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N° 135
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Réfuzniks barbus. Début de scission au PJD ?

Zemzemi (Photo DR)
Voici une affaire pour le moins trouble. D’un côté Khalid Mossadeq, adoul de son état, déçu que le PJD lui ait préféré Mustapha Ramid aux législatives. De l'autre, Abdelouahed Maâch, l’actuel chef du moribond Parti Choura et Istiqlal (PDI), qui l’accueille avec un ensemble d’autres "cadres islamistes" du PJD, entre autres, sous prétexte que le PDI a aussi "un référentiel islamique". Pour labelliser l’opération, Maâch fait appel au prédicateur Abdelbari Zemzemi, interdit de prêche à la mosquée Al Hamra et en froid avec le PJD, depuis le lendemain du 16 mai. Ce dernier anime une série de conférences et attire, pour la première fois, de jeunes islamistes vers le PDI. S’agit-il
d’une scission au PJD ? "Mossadeq ne s’intéressait qu’à sa cooptation. Il vaut mieux qu’il aille dans un autre parti pour faire carrière", minimise Mohamed Amara (PJD). Le PDI s’inspire-t-il du MPDC, coquille vide d’Abdelkrim Khatib, qui a permis d’héberger les islamistes du MUR en 1996 ? "Maâch ne répond pas à un appel des hommes du Palais, car il est loin de ces cercles. En plus, il trahit l’esprit de ce parti qui se battait en 1962 contre Imarat Al Mouminine et pour un Etat laïc", explique un ancien membre du PDI. Ne faut-il donc pas donner de l’intérêt à l’événement ? La présence de Zemzemi qui parle d’ores et déjà de "leadership spirituel" ne peut laisser indifférent. Et le départ de refuzniks du PJD est une première. C’est un MUR qui se fissure à peine.


Liste. 84 interdits de voyager

Une liste de 84 personnes interdites de quitter le territoire aurait été communiquée aux différentes polices des frontières. Cette liste, préparée à la Cour spéciale de justice qui a tous les scandales financiers du royaume sur les bras, comprend des anciens responsables de l’OFPPT, l’ONDA, la BNDE, la CNSS…etc. D’autres personnes, en dehors de cette liste, souffrent de mesures restrictives (notamment pour les renouvellements des documents de voyage), dont des membres de la famille Slimani entre autres. Pendant ce temps, toutes les personnalités en détention préventive dans le cadre des enquêtes en cours, séjournenent à la prison de Salé en attendant d’être jugées.


Pédophilie. Mme Adib crée une association

L'affaire du petit Adib prend de l’ampleur. En attendant le procès en appel prévu le 26 juillet prochain, un collectif de parents et d’amis a déjà tenu la première assemblée pour la création de l’association "Touche pas à mon enfant". De l’autre côté, les responsables de l’école Ililane multiplient les interventions pour la réouverture de l’école, suspendue sur décision du ministère de l’éducation nationale. "L’acte du gardien de la crèche est un acte isolé, arguent-ils, et l’école doit rester en dehors de l’affaire". Plus bas encore , cette tentative de l’avocat de l’école pour prouver une sombre relation entre Mme. Adib et le gardien de la crèche à coup de témoignages anonymes et de déclarations sur l’honneur légalisées dans un arrondissement de quartier. À suivre.


Amusant. Rédaction policière

Cas de conscience, cette semaine, à TelQuel : fallait-il passer le droit de réponse de la police aux allégations de torture de l'ex-vedette du patronat Mourad Belmaâchi ? Comprenez-nous : le document que nous avons reçu était estampillé… "confidentiel" ! À nos risques et périls, nous l'avons tout de même publié (p. 56). M. Bouchaïb Khiate, chef de cabinet de Laânigri, y déclare que ses services "n'avaient aucunement besoin d'user (inutilement du reste)" de la torture, "l'aveu n'étant pas nécessaire". Parce que quand l'aveu est nécessaire, ils en usent ? Pour finir, cher M. Khiate, sachez que quand on met un "s"
à "instruction", dans "juge d'instruction", ça veut dire que le juge en reçoit. À moins que ce ne soit un lapsus révélateur…


