Sujet
Économie
Reportage. Profession : Moqadem
Femmes sahraouies : L'avant-garde de l'émancipation
Festival : Printemps berbère à Agadir
Chronique. Les envahisseurs
N° 135
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Emploi. Le recours à l’Anapec est insignifiant

Une enquête de Manpower dégage les tendances de recherche d'emploi chez les jeunes. Les résulats sont intéressants.


Manpower a réalisé une enquête sur les tendances de la demande d’emploi. Bien que cette étude ne porte que sur un échantillon assez limité (445 jeunes), ses résultats ne perdent pas de leur pertinence. Ainsi, 82% des diplômés estiment que le diplôme ouvre le droit au travail. La création de l’emploi est donc une obligation. C’est ce que stipule nt nos différentes constitutions. Mais les constitutionnalistes nuancent cette obligation en affirmant que le droit au travail est une obligation dont l’exercice s’étale dans la durée. L’Etat doit la satisfaire quand cela lui sera possible. La demande, elle, n’attend pas. Elle est présente et très exigeante.
L’enquête révèle en effet que 16% des diplômés privilégient les plans de carrière. La qualité du management n’est pas en reste, puisque 14% des lauréats la placent en tête des critères de choix des entreprises. De plus, par secteur, la demande est plus forte sur l’industrie avec 25% des opinions, suivie du commerce et de services. Les fonctions les plus demandées sont les finances et la comptabilité avec 21% . Les fonctions d’ingénieurs et de commercial les talonnent avec 14 et 13%. Côté rémunération, les demandeurs d’emploi placent la barre un peu haut. Leur exigence table sur un salaire entre 7000 et 9000 DH par mois pour les bac+5. Pour y arriver, les diplômés fournissent des efforts appréciables. Ainsi, 99% de la population interrogée parle et écrit plus d’une seule langue et 99,8% maîtrise l’outil informatique. 32% des interviewés déclarent avoir suivi des stages de plus de trois mois. Mieux encore, 94% du panel ciblé se dit prêt à suivre des cycles de formation dans la gestion, la finance, l’informatique et le marketing.
En outre, l’enquête souligne que 58% de l’échantillon n’a pas reçu une formation sur la recherche d’emploi. Les écoles et les universités doivent donc faire un effort à ce niveau. Et plus, la durée de chômage est longue, plus les diplômés sont disposés à accepter des postes intérimaires (83% des universitaires sont prêts à l’accepter). Dernier point et non des moindres, le recours aux services de l’Anapec ne représente que 6% des opinions exprimées. L’essentiel de la recherche d’emploi se fait par réponse aux annonces de presse et par la consultation des sites Web.


CGEM. Le patronat pour un PFI

Le PFI (Private Finance Initiative) est un concept de partenariat qui a fait ses preuves au Royaume Uni. Il repose sur un engagement mutuel établi dans le cadre d’un accord entre l’Etat et le secteur privé. Dans sa livraison de cette semaine, CFEM info assimile la politique des contrat-programmes aux prémisses menant à un PFI. Les trois expériences initiées avec les secteurs du textile, du tourisme et des BTP ont donné goût à la confédération patronale. Cependant, la route vers la concrétisation d’un PFI demeure longue et sinueuse. D’abord, parce que certains secteurs ne sont pas assez structurés ni homogénéisés pour prétendre à un tel contrat. Ceux de l’agriculture et de la pêche illustrent ce handicap. Ensuite, l’actuel partenariat est miné par le défaut d’application de certains engagements. Le secteur du textile en sait quelque chose. Et enfin, le PFI requiert la disponibilité des moyens et une certaine flexibilité législative et fiscale. C’est dire que l’environnement n’est pas encore serein. Le PFI peut donc toujours attendre.



Khalid Tritki
Le roi et l’emploi

Ce que veut le roi, il ne l’obtient pas toujours. Depuis son fameux discours de Jorf Lasfar, déclinant sa philosophie économique , aucune stratégie de l’emploi n’a été mise en place. Le discours était pourtant clair : l’emploi et toujours l’emploi. Il est vrai que dans le programme du gouvernement, une corrélation est faite entre développement de l’investissement et création d’emplois. Il n’en demeure pas moins que cette relation induite de facto, ne constitue pas une stratégie pour augmenter la cadence des recrutements. Cette dernière requiert des mesures aussi concrètes qu’imaginatives. Non, il ne s’agit pas d’un retour à la malheureuse expérience des Ciop. Il est question plutôt de mettre en place des relais qui permettent, d’une part, de faciliter l’accès à l’emploi pour les jeunes et, d’autre part, d’inciter les entreprises à booster leurs stratégies d’embauche. Dans ce schéma, chaque candidat à l’emploi trouve des alternatives. De même, une stratégie de l’emploi se base sur des potentiels sectoriels. Or, sommes nous capables aujourd’hui d’affirmer que tel secteur est susceptible de créer 20.000 emplois par an ? Hormis les délocalisations, conjoncturelles d’ailleurs, aucune étude ne permet une telle visibilité. Citoyens et Etat naviguent donc à vue. Un crash est inévitable dans ces conditions. Surtout que le tableau de bord indique que le clignotant chômage est au rouge. Au commandant de bord de prendre les décisions qui s’imposent.


BCP. Que la cotation commence !

L'introduction en Bourse des 20% de la Banque Centrale Populaire est désormais chose faite. L’opération s’est déroulée dans des conditions optimales. 1.177.610 actions ont été placées. La banque a fait l’objet d’échanges au continu sur le marché depuis le début de cette semaine. Le cours a connu une hausse appréciable, révélant ainsi que la demande demeure vivace. Le point fort de la privatisation de la BCP était sans doute la participation des salariés. Ces derniers ont bénéficiés d’une décote de 7,5 à 15%. La banque a mis en place un mécanisme de financement à 3% d’intérêt. Le salarié a le choix entre un remboursement graduel ou la versement de la totalité de la somme après 3 ans, le minimum de détention de l’action requis par la loi sur les privatisations. Les institutionnels, eux, sont restés sur leur faim. Leur demande a dépassé l’offre, démontrant ainsi la capacité du marché local à répondre à des opérations d’envergure.


Comptabilité. Les agréés promettent une belle bataille

Les comptables agréés montent au créneau. A l’occasion de leur assemblée générale, l’association marocaine des comptables agréés déterre son fameux projet de création d’un Ordre professionnel. C’est une vieille revendication qui date de la création de l’Ordre des experts comptables au début des années 90. Des années plus tard, la profession s’est organisée et a présenté un projet de loi. L’essentiel de ce dernier se focalise sur l’organisation de la profession. Mais surtout il établit un monopole d’exercice libéral de la profession de comptable. Au passage le projet imagine des relais pour toucher aux commissariats aux comptes. L’ouverture de ce dossier ravivera celle de l’amendement de la loi régissant l’ordre des experts comptables, un dossier qui reste ouvert depuis plus de trois ans.



Les off

Licenciement. Dérive sociale à Maroc Telecom
Depuis le 3 juin dernier, Maroc Telecom s’est séparé de plus de 300 occasionnels. Cette décision qui est tombée juste avant l’application du nouveau code du travail demeure inexpliquée. La seule indication qui filtre est que l’opérateur a promis à cette population un transfert vers une autre société. Cette dernière, dont le nom reste jalousement gardé, sera chargée des opérations de terrain comme les installations, la réparation des dérangements… Cette mission correspond aux profils des personnes licenciées. Alors que nous mettions sous presse, le sort des occasionnels était toujours en suspens, en attendant l’engagement promis.

Intérim. Nouvelle proposition d’amendement
amal Belahrech, président de l’AETTTO (association des entreprises de travail temporaire transparentes et organisées) a proposé le mois dernier un amendement sur la caution exigée de la part des agences d’emploi. Selon ses termes, les agences d’emploi privées doivent justifier d’une caution financière auprès d’un organisme bancaire ou compagnie d’assurance dont le montant ne peut être inférieur à 50 fois le salaire annuel minimum de base. La proposition initiale se limite a préciser que seule une caution de la même valeur doit être déposée auprès de la CDG. Selon Jamal Belahrech, cette mesure grève une partie de la trésorerie de l’entreprise. Un groupe parlementaire a été sensibilisé sur la question de la caution et il est fort probable que l’amendement soit discuté à la prochaine entrée législative.



Le Masi prend des couleurs

L’approche de l’été ne gâchera pas la fête. L’indice Masi reprend des couleurs à quelques jours des vacances. L’indice a pris 2,78 points sur la semaine allant du 2 au 8 juillet. A la clôture jeudi dernier, le Masi était à 4448,69 points. Trois événements le lui ont permis. Le premier réside dans la poursuite du réaménagement du portefeuille de l’ONA. Les transactions entre filiales sont quasi quotidiennes. Ainsi, la journée du jeudi a été marquée ainsi par des mouvements sur Lafarge et Lesieur-Cristal. De même, La BCP, nouvelle venue, prend le rôle d’animateur du marché. Pendant presque trois jours, le titre continue de faire l’objet de spéculation.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés