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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Années de plomb : Boukhari divise l’IER

Ahmed Boukhari (Photo AFP)
Les révélations de l’ancien agent du CAB 1, Ahmed Boukhari, continuent d’alimenter la chronique. Au sein de l’IER (Instance équité et réconciliation), à laquelle les écrits sont a priori destinés, la tendance est partagée entre ceux qui "approuvent" et ceux qui "désapprouvent". Le président, Driss Benzekri, et ses proches ont déjà eu droit, avant leur arrivée à l’IER, à de longues séances d’écoute avec l’ancien agent. Ils consignent désormais ses écrits diffusés quotidiennement par Al Ahdat Al Maghribiya. "L’IER pourrait se servir de ces écrits, nous rapporte une source proche du dossier, pour demander officiellement l’accès à certaines archives confidentielles de l’État marocain".
Sur un autre plan, la version de l’ancien agent sur certains volets importants de l’histoire du Maroc indépendant continue d’attiser la colère d’une frange de la classe politique. Étrangement, ni Archane, ni l’UC, et encore moins Aherdane, n’ont porté plainte pour le moment. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mahjoubi Aherdane, le leader du MNP et du pôle haraki (MNP, MP, UD) a menacé de retirer son parti du gouvernement, protesté auprès du CCDH, et porté l’affaire… devant Mohamed Bouzoubaâ, le ministre de la Justice. En pure perte. La réponse de Bouzoubaâ, d’après des sources sûres, a été claire : "Monsieur Aherdane, vous n’êtes pas ministre. Ce n’est pas à moi qu’il faut s’adresser pour demander réparation, mais aux tribunaux". Les écrits de l’ancien agent seront rassemblés dans un livre, qui paraîtra probablement avant la rentrée prochaine.


Funérailles de Assafi : Émouvantes retrouvailles

Les obsèques du poète Mohamed Ouadie Al Assafi, le week-end dernier à Casablanca, ont été l’occasion d’heureuses retrouvailles. Ainsi a-t-on vu, réunis autour de la même table, tout le gratin de l’USFP et des ong de droits de l’homme. Abderrahmane Youssoufi a été de la partie, lui qui s’est longuement entretenu avec Mohamed Bouzoubaâ. Abdelouahed Radi était aussi de la partie. Mais aussi Abdelaziz Benani, Chawki Benyoub, les dirigeants de l’AMDH et du FVJ, etc. Parmi la foule des célébrités qui a rendu visite au domicile des Ouadie Assafi, il y avait un certain Boudriq, octogénaire originaire d’Imilchil et ancien compagnon du défunt : "Nous avons fait le Corbés (centre de détention secrète à Casablanca) ensemble en 1973, mais lui au moins je le connaissais de vue. Nous étions enchaînés les uns aux autres, nous portions des bandeaux sur les yeux. Je suis incapable de reconnaître, aujourd’hui, tous ceux qui ont partagé mon calvaire 18 mois durant".


Maroc / États-Unis : Sans trop de diplomatie

Taïeb Fassi Fihri (Photo AFP)
"J'ôte mon tarbouche de diplomate et invite M. le congressman à mieux tenir compte des évolutions du Maroc en termes de réforme politique dans le cadre du Millenium Challenge Account (NDLR : système américain de notation des pays en matière de développement et de démocratie)". Portant l’habit traditionnel marocain, Taïeb Fassi Fihri s’est permis, dans un bref intervalle, de prendre ses aises, le vendredi 30 avril, lors d’une rencontre sur les relations maroco-américaines et les répercussions des accords de libre-échange. Organisé par le journal électronique marocain, lobservateur.ma, la table ronde a été moins convenue et alourdie par la langue de bois que d’autres de
même calibre, auxquelles prennent part des responsables de rang gouvernemental. La présence du gotha économique dans la salle y est certainement pour beaucoup. Tant mieux pour la communication.


Elyazghi / Sahara : Autonomie à l'espagnole

Le premier secrétaire de l’USFP, Mohamed Elyazghi, a défendu le concept d’un Sahara autonome, dans une interview accordée au quotidien Le Matin. Qualifiant le plan Baker de "solution optimale", et glissant au passage que Meziane Belfqih est bien le principal chargé du dossier, Elyazghi a émis le souhait que les provinces du Sud bénéficient d’une large autonomie à l’espagnole. Le dirigeant socialiste a aussi lié le règlement du dossier Sahara à l’évolution générale du royaume dans les années à venir, et qui pourrait passer par une réforme constitutionnelle : "Il faut prendre également en compte le processus que le royaume a engagé pour édifier une société démocratique et moderne (…). De même devrait-on s’inspirer des expériences des pays géographiquement et culturellement proches…".

 
 
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