Amin Maalouf : À la recherche des origines perdues
| Depuis quil a eu la possibilité de quitter le journalisme en 1983 et de vivre de ses écrits littéraires, Amin Maalouf régale ses lecteurs. Son goût pour le patrimoine enfoui dans les livres jaunes (Léon lAfricain), sa capacité à redonner vie à des mythes séculaires (Le rocher de Tanios) et à faire déambuler la mémoire dans un voyage dans le temps et lespace (Samarcande) a fait de lui lun des romanciers les plus exquis de sa génération, traduit en trente-sept langues. Avec Origines, Maalouf le Libanais puise dans les secrets de famille pour nous servir la saga dune diaspora qui parvint jusquà la Havane. Le tout est déclenché par la mort dun proche, occasion exceptionnelle pour replonger dans les archives du grand-père et découvrir, au détour dune discussion aux funérailles, que Gabriel avait un frère, Théodore, qui a émigré à Cuba et nest plus revenu depuis. Lauteur, gardant longtemps ses distances |
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avec lhéritage familial, se lance dans un périple où la lecture de documents déterrés le conteste à la rencontre de parents étrangers. Avec une maestria qui permet à lauteur de rester tout le temps à mi-chemin entre le traqueur méticuleux de vérités et lindividu émerveillé par limmensité de sa communauté. Au-delà de sa propre famille, Maalouf restitue là le caractère exceptionnellement universaliste, transfrontalier et lettré des Libanais. Un hymne à louverture et au dépassement de soi.
Origines, A.Maalouf, Éd. Grasset
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Original : Mémoires dun fonctionnaire
Ahmed Meskine est un fonctionnaire, statisticien, quinquagénaire. Il est un tantinet plus dynamique que la masse des administrateurs qui végètent dans les ministères et les bâtiments délabrés de la fonction publique. Il a même un site quil doit à lingéniosité de son fils. Ce décalage, salutaire pour se singulariser dans une société, lui donne suffisamment de distance pour écrire. Il en ressort des mémoires en arabe, où il ironise et sapitoie sur les préoccupations quotidiennes du fonctionnaire moyen : le salaire qui est bouffé le 15 de chaque mois, les primes quon guette sans forcément les mériter, les congés quon collectionne sans travailler entre temps, le jeu du hasard dans lequel on senlise pour rêver dune meilleure solde, la corruption qui gangrène partout, etc. Bref, dans un style narratif fluide et avec des dialogues à la limite du surréalisme, lauteur nous propose le guide dune déchéance quotidienne.
Yawmiat Mouaddaf, A. Meskine (20 DH)
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Parution : Poétesse bilingue
Hafsa Bekri-Lamrani fait partie de ces professeurs, écrivains à temps partiel, qui simposent par la force de la régularité. Écrivant autant dans sa langue professionnelle, langlais, que dans sa langue passionnelle, le français. Avec un mélange de doute romantique, démerveillement timide, dobsession langagière, la poétesse tisse des vers pour communiquer ce que ne saurait contenir son corps : des sentiments, de tendresse ou de colère, des besoins de rêve ou de vie, et surtout des mots, dont elle adore la tonalité et caresse la fragilité. Cest tout cela, Hafsa, une femme frêle et forte, toujours prête à braver les mélanges, à pervertir les alliances convenues. En poésie, le geste est tendre, imperceptible, mais imparable en même temps.
Tendresse et autres lumières, suivi de Sparks of life, H. B-L, Éd. Aïni Bennaï (40 DH)
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