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N° 136
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

PME/banques. La garantie retarde le partenariat

La fédération des PME table sur la signature d’un accord avec les banques pour booster ses adhésions. L’affaire n’est pas encore gagnée.


La fédération de PME a tenu son assemblée générale lundi 12 juillet à Casablanca. Hammad Kessal, son président, s’est livré à un exercice facile, même si les enjeux sont difficiles. Depuis son élection à la tête de la fédération en juillet 2003, il s’est attelé à démontrer que la présence de la fédération n’était pas seulement le fruit d’une manœuvre politique. Très souvent, on avance effectivement, que la création de la FPME visait à démonter à Hassan II que le patronat n’était pas résolument tourné vers les grands. D’un débat politisé, la fédération a imposé une approche économique. Et avant de se positionner en demandeur de faveurs, fiscales et autres, la fédération se devait de faire sa mue. Le bilan présenté cette semaine répond à cet objectif.
Ainsi, pour asseoir davantage la légitimité de la fédération, le bureau actuel a tablé sur l’augmentation du nombre des adhérents. En 2003/2004, ils sont passés de 118 à 148 PME. La tendance devrait se renforcer en 2005. Pour réaliser cette percée, le bureau de la FPME adopte une démarche marketing axée sur les services. C’est dans cet esprit que s’insère la convention signée avec Fedex qui permet aux adhérents de la fédération de disposer de coûts inférieurs (-20 à -40%) par rapport au marché. Trois autres partenariats sont en cours de finalisation avec la Marocaine-Vie pour les contrats d’assurance, Accor pour l’hébergement et Maroc-connect pour les services Internet. Le gros reste pourtant à venir. La fédération prépare en effet un gentlemen's agreement avec les banques. Le secteur bancaire lui a, d'ailleurs, remis une charte. L’objectif est de faciliter l’accès au financement. Selon des sources proches de ce dossier, dans sa majorité, cette charte a été le fruit de rudes négociations. Et ce n’est pas encore gagné. Deux points demeurent au centre des préoccupations de la fédération. Le premier concerne les tarifications bancaires et le second s’attaque à l’épineuse question des garanties. L’aboutissement de cette démarche mettra fin, du moins théoriquement, à l’animosité qui empoissonne les relations entre les PME et leurs banques. Mais constituera aussi une bonne raison pour renforcer les rangs de la fédération.


Maroc - E.U. Un prix Nobel critique l'ALE

Joseph E.Stiglitz, prix Nobel en économie et ex-conseiller de Bill Clinton, revient à la charge. Pour lui, l’accord de libre-échange que le Maroc a signé avec les Etats-Unis ne répond pas à l’objectif de développer l’économie d’un pays arabe dit modéré. L’accord vise surtout à sauvegarder et à promouvoir les intérêts de secteurs économiques assez puissants aux Etats-Unis. L’économiste cite en premier le cas du secteur des médicaments. Selon lui, "l’accord fera que l’accès aux médicaments génériques, surtout pour combattre le Sida, sera plus difficile au Maroc qu’il ne l’est aux Etats-Unis". De même, dans le domaine des télécommunications, l’accord a introduit des clauses suite à la demande américaine que "nous refuserions si un autre pays nous les imposait", souligne Stiglitz. Pour lui, l’administration Bush s’expose à plus de haine en imposant des accords par les muscles.



Khalid Tritki
Tribunaux : Rapaces aux aguets

Avez-vous déjà eu affaire à un expert judiciaire? Priez pour que ce ne soit jamais le cas. C’est un conseil de quelqu’un qui vous veut du bien. Mais si vous y êtes obligés, reprenez vos prières si vous les avez abandonnées. Vous y perdrez des plumes. La plaie de la justice commerciale marocaine ne réside pas seulement dans l’incohérence des jugements ou le manque de formation technique des juges. Le point noir de la procédure est dans la faiblesse du corps de métier qui doit en principe aider le juge à prendre sa
décision. Les experts judiciaires en sont le maillon le plus déterminant. Et c'est bien ça le drame. Dans leur majorité, ils semblent incapables d’assumer leur mission. Sinon, comment expliquer qu’un juge demande une évaluation du dommage, donc que le tribunal reconnaisse le préjudice, et que l’expert conclut par son absence ? Les dossiers de ce type peuplent les tribunaux. Ce qui est bizarre pour un profane comme moi, habitué à être sanctionné en cas d’échec, est que personne ne les inquiète. Pas de compte à rendre. Ils sont là indéfiniment, comme des rapaces qui flairent la chair tendre à mille lieues. Et justement, il n’y a pas plus tendre que la chair d’un homme d’affaires noyé dans les arcanes des tribunaux.