RAM. Berrada ignore le Parlement

Après ne pas s’être rendu au Parlement le 29 juin, Mohamed Berrada récidive le 5 Juillet, ignorant une deuxième convocation. Selon un député de l’Istiqlal, à l’origine de cette procédure, "Berrada fait preuve de mauvaise foi en se décommandant à la dernière minute". Ce refus relance le débat sur les dirigeants que nomme le roi. Sont ils tenus de répondre aux élus du peuple ou responsables devant celui qui les a placés? Selon un proche du DG de la RAM "Berrada souhaiterait se dégager de ses responsabilités et quitter ses fonctions". Le RNI quant à lui, a fait part de sa demande aux chefs de groupe de la majorité afin de mettre en place une commission d’enquête sur la RAM. "ça serait prématuré de parler d’enquête, cela peut avoir des répercussions dramatiques sur la santé de la RAM et le tourisme", déclare un député USFP.


Terrorisme. L’Espagne à l’écoute de Pierre Robert

(Photo AFP)
Le juge espagnol Del Olmo s’est déplacé cette semaine au Maroc, plus précisément à Kénitra pour auditionner Robert Pierre, le Français condamné à perpétuité dans le cadre des procès du 16 mai. Cette audition, d’après l’avocat de Pierre Robert, est liée à l’enquête menée par Del Olmo pour démêler tous les fils des attentats de Madrid, le 11 mars dernier. Une enquête qui intéresse aussi les parlementaires espagnols. Lesquels ne pourront pas compter sur les archives secrètes marocaines, que les autorités espagnoles ont officiellement refusé de déclassifier. Pour éviter d’induire les parlementaires en erreur, ou pour leur occulter des parcelles de vérité ?


Prison. Les islamistes attendent leurs femmes

Une commission parlementaire menée par des députés PJD et USFP a rendu visite aux détenus de la Salafiya Jihadiya et aux anciens hommes de Basri derrière les barreaux. La tournée, étalée sur deux jours, a mené les députés de Oukacha à Kénitra, en passant par Salé. À Kénitra, précisément, Ramid, Lachgar et les autres ont rendu visite entre autres au trio Fizazi – Kettani – Abou Hafs, qui partagent le même bloc avec d’autres détenus islamistes. D’après la confidence d’un parlementaire, "les détenus islamistes ont tous insisté sur une chose : le droit à la khaloua charhia (la visite privée de leurs épouses)". À Salé, les députés sont allés vers de célèbres détenus comme Laâfora ou Slimani, qui se sont plaints de ce que "leur image ne leur correspond pas". La commission devra rédiger un rapport détaillé sur l’état des prisons visitées, et des prisonniers, les connus et les autres, auprès desquels ils se sont entretenus.


Tazmamart. Les rescapés font la paix avec leurs geoliers

Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’auraient jamais cru cela possible. Vendredi dernier, les rescapés de Tazmamart se sont retrouvés autour d’un déjeuner pour la première fois (depuis plus de 25 ans) avec deux de leurs anciens geôliers, Mohamed Charbadoui (dit Jeff) et Larbi Louiz. Ils ne s’étaient plus revus depuis leur sortie du bagne. Abderrahmane Sidki dit même n’avoir jamais vu Jeff auparavant. Pas d’ordre de jour particulier. Dans une ambiance bon enfant, les anciens détenus et leurs geôliers se sont rappelés à leurs souvenirs à Tazmamart en évoquant des anecdotes toutes plus amusantes les unes que les autres. Tous les rescapés n’étaient cependant pas là. Les frères Boureqat manquaient, par exemple, à l’appel.


