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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Soins publics : Nos hôpitaux coûtent plus cher

Les nuits à l’hôpital 30 à 40 %
plus cher (DR)
L’Assurance maladie obligatoire (AMO) entrera en vigueur dans six mois. Pour maintenir un équilibre du système, une hausse des tarifs de la médecine publique a d'ores et déjà été décidée. Quid des petits indigents ?


C'est un peu comme mettre la charrue avant les bœufs. La hausse des prix des prestations médicales dans les hôpitaux publics est effective depuis le 25 mai 2004. Celle-ci était attendue après l’entrée en vigueur de l’AMO, prévue pour le 1er janvier 2005. La hausse est finalement intervenue six mois
avant la date fatidique. Ainsi, "la consultation de médecine générale quasi gratuite passera à 40 DH et la consultation d’un spécialiste a été fixée à 60 DH au lieu de 40. Le barème de calcul des actes de radiologie a aussi connu de fortes hausses. Enfin, les nuits passées à l’hôpital coûteront de 30 à 40 % plus cher aux patients à 80 DH la chambre collective, 100 DH la chambre double et 140 DH la chambre simple avec une surfacturation : 80 DH en cas de personne accompagnatrice", explique en gros le professeur Najib, médecin en chef d’un dispensaire public situé dans la périphérie de Casablanca.
À vrai dire, ce n’est pas tant la hausse des tarifs qui dérange, mais plutôt son timing. "Pour maintenir un équilibre financier des caisses de l’AMO, et pour être en phase avec le processus de répartition que le système instaure, les tarifs des prestations devaient augmenter", poursuit d'un ton compréhensif le même médecin. Et d’ajouter : "La loi sur l’AMO prévoit la mise en place d’un système de prise en charge des indigents avec, paraît-il, un contrôle strict des bénéficiaires". Mais ce qui irrite notre médecin, c’est l’explication avancée par les autorités publiques : "Le délai de 6 mois servira à rôder le système de facturation et habituer les patients aux nouvelles règles de l’AMO". En clair, s’insurge-t-il, "les patients devront supporter durant 6 mois des tarifs onéreux que le taux de couverture de l’AMO est censé atténuer". Résultat, "c’est l’incompréhension totale", confie un des nombreux médecins des urgences de Casablanca. Car, c’est au niveau des urgences que la hausse devrait se faire sentir. Le fameux immeuble 28 avait déjà l’habitude de refuser la prise en charge des blessés de la circulation ou des victimes d’agression s'ils ne versaient pas à l’établissement un ticket d’entrée de 50 DH, en plus du coût des actes de radiologie. Aujourd’hui, le ticket est passé à 70 DH, en plus des frais de la radiologie. En fait, confie notre médecin des urgences, "jusque-là, le ticket d’entrée a toujours été obligatoire pour accéder aux soins des urgences. Mais, un contrôle souple permettait de dépasser les blocages. Imaginez désormais toute l'impopularité que nous allons subir". Autant dire que le prix des actes de chirurgie, même s’ils restent loin des prix pratiqués dans le privé, deviendront plus onéreux pour la majorité. Les médecins qui rejettent cette hausse exigent qu'ils soient mis en phase avec l’évolution du coût de la vie. Un coût justement trop cher par rapport à la bourse des patients et que l’AMO promet de juguler. Dans six mois, incha allah !


L'essentiel

Autoroutes : Agadir reliée en 2009

La ville d’Agadir sera reliée au réseau autoroutier du Maroc au plus tard en 2009. Sa jonction avec Marrakech, un tronçon de 240 kilomètres, coûtera la bagatelle de 6,2 milliards de dirhams. En fait, c’est la moins onéreuse des trois options scrutées par le Mministère de l’Équipement qui a été retenue. On se rappelle qu’au moment de l’étude de faisabilité deux autres propositions de trajet avaient été étudiées, la première pour un budget prévisionnel de près de 8 milliards de dirhams et la seconde pour près de 13 milliards. Le projet retenu sera financé grâce notamment à une contribution du fonds Hassan II de 1,5 milliard de dirhams. L’État a aussi manifesté son engagement à fournir ADM (Autoroutes du Maroc) en fonds propres annuels, à hauteur de 320 millions de dirhams pour financer le reste du programme autoroutier. Marrakech devrait être reliée au réseau, qui s’arrête actuellement à la ville de Settat, vers fin 2006.


Crise du pétrole : Quel impact à la pompe ?

Le haut commissariat au plan vient de livrer une étude sur l’impact de la hausse des cours de pétrole sur le marché intérieur. L’analyse, même sous son aspect macroéconomique, est alarmiste. Ainsi, dans le cas où la hausse du prix du baril perdurerait (il est actuellement à 41 dollars) sur le marché international, le prix à la pompe devrait grimper au Maroc de plus de 3,5 %, estime le haut commissariat au plan.


Voiture économique : Renault mise gros

Renault a dévoilé, mercredi 2 juin, son concept de voiture économique mondiale. Le véhicule qui sera commercialisé au Maroc sous la marque Dacia est promu à un bel avenir, si l’on s’en tient aux ambitions du constructeur : plus de 700.000 véhicules écoulés dans le monde avant 2010. La voiture "à moins de 5000 euros" sera vraisemblablement vendue au Maroc à moins de 80.000 DH. Au royaume, le challenge sera de dépasser l’échec cuisant de Fiat dans son expérience de la voiture économique. D’autant plus que les intrants sont plus contraignants. À l’inverse de Fiat, Renault n’a pas de protection douanière spéciale ni un taux plancher d’intégration (pièces fabriquées au Maroc). Elle n’a pas non plus d’exclusivité sur le concept. L’atout de la nouvelle Dacia est, selon toute vraisemblance, son potentiel concurrentiel, sa sécurité et son prix compétitif...

 
 
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