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Pages coordonnées par Karim Boukhari
Victimes sahraouies. LIER débordée par le nombre
| La mission de lInstance équité et réconciliation ne sannonce pas de tout repos dans les provinces du Sud. Dés sa création pourtant, en janvier 2004, lIER avait noué le dialogue avec les victimes des années de plomb dorigine sahraouie. Un bureau a même ouvert à Laâyoune, pour recueillir les doléances des victimes. Et cest un Mae El Aïnaine, juriste de formation, qui a été initialement chargé de la mission. Les origines sahraouies de lémissaire de lIER ont facilité les premiers contacts. Fin de la première phase. La deuxième a commencé il y a 3 mois par la désignation dune commission de 3 représentants de lIER, formée par Mae El Aïnaine, Abdelaziz Bennai et Latéfa Jbabdi. |
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| Le trio a élu domicile dans le Sud. Il a rencontré les victimes et leurs représentants. Mais sans pouvoir donner de suite à leurs requêtes. "Il ny a pas lieu de simpatienter, les choses prennent un cours normal", nous indique une source à lIER. En face, le son de cloche est radicalement différent. "LIER nous a promis de déléguer son président Benzekri mais na pas tenu sa promesse, nous a indiqué le président dune ong sur place. Linstance se dit incompétente pour le traitement des cas de victimes de mines anti-personnel, des victimes de la marocanisation, etc.". En fait, lIER est submergée de demandes de toutes parts et elle ne sait plus où donner de la tête, dautant que sa marge de manuvre semble limitée. Les victimes sahraouies des années de plomb sont pour la plupart danciens pensionnaires des bagnes secrets de Kelaât Mgouna et Agdz. Elles seraient au nombre de 374 selon des sources marocaines (500 selon des sources polisariennes). |
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DGST. Laânigri joue aux arbitres
Hamidou Laânigri a un nouveau collaborateur au sein de son cabinet à la DGSN. Le nouveau "rallié" sappelle Mohamed Mekdadi, ancien responsable du bureau de Rabat de la DGST (ex-DST). Mekdadi était en conflit ouvert avec lactuel numéro un de la DGST, Ahmed Harare. Les origines du conflit remontent à lépoque de la succession de Laânigri à la DST, où Mekdadi et Harare, les deux principaux chefs régionaux, étaient en lutte pour remplacer le général. La course ayant tourné à lavantage de son concurrent, Mekdadi a fait appel à larbitrage de lancien patron de la boîte, le général Laânigri. Ce dernier la donc pris sous son aile, en attendant de lui confier probablement un département à la DGSN. |
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ONU/sahara. Le procès des ralliés
Les associations de victimes du Polisario sactivent à Genève, auprès de la sous-commission onusienne chargée des droits de lhomme. Ces ONG espérent activer la machine judiciaire contre les dirigeants du Polisario, passés ou actuels, quelles accusent de les avoir torturés durant de longues années. Une première liste de 50 supposés tortionnaires existe, selon le représentant dune ONG, qui ajoute que "lONU a enregistré les plaintes, les jugeant recevables". Dans labsolu, rien nécarte la possibilité dauditionner les accusés parmi lesquels on retrouve la direction actuelle du Polisario, mais aussi deux célèbres ralliés : l'ancien chef de guerre Lahbib Ayoub et le gouverneur de Settat Omar Hadrami. |
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Istiqlal. Les barons entre eux
Abdelkrim Ghallab naura pas résisté plus dune semaine à la nostalgie istiqlalienne ! Le vieux leader, qui avait démissionné avec pertes et fracas de la direction dAl Alam et de lIstiqlal, est finalement revenu sur sa décision. Il a réintégré la direction du parti, à peu près pour les mêmes raisons quil l'avait quittée ("Ce parti est ma vie, ma maison
", aurait-il dit à ses proches). "Le retour de Ghallab, nous indique-t-on de source istiqlalienne, sest fait sur insistance de Mhamed Boucetta". Lancien S.G de lIstiqlal a donc joué les intermédiaires pour convaincre Ghallab de rentrer au bercail. Que lon ne sy trompe pas : le retour de Ghallab renforce le camp des adversaires de Abbes El Fassi
dont Boucetta fait partie. |
