Dure est la chute
| Samedi 15 mai, les larmes ont coulé à travers le royaume. La déception était à l'image de notre espoir d'organiser le Mondial 2010 : irrationnelle, démesurée. Inutile de traquer la magouille, il n'y en a pas eu. Ou plutôt : il n'y en a eu aucune à laquelle nous n'étions pas préparés. Pour mieux digérer la désillusion, rappelons quelle curieuse "démocratie" est la FIFA
et quel étrange personnage est son leader. |
|
Sepp Blatter : Un dictateur à lancienne
|
Sa décision pour l'Afrique du Sud
était claire dès 2002 (Photos AFP)
|
Le grand patron du football mondial a le poids politique dun chef dÉtat, et le poids économique dun président de multinationale.
En est-il digne ? Par Réda Allali
L'homme se présente lui-même comme le président dun État dont le gouvernement sappelle la FIFA, il aime sentourer dun lourd protocole. Il sappelle Joseph S. Blatter, Suisse de nationalité, et 68 ans au compteur. Depuis 1998, il dirige la maison FIFA, sans doute lorganisme international dont les |
|
décisions sont le plus craintes dans le monde. En comparaison, les résolutions de lONU font figure de sympathiques conseils de grand-père sénile. Pourtant, celui qui préside aux destinées de 240 millions de footballeurs affiliés nest pas au-dessus de tout soupçon. Retour sur sa trajectoire. Le grand public découvre le Suisse dans les années 90. Il est alors lombre du tout puissant Joao Havelange, qui lui délègue volontiers les tirages au sort des grandes compétitions. Ses talents de polyglotte, son amour des caméras et son goût des calembours transforment ces cérémonies austères en véritable shows. Après seize ans passés comme secrétaire général, il accède enfin au poste de président en 1998. Son premier mandat est marqué par laffaire Zen-Ruffinen. Son propre secrétaire général produit en 2002 un rapport de trente pages où il décrit en détail les pratiques de corruption et de malversation émanant du Suisse. Dans la même période, un journaliste britannique respecté du Daily Mail, Andrew Jennings, publie un livre-enquête dans lequel il éreinte sans équivoque Blatter. Pour combler le tout, le comité exécutif de la FIFA se rebelle et réclame un audit. Bien peu dhommes politiques se seraient remis dun tel tir groupé. Mais Blatter fait face. Il ny aura jamais daudit : le Suisse est réélu en 2002 face à son concurrent direct, le Camerounais Issa Hayatou, vire sans ménagement Zen-Ruffinen et impose le silence dans les rangs. Pour comprendre comment un tel scandale a pu laisser intact lorganigramme de la FIFA, il faut se pencher sur la philosophie des personnalités qui la composent. En grande partie, il sagit danciens dirigeants nationaux, tout heureux daccéder à un pan de pouvoir inespéré et, surtout, aux innombrables avantages financiers qui vont avec. Le tout, sans rendre de compte à personne. Imagine-t-on le votant des îles Tonga, qui siège au comité exécutif avec ses 23 collègues, devoir justifier son vote ? Aucune raison, donc, de soulever le couvercle de la marmite pour y exhiber au grand jour une cuisine douteuse.
Objectif Afrique du Sud
Mais pour battre lAfricain sur son terrain, Blatter a dû composer, promettant enfin lorganisation dune Coupe du monde et des projets à la pelle pour le continent noir. Dans son esprit, cest bien sûr lAfrique du Sud qui doit abriter lédition 2010, une décision claire dans sa tête dès 2002. Pourquoi ce parti pris ? Passons sur les soupçons de corruption, largement alimentés par les révélations de Jennings sur les pratiques du Suisse. Il y a une autre explication : lego surdimensionné de Blatter. On sait que lhomme rêve de marquer lhistoire du football, et il se dit même quil rêve à haute voix dun prix Nobel, rien de moins. Pour y parvenir, il est convaincu que laura de lAfrique du Sud et de ses trois prix Nobel - Desmond Tutu, Nelson Mandela et Frederik De Klerk - le servira. Dès lors que lobjectif est clair, la stratégie qui en découle simpose également. Blatter commence par favoriser une multitude de candidatures arabes, quil écartera plus tard à la veille du scrutin décisif. Il prend lui-même les rendez-vous pour Nelson Mandela, quand il nappelle pas directement les votants pour faire pression. Il coopte de nombreux Sud-Africains dans les commissions de la FIFA, comme celle consacrée à "Organisation de la Coupe du monde de la FIFA " (sic) ou dans la commission "Marketing et télévision".