RNI. Cabale contre Oukacha

Depuis que les ministres RNI ont été limogés du gouvernement Jettou, Mohamed Aujjar et Najib Zerouali s’emploient à saborder le chef du parti, Ahmed Osman. "Lorsque Mustapha Ouakacha s’est dressé contre le carriérisme qui les motive, ils l’ont accusé de briguer la présidence du parti", rapporte une source interne. "À 72 ans, je n’ai plus rien à gagner, mais je ne veux pas abandonner le parti à des opportunistes qui ne pensent qu’aux portefeuilles ministériels", a rétorqué Oukacha. Conséquence, ses détracteurs lui en veulent d’appuyer son cousin aux élections partielles de Bouznika. Le président de la Chambre des conseillers a beau préciser qu’il est "en conflit avec ce jeune homme", il est assailli de toutes parts. Intenable.


Constitution. Pression amazighe

Au moment où l’IRCAM applaudit la reconnaissance internationale du tifinagh, les associations amazighes apprécient que le congrès mondial amazigh, auquel elles adhèrent toutes, publie un mémorandum sur les droits constitutionnels. Le texte va jusqu’à exiger le droit de "créer des partis amazighs". Tous n’y souscrivent pas entièrement, mais "apprécient cette pression internationale, surtout que la réforme constitutionnelle est à l’ordre du jour", affirme la militante Meryem Demnati. En parallèle, ces ONG s’activent, dans le Rif, au Souss et dans l’Atlas, plaidant surtout pour que constitutionnellement "le tamazight devienne une langue officielle".


Skhirat. Une stèle pour les victimes

Il y a 33 ans, jour pour jour, Skhirat a été le théâtre d’un putsh manqué qui a coûté la vie à plus de 100 personnes. Les familles des victimes de Skhirat commémorent l’événement avec une revendication déjà vieille de plusieurs années : l’édification d’une stèle en hommage aux victimes. "On a déjà soumis la question au conseil municipal de Skhirat qui ne nous a donné aucune réponse, explique une source à l’association. En ces temps de réconciliation, nos morts ont droit au respect".


Frontières. Alger hausse le ton

La réouverture des frontières avec le Maroc, fermées depuis 1994, ne semble plus d’actualité. Les écrits de la presse algérienne en attestent. Dans une édition de la semaine dernière, Le Quotidien d’Oran va plus loin et accuse "les services marocains d’avoir tenté de recruter un émir du GIA, Abdelhak Layada, afin de liquider des cadres du Polisario à Alger". Le journal rajoute que "les fondateurs des Afghans algériens, dont les fils de Abbassi Madani (leader du FIS) ont rallié l’Europe en transitant par le Maroc". Ces sorties viennent dans la foulée de l’assassinat des dirigeants du GSPC, principal groupe armé algérien aux liens supposés avec Al-Qaïda, et traduisent un regain de tension tant à l’intérieur de l’Algérie qu’avec le voisin marocain.


Affaire. L'ambassadeur piégé par le kick-boxeur

Souvenez-vous de Khalid El Quandili. Ce franco-marocain, ancien champion du monde de Kick-boxing qui avait ses entrées au Palais royal comme à l'Elysée, avait lancé le projet Atlas TV, une chaîne de télé destinée à la communauté marocaine en France. La RAM et la Banque populaire avaient accepté d'entrer dans son capital et d'assurer son fonds de roulement pendant plusieurs années. Depuis, une sombre affaire de Cour a valu la disgrâce au champion. Et ses partenaires institutionnels ont retiré leurs billes, causant une faillite retentissante. En novembre 2002, El Quandili les poursuit pour manquement à leurs engagements, et demande 20 millions d'euros de dommages et intérêts. La banque et la compagnie d'aviation contre-attaquent en demandant que le tribunal de commerce de Paris se déclare incompétent et renvoie l'affaire au Maroc. Demande finalement rejetée mercredi dernier : l'affaire sera bien jugée en France. C'est là où cela devient cocasse. Car pendant sa descente aux enfers, Hassan Abouyoub, l'ambassadeur du Maroc en France, avait avoué à El Quandili que tout cela était une cabale montée contre lui par des proches du roi. Paroles confidentielles ? Eh non ! Pendant 2 ans, Quandili enregistrait tout à l'insu de l'ambassadeur. Et ces enregistrements, patatras, ont finalement été homologués par huissier ! On y entend Abouyoub avouer à Quandili : "Je suis désolé de te dire que tout cela (…) est un harcèlement organisé. (…) Ils ne te diront jamais qu'ils ont reçu des instructions pour t'attaquer, mais c'est comme ça que ça s'est passé. (…) Je ne doute pas une seconde que tu sois de bonne foi mais qu'est-ce que ça pèse, aujourd'hui ? rien, zéro ! Il n'y a plus de place pour la bonne foi, il y a de la place pour la guerre". La posture du bavard ambassadeur est d'autant plus délicate que Quandili compte l'attaquer, lui aussi, devant la cour européenne des droits de l'homme ! Et garde quelques atouts dans sa manche en déclarant : "par égard pour Sa Majesté, je n'ai pas utilisé certains des propos de M. Abouyoub car ils étaient déplacés". Chaud devant !


