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N° 135
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Laetitia Grotti

Nucléaire : Désarmer Israël

Mohammed El Baradeï,
directeur de l'AIEA (Photo AFP)
Le directeur de l’AIEA est parti plaider la cause d’une "zone dénucléarisée" auprès d’Ariel Sharon. Mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.


La question est sur toutes les lèvres : que peut bien espérer le docteur Mohamed El Baradeï de sa visite en Israël ? Le directeur de l’agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) qui a débarqué mardi en Israël pour une visite de moins de 48 heures, attend de l’état hébreu qu’il reconnaisse disposer de l’arme atomique.
À cet égard, sa mission est d’ores et déjà un échec. Bien que les capacités israéliennes en la matière soient un secret de Polichinelle, Israël entend poursuivre, sans états d’âme sa politique d’ambiguïté. Car les tabous ont la vie dure. "Je ne sais pas ce qu’il vient voir ici", a lancé Ariel Sharon. "Israël est obligé de détenir entre ses propres mains toutes les composantes de la force nécessaire à sa défense" a-t-il enchaîné dans le plus pur style de la politique d’ambiguïté que l’état hébreu a adopté depuis des dizaines d’années sur ses capacités nucléaires. Si tout le monde joue le jeu de cette ambiguïté, les experts étrangers évaluent sans aucun états d’âme, à 200 le nombre d’ogives dont disposerait l’Etat hébreu. (À titre comparatif, on estime à 20 ou 30 têtes d’ogives l’arsenal dont disposent l’Inde et le Pakistan).
Historique. El Baradeï a déjà effectué une visite discrète en Israël en 1998. Pour l’occasion, il avait visité le centre nucléaire de Nahal Sorek, au sud de Tel Aviv. Cette fois-ci, sa visite a été annoncée mais la consigne du profil bas demeure. S’il doit rencontrer le Premier ministre ainsi que le chef de la diplomatie, Sylvan Shalom, aucune visite n’est prévue dans une centrale nucléaire. Ni celle de Nahal Sodek, ni, bien entendu, celle de Dimona, dans le désert du Néguev. Cette dernière était reparue en "Une" des médias israéliens, lors de la libération en avril dernier de Mordechaï Vanunu. Ce technicien nucléaire israélien avait révélé en 1986, dans les colonnes du Sunday Times, les secrets atomiques d’Israël. Ce qui lui avait valu, après sa capture à Rome par des agents israéliens, 18 ans de prison. Selon cet homme, l’arme atomique a été fabriquée dans les années 50 avec l’aide technique de la France (déjà pointée du doigt pour le même type de collaboration avec l’Irak).
El Baradeï, connu pour son franc-parler, estime aujourd’hui que l’arsenal nucléaire d’Israel, qui est le seul pays de la région à n’avoir jamais signé le Traité de non-prolifération – qui l’obligerait à déclarer ses installations nucléaires et à les soumettre aux visites des inspecteurs de l’AIEA -, est un danger pour la région. Il s’en était d’ailleurs ouvert en décembre dernier au quotidien Haaretz. Selon lui, le fait que l’Etat hébreu ait des capacités nucléaires "accélère la course aux armements et crée des dangers" au Proche-Orient. Rappelons qu’en septembre 2003, les pays arabes membres de l’AIEA avaient échoué à faire condamner Israël pour son refus de signer le TNP. L’agence avait alors adopté le projet flou d’une "zone dénucléarisée" au Proche-Orient. C’est précisément cette "zone dénucléarisée" qu’est venue prôner Mohamed El Baradei auprès d’Ariel Sharon. Reste qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ?


USA. L'alliance du Nord et du Sud

C'est donc son ancien rival, le sénateur John Edwards, que John Kerry a choisi comme colistier pour le ticket démocrate. Pour de nombreux observateurs, ce choix permet au candidat démocrate d'équilibrer une candidature jugée pour le moins austère. Aux côtés du terne Kerry, le tribun Edwards vient réveiller un camp démocrate des plus atones. Pour les observateurs politiques, les origines plébéiennes d'Edwards, fils d'un modeste ouvrier du textile dans ce sud pauvre et conservateur, pourraient contrebalancer le profil du patricien Kerry, fils de diplomate, marié à la richissime héritière de l'empire Ketchup Heinz. Le président Bush, réagissant à l'annonce, a choisi de miser sur "l'inexpérience" du jeune sénateur, peu à même selon lui à prendre les rênes du pouvoir en cas de vacance. Face à la faiblesse de l'attaque, certains se prennent à espérer une victoire démocrate. Reste qu'en choisissant de se prononcer contre l'avortement et pour la guerre en Irak, Kerry risque de renvoyer les électeurs vers Bush. Car c'est bien connu, on préfère toujours l'original à une pâle copie.


Procès. Miss Kadhafi & mister Saddam

Ils sont près de 30 avocats, venant de Jordanie, du Liban, de Tunisie mais aussi des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France ou de Belgique, à avoir proposé leurs services pour la défense de "l'Auguste président irakien", Saddam Hussein. Parmi ces volontaires, Aïcha Kadhafi, la fille du guide de la révolution lybienne qui devrait être en terrain connu puisqu'en octobre 2000, c'est elle qui était venue présenter à l'ex-dictateur les vœux de son père… après 10 ans de brouille.


Israël. Grève de la faim contre le mur

Le député arabe israélien Azmi Bishara a entamé samedi 3 juillet une grève de la faim illimitée au siège de l'association Ar-Razi, sur la route reliant Jérusalem et Ramallah. Objectif : dénoncer l'actuel crime de Sharon. A savoir la construction du mur visant à entamer les frontières de 67 et diviser la ville de Jérusalem. Il souhaite, par sa grève de la faim, attirer l'attention de l'opinion internationale, israélienne et arabe sur ce mur "de l'apartheid". Rejoint depuis par une dizaine d'autres personnalités, Azmi Bishara a appelé à accentuer la lutte civile pacifique.

 
 
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