Ses dons de manipulation nont pas de limite, comme le prouve sa gestion du cas égyptien. Rappelons que le Suisse avait artificiellement gonflé la candidature égyptienne pour contrer la marocaine, qui prenait trop dimportance à son goût. Comble du cynisme, il affirme après le scrutin que la présentation égyptienne était la meilleure, alors quelle na obtenu aucune voix. Par ces propos, il décrédibilise lidée même de présenter les dossiers devant la FIFA, puisquune "excellente présentation" ne sert à rien. Autre exemple, la candidature libyenne, présente depuis six mois sur son bureau, et quil rejette le matin du vote. Lidée de base était déviter de présenter trop tôt le vote comme un duel Maroc-Afrique du Sud - une réalité pourtant claire dès le début - et de laisser les candidats gesticuler de longs mois
En un mot, on brouille les pistes. Pire encore, le président de la FIFA a voté dès le premier tour pour lAfrique du Sud, au mépris de ses déclarations de neutralité et de lusage qui veut quun président ne sexprime quen cas dégalité. Passons encore sur les manipulations de la nuit du scrutin, décrite par ailleurs, et enfin, sur la comédie de louverture des plis, qui na berné personne.
Blatter, lautocrate
Intéressons-nous à lhomme. Pour réaliser son destin, il multiplie les propositions saugrenues. Nous avons eu droit au but en or, rejeté depuis par les footballeurs, qui ont également rejeté son idée dune Coupe du monde tous les deux ans. Il y a eu aussi sa tentative de Coupe du monde des clubs, conçue pour affaiblir la Champions league et qui a été reléguée aux oubliettes dans lindifférence générale. Dernier avatar du Suisse, la suppression du match nul, et ce pour toutes les compétitions. Son idée est dimposer les tirs au but pour tous les matches en cas dégalité. Le monde du football est partagé entre indignation et rigolade. Mais il y a plus scandaleux, la gestion de laffaire camerounaise. Rappelons que les "Lions indomptables" sétaient présentés à la CAN tunisienne moulés dans des maillots conçus en une seule pièce. Rien de choquant pour les spectateurs qui, dailleurs, navaient pas remarqué cette fantaisie. Malgré les injonctions de la FIFA, les Camerounais sentêtent
et finissent par récolter 6 points de suspension pour les prochaines éliminatoires de la Coupe du monde 2006, couplées avec celle de la CAN, assortie dune amende de 130.000 euros. Une sanction ahurissante de sévérité, qui pénalise surtout les footballeurs et les supporters, ces derniers ne portant aucune responsabilité dans cette affaire grotesque. Une décision prise par Blatter seul, qui na convoqué aucune commission pour entériner son choix. Derrière cette affaire aux relents de racisme (imagine-t-on la France amputée de six points sur 30 mis en jeu pour une affaire de maillots ?), il y a bien sûr des enjeux financiers : Adidas est sponsor officiel de la coupe du Monde, alors que léquipementier du Cameroun sappelle
Puma ! Voilà à quel niveau se situent les débats
Blatter a conçu la FIFA comme un système fermé où aucun recours nest possible, puisquil est explicitement mentionné dans les statuts quun recours en justice contestant une décision de la FIFA sera sanctionné sur le plan footbalistique. Pour contrer cela, cest Puma et non la fédération camerounaise qui attaquera la FIFA. Soyez certains que si cette action en justice a bien lieu, vous ne serez pas prêts de voir les Camerounais gagner un match en Coupe du monde, à supposer quils parviennent à sy qualifier.
Nous sommes donc bien devant une dictature à lancienne, avec un président autocratique et une structure aux ordres. Pour donner le change à lopinion mondiale, on y monte des simulacres de procédures, alors que tout se passe en coulisse. Un des responsables marocains a résumé le sentiment général de tous ceux qui se sont frottés à la FIFA en déclarant : "Si vous aimez vraiment le football, il vaut mieux ne pas fréquenter ces gens là". Cest à se demander si notre amour du foot est entre de bonnes mains
|
Reportage : La nuit où tout a basculé
|
Samedi matin, 11h30. Les officiels
marocains ne se font plus d'illusion.