Cinéma. La police réécrit le script

Touchée dans sa fierté, la police de Casa a interrompu le tournage du dernier film de Leïla Marrakchi, la sommant de réécrire un dialogue ! La scène litigieuse montre un policier en tenue surprenant un couple en pleins ébats, dans une voiture. Scénario : le flic se montre conciliant avec le garçon et se fait insulter par la fille. C'est niet ! Après de longues négociations, et "pour préserver l'honneur de la bidla", un compromis est trouvé : le policier sera un hench en civil. "Pour maintenir le doute chez le spectateur", a précisé l'officier de faction, qui se rêve déjà scénariste international.


Polisario. L’Union africaine s’éloigne

Depuis que le Polisario a été élu le 6 juillet à Addis Abeba vice-président de l’union africaine (UA), l’opportunité d’un retour du Maroc s’est sérieusement amenuisée. Le président sénégalais, Abdulaye Wade, a beau préciser que "la majorité des chefs d’Etat oeuvrent pour ramener le Maroc à l’Union qu’il a quitté en 1986", il ajoute : "mais le Maroc ne veut pas aider ceux qui l’aident". Décodé à Rabat, cela veut dire "nous n'avons rien demandé. Tant que le Polisario y est, on ne pensera pas à l'UA". Faute de pouvoir le convaincre de siéger aux côtés de la RASD, Dakar s’est contenté de constituer avec Rabat et Nouakchot un axe dit "conseil de concertation des pays africains du Nord atlantique". Appréciez le lien avec l’OTAN, ne serait-ce qu’au niveau de la dénomination !


Nahda. Un parti, encore un

Le 18 juillet prochain, se tiendra à Casablanca l’assemblée constitutive de "Nahda" (Renaissance). "Nous ne sommes pas le 27ème parti du pays, mais celui qui veut retrouver les bases de l’action politique en reposant sur la légitimité populaire", précise Chakib Bensouda, l’un de ses fondateurs. Aucun parlementaire n’a été sollicité. "Nous ne voulons pas de notable", répète-t-il. Côté financement, le parti envisage d’établir des contacts avec "les progressistes du patronat" pour les intéresser à l’action politique. Le parti se réclame de la social démocratie et refuse le climat de consensus qui ne reflète plus les aspirations de la base. Mouais…


Tadili. Lettre ouverte à Dieu

Anas Tadili, incarcéré à Salé pour diffamation… est en train de perdre la tête. De sa prison, l'éditeur de feu "Akhbar al Ousboue" fait circuler une "lettre ouverte à Dieu" dans les rédactions. Dans un délire paranoïaque, il qualifie l'USFP d'"union des mécréants", ne regrette pas d'avoir "dévoilé les turpitudes de certains" (à l'origine de tous ses maux, un article nauséabond accusant le ministre des finances de débauche homosexuelle), se plaint qu'on lui ait refusé un certificat de résidence (!?) et dit craindre d'être "comme Serfaty, expulsé en tant que Brésilien". Tadili déplore son incarcération "à l'encontre de toutes les Constitutions, de Hammourabi à Hassan II", et annonce entamer une grève de la faim illimitée à partir du 10 juillet. Triste.