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Culture. Aourid, tête daffiche
Le porte-parole du roi, Hassan Aourid, sort petit à petit de la neutralité quil sest imposé. Dernière initiative en date, le lancement dun forum à ciel ouvert devant avoir lieu le jeudi 29 juillet à Harhoura sur le peintre défunt Mohamed Kacimi. Que cela coïncide avec une fête officielle (royale) semble être purement fortuit. Lassociation des amis de Kacimi comptent baptiser le jour même une fondation du nom du peintre défunt. Aourid nen est pas à sa première initiative culturelle. Le mois dernier, il a coaché de loin le printemps berbère, premier festival de taille à Agadir. Quelques mois après le 16 mai, il a été derrière lunique grande rencontre sur la réforme du religieux à laquelle étaient conviés la plupart des penseurs, modernes et traditionnels concernés. Aourid devient-il M. Culture du Palais ? |
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Terrorisme. Garzon politiquement correct
C'est peu dire que la sortie très médiatique de la semaine dernière du juge antiterroriste espagnol Baltazar Garzon n'a pas été appréciée, ainsi que ses propos, moins brutaux dans la forme, tenus lors d'une conférence de presse mercredi à Madrid. Le juge n'a cependant rien concédé sur le fond. Si le nombre de terroristes potentiels - près de 1000 - qui avait tant choqué est mis sur le compte d'une certaine "confusion", il reste qu'il s'agit de "100 groupuscules composés chacun de 5 à 9 personnes". Faites le compte ! Si les groupuscules ne se trouvent "pas nécessairement au Maroc", à cause "d'une perméabilité des frontières", rien n'indique qu'ils ne s'y trouvent pas non plus. Enfin, en concluant sur "la lutte effective des autorités marocaines contre le terrorisme", il est sûr que Baltazar a dû remettre du baume au cur de certains sécuritaires. |
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Procès. Basri poursuit Maroc Hebdo
Le 19 juillet, Abdellatif Mansour et Mohamed Selhami de Maroc Hebdo International ont reçu une citation à comparaître le 3 septembre 2004 devant le Tribunal correctionnel de Paris et ce, pour "diffamation" à l'encontre du plaignant
qui n'est autre qu'un exilé de renom, Driss Basri himself. Pourquoi Paris ? Est-ce parce que l'hebdomadaire est une société de droit français ? "Ce n'est pas acquis au niveau du droit" nous dit A. Mansour, il est vrai que notre journal est inscrit en France mais il est imprimé et distribué au Maroc". À l'origine de la plainte, un article paru en "Une" de l'édition du 4 juin, associant l'ex ministre de l'Intérieur à l'affaire dite Slimani-Laâfoura. Basri réclame à MHI 15.000 euros pour remboursement des frais de justice et 1 euro symbolique à titre de dédommagement moral. À suivre
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Presse. Jettou subventionne le syndicat
La subvention annuelle accordée au Syndicat de la presse marocaine (SNPM) sera augmentée au titre du prochain exercice, passant de 240.000 DH à 1 million de dirhams, soit un bond de plus 400 %. La rallonge a été accordée par les services du Premier ministre Driss Jettou. Le SNPM, pour lanecdote, réclamait 2,4 millions de dirhams. La décision a été prise au lendemain de la rencontre entre Jettou et les journalistes, au domicile même du Premier ministre. Elle devrait être effective à partir de janvier 2005. Jettou aurait également promis un nouveau local, au quartier Hassane, pour le SNPM. |
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Maroc-Algérie. Improbable dégel
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Sahel et son homologue Zerhouni
(Photo AFP)
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| Depuis la visite cette semaine du ministre de l'Intérieur El Mostafa Sahel en Algérie, les officiels des deux bords chantent leur volonté "d'approfondissement des relations de fraternité et de bon voisinage". Et le Sahara, éternelle pomme de discorde ? Aucune évolution. Il reste indiscutablement marocain pour le Maroc et, non moins indiscutablement pour l'Algérie, "une affaire de décolonisation". Alors ? "Alors on va éviter le sujet", voilà ce qu'a dit, en substance, le ministre des AE algérien Abdelaziz Belkhadem. Est-ce crédible ? Absolument pas. Car des tentatives de rapprochement qui passent à côté de l'essentiel, il y en a déjà eu plusieurs depuis l'avènement de |