Tout à l'heure, ils rentreront
sans la Coupe (Photos D.B)
|
Vendredi soir, Saâd Kettani dormait avec 13 voix en poche. Samedi, au réveil, il nen avait plus que 10. Chronique de deux jours plats et dune nuit mouvementée qui ne se répèteront pas avant au moins deux décennies. Par Driss Bennani
"Ramenez-nous la Coupe, cest tout ce quon vous demande". Cest à croire que les douaniers de laéroport Mohammed V se sont tous donné le mot ce jour là. Pas un uniforme bleu qui ne répète pas sa formule avec plus ou moins denthousiasme, avant de (gentiment) céder le passage aux membres de la |
|
délégation marocaine, qui assistera à lannonce du pays organisateur de la coupe du monde à Zurich. À bord de lavion affrété par la RAM, lambiance est plutôt bon enfant. Les officiels, installés en première classe, se laissent facilement aborder par les dizaines de journalistes du voyage. On y croit, sans plus.
Il est 18 heures 30 (heure suisse), quand nous arrivons à Zurich. Il fait gris et lourd. La ville est calme. Rien ou presque ne laisse penser que cest vers ce petit bout de terre que des millions de regards seront tournés dans deux jours. Le prince My Rachid est là depuis hier. Ce soir, il donne une réception
privée.
Vendredi matin, première petite déception. Il n'y aura pas dexpositions cette année. "Lors des précédentes éditions, explique ce journaliste sportif, les pays candidats aménageaient des stands pour présenter leurs candidatures. Une sorte de salon animé tout au long de la journée". Cette année, rien de tout cela. En tout, la FIFA a prévu une tente à lextérieur du World Trade Center de Zurich pour délivrer les accréditations à la presse et un centre de médias au fond dun couloir mal éclairé.
Au même moment, à lautre bout de la ville, Joseph S. Blatter posait, en grande pompe, la première pierre du nouvel "Home of FIFA", le nouveau siège de la fédération internationale. Grands absents, les Marocains. Aucun na fait le déplacement (tout le monde était pourtant invité), alors que Mandela y assiste personnellement, à la tête dune nombreuse délégation. Il est le seul à apparaître aux côtés de Blatter pour les photos de la cérémonie. LAfrique du Sud marque un premier point.
Il sera vite rattrapé par les marocains lors des présentations faites devant le comité exécutif de la FIFA, au siège de lorganisation, mis sous haute surveillance à partir de 13 heures. Pendant un peu plus de 45 minutes, les officiels ont défendu les chances marocaines. Le coup des "clés du royaume" na pas laissé indifférent. Dans le centre de presse du World Trade Center, les journalistes internationaux sont sous le charme. "Lidée est originale et courageuse", commente ce grand reporter britannique. Bientôt, cest au tour de la Tunisie
de se retirer de la course. Les 24 votants respectent quand même leur programme et se donnent une heure de pause (temps initialement alloué à la présentation tunisienne). Chance inespérée pour les nôtres puisque pendant plus de 50 minutes, on ne parlera que de leur présentation. Dans leurs correspondances, les reporters internationaux citent désormais le Maroc comme un sérieux challenger de lAfrique du Sud, qui est toujours donnée favorite.
Quelques minutes avant le début de la présentation sud- africaine, la délégation officielle marocaine arrive au World Trade Center. Sur lesplanade extérieure, le ton est festif. Alors que Kettani enchaîne les interviews, Hosni Benslimane converse avec les quelques journalistes qui lentourent. Le général est inhabituellement joyeux et se permet même de lancer des vannes à ses interlocuteurs. Jamais on ne la vu aussi déridé. Léquipe Maroc 2010 souffle un grand coup. "Nous ne pouvons plus rien nous reprocher. Maintenant, tout est entre les mains de la FIFA", lance lun deux. Jusquà la fin, les officiels marocains assisteront (au grand complet) aux présentations des autres pays candidats.