Presse. JLSS sur orbite

Sous sa direction, La Vie Economique avait révolutionné la presse indépendante marocaine – presque tous les jeunes patrons de presse d'aujourd'hui en sont issus. À son départ du Maroc en 1997, Jean-Louis Servan-Schreiber avait racheté Psychologies, un mensuel parisien quasi-moribond. En sept ans, il en a fait un titre-phare de la presse française, ravissant 3 années de suite le prix de la meilleure performance de diffusion. Lundi dernier, le méga-groupe de presse Hachette Filipacchi Média est entré dans son capital à hauteur de 49%. 4 à 6 éditions internationales de Psychologies devraient naître avant la fin 2005, plus des sites Internet haut de gamme. À noter que JLSS est actionnaire de TelQuel.


Au Maroc. Top model Academy

Metropolitan crée la première agence de mannequinat à Casablanca. Une "Top Model Académie" prévue pour la mi-décembre 2004. 16 candidates ont d'ores et déjà été repérées dont une fera partie des 50 mannequins qui devront concourir pour le "Metropolitan Top Model". Représentée dans 50 pays, "Metropolitan" organise un concours international chaque année. Après la Chine et le Brésil, c'est au Maroc qu'aura lieu l'événement cette année. L'Objectif : exploiter le potentiel artistique du pays et mettre en avant les créateurs marocains. Du 19 au 28 novembre 2004, l'événement rassemblera environ 3000 personnes sur le site de Marrakech.


3 questions à Azeddine Akesbi (Secrétaire général de Transparency Maroc)

La plupart des fondateurs de TM se retirent du Conseil national et vous allez au charbon avec un bureau rajeuni. Vous sentez-vous abandonnés ?

Il y a toujours quelques anciens à mes côtés. Ce roulement est nécessaire. Il permet à d’autres, nouveaux et volontaires, d’assumer des responsabilités. Ceci étant dit, le conseil national a un rôle d’orientation à jouer et un devoir d’implication dans les commissions.

Vous avez été élu à la tête de l’unique liste présentée. Ce consensus ne vous dérange-t-il pas en tant que démocrate ?
Les élections, chez nous, se déroulent sur la base des statuts. Le rapport moral a été envoyé à tous les membres 15 jours auparavant et tout le monde était invité à présenter des listes. Il y a eu une tentative de former une liste concurrente le jour même dans la salle, mais elle n’a pas obtenu le nombre suffisant pour être éligible.

Comptez-vous faire autant pression que vos prédécesseurs pour un partenariat avec l’Etat dans le domaine de la lutte contre la corruption ?
Cette année est marquée par la signature de la convention de l'ONU de lutte contre la corruption. Cela nous permettra de faire plus de pression en vue d’améliorer la sensibilisation. Nous allons donc continuer à réclamer de l’Etat de mieux impliquer la société civile, de supprimer l’impunité et de mettre en place une stratégie nationale relative à la gestion des affaires publiques.



Billet : Monarchie non comptable (par Driss ksikes)

Le Maroc vit résolument un moment de féerie programmée. Il deviendra un pays de touristes en 2010, désenclavera 80% de ses campagnes en 2015 et deviendra peut être plus vivable en 2025. C’est fabuleux, le destin d’une monarchie. Il y a certes derrière ces dates des technocrates ingénieux qui ne fabulent pas. Mais il y a surtout le confort de la durée que permet le règne illimité d’un jeune monarque. Dans l’intervalle, l’absence de bornes intermédiaires l’exempte de rendre des comptes sur ses promesses datées. Les élections, de plus en plus tenues à temps, ne sont pas encore des moments de bilan ou de sanction, juste des pauses spectaculaires, qui permettent une rotation partielle du personnel politique. Les rendez-vous d’allégeance représentent un moment de génuflexion à sens unique, où le renouvellement du contrat se fait sur la base d’une confiance aveugle et unilatérale. Alors comment s’assurer que les ministres du roi œuvrent réellement dans le sens de l’objectif fixé dans deux décennies ? Comment être sûr, s’ils sont remerciés, que le bateau royal maintiendra le cap ? Notre Parlement n’a ni les moyens humains ni la marge politique pour s’en acquitter convenablement. Nos ONG font des lectures partielles de projets dont les ramifications les dépassent. Nos centres de recherche existent à peine et trop peu pour servir de garde-fous. Alors seuls restent Amnesty, le FMI, la Banque mondiale, RSF, qui viennent ponctuellement rappeler que le bateau chavire ou que les comptes ne sont pas bons. Le temps qu’ils reviennent, on oublie, l’Etat vaque au plus urgent et les partis ont du mal à se ressaisir pour veiller au grain. Ainsi va une monarchie non comptable. Cycliquement. Fatalement.