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| Mohammed VI. Benaïssa à Alger, Belkhadem à Rabat
À chaque fois, on a parlé "groupes de travail mixtes" et à chaque fois, il a fallu "relancer" ces groupes, jamais activés pour cause de déclarations venimeuses (et croisées) sur le Sahara. Le journal algérien Le Soir ne s'y est pas trompé, en écrivant que la visite de Sahel à Alger n'avait "aucun intérêt". Méchant, mais juste. |
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GSU. Bensaïd veut partir
Le premier congrès de la Gauche socialiste unifiée (GSU), qui se déroule en ce moment même à Casablanca, devrait déboucher sur lélection dun seul S.G, là où le parti, qui existe depuis trois ans, en comptait quatre. "Lexpérience des quotas et du secrétariat général pluriel a été un échec", admet ce membre de la direction. Le cas Mohamed Bensaîd Aït Idder devra également être discuté : le président dhonneur de la GSU souhaite prendre sa retraite. Reste à savoir qui le remplacera, et si le portefeuille même de président continuera dexister tant le titre a été créé pour coller au profil fédérateur de Bensaïd. La Koutla reste à lordre du jour chez la GSU, alors que le projet RGD, rassemblant lextrême-gauche de la GSU, a été renvoyé sine die. |
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Al Maghribia. Une nouvelle chaîne de télé pour les MRE
Elle sappellera Al Maghribiya. Elle sest choisie comme canal de transmission Arab Sat 26 et elle sera chargée de vendre limage du Maroc dans le monde arabe et aux MRE. La chaîne dont le concept a éclos dans le secret de réunions entre les deux chaînes et le ministère de la Communication est un mix bilingue entre les programmes stars de la TVM et 2M. Le démarrage sera timide avec 8 heures de diffusion quotidienne avant de passer aux 24 heures ambitionnées initialement. Côté logistique, cest la TVM qui a décaissé. Régie digitale, studio ultra-équipé, habillage, tout y est, seule la date de lancement fait encore lobjet de quelques hésitations. |
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Rabat-Ryad. Fin du vide diplomatique
L'Arabie saoudite a enfin procédé à la nomination dun nouvel ambassadeur au Maroc, après trois mois dun curieux vide diplomatique. Le nouveau titulaire au poste sappelle Mohamed Ben Abderrahmane Ben Abdelaziz El Bachir, reçu en début de semaine par Mohamed Benaissa, après avoir été agréé par les autorités marocaines. Cette nomination est intervenue quelques jours avant larrivée du prince Soltane, le numéro 3 de la dynastie, au Maroc dans le cadre dune visite privée. Une arrivée dûment saluée par la télévision marocaine. Le message, daprès des milieux informés, serait le suivant : le courant passe toujours entre Ryad et Rabat et, plutôt que den débattre, multiplions les petits signes dapaisement de part et dautre. Reçu cinq sur cinq. |
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Nominations. La valse des commis dEtat
En deux jours, le roi a nommé 6 responsables dinstitutions publiques, 2 walis, 26 gouverneurs et 4 directeurs au ministère de lIntérieur. Derrière cette valse administrative, deux gros messages. Primo, le roi veut rebooster le tourisme, en remerciant une Fathia Bennis malade et contestée à lONMT, pour la remplacer par un Abbès Azzouzi ayant les faveurs de Adil Douiri. À mi-cheval entre tourisme et habitat, le CIH revient à un Khalid Alioua, vaguement gestionnaire (maîtrise en 1971) et pas prêt de sitôt de savouer vaincu à lUSFP. Autre priorité majeure, la gestion des provinces sahariennes. Ainsi, à la place de Ali Kébiri, un sécuritaire pur et dur, homme clé du renseignement dans la région, le roi nomme Amine Lahcen Demnati, ex-ministre et directeur de lANRT. Signe sil en est, estime ce connaisseur du dossier, que "le développement prend le pas sur le tout sécuritaire". Pour le reste, cest un peu les vases communicants. |
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Prisons. Bouzoubaâ harcelé
Le ministre de la Justice na quà se tenir prêt. Les associations de droits de lhomme (AMDH et OMDH) et lObservatoire marocain des prisons perdent patience. Après moult tentatives de rencontres avec Mohamed Bouzoubaâ, auxquelles il na pas donné suite, les trois ONG comptent se présenter, dès la semaine prochaine, en force devant son bureau pour le mettre devant le fait accompli. Leurs griefs ? Les conditions désastreuses de détention, le surpeuplement des prisons et bien dautres données récentes sur les prisonniers du terrorisme. Laction concertée du trio ne sera pas inopinée. Ils comptent rencontrer, lundi 26 juillet la presse, faire de la publicité autour, voir si le ministre cède au chantage, avant de passer à lacte. Ça chauffe ! |
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Historiens. Hassan II sujet d'étude
Des historiens marocains sapprêtent à étudier les années Hassan II de plus près. Le colloque, prévu en octobre 2005 et coordonné par Mohamed Kenbib, permettra pour la 1ére fois dans les annales de la faculté des lettres de Rabat, de passer en revue les recherches menées sur la période post-coloniale et les témoignages parus dans la presse à ce sujet. Imaginez, 1965, les putschs militaires et civils, les procès de 1973, Tazmamart qui ne cessent dêtre des tabous académiques. Le comité veut en faire un point de départ pour jeter des ponts entre chercheurs (historiens, sociologues), et interpeller les journalistes, afin de mieux appréhender le passé récent. Une brèche est ouverte, enfin ! |
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Partis. Crise à l'UD, 5 MDH en otage
Malgré l'intermédiation de Mahjoubi Aherdane et de Mohand Laenser, la confusion règne toujours à l'UD (Union démocratique), dont le président Bouazza Ikken a été destitué par son bureau politique. Ikken a riposté en convoquant un conseil national
chez lui ! Conseil qui a débouché sur la création de nouvelles instances, dont un nouveau bureau politique, qui a promptement réélu l'ancien président. Deux bureaux politiques de l'UD coexistent donc, à l'heure où nous mettons sous presse. Ce qui pose un problème de taille : qui a la main sur le "trésor de guerre du parti", plus de 5 MDH de subventions étatiques ? Ikken et le bureau politique (le premier) ont demandé à la banque de bloquer le compte du parti, en attendant que la situation se débloque. Si aucun règlement à l'amiable n'est trouvé, il faudra passer par une plainte en justice. |
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Fondation. LONA proche du peuple
Vous le saviez déjà, la Villa des arts change de directrice. Sylvie Belhassan, qui part en très bons termes avec la fondation ONA (manière élégante de présenter sa démission), "sera sollicitée dans lavenir comme conseillère sur des projets menés à létranger", confie le président, Rachid Slimi. Pour le reste, la fondation projette de devenir "moins élitiste" dans ses projets culturels. Une telle institution, si proche du Palais, saurait-elle être proche du peuple ? Lidée, en gestation, consiste à "favoriser les arts qui sexpriment plus spontanément dans la ville", ajoute Slimi, lequel ne sempêche pas davoir une pensée pour lélite. Car, en parallèle, la refonte annonce également la création dun think tank. Déstabilisant. |
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Télé. Le carton de Studio 2M
À en croire une étude daudience réalisée par Créargie à lissue du troisième prime de Studio 2M, 80% des 462 personnes interrogés ont suivi lémission et 87% des mêmes ont déclaré lavoir appréciée. Toujours est-il que le programme cartonne et que le public en redemande. Ce qui ne nous empêche pas de trouver un brin déplacé le fait de faire interpréter aux candidats anglophones et francophones des morceaux en arabe - langue quils ne maîtrisent pas - dans les prochains primes : "Inversement, les candidats qui jusque-là ont chanté en arabe devront aussi chanter en français ou en anglais", corrige Anis Hajjam, coach des pop stars de la deuxième chaîne. Ce nest donc pas Abdelhadi Belkhayat qui a fait des siennes ! (lire en page 44). |
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3 questions à Ignace Dalle (Journaliste et écrivain)
Votre prochain livre sintitule Les trois rois. Pourquoi ce titre, y a-t-il continuité entre Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI ?