Le soir, ils donnent une réception au Mariott. Toute la délégation marocaine y est conviée. En tout, plus de 300 personnes entre artistes, sportifs et parlementaires. Ironique, un journaliste lancera : "Mais qui est donc resté au pays ?". Paradoxal, la plus grosse délégation (marocaine, donc) a aussi été la moins visible. Tout au long du séjour, les 300 artistes, sportifs et parlementaires sont restés enfermés dans leurs hôtels. Appréciez lexplication dun organisateur : "Ils sont arrivés en groupe, notre principal souci a été de les loger puis dorganiser leurs déplacements. Beaucoup nont pas daccréditations et ne peuvent donc accéder à aucun site". Ils auront au moins vu Zurich
Dans la salle, il y a le général Benslimane, évidemment. Nawal Moutawakil est là également tout comme les grands patrons du pays. Un seul manque à lappel : Saâd Kettani. Il arrive alors que la réception touche à sa fin, triomphal. Son entrée dans la salle est accompagnée dapplaudissements, dovations et de youyous lancés par les dames les plus en vue du royaume. Où était-il ? Il ne le dira pas : "Cest indiscret, voyons !". À moitié surpris par laccueil qui lui est réservé, il lance un assez révélateur "nous fêterons ça demain". En fait, expliquent des proches de Kettani, le chargé de la candidature marocaine revenait tout juste de chez le président de la Concacaf (États-Unis, Costa Rica, îles Tonga) qui lui aurait promis les trois voix de sa confédération. Résultat : Saâd Kettani était supposé dormir avec 13 voix en poche ce soir là. Ce quaffirmera dailleurs plus tard Ben Hammam, sexprimant sur une chaîne qatarie : "Sur le coup de minuit, le Maroc avait effectivement treize voix assurées".
Sauf quen fin de soirée, des bruits courent déjà dans les cafés du vieux Zurich où se retrouvaient les journalistes et membres des différentes délégations. Ce soir, Mandela aurait dîné avec Blatter. Karim, journaliste tunisien garde toute sa lucidité malgré les quelques verres consommés pour lancer : "Quand je regarde les Sud-Africains, je me rends compte dune chose, cest que ces gens sont venus célébrer une victoire. Blatter fera tout pour tenir la promesse quil leur avait faite il y a quelques années".
Samedi matin, les Marocains ont la gueule de bois (ça na rien à voir avec la virée au vieux Zurich). Le réveil est difficile. Le jour J était enfin arrivé. Les premiers pronostics fusent dès le petit déjeuner. Tendance générale : un premier tour qui élimine lÉgypte, et un second dont lissue ne sera pas sûre. Peu avant neuf heures, les calculs sont bouleversés par les infos en provenance du siège du domaine réservé de S. Blatter. Le vote a pris moins dune heure. Il n'y a donc eu quun seul tour. Cest mauvais signe. Pourquoi, alors que Kettani était assuré davoir 13 voix, quelques heures auparavant ? La réponse est très simple, les mêmes membres de la Concacaf (et dautres, selon certaines versions) ont été reçus par Mandela le soir même. Ils auraient changé de camp.
La délégation sud-africaine sera la première à arriver à la grande salle du World Trade Center, lieu de la conférence de presse, tous coiffés dun casque de chantier, drapés des couleurs sud-africaines et soufflant dans des trompettes colorées. 11 heures 20, une dépêche donne, sur un ton prudent, lAfrique du Sud gagnante.
La délégation marocaine arrive en dernier, vers 11 heures 30. Les traits sont graves. Les officiels marocains subissent les fouilles à lentrée, comme tout le monde. Des larmes ont même déjà coulé sur certaines joues.
Karim, le journaliste tunisien, réussit à interviewer Kettani mais ne semble pas satisfait de son entretien : "Il est dérangé, je ne lai jamais vu aussi pessimiste. Il na pas répondu à mes questions. Au lieu de cela, il sest mis à remercier tous ceux qui ont soutenu ou encouragé la candidature marocaine".
