Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.
E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 94 68 45). Lettres (13, rue Fnideq, Casa-Anfa). |
 |
|
Par Rita El Khayat,
psychologue
|
À quand une Star Ac pour les livres ?
Je prends le train ce dimanche pour aller voir ce que la foire du livre représente, puisque jai su, par hasard, alors que je suis auteur et éditeur, quelle se tient ces jours-ci ! Le taxi me dépose devant une série de bâches blanches, alignées au bord du trottoir, dans un soleil étouffant et le bruit dune circulation très intense, à quelques encablures de la gare. Pour être une foire, cen est une véritable ! Les exposants épuisés dorment par terre |
|
sur des cartables, les autres sont en train dattendre des visiteurs hypothétiques. Il y a des livres, il y a des vendeurs et cest tout. Joublie la chaleur et la poussière : tous les ouvrages exposés devront être jetés après dix jours de gaz déchappement et de cette épaisse couche de particules qui tombe sans arrêt, suffocante. Personne ne sarrête parmi les chalands et, interrogés, les libraires racontent quils vendent chaque jour juste de quoi payer la location des tables sur lesquelles sont disposés les livres (160 DH) ! Et quils dorment dans une école où ils sont invités par les autorités de la ville, en se demandant comment les instituteurs formés là peuvent y passer quatre ans. Ils doutent de lavenir de lenseignement à cause de la literie, moi je doute de la culture jusquau plus profond de moi. Bertold Brecht disait que le peuple devait bénéficier de tout ce qui était dune grande qualité pour être hissé vers le haut. À Mohammedia, sorte de bourg paysan, on comprend que personne ne lit, que la culture est au point mort, que les livres sont des "denrées" qui passent après toutes les autres nourritures, maquillage, objets, caftans et chocolateries. Mais les cafés sont combles comme dhabitude, remplis dhommes qui nont rien à faire, "Rijal el Maqahi", on va les appeler !
Cest la foire du pauvre au pays des ignorants : pour faire venir les Marocains à la culture, il faut quelle soit belle et attrayante dans dautres lieux dexposition, avec un effort de décoration et de présentation, une publicité médiatique importante, pour une motivation réelle des foules pour la lecture et la culture.
À quand la Star Ac des livres ? On peut les chanter, puisque personne ne veut et ne peut les lire (Amère constatation dans le qitar qui me ramenait vers Casa-Port : les voyageurs téléphonaient ou discutaient - mais personne ne lit dans ce pays ?). Je vais dabord digérer ma foire de Mohammedia, avant de me mettre à écrire. Mais pour qui ? Et à publier dautres auteurs, mais pourquoi ? |
|
Parole de croyant
Dans votre n°135, vous avez consacré deux articles et trois précieuses pages de votre magazine pour épingler le prêcheur de la mosquée Hassan II. Ce prêcheur a-t-il inventé linterdiction de lalcool et limpudeur ? Bien sûr que non ! Ce principe existe déjà depuis quatorze siècles et M. Benchekroune ne faisait que rapporter ce qui a été dit dans le Coran et le Hadith. Le prêcheur sadressait aux musulmans qui croient en ces sources et les appliquent dans leur vie. Un proverbe marocain dit : "Une personne qui danse ne cache pas son visage". Votre procédé est intellectuellement erronée, vous avancez largument de la modernité et de la laïcité, mais ce nest en fait que de lathéisme mal exprimé. Allez voir en Malaisie des femmes portant le voile qui dirigent des entreprises ultramodernes et qui nont besoin de personne pour leur apprendre ce quest la modernité ! Car elles la produisent, elles, la modernité ! Dans votre rubrique "courrier des lecteurs", vous faites léloge de lathéisme du monde arabo-islamique en donnant la parole à un athée. Voici la parole dun croyant, cest la laïcité et la modernité
Acceptez-la sans rancune.
|
La chanson marocaine est morte
Ce mauvais spectacle de Studio 2M, qui va continuer jusquà la fin juillet, a au moins un mérite. Il ouvre grand le débat sur le financement de la chanson marocaine. Il pose les questions auxquelles ni les sponsors, ni les dirigeants de 2M nont jamais eu le courage de répondre. Qui doit payer pour garantir une chanson marocaine de qualité ? Quels moyens 2M est-elle prête à accorder aux jeunes artistes marocains pour leur permettre dexercer dignement leur métier comme chanteurs ? Les réponses sont nombreuses, et trouvent leur origine dans notre histoire, à lépoque glorieuse de la chanson marocaine des années 70. Le débat est donc ouvert, culturellement, artistiquement, et il est incontestablement essentiel pour lavenir des jeunes artistes. Il ne passionne pas seulement les dirigeants de 2M et ses sponsors, mais aussi les grands chanteurs marocains. Malheureusement, son issue ne changera rien au sort des jeunes stars intéressées de chanter en arabe et de conserver leur marocanité, leur origine, leur âme. Car la chanson |
|
| marocaine est morte, comme elle vivait : médiocrement.
Studio 2M, la télé "in"
enfin !
Les critiques engagées contre lémission Studio 2M dans la presse sont vraiment ahurissantes ! Une émission de ce genre est un grand pas dans le paysage télévisuel marocain. 2M (et TVM aussi) s'inscrivent enfin dans cette tendance "moderne", "branchée", "in" qu'est la télé-réalité
Mais la presse, elle, championne de la critique, ne le voit pas de cet il. Il s'agit de dénigrement pur et dur. Peut-être la présentation laisse-t-elle à désirer, notamment celle bâclée "d'Imad le Magnifique", pour reprendre lexpression du quotidien Aujourd'hui le Maroc. Ou encore cet arabe d'une certaine Nabila qu'on nous impose ! Mais quand on na pas ce qu'on veut, on se doit daimer ce qu'on a. Disons que notre vif intérêt pour Studio 2M confirme la normalité des téléspectateurs marocains !
|
|