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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

États-unis : Un scénario mal ficelé

(Photo AFP)
Face au feu nourri des attaques américaines comme étrangères, George W. Bush tente de sortir de son isolement. Mais il ne convainc personne. Par Laetitia Grotti


Plus de 5500 Irakiens et plus de 800 soldats américains tués depuis le 1er mai 2003. L'hypothèse d'un scénario à la vietnamienne se confirme de jour en jour, le scandale et l'indignation internationale suscités par la diffusion des tortures éclaboussent chaque jour un peu plus l'administration américaine. Les États-Unis sont embourbés en Irak et les
Américains ne savent plus très bien pourquoi. Conséquences : jamais les sondages n'ont été aussi défavorables au candidat Bush depuis son élection. Ses concitoyens aimeraient bien savoir s'ils sortiront un jour de Mésopotamie et comment. Surtout que les déclarations des plus hauts gradés américains, généraux en retraite ou en exercice n'ont rien pour les rassurer. "Je crois que nous sommes absolument au bord de l'échec", estimait pour sa part le général Joseph Hoar, devant la commission des affaires étrangères du Sénat. De son côté, l'un de ses successeurs, le général Anthony Zinni, qualifiait l'opération "Liberté pour l'Irak" de "mauvaise guerre, au mauvais moment, avec la mauvaise stratégie". Les démocrates, dont la plupart rappelons-le, avaient voté en octobre 2002 le principe de l'emploi de la force contre Saddam Hussein n'hésitent plus à faire entendre des voix dissonantes, sans peur d'être taxés de traîtres ou d'alliés objectifs des terroristes. Ils demandaient, avant l'intervention télévisée de lundi, au président Bush "un plan qui puisse prouver aux alliés et aux Irakiens que les États-Unis ont une stratégie". Et l'on doute que le processus politique présenté par Bush junior devant mener à la prise de pouvoir, le 1er juillet à Bagdad, d'un gouvernement irakien, ait convaincu grand monde. De même que le projet de résolution, présenté par Londres et Washington à l'ONU pour légitimer cette transition politique. Plutôt que d'apporter des réponses rassurantes, le projet américain soulève de nombreuses questions, dont celles des relations entre le gouvernement irakien et les forces étrangères ; ou encore de l'autorité qu'aura ce gouvernement sur les forces de sécurité irakiennes. Ainsi, le projet de résolution se borne à indiquer que le mandat de la force multinationale "sera revu au bout de 12 mois ou à la demande du gouvernement irakien". Cependant, l'élément nouveau dans ce débat est que Tony Blair, qui ne s'était jamais exprimé aussi clairement sur le sujet, ait défendu mardi, lors d'une conférence de presse, une interprétation du projet de résolution qui va très au-delà de la conception qu'en a la Maison Blanche. "S'il faut prendre une décision politique sur le fait d'intervenir dans un endroit comme Fallouja et sur les moyens d'une telle intervention, cette décision doit être prise avec le consentement du gouvernement irakien et le contrôle politique doit rester en dernier ressort au gouvernement irakien", a ainsi déclaré le locataire du 10 Downing Street avant d'ajouter en forme d'avertissement : "Le transfert doit être réel et sincère". À voir.


Grande-Bretagne : Quel sort pour Abou Hamza ?

Les États-Unis ont émis le souhait, la Grande-Bretagne est passée à l’acte. Il n’en fallait pas plus pour que l’imam britannique d’origine égyptienne, Abou Hamza Al-Masri soit mis "hors d’état de nuire". La police britannique l’a interpellé très tôt dans la matinée du 27 mai 2004. Le désormais ex-imam de la mosquée du quartier londonien de Finsbury Park était dans le collimateur des USA et faisait l’objet d’une demande d’extradition de la justice américaine au lendemain du 11 septembre. Sous le coup, aux États-Unis, de onze chefs d’inculpation, notamment prise d’otages et incitation à la violence et à la haine, Abou Hamza y est passible de la prison à vie. La Grande-Bretagne n’accorde en effet d’extradition qu’à la condition que le pays demandeur accepte que la peine de mort ne soit pas infligée à l’accusé. D’ici la fin de sa détention, le 3 juin prochain, les responsables américains devront revoir les sanctions prévues pour Abou Hamza. Reste à espérer que Londres tiendra tête à Washington.  A.M


Tunis : Le coup de Kadhafi

Décidément, Mouammar Kadhafi aime le spectacle… Le colonel s’est tout simplement retiré de la séance inaugurale du sommet de Tunis, samedi dernier, en reprochant au sommet de se tenir "alors que deux chefs d’État arabes sont en prison, Saddam Hussein et Yasser Arafat". Kadhafi qui milite depuis plusieurs mois pour le retrait de troupes britanniques et américaines d’Irak avait, en outre, proposé de confier la responsabilité de la sécurité des Irakiens à des forces internationales et arabes, sous supervision de l’ONU.  A.M


Irak : la trêve de Al Sadr

Qu’a-t-il donc fallu à Moqtada Al Sadr pour accepter une trêve contre "l’envahisseur" américain ? Réponse : un accord en 4 points dont 2 ont été ratifiés par l’imam radical. Tout d’abord, la suspension provisoire du mandat d’amener, le suspectant d’avoir ordonné l’assassinat d’un ayatollah allié des Américains le 10 avril 2003 ; puis un retrait américain de Nadjaf, ce contre quoi "l’Armée du Mahdi" déposera les armes dans trois villes : Nadjaf, Kerbala et Koufa. La trêve contre un dialogue ? À suivre.  A.M

 
 
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