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N° 135
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Laânigri ne torture pas pour le plaisir"

Bouazza Ikken,
SG de l'Union Démocratique
Antécédents

    1938 : naissance à Khemisset
    1963 : licence en droit à Rabat
    1965 : directeur de cabinet d’Abdelhadi Boutaleb n procureur du roi à Casablanca
    1982 : intègre le MP
    1991 : intègre le MNP
    2001 : crée l’Union Démocratique

Smyet Bak ?
Lhaj Ali Ikken.

Smyet Mok ?
Zahra Lachgar.

Nimirou d’la carte ?
(Il appelle sa secrétaire) X 36 464.

Vous venez d’être démis de vos fonctions à la tête du parti que vous avez créé ?!
La majorité du bureau politique s’est réunie suite au remaniement. Des mécontents ont décidé de m’exclure. La décision ne m’a pas encore été notifiée. Je me considère donc toujours président de l’UD et vous allez être bientôt mis au courant des décisions que prendront les hautes instances du parti dès lundi prochain.

C’est vrai que vous avez refusé un poste de secrétaire d’Etat lors du dernier remaniement ?
Je n’ai jamais été candidat à aucun poste. On m’a proposé le ministère des PTT, mais j’ai estimé qu’il ne répondait pas à ma représentation parlementaire.

Pourquoi ? vous croyez que les PTT, ce n’est pas sérieux ?
Ça ne pèse pas deux groupes parlementaires dans les deux chambres.

Vous n’aviez qu’à négocier des ministères de "poids", dans ce cas !
Nous n’avons pas le choix. C’est sa majesté qui choisit.

C’est donc lui qui a choisi les PTT pour vous. Pourquoi vous avez refusé ?
Je ne sais pas. Sa majesté ne voudra pas que je porte préjudice à mon parti. C’est pour l’instant ma principale priorité.

Revenons en arrière, si Ikken. Vous avez été procureur du roi à Casablanca entre 1965 et 1971. Un souvenir particulier ?
Un souvenir mémorable. J’ai commencé dans les tribunaux modernes, où justice était rendue au nom de Sa Majesté et de la république française. J’ai bénéficié d’un bon encadrement. A Casablanca, ma circonscription s’étendait de Mohammdia à Tan Tan en passant par le Moyen Atlas. J’ai mis beaucoup de gens en prison, mais j’ai gardé de grands amis.

Vous ne dites rien à propos des années de plomb, des procès politiques, des instructions… Vous êtes sûr de ne rien oublier ?
Je n’ai pas assisté à ça. J’ai rejoint le parquet de Casablanca en décembre 1965. Bien après les émeutes de Casablanca et le procès de Cheikh El Arab. J’ai d’ailleurs déjà écrit cela en réponse à Ahmed Boukhari. Cet homme est un menteur.

Vous avez essayé la magistrature et la politique. Lequel des deux milieux est le plus pourri ?
En tant que magistrat, je présume que tout le monde est bon jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas le cas en politique. Il y a beaucoup de gens méchants et de malhonnêtes. Il faut rester vigilant. Le passage est difficile, mais on apprend tous les jours.

Et aujourd'hui, où en sommes-nous ?
Le Maroc va bien. Beaucoup de projets sont en chantier. Il y a une vision et un courage que j’apprécie. Mais il y a des postes de responsabilités qu’il faudra revoir.

Intéressant, comme quoi ?
Des postes clés.

Je vois. Sur le plan sécuritaire par exemple, est ce que nous sommes bien servis ?
Oui, la preuve, de nombreux réseaux terroristes ont été démantelés chez nous.
Avec au passage, un rapport accablant d’Amnesty International sur la torture à Temara !

Je n’ai pas vu ça. Que dit ce rapport ?
Je ferai semblant de vous croire. Que plusieurs cas de torture dans un centre secret de détention ont été constatés par une organisation internationale …
Je crois que nous avons des instances qui peuvent sanctionner les responsables si l’excès est prouvé.

Sanctionner le général Laânigri, vous croyez que c’est possible ?
Il est aujourd’hui à la tête de la DGSN. Ce n’est pas facile. Il n’a aucun intérêt à torturer pour le plaisir. Nous sommes un pays en voie de développement, vous savez. Hassan II avait dit que la démocratie est un habit qu’on confectionne pour chaque individu. Il n'y a pas de démocratie absolue.

 
 
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