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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Sommet du G8-ONU : ça passe pour Bush

(Photo AFP)
Bush a obtenu ce qu'il voulait à l'ONU, mais les divergences exprimées au G8 ne trompent personne. Par Laetitia Grotti


Il aura fallu revoir la copie 5 fois avant que la résolution anglo-américaine portant sur le transfert de souveraineté en Irak soit finalement votée par le Conseil de sécurité de l'ONU. La France et les autres "anti-guerre" peuvent bien mettre en avant les petites concessions accordées par les Américains ou émettre des réserves sur ce texte, ils n'en ont pas moins baissé pavillon. En quinze jours, le retournement de situation aura été
complet. Le lundi 24 mai, le président Bush, affaibli, tentait de reprendre l'initiative dans un discours télévisé, après pratiquement un mois de flottement consécutif au scandale des tortures en Irak. Depuis, non seulement Abou Ghraïb a été éclipsé sur le plan intérieur par un grand bain patriotique qui, du 6 juin 1944 à la mort de Ronald Reagan, a replongé l'Amérique dans sa fierté identitaire. Qui plus est, Bush a obtenu ce qu'il voulait sur le plan extérieur, et ce, à quelques mois des élections. Reste à savoir si la résolution 1546, la neuvième votée en un an sur l'Irak, aura autant d'impact - c'est-à-dire très peu - que les dernières adoptées à l'unanimité. En effet, à peine le texte onusien adopté, les différentes opinions mondiales suivaient médusées l'ouverture du G8 à Sea Island (Géorgie). Et les divergences entre "alliés" concernant la manière d'agir en Irak et au Moyen-Orient, en général. Sans oublier les dissensions portant sur le montant de l'annulation de la dette irakienne et l'implication de l'OTAN. Dès lors, que peut signifier ce "partenariat pour le progrès et un avenir commun" dans le "Grand Moyen-Orient (GMO) et l'Afrique du Nord", adopté comme un seul homme par les dirigeants du G8 (États-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) ? D'autant que les divergences exprimées à Sea Island sont de taille. Indéniablement, la question de la dette irakienne a permis de tomber les masques. Les poncifs d'usage de ces dirigeants - "conscients que la paix, le développement politique, économique et social, la prospérité et la stabilité des pays du GMO, représentent un défi pour nous et pour l'ensemble de la communauté, nous déclarons notre soutien pour des réformes démocratiques, sociales et économiques venant de cette région" - n'auront pas suffi à cacher leurs intentions mercantiles. Alors que Washington a tenté sans succès le forcing pour convaincre le G8 de procéder à une annulation massive de la dette irakienne, les grandes puissances sont restées dans le vague, sans s'avancer à donner un chiffre ni d'échéance contraignante. Certes, tous se disent prêts à renoncer à une partie de leurs créances, mais ils ne font pas preuve de la même générosité. D'un côté, les Américains - à qui Bagdad ne doit pas grand chose - plaident en faveur d'une annulation de 80 à 90 % de la douloureuse. En face, les plus gros créanciers trouvent que Washington a la générosité facile avec leur argent. De la même manière, le souhait de Bush de voir l'OTAN s'impliquer davantage en Irak a reçu un accueil glacial de Jacques Chirac, qui s'est déclaré tout à fait réservé sur cette idée. Qui a parlé d'union ?


Israël. Un retrait coûte que coûte

Alors qu’Ariel Sharon prévoyait un passage en force de son plan de retrait de la Bande de Gaza, et l’évacuation des 21 colonies israéliennes installées sur ce territoire, il en sortira avec un coup dur. Deux de ses ministres, Effi Eitam, ministre de l’Habitat, et Yitzhak Lévy, vice-ministre auprès du bureau du Premier ministre, membres du PNR (Parti national religieux) ont, en effet, remis leur démission mardi, en guise de protestation. Ils privent ainsi Sharon d’une majorité au Parlement, où seulement 59 députés sur 120 le soutiennent. Les espoirs de voir l’opposition revenir sur le devant de la scène sont de mise, et Sharon n’a pas exclu l’arrivée de membres du parti travailliste pour remplacer les démissionnaires. Le plan en question prévoit le 30 septembre 2005 comme date butoir au retrait des troupes israéliennes. Quant aux colons, ils devront libérer les terres entre le 14 août 2005 - date à partir de laquelle la bande de Gaza sera déclarée "zone militaire fermée" - et le 1er septembre 2005. Il y est aussi clair que les colons retardataires seront évacués de force avant le 15 septembre. Bref, un calendrier bouclé de toutes parts, qui laisse peu d’alternatives.  A.M


Lybie-arabie saoudite. La rumeur assassine

L’affaire est sortie jeudi dans le New York Times : Mouammar Kadhafi aurait élaboré en 2003 un plan d’assassinat du prince Abdallah d’Arabie Saoudite ! Le journal américain en veut pour preuve les aveux au FBI d’un activiste musulman américain emprisonné en Virgine, et ceux d’un agent des services secrets lybiens, Mohamed Ismael, détenu en Arabie Saoudite. Leurs déclarations détaillées ont suffi aux autorités américaines pour ouvrir une enquête. Pour Tripoli, ces "balivernes" sont "sans fondement" et l’heure est à la préservation de relations "bonnes et normales" avec les Saoudiens. À suivre.  A.M


Égypte. Inquiétant"retour en arrière"

C’est ainsi que les associations égyptiennes des droits de l'homme ont réagi mardi à la décision d’autoriser l'institution sunnite Al-Azhar, à saisir tout bien culturel contraire à la morale et au dogme. Le cheikh M.Tantawi réfute ces accusations qui ne s’adresseraient pas, selon lui, aux œuvres littéraires. Pourquoi, alors, le roman antifondamentaliste de Nawal el-Saadawi, La chute de l’imam, a-t-il été interdit dans la foulée ? Entre un État réticent aux réformes démocratiques et des islamistes actifs, l’Égypte a finalement opté pour la censure religieuse ambiguë.  A.M

 
 
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