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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Arabie Saoudite : ça flambe au royaume wahhabite

(Photo AFP)
La prise d'otages de Khobar pointe l'ambivalence de Riyad et de Washington dans la lutte antiterroriste. Par Laetitia Grotti


Tout commence à l'aube samedi dernier, quand un groupe de 4 terroristes, après s'être livrés à deux tueries (8 morts), prend en otage une cinquantaine de personnes à Khobar (Est du pays). Dès le lendemain matin, les forces de sécurité saoudiennes lancent l'assaut, libérant 25 otages. La veille, 9 d'entre eux avaient été égorgés par les membres du commando. Bilan : 22 morts civils. Jamais le terrorisme
islamique n'avait frappé aussi fort en Arabie saoudite. La première conséquence est venue des marchés : une flambée du baril de pétrole qui a atteint un niveau jamais égalé, s'établissant durant quelques heures à 42 dollars avant de redescendre aux alentours de 41 dollars. Et pour cause ! Les investisseurs craignent que de nouvelles attaques ne perturbent gravement l'approvisionnement en or noir. Certes, l'Arabie saoudite s'est immédiatement engagée à augmenter sa production pour limiter les dégâts, mais la psychose a déjà gagné les esprits.
Comment en est-on arrivé là ? Alors que l'Arabie saoudite est l'un des régimes policiers les plus durs et que les équipements pétroliers qu'elle abrite font partie des bâtiments les mieux protégés au monde, deux questions au moins se posent. Comment la prise d'otages de Khobar a-t-elle pu être possible ? Comment expliquer la fuite pour le moins troublante de 3 des 4 terroristes ? Pour Robert Baer, ancien agent de la CIA et auteur d'un best-seller (1) dénonçant les liens entre Washington et Riyad, la réponse devrait s'imposer : "Les Saoudiens sont en train de perdre le contrôle de la situation". Pour lui, "les fondamentalistes ont des complices dans l'armée et la police, qui leur donnent des informations. De plus en plus de gens, au sein de la communauté internationale, parient désormais contre la survie de la famille royale. Les militants fondamentalistes qui le savent, attaquent sa vulnérabilité première : le pétrole (…) Al Qaïda mène une stratégie brillante, tandis qu'en face, Riyad et Washington pataugent". Car, les événements du week-end dernier rappelent que le cœur d'Al Qaïda n'est ni en Afghanistan, ni au Pakistan, ni en Irak, ni en Palestine. L'organisation est un produit de la société saoudienne, elle est dirigée et financée par des Saoudiens, et les objectifs qui l'obsèdent sont aussi saoudiens : la chute de la famille Saoud, la "libération" des lieux saints d'Arabie, souillés par la présence d'infidèles, la prise des puits de pétrole considérés comme la source de toutes les corruptions. Logiquement, les dysfonctionnements de la société saoudienne auraient donc dû être au cœur de la stratégie de lutte contre le terrorisme. Au lieu de cela, Washington et Riyad ont continué à cultiver une double ambivalence. La famille royale n'a pas mis fin à son soutien généreux à l'islam wahhabite. Les États-Unis, affolés à l'idée de bousculer un pays assis sur un quart des réserves de brut mondial, persistent à traiter les Saoudiens comme des alliés "normaux", ce qui les empêche d'exercer des pressions vraiment efficaces sur Riyad.

(1) Or noir et Maison-Blanche, J.C Lattès, 2003



Irak : Un président homme d’affaires

Les négociations furent laborieuses et après le refus pour "raisons personnelles" de Adnan Pachaci - candidat préféré des Américains - ce sera Ghazi Al-Yaouar qui présidera le nouveau gouvernement de l’Irak à partir du 1er juillet. Soutenu, surtout, par les membres du Conseil intérimaire de gouvernement irakien, cet homme d’affaires de 55 ans fait son grand retour en Irak, après avoir fait fortune en Arabie saoudite pendant 15 ans. Revenu au pays en juin 2003, il a l’avantage d’entretenir de bonnes relations avec les différentes communautés qui composent le pays. Ce qui, en revanche n’est pas le cas du nouveau Premier ministre, Iyad Allaoui que beaucoup perçoivent comme "un agent de la CIA"… Et pour cause, ce chiite laïc de 58 ans qui a longtemps régné aux côtés de Saddam Hussein au sein du parti Baas, s’en est séparé en 1971 pour fonder Al Wifaq Al Watani, le mouvement de l’"Entente nationale", dont l’organe de presse sera largement financé par les services secrets américain (CIA) et britanniques (MI6). Reste à savoir si entre un homme d’affaires exilé et un chiite laïc, pur produit de la CIA, la très annoncée stabilité de l’Irak sera une réussite...  A.M


Proche-Orient : Arafat sous pression

Dans la nuit de mardi à mercredi, Yasser Arafat a subi la pression de Tsahal autour de son quartier général, la Mouqataa. En effet, une vingtaine de jeeps de l’armée ont pris position quelques heures avant de se retirer… Une attaque serait-elle en préparation (c’est un secret de Polichinelle qu’Ariel Sharon voudrait bien en finir avec Arafat) ? "Non, réplique Zeev Boïm, le vice-ministre de la Défense israélien, nous menons simplement des opérations pour arrêter des terroristes partout où cela est nécessaire". Étrange coïncidence, dirons-nous...  A.M


États-unis : Tenet hors jeu

On attendait Rumsfeld et c’est Tenet qui démissionne. Le directeur de la CIA, vivement critiqué depuis le 11 septembre pour les échecs de ses services dans la prévision des attentats, était aussi en proie aux accusations suite à la mascarade à propos des armes de destruction massive en Irak. L’annonce officielle, communiquée jeudi, fait état de "raisons familiales" et George Tenet entend ainsi passer plus de temps avec sa famille, après avoir siégé 7 ans à la direction centrale du renseignement. Il quittera ses fonctions le 11 juillet prochain.  A.M

 
 
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