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N° 131
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

35 ministres et un cachet d'aspirine

Six mois qu'on en parle, six mois qu'on guette les alertes. Six mois qu'on espère (sans jamais vraiment y croire, mais sinon, de quoi on parlerait ?) que ce remaniement aurait un sens. N'importe lequel, au point où on en est ! Pourvu qu'on décèle enfin une vision derrière ce qui nous sert d'exécutif, roi à sa tête… Pourvu qu'on puisse espérer encore un coup, quitte à être déçus par la suite (on a le cuir épais, à force)… Et voilà, c'est fait. Soupir et re-soupir. On en baille de dépit.
Hier, ils étaient 39, aujourd'hui, ils sont 4 de moins. Tout armé qu'il soit de la "volonté de Sidna", c'est le maximum qu'ait pu décrocher le brave M. Jettou. Maintenant c'est clair : le gouvernement est aussi incompressible que les egos des chefs de parti, ce qui n'est pas peu dire. Et sur les quelques partants, il a fallu qu'il y ait un Mossadeq, l'un des rares ministres du gouvernement Jettou I qui servait vraiment à quelque chose. Quelle tristesse.
Reste un petit os à ronger : 3 ou 4 nouvelles têtes dont on dit le plus grand bien, notamment Salaheddine Mezouar. Voilà un technicien comme on les aime, professionnel qui a fait ses armes dans le privé et qui va rejoindre le club fermé des Douiri et Ghellab. Il partage autre chose avec ces deux derniers, d'ailleurs : la qualité de parachuté. Comme les ministres du Tourisme et de l'Équipement s'étaient découverts une fibre istiqlalienne il y a deux ans, le nouveau ministre de l'Industrie arbore un improbable pin's RNI à sa boutonnière. Pourquoi, mon Dieu ? Pourquoi, alors que Harouchi, l'homme au nœud papillon, fait un come back remarqué sans s'embarrasser de la moindre couleur ? Ministre de souveraineté ? Mais cela n'a pas de sens ! Quand Hassan II avait inventé ce concept, en 1998, l'idée était de tracer un périmètre royal pour faire sas à la Koutla qu'on pensait encore conquérante, à l'époque. Depuis, la Justice est retombée dans le giron partisan, la Santé en est sortie… On ne sait plus ce que le monarque considère comme important et ce qu'il considère comme accessoire. On ne sait même plus s'il faut se réjouir ou pas qu'il s'implique dans la recherche de nouveaux technocrates. Tous les repères ont disparu, et les calculs et arbitrages politiques sont désormais un défi à la logique. Politologues, ne cherchez plus, il n'y a rien à comprendre. Sinon que tout cela n'a, une fois pour toutes, aucun intérêt.

 
 
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