que le Père Powell se déclare outré. Pauvre cher. Vous êtes bien trop bon, m’sieur Powell. Faux nègre, faux frère, va.
Mon avis à moi, c’est qu’il faudrait dégommer l’Amérique en tant que puissance spécialisée dans la guerre chez les autres. Comment ? Pas compliqué. Le Maroc n’a qu’à demander à l’ONU d’organiser un référendum d’autodétermination dans chaque État pour lui accorder l’autonomie.
Notre malheur, à nous autres Marocains, c’est que nous nous sommes consciencieusement persuadés que les autres nous aiment autant que nous nous aimons, qu’ils veulent notre bien autant que nous le voulons. Réveillez-vous. Au nom de quoi est-ce qu’on nous aimerait ?
En ce bas monde, ça devrait être enseigné dans les écoles, c’est chacun pour soi, tous pour le plus riche, le plus fort. Y a que nous qui sachions retrouver le Maroc sur une carte. Pas le Père Powell.
Vous vous souvenez de Leïla, notre île, pour laquelle J.M. Aznar, rahimahou ‘llah, avait mobilisé une deuxième invincible armada, 40 sous-marins, 500 avions et la moitié de son armée de terre ? Vous vous souvenez bien qu’au-delà du bafouillage politico-militaire, on avait envie d’aller embrasser le sol de notre île et de revenir, justement parce qu’il y avait des dizaines de bouches à feu pour nous l’interdire ?
Eh ben, pour le Père Powell, Leïla n’était qu’une petite île "stupide". L'affaire avait été résolue, entre autres, grâce à des négociations menées personnellement par le Père Powell.
Dans un entretien au magazine GQ, le même Colin Black'n’White Powell évoque "cette petite île stupide dont j'ai dû m'occuper il y a un an et demi (…) Ce n'est même pas une île, c'est un rocher".
Pour le prochain drame, on essaiera de faire mieux, puisque vous avez l’air d’aimer les grandes surfaces, Powell, on jouera sur un terrain grand comme l’Irak, par exemple, rien qu’avec du sable, du sable à perte de vue, du sable à l’infini. Ça vous irait ?

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés