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Chronique. Les envahisseurs
N° 135
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Soros contre Bush

Georges W. Bush (Photo AFP)
Quand un ex-agent de lutte contre le terrorisme, comme Richard A. Clark, écrit un témoignage pour montrer comment Bush a failli à la mission sécuritaire post-11 septembre, cela peut être perçu comme le cri de cœur d’un déçu de l’administration. Lorsqu’un journaliste, connu pour sa probité comme Bob Woodward, signe un livre accablant sur les desseins anti-irakiens fomentés au lendemain même du 11 septembre, les mauvaises langues ont beau jeu d’y voir une revanche masquée de Colin Powell contre les faucons, Paul Wolfowitz en tête. Mais lorsqu’un magnat de la finance crédible et pondéré, comme Georges Soros, signe un pamphlet patriotique et libéral,
Pour l’Amérique, contre Bush, au point de rejoindre le discours d’un artiste de gauche, comme Michael Moore, il devient très difficile de douter du bien-fondé de son argumentaire. Il est vrai que les constats mis côte à côte par Soros sonnent comme des vérités de Lapalisse : la lutte anti-terroriste devait être plus menée par la police en interne que par l’armée ailleurs ; une politique étrangère ne peut être construite sur le seul mobile de démonstration de force ; au lieu d’éliminer Al Qaeda en Afghanistan, Bush leur offre un no man’s land en Irak ; si les Américains pensaient au bien être de tous au lieu de songer exclusivement au leur, l’anti-américanisme ne serait pas sur le point de saper l’image de la première puissance mondiale, etc. Face à ce bourbier, l’auteur propose certes des voies de sortie, mais le plus important est que l’homme de la finance se prévaut d’un arsenal conceptuel. Sa référence première étant le philosophe libéral, Karl Popper, il part du principe que l’homme, américain ou autre, est inéluctablement faillible, que la meilleure solution contre les fondamentalismes, est une société ouverte, parce qu’elle ne permet à personne de prétendre détenir la vérité. Ou de se permettre des Busheries au nom du bien ou contre le mal.

Geoge Soros : Pour l’Amérique contre Bush ; Ed. Dunod (2004)



Parution : Le Tanger d’un chroniqueur ébloui

Rachid Tafersiti a publié, entre 1999 et 2003, dans Chroniques tangéroises, des textes ponctuels sur la ville du détroit dont il s’est fait le fervent défenseur. La revue à rayonnement confidentiel, ayant cessé de paraître, il ressort aujourd’hui ses chroniques dans un livre-recueil, où le plaidoyer en faveur du patrimoine le conteste à l’éloge de l’intérêt royal. La palette qu’offre l’auteur va de la nostalgie sportive, au drame culturel, en passant par les amabilités diplomatiques à l’égard de Jacques Chirac au Palais du Mendoub ou encore le requiem littéraire pour feu Mohamed Choukri. En plus d’être solennellement amoureux de sa ville, Tafersiti s’avère être littéralement passionné d’art et d’écrits. Ce caractère hétéroclite met l’ego de l’auteur au centre de sa démarche, puisqu’il se positionne d’emblée comme le témoin tangérois d’une transition en marche. Il faut le croire !

Tanger 1999 – 2003. Chroniques d’une transition

 
 
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