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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

BNDE. Y a-t-il vraiment volonté d’assainir ?

(DR)
L’arrestation de l’ex -PDG de la BNDE ne doit pas cacher le fond de l’affaire. La banque a été victime d’un système, dont les responsables ne sont pas inquiétés.


Le feuilleton BNDE (Banque nationale pour le développement économique) reprend, après l’arrestation de son ex-PDG, Farid Dellero. Presque deux ans après que l’IGF eut terminé son rapport d’inspection sur la banque publique, l’aval de passer à l’action tombe enfin. Les chefs d’accusation retenus concernent la mauvaise gestion, la dilapidation et le détournement de
deniers publics. À l’image du CIH, les révélations ne tarderont pas à se succéder sauf que cette fois, les autorités veulent s’entourer de toute la prudence possible. "Il y a eu trop d’étalage dans l’affaire du CIH, ce qui a donné une image mitigée sur le traitement de ce dossier", nous confie un proche du ministère de la Justice. Ce qui explique le black out qui entoure cette affaire. Un mutisme qui cache l’essentiel.
En effet, la banque qui a été créée au lendemain de l’indépendance et a été à la base de lancement de projets d’envergure comme celui de la Samir, n’a pas coulé du jour au lendemain. Sa situation actuelle n’est pas le fait d’une seule personne. Rappelons que la BNDE était soumise, comme les autres organismes de financement à des règles, à des procédures et à des ratios. À l’instar des autres entreprises de l’État, elle avait un conseil d’administration et des mécanismes de contrôle dont Bank Al Maghrib assumait la responsabilité. Aucun de ces mécanismes n’a mis le doigt sur la faille au moment voulu. Alors, pourquoi commence-t-on par Dellero ? "Vraisemblablement, parce qu’il a été le dernier à assumer la présidence de la banque", estime un proche du dossier. Mieux encore, la découverte des anomalies dans les comptes de la banque a été faite grâce à la CDG et non pas à Bank Al Maghrib, ni au ministère des Finances.
L’histoire commence quand le gouvernement Youssoufi décide de transformer la BNDE en banque dédiée à la PME. Une équipe de la CDG a été dépêchée à la BNDE pour préparer le terrain. Au même moment, l’IGF était plongée dans les comptes de la banque. Finalement, le gouvernement a écarté l’idée de la banque PME, "car il savait qu’il ne pouvait pas construire une entité de financement et d'accompagnement à partir d’une structure plombée", précise un haut fonctionnaire de l’État. Mais cela au moins a servi à toucher la réalité financière et organisationnelle de l’institution de financement. Depuis, un plan de sauvetage a été mis en place, où la CDG récupère la rescapée en tant que banque d’affaires, alors que le réseau d’agences est désormais sous le giron du Crédit agricole. Le passif est lourd, mais la BNDE dispose toujours d’un portefeuille de participations assez intéressant contenant, entre autres, des sociétés cotées en bourse. C’est dire que la CDG n’a pas fait une mauvaise affaire. D’autant plus que cette mouture permettra de mettre fin à des conseils d’administration dont les membres ne cherchaient qu’à percevoir des jetons de présence. Ce qui fait dire à un cadre de la BNDE que "s’il y a volonté d’écarter les anciens dirigeants à coups de procès, il faut aller plus loin en demandant des comptes à tous ceux qui présidaient au devenir de la banque, y compris aux responsables de Bank Al Maghrib". Pour le moment, l’État se contente de toucher au dernier PDG. Il semble utiliser ces fracas judiciaires juste pour dissuader les nouveaux dirigeants et les amener à se tenir droit. Cela semble marcher. Un jeune dirigeant d’une entreprise publique, sachant que "dans dix ans, cela (lui) tombera sur la tête", promet de déposer sa démission si des pressions sont exercées sur lui pour accorder des faveurs hors normes. Tous les dirigeants seront-ils aussi vertueux ?


L'essentiel

Privatisation : Maroc Telecom se traite chez Vivendi

Le dossier de l’introduction en Bourse de Maroc Telecom commence à faire des mécontents. Des hauts fonctionnaires de l’État déplorent qu’un dossier aussi stratégique leur échappe. Selon eux, "le dossier Maroc Telecom ne se traite pas au Maroc, mais en France, chez Vivendi". Ce dernier garde toujours une option sur les actions de l’opérateur et la valorisation en cours aura un impact sur la manne financière qu’il versera à l’État. Il est donc logique qu’il veille au grain, mais sur le plan souveraineté, cela n’est pas du tout correct.


Tourisme : La CNIA pourrait rejoindre la CDG et Club Med

Ce samedi, la CDG et Club Med signent une convention pour la création d’un fonds de financement. Il s’agit d’une structure qui aura en charge le développement des projets de l’opérateur français au Maroc. Les participations au fonds se déclinent en apports en actif. La CDG y met un complexe industriel, alors que le Club Med s’engage par l’apport de deux villages touristiques. Selon des sources proches du dossier, un institutionnel pourrait rejoindre le tour de table du fonds. Tous les indices penchent vers l’intégration de l’assureur CNIA. Ce dernier est déjà partenaire de la CDG dans un complexe touristique et sa participation reste de ce fait la plus plausible.


Justice : Les déboires de Dallah AL Baraka se poursuivent

La société Prima Electronics, spécialisée dans la distribution des produits médiatiques (DVD, Vidéo, Carte bouquets…), vient d’essuyer un autre report dans l’affaire judiciaire qui l’oppose à son partenaire Dallah Al Baraka. L’affaire porte sur le non respect du pacte d’actionnaires, surtout le volet valorisation et l’apport financier du groupe saoudien. Entre temps, une autre affaire de concurrence déloyale risque de creuser le fossé entre les deux partenaires. Celle-ci portera sur la distribution non autorisée des cartes du bouquet Awael.


Convention : Ynna Holding négocie un investissement de 2 milliards de DH

Ynna holding, un groupe regroupant les affaires de la famille Chaâbi, négocie actuellement avec l’État une convention d’investissement portant sur 2 milliards de dirhams. Le projet comprend des hôtels et des unités industrielles. Le tout sera financé par des fonds propres. Serait-ce un recentrage sur le Maroc au détriment de son activité à l’international ? L’avenir nous le dira.

 
 
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