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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Grève à la RAM : Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Malgré la grève, 85 % des vols
ont été assurés (Photo D.R)
Pilotes en grève, licenciements douteux, manque d'effectifs, la guerre au sein de la RAM est désormais ouverte. La direction aura-t-elle le dernier mot ?


Le moins que l’on puise dire, c’est que les rapports entre la RAM et ses pilotes de ligne ne sont pas au beau fixe. Ces derniers ont décidé de faire grève du jeudi 27 au lundi 31 mai pour "protester contre le licenciement abusif qui a touché six de nos collègues", insiste le secrétaire général de la l’Association marocaine des pilotes de lignes (AMPL). L’arrêt de travail a été
ordonné pour un week-end, soit à une période de fort trafic même si du côté du management, le ton est rassurant : "Pour une grève sans préavis, nous avons réussi à maintenir le taux d’acheminement des passagers au dessus de 85 %". Le bras de fer est engagé, et les affrêtements d’engins effectués par la direction des vols, ne fait que colmater les brèches. Pour le secrétaire général de l’AMPL, "il faut revenir au 1er avril 2004, date à laquelle les pilotes ont décidé de manière unilatérale d’appliquer les protocoles d’accords les liant à la compagnie". Cela donne des pilotes qui refusent de faire 2 vols de nuits successifs, une rotation de plus de 3 nuits et un congé mensuel pour seulement 10% des effectifs. Pour calmer les esprits, la RAM déjà en sous-effectif, "s’est engagée à intégrer 8 des 20 stagiaires attitrés de la compagnie, avec au passage la promesse de faire le point avec l’Association sur la retraite des pilotes". Il n’en a rien été, et "la compagnie a démarré les hostilités en prétextant des fautes professionnelles pour licencier 6 pilotes de ligne", indique l’AMPL.
Dans la bouche de la direction de communication de la RAM, la version diffère nettement : "Ils sont 7 et non 6 pilotes à avoir été licenciés et la tension remonte au mois de mars et non avril". Le septième pilote, dont le cas n’est pas évoqué par l’AMPL, "a fait scandale en Allemagne en se faisant attraper avec un taux d’alcoolémie dangereusement élevé", confie un responsable de la société. Pour les six autres cas, la trame est la même, mais les conclusions sont différentes. Ainsi, quand deux pilotes refusent de loger dans un hôtel de Nador, l’AMPL invoque "l’application stricte des normes convenues" tandis que la RAM évoque un refus d’obtempérer "d’autant plus inexplicable que le même hôtel a toujours accueilli les pilotes sans incident majeur". De la même façon, lorsque 3 pilotes refusent de procéder à des changements de vol parce qu’ils n’ont pas été informés 24 h à l’avance, comme le prévoit le règlement, la direction y voit une indiscipline qui ne correspond pas à la réalité des conditions de travail. Dans les deux cas, le dernier mot est revenu à la direction qui a licencié les mis en cause. Un cas demeure cependant inexplicable. "Le 2 mai 2004, un commandant de bord a été tenu pour absent alors que l’avion qui le ramenait vers Casablanca a été empêché d’atterrir à cause d’un tempête de sable et que des remplaçants s’étaient manifestés pour assurer sa relève", explique t-on à l’AMPL pour illustrer l’acharnement de la direction. La crise a un coût, et des chiffres sont attendus en cours de semaine prochaine.


L'essentiel

Terre agricole : Une loi pour le partage

Plus de 20.000 hectares de terrains agricoles domaniaux seront cédés à leurs exploitants actuels, suivant une procédure administrative simplifiée. C’est ce qui ressort de la lecture d’un projet de loi soumis au dernier conseil du gouvernement. Les agriculteurs concernés sont ceux qui ont bénéficié de l’attribution des terres domaniales avant 1996. Cependant, le projet de loi favorise aussi l’accès à la propriété pour certaines catégories socioprofessionnelles telles que les cadres et techniciens titulaires de diplômes en agriculture. Ces derniers devront disposer de terrains domaniaux vacants à la condition de résider dans la commune pour une durée de 5 ans et d’avoir un faible revenu.

Méditel : Des résultats maigres

Méditel, l’opérateur privé de téléphonie mobile, a clos son année fiscale 2003 sur un résultat de lancement de son réseau à plus de 7,5 milliards de dirhams. À côté du pessimisme financier, les comptes d’exploitation de la société se sont améliorés. Durant l’année 2003, le chiffre d’affaires s’est stabilisé à 3 milliards de dirhams pour un parc qui dépasse les 3 millions de clients. À titre de comparaison, Maroc Telecom, opérateur historique de la téléphonie mobile et acteur monopolistique de la téléphonie fixe, a réalisé durant l’année 2003, un chiffre d’affaires cumulé de 15,2 milliards de dirhams, soit 3,5 % du PIB.

Pêche illégale au Poulpe : L’impôt par-dessus bord

Le poulpe, c’est l’or blanc de la mer. Ceci vaut pour les pêcheurs, mais pas pour l’administration, même si au demeurant tout le monde y gagne. Explication. Le 15 mai dernier marquait la fin de la période de repos biologique. Pour limiter les dégâts, le ministère a limité l’autorisation de sortir en mer à 100 bateaux. Mais, il a oublié d’en dresser la liste nominative aux autorités chargées du contrôle. Résultat : Les 300 bateaux que compte la flotte hauturière ont quitté les ports avec en surprime un différé de la taxe sur la licence "en raison de la durée prolongée du repos biologique 2003-2004", lit-on dans une circulaire en date du 23 avril. Pour le ministère, cela revient à jeter de l’impôt par-dessus bord, puisque chaque sortie en mer permet de recueillir 100.000 DH en moyenne.

 
 
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