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Par Driss Ksikes
Un PEN club marocain
| La naissance du PEN Club marocain sest faite sans fanfare et dans une ambiance plutôt solennelle, le mercredi soir à la MAP. Entre le président, Abdelkébir Khatibi qui déclare "vouloir être prudent", le secrétaire général, Med Mustapha Kabbaj qui dit "vouloir avancer sans faire trop de bruit", lassociation annonce demblée une discrétion excessive. Troublant, dautant que lune des missions premières de cette singulière chapelle internationale des écrivains (créée en 1921) est de faire du plaidoyer pour "défendre la libre circulation des idées entre toutes les nations" et "sopposer à toute restriction de la liberté dexpression dans son propre pays". Gage de modération, un |
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| représentant du CCDH était de la partie et a même lu un message de circonstance. Faisant montre de cohérence, Kabbaj a même expliqué que notre PEN national fera le tri "entre les bonnes et les mauvaises requêtes décrivains envoyées au PEN international". Mis à part ce rôle dintermédiaire vigilant, le souci majeur du bureau mis en place par les 21 écrivains fondateurs du PEN marocain, comme le démontre le discours lisse de Khatibi, est de mieux inscrire la littérature marocaine dans la dynamique, technique, intellectuelle et culturelle, stimulée par la mondialisation. Doù la volonté de membres, comme le poète Abdelmajid Benjelloun, douvrir des chantiers pour la traduction, le débat littéraire et lincitation à la lecture de belles uvres. Avec des initiateurs, bilingues, déjà disséminés dans lUnion des écrivains du Maroc (Hassan Nejmi) et la Maison de la poésie (Mohamed Bennis, Mustapha Nissaboury) et autres électrons libres (Rajae Benchemsi) ou autres auteurs en lien avec lédition (Rita El Khayat), ce nouveau-né peut soit senliser comme ses aînés locaux, soit sillustrer par des actions concrètes qui désenclaveraient le Maroc littéraire. Tout dépendra de lélan qui va être pris demblée. Durant la première année, lassociation-mère ne déboursera pas dargent en faveur de cette nouvelle branche. Doù le réflexe - est-ce le bon ? - de Khatibi & co daller voir du côté du ministère de la Culture. Serait-ce un gage dindépendance pour une organisation "non politicienne" ? |
Parution : À la recherche de mes aïeux, les colons
"Moi, Lancelot, fils de salaud, je me place du côté de ceux qui veulent savoir". Ce roman de Gérard Alle a bizarrement une double tonalité. La première, désinvolte, à la limite du cynique, sert à présenter le narrateur, Lancelot, un orphelin intégral, décalé et curieux. La seconde nous plonge dans le Sud berbère marocain, au temps où les archéologues venaient explorer le monde secret des Ida Ou Tanan. Dans lintervalle, on y lit une recherche didentité, de fils de colon.
La fugue de lescargot, Gérard Alle, Éd. Les contre-bandiers
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Poésie : Le corps du plaisir verbal
Le poète, Mohamed Loakira, prolixe et exigeant à la fois, renoue avec sa forme favorite : le long poème, quon traverse comme un corps ondulant, comme un plaisir renouvelé, comme une marée de sensations, entrecoupée par des clins dil, suffisamment délicats pour dévoiler que le propos est à mi-chemin entre lérotique et lesthétique, jonché de jeux de mots, qui évoquent létendue de la mémoire et linstantanéité du plaisir. Le tout constitue un beau chapelet qui raconte lhistoire dun contre-jour, nullement éblouissant quon aimerait tellement faire durer.
Contre-jour, Mohamed Loakira, Éd. Marsam
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