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N° 133
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani et Laetitia Grotti

Les ghettos du Sahara

(Photos DB et LG)
Sidi Moumen n’est pas une trouvaille casablancaise. Ni l’exclusion et la marginalisation, le lot des provinces nordiques et rifaines. Des milliers de kilomètres plus au sud, à Laâyoune, Boujdour, Smara ou Dakhla, "les camps Al Wahda" catalysent une tension sociale qui n’augure rien de bon. Pas plus que les camps où vivent reclus des ex-Polisariens et dont le seul nom, "le retour", les stigmatise d’emblée. Isolés de tout, réduits à de simples assistés, ils ne subsistent que grâce à la "cartiya". Les dizaines d’années qu’ils ont passées au sein de la "mère patrie" n’ont apparemment pas encore effacé des mémoires qu’ils ont un jour trahi.
Mais les ghettos du Sahara ne sont pas qu’urbains. Le long des mille kilomètres de côte entre Tarfaya et Dakhla, la précarité dans laquelle vivent les milliers de marins pêcheurs est devenue visible depuis qu’a été décrété l’arrêt biologique. Il aura au moins eu cela de salutaire.
Ou peut-être pas finalement, car à côtoyer tous ces exclus, deux questions s’imposent. Comment une telle situation a-t-elle pu être possible dans une région lourdement subventionnée, étroitement surveillée, et abritant un conflit élevé au rang de cause nationale ? Plus embarrassante est la deuxième question : un 16 mai est-il à craindre au Sahara ?


Par Laetitia Grotti

Camp Al Wahda : La caution sahraouie

Depuis 13 ans, 40.000 Sahraouis sont parqués dans le camp Al Wahda, en attendant un référendum qui n'aura peut-être jamais lieu. Vous avez dit poudrière ?


Laâyoune, capitale du Sahara. À peine arrivés, l'image carte-postale d'une ville plantée au milieu du désert en prend un sacré coup. Planté à quelques minutes à peine du centre-ville, un bidonville s'étend sur près de 20 hectares. Recouvertes de leurs melhafs légendaires, les femmes sahraouies, accroupies au pied des habitations de tôles,
observent. Au détour de chaque allée de terre, des grappes d'enfants vont et viennent, pieds nus. Les hommes aussi sont dehors. Ils discutent entre eux. Comprenez, entre hommes d'une même tribu. Ici, non seulement les noms de blocs renseignent sur les villes d'origine : Goulmime, Tan-Tan, Tarfaya… mais encore, sur l'appartenance tribale : Ait Lahcen, Izerguiyine… Des petits ghettos, à l'intérieur DU ghetto. L'enclave sahraouie est bien gardée. Mokhzanis, militaires, policiers quadrillent les quelques 40.000 Sahraouis installés au camp Al Wahda (l'Unité).
Tous sont ici pour la même raison : répondre à l'appel royal de 1991. Omar, la soixantaine marquée, est originaire de Chichaoua. Cet agriculteur, père de 10 enfants, a abandonné sa maison, ses parcelles de terre, ses oliviers, le jour où le gouverneur de la région a rassemblé les Izerguiyines pour les "envoyer en mission diplomatique" au Sahara. L'objet de ces missi dominici : se faire recenser par la MINURSO (Mission des Nations unies pour le Sahara Occidental) dans l'hypothèse d'un référendum. "Au départ, on nous a dit de prendre des provisions pour une semaine, raconte Kheir, un des chefs de la tribu Izerguiyine. Après un mois, on a ramené les tentes caïdales. Puis nos familles nous ont rejoint. Au bout de deux ans, on s'est mis à construire en dur". D'emblée, une question s'impose : pourquoi rester, supporter ces conditions de vie indignes, puisque leur mission est depuis longtemps terminée ? Un brin déstabilisante, la première réponse est toujours la même : "Personne ne nous a dit de partir". Reste que d'autres raisons, moins avouables aux visiteurs de passage, semblent les fixer dans ce Sidi Moumen local. "Si je pars, on me ramènera au camp, raconte cet autre chef de tribu, car il n'y aura plus personne pour gérer la tribu et les familles risqueraient de suivre le même chemin". Hum ! pas si sûr. Car, au camp Al Wahda, si les logements sont précaires, la vie est gratuite. Ici, l'État subventionne tout : la nourriture, l'eau, l'électricité. Tous les 10 jours, les rations alimentaires sont distribuées aux familles par le responsable du bloc qui, seul, bénéficie en parallèle de la fameuse carte d'entraide nationale. Chaque personne reçoit 1 pain de sucre, 200 grammes de thé, 200 grammes de lait en poudre, 500 grammes d'huile de table et 2 fois par semaine, 400 grammes de viande. Du coup, les trafics sont légion. On revend d'une main aux non Sahraouis ce que l'État a donné de l'autre.
Il faut dire que les relations entre les habitants de Laâyoune et ceux du camp sont longtemps restées très distantes. Jusqu'aux émeutes de 1999, on ne se mélangeait pas avec ceux que la ville avait baptisés "les Kurdes". Mais une fois encore, "l'union" s'est faite dans la répression. Lors du soulèvement populaire, on a pu voir des jeunes des camps rejoindre les rangs des manifestants, dont certains, à l'inverse, ont pu trouver refuge à Al Wahda… Du coup, une certaine sympathie s'est installée entre les deux communautés. Il n'empêche, avec un taux de chômage 2 à 3 fois supérieur à celui de Laâyoune (25 %), le désœuvrement, l'ennui, voire le désarroi, mènent plus d'un Sahraoui du ghetto sur le chemin de la délinquance. "Pour beaucoup, nous sommes à l'origine de tous les maux de la ville, témoigne Kheir, on se sent seuls". Comme tous ici, il demande à l'État de prendre ses responsabilités. "Nos enfants sont nés dans les camps, ils ont grandi dans des conditions pitoyables, les conditions de scolarité sont très mauvaises, d'ailleurs je viens d'apprendre que les résultats du bac sont catastrophiques. À part les poubelles, nos enfants n'ont nulle part où aller. L'État doit nous permettre de vivre de façon décente", conclut-il.
13 ans après leur arrivée, il semble que les autorités commencent à prendre la mesure du potentiel explosif de la situation. Une première livraison de 1400 logements sociaux a été réalisée l'an dernier, dont 40 % ont bénéficié aux habitants du camp. Une seconde doit suivre début juillet. S'il répond pour partie à leurs revendications, cet effort de relogement est loin d'être suffisant. Combien de fois avons-nous entendu ce même reproche : "Ni Sahel, ni Jettou, ni même les membres de la commission royale nommée après 1999 ne sont venus nous voir" ?
Si le mécontentement gronde à Al Wahda, il est surtout le fait des jeunes qui reprochent à leurs parents leur attitude conciliante à l'égard d'un État "qui n'a jamais rien fait pour nous". "Mon père a sacrifié 13 ans de sa vie pour le Maroc. Que dois-je attendre de ce pays ?", s'interroge ce jeune des Ait Lahcen. Son copain en est, quant à lui, à sa 5e tentative de hrig. Un autre reprend : "Si la situation ne bouge pas, pourquoi voter pour le Maroc lors du référendum ?". Quoi qu'il en soit, on sent bien que sur place le statu quo arrange tout le monde. "Le référendum ? Je n'y crois pas, les obstacles sont trop nombreux, nous dit Er-Rai, avant de conclure sur ce lapsus lourd de sens, en attendant, j'occupe mon territoire et j'y circule librement". Mais la question demeure : jusqu'à quand l'État pourra-t-il continuer d'acheter cette "paix sociale" ? Dans le cas contraire, peut-il se permettre le départ de 40.000 Sahraouis labellisés ONU ?


Par Driss Bennani

Camps des ralliés : Marocanité en sursis

Les ralliés y ont cru. Les promesses de prospérité au Maroc leur ont fait fuir la précarité des camps du Polisario. Plus dure est la désillusion.


La scène se passe dans une minuscule pièce des logements "Al Aouda" (le retour), à 10 km à l’est de Laâyoune. Il est 21 heures passées. Ce soir, une réunion est prévue chez K.A.S, un "rallié" habitant le quartier. Tout comme ses invités, K.A.S a fini par regagner le Maroc au milieu des années 90, après plusieurs années passées dans les camps de Tindouf. La présence de
journalistes ne semble cependant pas être à son goût. "Qui êtes-vous ? Comment avez-vous su pour notre réunion ? Nous refusons de vous parler en dehors de la présence des autorités". La réaction de la vingtaine de personnes à l’intérieur de la pièce est résolument méfiante. La réunion commencera d’ailleurs sans nous. À volets fermés. Trois quarts d’heures de palabres plus tard, nous sommes enfin "admis" par la "jemaâ". Assis par terre dans une chambre dépouillée, les ralliés réunis font à peine attention à nous. L’ordre du jour, le même depuis plusieurs années apparemment, n’a rien d’excitant. Problèmes de logement, d’emploi, d’intégration, etc. Le débat est pourtant houleux. La réunion durera plusieurs heures et tard dans la nuit (sans avoir rien décidé au final), de petits groupes poursuivront des discussions moins enflammées dans les ruelles mal éclairées du quartier Al Aouda.
C’est ici que vit maintenant une grande partie des ralliés de Laâyoune. Dans presque toutes les autres villes du Sahara, des milliers de logements sociaux ont été construits pour les accueillir, chacun dans sa ville d’origine. Partout, le même décor, monotone et laid, se répète. Des rangées interminables de maisonnettes en ocre et blanc, des ruelles encore ensablées, des constructions non achevés, etc. Ici, toutes les maisons se ressemblent. Quelques dizaines de mètres carrés. Tout juste pour contenir une pièce, une cuisine et des toilettes. Un strict minimum pour des familles souvent nombreuses. Un ghetto de déshérités puisqu’à côté des ralliés, des habitants des camps Al Wahda et des familles pauvres de la ville sont logés à la même enseigne. Loin de tout.
Pas même un commerce. La journée durant, les ruelles restent désertes. Les raisons de manque d’espace invoquées par les autorités locales ne semblent pas convaincre grand monde, ici au camp. "Plusieurs années après, on ne nous fait toujours pas assez confiance. On nous tient à l’écart de tout", confie un jeune trentenaire, habitant d’Al Aouda.
Et des frustrations comme celle-là, les ralliés de base en cumulent de bien belles. À commencer par celles de leur propre ralliement. Sans le dire ouvertement, ils se sentent piègés. En quittant les camps de Tindouf, ils espéraient un statut spécial, des privilèges, etc. La plupart s’est finalement retrouvée à vivre la même misère que tous les autres Marocains démunis. La plupart, car d’autres s’en sont très bien sortis. Anciens responsables au Polisario, ceux-là ont négocié leur retour. Il y a, bien sûr, les chefs militaires (Lahbibi Ayoub, Al Admi, etc), mais aussi de grands administrateurs de la RASD, aujourd’hui reconvertis dans les affaires ou introduits dans les hautes sphères de l’État. Les ralliés de base résument la situation en une phrase : "Le Polisario nomme, le Maroc embauche". Décodez : le Maroc se montre reconnaissant envers ceux qui l’ont le plus trahi.
Les autres, c’est-à-dire l’écrasante majorité, continue à vivre dans la précarité et à susciter la méfiance de tous, à commencer par les autorités. "Ces gens ont été de l’autre côté, ont vécu à Tindouf et ont souvent tendance à faire la comparaison. Nous l’avons d’ailleurs constaté lors des derniers échanges de visites entre les camps et le Maroc. C’est en cela qu’ils constituent une force de pression", explique un jeune responsable administratif local. Pas tout à fait faux, puisque la discussion avec eux dévie forcément vers Tindouf. "Là-bas au moins, tout le monde vivait la même misère. Tout était gratuit selon la disponibilité collective, ici tout est disponible selon la richesse de chacun", explique un cinquantenaire. Pareil pour les services de base. Dans les camps du Polisario, les études et les services sanitaires sont gratuits. Ici au Maroc, ils restent souvent inaccessibles pour une grande partie des ralliés.
Ali a aujourd’hui 54 ans. Cela fait maintenant 5 ans qu’il a rallié "la mère patrie". Kinésithérapeute de formation, il a longtemps exercé en Espagne avant de faire bénéficier le Polisario de ses compétences professionnelles. Au Maroc, il a toujours été au chômage. Sans explication aucune, le ministère de la Santé ne l’a jamais autorisé à exercer. Loin d’être une exception, le désœuvrement est le lot commun de plusieurs centaines de ralliés. "L’intégration passe d’abord par l’emploi et la valorisation des compétences de chacun. Au lieu de nous condamner à un maigre assistanat (tous ont la carte de l’entraide nationale, soit 1350 DH par mois), l’État gagnerait à exploiter nos savoir-faire", tranche le doyen de l’assemblée.
30 ans de conflit ont fini par avoir raison de toute idéologie. Pour preuve, les motifs à l’origine de leur ralliement sont les mêmes qui poussent des centaines de Sahraouis à menacer (sans conviction aucune) de retourner de nouveau à Tindouf. Aujourd’hui, chacun aspire à une seule chose : une vie rangée et confortable. Quel que soit l’État.


Par Driss Bennani et Laetitia Grotti

Villages de pêcheurs : Une prison "vue sur mer"

Cap 7 a tout pour être idyllique. A priori. Un canyon, du sable fin, des eaux turquoises… 1200 marins, parqués dans des bidonvilles, y font cependant tache. Immersion.