Pêche. Le poisson blanc sauve la mise

Selon les statistiques de l’Office national des pêches, les quantités de poisson blanc débarquées au terme du premier semestre 2004 se sont accrues de 2% à 44,18 tonnes et leur valeur de 12%, générant un chiffre d’affaires de 505,1 millions de DH. Cette augmentation tombe à point nommé. Elle a en effet permis de compenser la baisse enregistrée par les autres pêcheries. Ainsi, les captures des pélagiques ont reculé 10%. La plus forte baisse a été enregistrée aux ports de Safi et Tarfaya avec -40% des captures par rapport à l’année précédente. Cela a eu un impact sur la production globale de la pêche côtière et artisanale. Les captures globales ont atteint 328.236 tonnes pour une valeur de 1,4 milliard de DH. La plus forte baisse a été enregistrée par les céphalopodes, 22% en quantité et 20% en valeur. Par destination, il faut noter un regain d’intérêt pour la consommation de la conserve.


Sodéa/Sogéta. Le cahier des charges fin prêt

Les grandes lignes du cahier des charges pour la concession de l’exploitation des terres de la Sodéa et de la Sogéta ont été définies. Le lot de la concession porte sur 56.500 hectares. L’investissement prévisionnel est de 2 milliards de DH pour 20.000 emplois. Ce n’est pas une simple location de terres. Le plan du ministère table sur la réalisation de plus de 250 projets dans autant de fermes. Les soumissionnaires pourront ainsi postuler pour une seule ferme ou s’adjuger l’ensemble. C’est une question d’assise financière et de savoir-faire. Ainsi, les critères d’éligibilité deviennent clairs. L’apport en capital sera aussi déterminant dans le choix de l’adjudicataire que son savoir-faire technique et managérial. La durée de la concession d’exploitation portera sur 40 ou 17 ans selon la nature du projet.



Les off

Administration. Les fonctionnaires ne veulent pas partir
Le plan de départs, volontaires proposé par l’État tourne au vinaigre. Sur un objectif de 35.000 départs, ils n’ont été que 400 fonctionnaires à souhaiter partir. Sur ce nombre, il faut éliminer les profils dont l’État ne peut se séparer, ce qui réduira considérablement le nombre des partants. Deux options s’imposent pour réussir le dégraissage de l’administration. La première, très difficile à appliquer, est le licenciement des fonctionnaires. La seconde est d’augmenter les indemnités de départ pour intéresser les hésitants. Sur les deux options, c’est cette dernière qui semble être privilégiée. La facture sera donc plus salée que prévu.

Stratégie. 3 priorités pour la CGEM
Mardi dernier, Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la mise à niveau, a rencontré à Rabat toutes les fédérations de la CGEM. Le ministre a demandé à la CGEM de lui présenter les trois mesures que la confédération juge prioritaires. Il a également sollicité des fédérations de lui présenter une mesure prioritaire chacune. A cet effet, il a créé un comité stratégique de l’industrie alors que le comité de rationalisation de l’administration n’existe plus. En revanche, le comité financement de la restructuration se chargera, en plus, de la sous-facturation.



Grosse transaction sur la BMCE Bank

L'indice boursier Masi a clôturé la séance du jeudi 15 juillet à 4447,47 points. Son évolution sur la période allant du 09 au 15 juillet est positive, s’établissant à une augmentation de 7,32%. Cela dénote une consolidation du niveau de cotation. D’ailleurs, même si les volumes des transactions ont connu un tassement, l’indice s’est maintenu dans sa tendance haussière. Côté volume toujours, il faut une légère reprise des transactions au marché de bloc mercredi et jeudi dernier. La plus importante a concerné le titre BMCE Bank, dont le volume de l’échange a atteint 57 millions de DH. Le marché central, lui, continue d’enregistrer des échanges sur la BCP. La vigueur a certes diminué, mais l’intérêt demeure intact pour la BCP.

 
 
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