Billet : L'aubaine amnesty (par Karim Boukhari)

Ce dernier rapport d’Amnesty n’est pas loin d’être une bénédiction pour le Maroc ! Même si Bouzoubaâ a glissé la traditionnelle bourde officielle ("Les centres de détention secrète n’existent plus depuis la démolition de Tazmamart !"), où il nous rappelle que nos responsables sont aussi là pour mentir à l’occasion. Non, ce rapport a surpris parce qu’il a délié les langues et sorti bien des lions de leur tanière. La question a été débattue dans l’un des derniers conseils de gouvernement. Un ministre, Mohamed Elyazghi, poids lourd de l’équipe Jettou, a poussé le bouchon un peu loin, en demandant des explications et des éclaircissements à ses collègues : "Et que chacun assume ses responsabilités, dans le gouvernement !". Même au Parlement, des groupes, et pas seulement le PJD, ont discuté du contenu du rapport. "Sans les vacances, on aurait posé une question orale, mais ce n’est peut-être que partie remise", nous dit ce député socialiste, pour une fois fier de sa couleur partisane. Devant la prison de Kénitra, qui regorge d’anciens de Témara et d’ailleurs, des femmes de détenus ont observé un sit-in, chose impensable il y a encore quelques mois, pour "protester contre les pratiques dénoncées par le rapport et dont leurs maris ont été victimes".
La surprise est agréable, très agréable, et on ne peut plus faire la fine bouche. Après tout, le pauvre Bouzoubaâ n’est que le ministre de la Justice, et pas encore celui de la police secrète. Et Témara, une ville paisible à peine parasitée… par les cris émanant du zoo à côté.



Vite !

Le quotidien koweitien "Ar-Ray Al-âam" a publié cette semaine une information selon laquelle le Koweit a octroyé une aide au Polisario, dans les suites de la Guerre du Golfe en 1991. Cette aide (des bourses d’études) faisait suite, d’après le journal, à une sortie médiatique de Hassan II mal appréciée par les autorités koweitiennes de l’époque.

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Abdellah Slaoui, le patron du magazine "Masculin", a décidé de passer la main. Il est en train de négocier avec un grand groupe industriel et médiatique pour la cession de son titre, qui existe depuis plus de deux ans. Une deuxième partie devrait entrer en jeu, pour négocier le rachat. Le magazine devra reparaître, annonce-t-il, en septembre prochain.

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Washington conseille à Alger de soumettre son nucléaire aux inspecteurs. Il soupçonne une bombe au plutonium en chantier. Il y a un an déjà, le centre de non prolifération (NPEC) avait émis des doutes similaires. Alger s’était dite en 2000 prête à collaborer avec l’AIEA. L’est-elle toujours ?

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La première audience du procès opposant les journalistes Ali Anouzla et Moncef Slimi au journal saoudien Acharq Al-Awsat aura lieu le 14 juillet à Rabat. Anouzla, qui dirigeait le bureau du quotidien à Rabat, et Slimi réclament chacun un millions de dirhams à leur ancien employeur pour licenciement abusif.

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Le chercheur Mohamed Darif a terminé un nouvel ouvrage, "Le Maroc religieux : de l’islamisme au salafisme". Le livre, qui devra être édité en langue française à la rentrée prochaine, revient sur les rapports insidieux entre religion et terrorisme.

 
 
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