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N° 131
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Parler-vrai amazigh

Dans votre dernier dossier de couverture (TelQuel n°130), vous parlez de ces artistes "pionniers du parler-vrai" ainsi : "Il suffit de les écouter pour comprendre qu’après 30 ans d’absence, une génération d’artistes est née. Enfin !"… Comment pouvez-vous prétendre cela, alors que des artistes ont passé des années sous les verrous pour avoir osé dénoncer les injustices du système marocain ? Mais ces artistes ne sont peut-être pas marocains à vos yeux puisqu’ils sont amazighs ? Je prendrais l’exemple de Irizam, un groupe rifain ou encore Walid Mimoun dans les années 80, dont voici un extrait de la biographie : "En 1980, il sort son premier album 'Ajjaj' (tonnerre) dont le succès est immédiat. Le gouvernement marocain, craignant sa popularité grandissante, interdit l'album qui se vend alors secrètement. Après avoir participé à une manifestation non autorisée, Mimoun El Walid est emprisonné puis expulsé de l'université". Depuis le début des années 90 et même avant, d’autres jeunes artistes amazighs, rifains et soussis notamment,
ont suivi le chemin de la chanson engagée : Irizam, Walid Mimoun, Izri, Mellal, Twattoun, Ithran, Ayaouane, Timès - la liste est très longue - ne sont-t-il pas eux aussi les pionniers du "parler-vrai" ? Quoi que l’on puisse dire, on voit très peu de chanteurs arabophones engagés, contrairement aux artistes amazighs, mais eux, ils ont eu le tort d’être du mauvais côté du mur… Certes, je n’enlève rien aux mérites de ces artistes arabophones, mais dire qu’il sont les pionniers, je n’en suis pas persuadé… Ou alors, ils sont les premiers chez les arabophones, et dans ce cas il aurait été bon de le préciser.

Rebyuz Abarchane



Silence, Abbès !

Quel tour de force pour un intellectuel de se faire accuser de haine raciale ("El Malki accusé de haine raciale", TelQuel n°129) à l'encontre de l'amazighité, surtout quand on est Marocain, cela relève de la schizophrénie ! Qui, au Maroc et même au Maghreb, n'est pas imbibé de berbérité, qu'il le veuille ou non ? Par l'effet inévitable du brassage, tout Maghrébin est plus ou moins l'un et l'autre. Même ceux qui revendiquent être des chorfas, des descendants du prophète, ont eu des grands-mères amazighes au moment du démarrage de leur lignée au Maghreb. Et quand on connaît le rôle biologique des femmes, on devine la descendance du prophète qui s'est faite par sa fille, donc une femme… Si ce dont notre ministre de l'Éducation est accusé s'avère exact, alors pauvre de notre éducation nationale, et pauvre du reste.

Ahmed Michkat



Quand la RAM prendra-t-elle son envol ?

Apparemment, notre roi n'est pas du tout satisfait du rendement de la classe politique (gouvernement et les deux chambres). Étant donné qu’il gouverne et règne à la fois, alors pourquoi ne pas, tout simplement, à défaut de les supprimer, réduire sensiblement le nombre de ministres et de parlementaires dont les salaires et autres rémunérations constituent un fardeau budgétaire pour notre pays ? À l'image d'un Abbès El Fassi et de son poste surréaliste de ministre d'État, représentant les sourds-muets. Depuis qu'il est ministre, on ne l'a jamais entendu dire un mot. J'espère qu'à force de réfléchir, il ne va pas encore commettre une bêtise comme celle d'Annajat. On vous préfère méditant et silencieux, Mr le ministre. Ça arrange tout le monde.

A. Hadoura



Intolérable cruauté envers Basri

Je suis étonné et consterné de savoir que Driss Basri, ancien homme fort du régime monarchique de Hassan II est dans l'impossibilité même de trouver un passeport, lui qui dominait la vie politique marocaine sous le règne de Hassan II. Je ne suis pas Marocain, mais j'ai passé plusieurs années au Maroc et je trouve dommage que la monarchie "clochardise" un homme qui, au bout du compte, n'était que son serviteur. Il est injuste que le Maroc regarde sans broncher la déchéance
d'un homme qui n'a eu qu'un seul tort : celui d'être un fidèle de Hassan II. L'indignité de Basri est aussi celle du roi Hassan II et il n'est pas juste de fleurir la tombe de l'un et de préparer celle de l'autre. Je m'insurge contre la déshumanisation de Basri, qui ne contribue pas à aider l'Afrique ni le Maroc à avancer.

William Francis

 
 
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