Terrorisme : Une cellule de moins
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Ibrahim Hamdi. Ses voisins avouent
ne jamais l'avoir croisé (Photo AFP)
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Après Berrechid, une nouvelle opération policière mène à larrestation de six terroristes présumés à Beni Mellal et d'un septième à Khouribga. Récit.
Une nouvelle descente policière, dans la série des enquêtes sur les cellules intégristes, a secoué la ville de Beni Mellal laprès-midi du lundi 21 juin. Depuis le démantèlement de la cellule de Berrechid, il y a un peu plus dun mois, cest la seconde plus grande opération du genre à laquelle se livrent les forces de sécurité.
Ce jour-là, Ibrahim Hamdi, lun des terroristes présumés et recherchés par la DGSN, est aperçu, passant devant le bureau |
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de la gendarmerie locale par lagent en poste à lentrée. Une petite imprudence qui lui vaudra une arrestation immédiate - sans accrocs, précise-t-on. Le suspect, qui porte une fausse carte didentité nationale, noppose pas une grande résistance et se montre plutôt "coopératif", pour reprendre les mots dun membre des forces locales. À son interrogatoire, une quittance de loyer découverte parmi ses papiers révèle ladresse de son abri, point de départ de lopération de police. Hamdi avouera, entre autres, la présence de quelques complices à ladite adresse. Le premier étage dune modeste maison du quartier Hay Biyad Saoumaa quil louait depuis plus de vingt jours. Au propriétaire, Mohamed Aaricha, il sétait présenté comme marchand de légumes ambulant, originaire de Casablanca. "Rien dans son apparence ni dans son discours ne présageait de la réalité de son identité, crâne et barbe rasés, très jeune, cétait un garçon normal quoi
", affirme la fille du propriétaire. Du reste, et de tout le voisinage, personne ne la jamais croisé, ni lui ni ses amis. Seul lépicier du coin se souvient avoir un jour vendu une savonnette au locataire de Aaricha. Autant dire que Hamdi et ses colocataires sont des fantômes ou plus exactement des noctambules, comme le confirme un voisin : "Tous les soirs, on entendait sonner leur réveil, à la même heure, minuit trente très exactement. Sinon, on ne les a jamais vus".
14 heures, une quarantaine déléments des forces de sécurité, toutes branches confondues, sont dépêchés à ladresse indiquée. Le 95 bis, rue n°8 du quartier de Biyad Saoumaa. Le groupe dintervention tente dabord la méthode douce. Quelques coups à la porte auxquels les colocataires ne font pas écho. Les "frères darmes" de Hamdi, qui nont pas lhabitude de recevoir de visites, ne se perdent pas dans la réflexion et prennent la fuite immédiatement. Après de vains appels à se rendre, les forces de police enfoncent la porte pour se rendre compte que les suspects se sont évadés en passant par le toit. Et c'est parti pour une nouvelle course-poursuite non moins spectaculaire que celle de Berrechid.
Pendant quune demi-douzaine dagents se lancent à leur trousses, le reste du groupe est placé aux issues du quartier, aux passages très difficiles à maîtriser. Lenchevêtrement propre aux ruelles des quartiers populaires les rend difficilement contrôlables.
Les quatre fuyards les traversent en sautant dun toit à lautre, brandissant leurs poignards et sabres pour dissuader leurs traqueurs et obliger les habitants à libérer le passage. "Ils répétaient la même chose, Allah Akbar, nous ne voulons pas vous faire de mal, laissez-nous juste passer", confie lun des témoins de la cavale. Le voisinage, dabord terrorisé, mettra un peu de temps avant de se joindre à leffort.
Conséquence, la poursuite à travers les toits durera plus de 2 heures, avant que le round final ne débute. À limage du thriller de Berrechid, les suspects de Beni Mellal tentent de sabriter sur une toiture, en zinc, couvrant un coin de la terrasse. Curieuse, la population locale suit le spectacle. Les quatre fugitifs y sont finalement encerclés, rejoints par quelques membres de la brigade et 3 jeunes du quartier, qui nhésiteront pas à prêter main forte. Yassine, lun des 3 citoyens, recevra un coup de poignard à la main en voulant protéger un policier. Pris au piège, les compagnons de Hamdi ne se laissent cependant pas abattre. Ils lutteront encore, une demi-heure durant, à coups de "Allah Akbar", de jets de pierres et de bouteilles. Devant leur ténacité, et leurs poignards menaçants, les agents usent de leurs armes de service. Abdelaziz Jebbour (alias Adil, recherché pour enlèvement, séquestration, coups et blessures), le premier des suspects est touché à la main et au pied droit, Youssef Chakri (alias Nabil) est blessé à laisselle droite et au ventre ; le troisième, Tarik Farsi, reçoit une balle au genou droit. Le dernier, Mohamed Lamnouar, recevra deux premières balles, mais continuera à se débattre en menaçant les policiers de la sanction divine : "Allah Akbar, bande de mécréants, je vous abattrai au nom du Jihad". Ce sera sa dernière parole avant la balle mortelle. Lamnouar savèrera être le frère dun des kamikazes des attentats du 16 mai. La mort de Lamnouar fermera lépisode de Biyad Saoumaa, mais laffaire n'est pas terminée. Une sixième arrestation aura lieu 10 minutes plus tard dans le même quartier. Un élément inconnu à la liste des recherchés est appréhendé par la police.
Le lendemain soir, les forces de police apprennent lexistence dune autre cellule. Ladresse fournie mentionne la place Al Massira, en plein cur de la ville. La "petite armée" fera le déplacement, encore une fois. Et au bout de trois heures de recherche, les forces de police se rendent à lévidence. Aucun signe de présence des terroristes nest relevé. Plus exactement, ses membres ont déjà quitté la ville. Lun deux, Mohamed Aït Bensaïd, sera intercepté à 3h du matin à la gare routière de Khouribga. Il avouera, à son tour, vivre à Beni Mellal depuis début juin, au quartier Hay Rachad. Les quatre autres sont toujours introuvables : Hamid Dikr Allah, Mohamed Mental, Mohamed Sghir Souissi et Mokhtar Regragui. Le dossier est loin dêtre clos. |