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N° 128
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



Antécédents

    1952 : naissance à Ksar Lkbir
    1991 : coordinateur de la défense de Amaoui
    1996 : démissionne de l’USFP
    1998 : coordinateur de l’association de soutien de l’Irak
    2004 : avocat de Saddam Hussein

Smyet Bak ?
Ahmed Soufiani.

Smyet Mok ?
Kenza Bennis.

Nimirou d’la carte ?
A 176 335.

Bien, c’est la deuxième fois que vous passez nous voir. Vous savez

pourquoi vous êtes là ?
Je suis accusé de défendre le président Saddam Hussein.

Vous voulez dire l’ex-président ?
Non, je dis bien le président irakien. Mais, c’est effectivement un ex-président selon la logique de l’occupation et de Bush. Pour moi, rien n’a changé tant que le peuple irakien n’a pas encore choisi son nouveau président.

Parce que Saddam a été choisi par le peuple irakien au départ ?
Si on exclut les monarchies qui sont héréditaires, aucun président arabe n’est issu de la volonté populaire. À une exception près, celle du Liban.

Vous défendez Saddam en tant qu’avocat ou en tant que militant panarabiste ?
Les deux. Le procès de Saddam Hussein pose plusieurs problèmes. Le premier est de savoir si George Bush, en tant que chef d'une force d’occupation, a le droit d’arrêter Saddam et de le juger. Ne faut-il pas plutôt (ou aussi, dans ce cas) juger les présidents américain, britannique et israélien pour les crimes qu’ils perpètrent et auxquels nous assistons chaque jour à la télévision ?

Qu’est-ce qui vous empêche de les poursuivre en justice, dans ce cas ?
C’est en cours. Nous sommes plusieurs organismes internationaux à préparer un dossier complet sur les crimes perpétrés par les armées de ces États dans différents pays. Nous comptons les poursuivre pour crimes contre l’humanité. Sinon, vers la fin du mois, nous comptons organiser un procès populaire à Rabat en marge des travaux de l’Union des avocats arabes.

Il n'y a que des Arabes dans les organismes dont vous parlez ?
Non, il y aura aussi des Occidentaux. Les vidéos de torture que nous avons vues sont suffisantes pour condamner tous ces gens à la peine capitale.

Vous êtes sérieux ?
Oui, malgré le fait que je sois contre la peine de mort.

Sans blague !
Quand j’y pense, je trouve que les pratiques de ces gens nous transforment en êtres sadiques. À force de visionner autant d’horreur, vous finissez par perdre votre humanisme. C’est dingue. Ils se sont permis tellement d’horreurs et de massacres que je me demande ce qui pourrait bien les arrêter. Ou les empêcher de s’attaquer à des symboles comme la Mecque, Al Qods ou Médine.

Certainement pas vous en costard au Hilton, appelant à un procès populaire…
C’est une manière de militer aussi. Il faut bien faire quelque chose.

Vous faites partie des 20 avocats dans le monde contactés par la femme de Saddam pour le défendre. Vous êtes donc si intimes ?
Non, nous ne nous sommes même jamais vus.

Pourquoi vous alors ?
Parce que je m’appelle Khalid Soufiani.

Et modeste, avec ça…
Ce n’est pas ça. Je suis membre de plusieurs instances arabes et internationales. J’ai toujours milité pour les causes arabes et au fil des années, j’ai pu me faire une bonne réputation en Orient. Mon nom n’est pas étranger aux gens du Moyen-Orient.

C’est un personnage que vous admirez, Saddam ?
En tant que militant nationaliste qui a tenu tête aux Américains. Je n’oublie pas sa position lors du conflit au Sahara, quand il est resté le seul leader arabe à soutenir le Maroc. Ni avec les Palestiniens lorsqu’il versait 25.000 dollars à chaque famille de martyr. Je suis évidemment contre sa dictature et ses méthodes, mais force est de reconnaître que c’est l’un des rares leaders arabes à avoir autant fait pour son pays au niveau de l’infrastructure, de l’économie ou de l’éducation.

Vous êtes toujours à Fidélité à la démocratie ?
C’est une question qui n’a rien à voir avec Saddam.

Et alors ? J’en conclus que vous êtes en froid ?
Vous ne concluez rien du tout. Je ne veux pas vous répondre.

Ça vous flatte à quel point de défendre Saddam ?
J’ai déjà été coordinateur de la défense de Amaoui, ça ne m’a pas flatté. C’est une responsabilité. Des causes auxquelles je crois. À l’âge de sept ans, lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais avocat. J’ai toujours aimé défendre les intérêts des gens.

Attention, il y a une auréole qui va apparaître au-dessus de votre tête !
Non, j’ai aussi mes défauts. Ceci étant dit, tout ce que je fais, c’est par conviction.

 
 
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