Cela fait deux ans que Hassan n’est plus rentré chez lui. À 32 ans, ce jeune Safiot a finalement posé les amarres à Cap 7, un village de pêcheurs à 70 km au sud de Boujdour. L’un des rares à fonctionner encore en cette saison où le poisson se fait rare. D’autant plus rare que, repos biologique aidant, les marins pêcheurs de toute la côte sud se massent aujourd’hui dans
quatre villages coincés entre Laâyoune et le nord de Dakhla. À Cap 7, les nouveaux arrivants sont d’ailleurs facilement repérables. À côté des constructions en "dur" et en plastique (mica) des résidents à l’année, des tentes multicolores ont poussé en quelques jours seulement. Entre les deux communautés, c’est la rupture. Un "fil de séparation" a même été tendu. Tout, jusqu’au vocabulaire, matérialise les tensions. N’appelle-t-on pas les nouveaux, les "étrangers" ?
Pour la plupart, les hommes de Cap 7 sont originaires de la région de Safi. Entre les marins pêcheurs, les transporteurs, ceux qui nettoient les bateaux ou encore ceux qui cuisinent, ils sont près de 1200 à se partager le maigre butin délivré quotidiennement par les eaux sahraouies.
Ici, l’ambiance est pour le moins virile, pas une femme à l’horizon. Conséquences : les hommes assurent toutes les taches : lessive, vaisselle, cuisine… En temps normal, les "mariés" rentrent une fois par an, généralement pour l’Aïd. Moins chanceux, les célibataires peuvent passer jusqu’à deux ans sur cette petite plage enclavée.
Niché au creux d’un canyon rocailleux, Cap 7 a tout , a priori, du décor paradisiaque. Sable blanc, fin, eau turquoise, plage à l’infini… A posteriori, le tableau s’assombrit. Sur des centaines de mètres à la ronde, des abris de bric et de broc hébergent les 1200 habitants de Cap 7. Des immondices jonchent le sol, des odeurs pestilentielles se dégagent des moindres recoins et en contre-bas de ce village, une centaine de barques échouées sur le sable. L’eau potable est quotidiennement acheminée depuis Boujdour, à bord de réservoirs déglingués. La citerne de 100 litres se vend 35 DH en moyenne. Pas d’électricité, ni d’assainissement. Ici, aucune vie citadine ou rurale entre Boujdour et Dakhla - plus de 300 km.
Loin de se préoccuper de ce décor dantesque, un sujet domine : le prix du poisson. Et partant, les moyens de subsistance. "Le poisson que nous vendions 100 DH le kilo se vend aujourd’hui à 10 DH. Du coup, beaucoup préfèrent ne pas sortir en mer, car nos revenus ne couvrent même plus nos dépenses, en gasoil, filets, etc.", raconte Hussein. Pire encore. Après les revenus, c’est leur capital qui se réduit comme une peau de chagrin. Le prix des barques est ainsi passé de 80.000 en haute saison, à 30.000 DH. Résultat des pêches : un marin gagne, à Cap 7, une moyenne de 65 DH par jour. Et encore, ils sont les mieux lotis. Les autres "petits" métiers gagnent entre 25 et 50 DH.
Finalement, c’est Nourredine qui s’en sort le mieux. Boulanger de son état, il a quitté sa campagne près de Safi pour la saison de pêche. Chaque jour, sous son abri où la température dépasse allègrement les 50°C, il pétrit sa pâte, 14 heures durant. Avec ses 300 pains quotidiens, écoulés à 1 DH, Nourredine estime "plutôt bien gagner sa vie".
Étrange mais perceptible, Cap 7 a tout du camp de détention. Les barreaux sont, certes, invisibles, mais la liberté de mouvement n’en est pas moins entravée. "Pendant trois mois, nous n’avons rien à faire. Mais on ne peut pas rentrer chez nous, on n’a pas le sou, témoigne Hassan. Croyez-moi, ici, c’est une grande prison". On veut bien le croire. Seuls, 24 heures sur 24, 365 jours par an, ils n’ont d’autres loisirs que de ressasser leur misère. Du coup, les tensions sont palpables. Comment pourrait-il en être autrement quand le sentiment d’être exploités, bernés, sans recours est constant ?
Surtout depuis qu’a été décrété le fameux "arrêt biologique" de la pêche au poulpe. C’est depuis, expliquent-ils, que les prix du poissons ont chuté et que la contrebande fait rage. Vrai ou faux, ils en sont convaincus. Tout comme ils sont convaincus que les Sahraouis tirent les ficelles en coulisse. "C’est bien connu, les Sahraouis ne connaissent rien à la mer, encore moins à la pêche. Tout ce qui les intéresse, c’est nous exploiter pour faire de la contrebande et s’enrichir sur notre dos". Ce marin soussi hésite à peine à nous lancer cette charge virulente. À oser chuchoter ce que les autres pensent tout bas. Ce qui explique peut-être la présence pour le moins insolite de nombreux corps sécuritaires sur cette plage perdue au milieu de nulle part. Du coup, l’aspect stratégique et éminemment politique du secteur émerge. Reste, c’est le moins que l’on puisse dire, que la cohérence des politiques menées ne saute pas aux yeux des hommes de Cap 7.

 
 
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