Midi, on installe les invités de la FIFA. Des anciens joueurs ou des responsables de fédérations nationales. Beaucoup portent les pins sud-africains. À tout Mandela tout honneur, toute la salle est debout quand lex-président fait son entrée dans la salle
avec plus de 10 minutes de retard. Cest le secrétaire général de la FIFA qui sen excusera. Blatter fait une entrée pour le moins spectaculaire et essaie de faire durer le suspense
pour le plus grand bonheur des Sud-Africains. Le petit carton quil fait sortir de son enveloppe déchaîne les foules du pays de Mandela. Les Marocains, qui sy attendaient pourtant, sont abattus. La délégation officielle se retire dans une salle à côté. Beaucoup pleurent à chaudes larmes. Jusquà la lecture du (terrible) mot "South Africa" sur le petit carton de Blatter, tout le monde y a cru. Un peu, beaucoup.
La Concacaf a donc changé de camp. Blatter, qui a longtemps promis de ne pas le faire, a fini par voter pour minimiser les risques. Résultat : 14 - 10. Sans appel.
Les membres de la délégation marocaine mettront du temps pour sortir de la salle et parler à la presse. Dans les couloirs du World Trade Center, Kettani qui se dirigeait vers le plateau de 2M, reçoit un coup de fil. Cest le roi. Kettani semble acquiescer par des "naâm a sidi", Mohammed VI semble le consoler. Le mot du roi est clair, il sera dailleurs présent dans toutes les déclarations : "Le Maroc poursuivra ses programmes de développement avec ou sans Coupe du monde". Ce sera sans. |
Hommage : Léquipe Maroc 2010 a mouillé le maillot
| En huit mois, notre candidature a connu une remontée spectaculaire. Dans le cur des Marocains, tout dabord, qui exprimaient en 2003 - via un sondage des plus sérieux - 90% dopinions sceptiques, voire hostiles à lidée de présenter notre dossier. La veille du scrutin, lopinion était corps et âme acquise à notre dossier. Deux facteurs majeurs pour expliquer ce retournement de situation : la bonne performance des Lions de lAtlas et lexcellent travail de léquipe Maroc 2010. Chez les votants également, nous sommes passés de 2 voix en 2006 à 10 en 2010, grâce au travail de la même équipe. Il faut donc rendre hommage aux Mhammed Zghari, Youssef Bencheqroun, Mohammed Boutaleb, Lamia Boutaleb, Farida Jirari, Ismail Douiri, Bachir Thiam et Saâd Kettani. Limpact de leur travail a largement dépassé le cadre du football. Ils ont tout simplement fait rêvé un pays, construit un projet qui relevait plus du cabinet dun Premier ministre que dun dossier de candidature. Pour les avoir fréquentés de longs mois, nous pouvons témoigner de leur sérieux et de leur professionnalisme. Lexpérience accumulée ne devrait pas rester inexploitée, puisquon parle avec insistance de Youssef Bencheqroun, ingénieur des ponts et chaussée de son état, comme futur directeur général de la Fédération royale marocaine de football. Une bonne nouvelle. R.A |
Et après
: Le football marocain en profitera-t-il ?
| L'aventure Maroc 2010, malgré léchec final, aura au moins permis à tout le monde de mesurer lextraordinaire impact du football dans notre pays. Pourtant, après cette belle envolée, le risque est fort de voir retomber toutes ces belles promesses, et de retourner ainsi à la triste réalité de notre morne championnat. Le programme des trois stades en chantier (Tanger, Marrakech et Agadir), nous dit-on, sera achevé, même si les capacités devraient être revues à la baisse, suite au refus de la FIFA. Des stades, donc, mais pour quoi faire ? Sans un véritable programme de relance de notre championnat, ces stades resteront vides. Un programme de relance qui, pour être efficace, doit commencer par une restructuration des clubs. Car ce sont bien les clubs qui font la qualité dun football et non les fédérations
Cest le Real ou Valence qui font la grandeur de lEspagne, la fédération espagnole nétant là que pour gérer les affaires courantes. Or, chez nous, les clubs manquent cruellement de dirigeants de qualité, ce qui est logique, puisquils non rien à gagner à se lancer dans laventure. Aujourdhui, les clubs marocains sont conçus comme des associations, ce qui exclut tout investisseur. Si demain, le WAC était à vendre, soyez certain que les repreneurs se presseraient, puisquils seraient enfin patrons dune structure qui, aujourdhui, se contente de leur réclamer l'argent. Une réforme des statuts nécessaire, donc. Urgente, même ! R.A |
|