Tout à fait. Il y a certes des sensibilités différentes entre le grand-père et le père, comme entre le père et le fils. Mais il y a une cohérence formidable dans le système. Jai choisi cet angle-là, parce quau Maroc, aujourdhui encore, tout tourne autour du monarque. Le reste est accessoire.
Quavez-vous appris des différents ténors de la classe politique ?
Jai compris comment des gens qui ont eu un comportement honorable, au |
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moment du protectorat, se sont fait petit à petit posséder par le système. Face aux menaces, à la corruption, les plus courageux sont morts, se sont exilés ou ont été marginalisés. Ils nont pu résister au Palais et à ses affidés. Youssoufi, par exemple, nayant pas la forte personnalité de Bouabid, sest couché devant les oukases du monarque.
Cest donc une lecture orientée de notre histoire contemporaine que vous proposez
Je ne prétends pas faire un livre dhistoire. Mais jespère ouvrir des pistes de recherche. Car jai pu, durant ces deux années et demie, recueillir les témoignages de plusieurs politiciens et consulté des archives fraîchement disponibles sur la période 1956-1965. |
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Billet : La démocratie, cest la reconnaissance (par Driss ksikes)
Quelle soit à moitié nue ou drapée de pudeur, seule compte sa prestance. Quil chante en anglais ou sextasie en darija, seule mimporte son aisance vocale. Quil vienne de Marrakech ou de Berlin, seule pèse dans la balance sa volonté de saffirmer. Les patriotes zélés de Studio 2M, qui exigent de tous une dose d'arabe, loublient souvent, la démocratie commence lorsquon reconnaît quelquun pour ce quil est. Elle se confirme, lorsquon admet quil y ait une multitude dêtres qui cohabitent sans sassimiler. Si ces jeunes réunis le temps dun concours musical sont enchantés, cest parce quà lorigine, une télé publique les a conviés à affiner leurs passions individuelles, non à prouver quils sont conformes à une identité collective ou linguistique. Une fois leur besoin de reconnaissance assouvi, vous lavez bien vu, ces jeunes ont fait don dune générosité débordante. Nous ne parlons là que dheureux élus, propulsés par leur talent et leur télégénie. Transposez la formule en politique. Imaginez des partis qui acceptent que des jeunes, conservateurs ou humanistes, utopistes ou pragmatiques, les bousculent. Imaginez un État qui se décentralise pour de bon, au point de libérer les énergies et d'accepter que la décision provienne de dynamiques locales. Imaginez, enfin, des décideurs qui ne proviennent que des urnes et des politiques qui tirent leur légitimité du débat quils cultivent avec ceux qui soutiennent leurs choix ou les contestent. Cest du pur fantasme. Mais sans cette révolution là qui donnerait à chacun le sentiment que sa voix, son être, ses choix sont reconnus ou du moins pris en compte, on continuera à vivre au milieu dombres indifférentes, de silhouettes qui finissent par filer à langlaise ou au hreg à la marocaine. |
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Humeur : Ce que Makhzen veut
(par Karim Boukhari)
Les destins politiques tiennent à très peu de choses. Prenez un Khalid Alioua, par exemple. Sa nomination à la tête du CIH est une invitation à lexercice dune drôle de gymnastique intellectuelle : que faut-il pour être quoi, quand et où ? Lancien ministre USFP aux manières de gentleman reste sur une longue série de désillusions politiques. Il y a encore deux ans, il espérait à peu près tout : remporter la mairie de Casablanca, se forger un destin national à lombre de son mentor Abderrahmane Youssoufi, redorer le blason du journal Al-Ittihad Al-Ichtiraki dont il a hérité, etc. Alioua était en droit de rêver à tout cela à la fois, mais il a tout raté. Malheureusement. Éjecté du gouvernement, éliminé de la course à la mairie, privé de soutien à lintérieur de son propre parti et barré de son journal dont il nétait plus que le directeur de la rédaction théorique. Échec total pour un ambitieux battu à la régulière.
Cest un jeune has been qui, il y a quelques semaines, avait pris lavion pour la France "pour faire un bilan de santé", en fait pour oublier ses malheurs dans les douceurs de la vie parisienne. "Pauvre Alioua qui ne mérite pas de tomber si bas", disait-on dans son premier cercle damis. Parti sur la pointe des pieds après avoir épuisé tous les recours ou presque, le voilà qui revient par la grande porte, propulsé à la tête dune grande banque dÉtat : le si décrié CIH. Alioua a rebondi, peut-être bien à son corps défendant, de la plus incroyable des façons. Il est à lentrée dune prestigieuse carrière bancaire, lui que la logique politique (et logique tout court) prédestinait aux salons feutrés de la diplomatie, aux tribunes des meetings populaires, aux empoignades de la gestion communale, au bureau de lOJD, etc. Ce que le Makhzen veut
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Et un chantier bouclé, un !
Les fameux "50 projets" (TelQuel n°127) portés par le réseau des associations de quartier et la CGEM, avancent à grands pas. L'un d'entre eux a même été achevé cette semaine. Avec le soutien financier du promoteur immobilier Al Mawlid, les volontaires de l'association des chantiers sociaux marocains (section Sidi Bernoussi) ont terassé une piste (anciennement dépotoir sauvage), par laquelle transitent quotidiennement 3000 ouvriers. La Lydec et l'arrondissement de Bernoussi ont aussi participé à l'opération. C'est fait. Bravo ! |
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Vite !
La directrice de la crèche Ililane à Rabat (affaire de pédophilie), ainsi que dautres personnes, sont en garde à vue. Le juge dinstruction attend de les entendre par rapport aux témoignages accusant la mère de lenfant Adib de proxénétisme et que la directrice aurait (encore) commandités contre des sommes dargent. Procès en appel, le 26 juillet.
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Chaouen qui a accueilli le week-end dernier son 1er festival organisé par la wilaya de la ville et lagence du Nord a sa propre conception de lhospitalité. Cest, en effet, un mokhazni armé dune mitraillette qui accueillait les festivaliers à lentrée de la préfecture où se déroulait une partie des festivités. Au même endroit, un autre mokhazni doublé dun agent de la police sommaient dun "ryeh" ("assis!") tous ceux qui avaient la mauvaise idée de se lever pour danser devant la scène sur des musiques on ne peut plus rythmées.
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Pas de surprise chez Ennahj Addimocrati. Les héritiers dIlal-Amam ont choisi de reconduire Abdellah El Harif au poste de S.G, pour une durée de 4 ans. Le parti, qui est à gauche de tout léchiquier politique marocain, na toujours pas de récépissé, gardant ainsi son statut de "toléré sans être reconnu ". Son congrès, organisé en fin de semaine, avait reçu in extrémis lautorisation des autorités marocaines.
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Le Maroc accueille le deuxième Forum Social, sous le thème "Un autre Maroc est possible, un autre monde est possible, agissons ensemble pour les construire". Les 27-28 et 29 juillet prochains, le campus universitaire de Rabat verra la fine fleur universitaire, associative marocaine, mais aussi Bernard Cassen d'Attac international ou encore le Palestinien Mustapha Barghouti.
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Annahda (la renaissance), le nouveau parti rassemblé il y a quelques semaines autour de "jeunes déçus", attend toujours son récépissé. Non, annahda na rien de subversif, il est victime du retard pris par la promulgation de la loi sur les partis. |
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