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Économie
Reportage, Khouribga : Côté privé, côté public
Coup de gueule. Ces fonctionnaires de la culture
Mémoire. Les années corrida
N° 137
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Par Rita El Khayat,
psychologue
À quand une Star Ac’ pour les livres ?

Je prends le train ce dimanche pour aller voir ce que la foire du livre représente, puisque j’ai su, par hasard, alors que je suis auteur et éditeur, qu’elle se tient ces jours-ci ! Le taxi me dépose devant une série de bâches blanches, alignées au bord du trottoir, dans un soleil étouffant et le bruit d’une circulation très intense, à quelques encablures de la gare. Pour être une foire, c’en est une véritable ! Les exposants épuisés dorment par terre
sur des cartables, les autres sont en train d’attendre des visiteurs hypothétiques. Il y a des livres, il y a des vendeurs et c’est tout. J’oublie la chaleur et la poussière : tous les ouvrages exposés devront être jetés après dix jours de gaz d’échappement et de cette épaisse couche de particules qui tombe sans arrêt, suffocante. Personne ne s’arrête parmi les chalands et, interrogés, les libraires racontent qu’ils vendent chaque jour juste de quoi payer la location des tables sur lesquelles sont disposés les livres (160 DH) ! Et qu’ils dorment dans une école où ils sont invités par les autorités de la ville, en se demandant comment les instituteurs formés là peuvent y passer quatre ans. Ils doutent de l’avenir de l’enseignement à cause de la literie, moi je doute de la culture jusqu’au plus profond de moi. Bertold Brecht disait que le peuple devait bénéficier de tout ce qui était d’une grande qualité pour être hissé vers le haut. À Mohammedia, sorte de bourg paysan, on comprend que personne ne lit, que la culture est au point mort, que les livres sont des "denrées" qui passent après toutes les autres nourritures, maquillage, objets, caftans et chocolateries. Mais les cafés sont combles comme d’habitude, remplis d’hommes qui n’ont rien à faire, "Rijal el Maqahi", on va les appeler !
C’est la foire du pauvre au pays des ignorants : pour faire venir les Marocains à la culture, il faut qu’elle soit belle et attrayante dans d’autres lieux d’exposition, avec un effort de décoration et de présentation, une publicité médiatique importante, pour une motivation réelle des foules pour la lecture et la culture.
À quand la Star Ac’ des livres ? On peut les chanter, puisque personne ne veut et ne peut les lire (Amère constatation dans le qitar qui me ramenait vers Casa-Port : les voyageurs téléphonaient ou discutaient - mais personne ne lit dans ce pays ?). Je vais d’abord digérer ma foire de Mohammedia, avant de me mettre à écrire. Mais pour qui ? Et à publier d’autres auteurs, mais pourquoi ?


Parole de croyant

Dans votre n°135, vous avez consacré deux articles et trois précieuses pages de votre magazine pour épingler le prêcheur de la mosquée Hassan II. Ce prêcheur a-t-il inventé l’interdiction de l’alcool et l’impudeur ? Bien sûr que non ! Ce principe existe déjà depuis quatorze siècles et M. Benchekroune ne faisait que rapporter ce qui a été dit dans le Coran et le Hadith. Le prêcheur s’adressait aux musulmans qui croient en ces sources et les appliquent dans leur vie. Un proverbe marocain dit : "Une personne qui danse ne cache pas son visage". Votre procédé est intellectuellement erronée, vous avancez l’argument de la modernité et de la laïcité, mais ce n’est en fait que de l’athéisme mal exprimé. Allez voir en Malaisie des femmes portant le voile qui dirigent des entreprises ultramodernes et qui n’ont besoin de personne pour leur apprendre ce qu’est la modernité ! Car elles la produisent, elles, la modernité ! Dans votre rubrique "courrier des lecteurs", vous faites l’éloge de l’athéisme du monde arabo-islamique en donnant la parole à un athée. Voici la parole d’un croyant, c’est la laïcité et la modernité… Acceptez-la sans rancune.

Najib Hamouti



La chanson marocaine est morte

Ce mauvais spectacle de Studio 2M, qui va continuer jusqu’à la fin juillet, a au moins un mérite. Il ouvre grand le débat sur le financement de la chanson marocaine. Il pose les questions auxquelles ni les sponsors, ni les dirigeants de 2M n’ont jamais eu le courage de répondre. Qui doit payer pour garantir une chanson marocaine de qualité ? Quels moyens 2M est-elle prête à accorder aux jeunes artistes marocains pour leur permettre d’exercer dignement leur métier comme chanteurs ? Les réponses sont nombreuses, et trouvent leur origine dans notre histoire, à l’époque glorieuse de la chanson marocaine des années 70. Le débat est donc ouvert, culturellement, artistiquement, et il est incontestablement essentiel pour l’avenir des jeunes artistes. Il ne passionne pas seulement les dirigeants de 2M et ses sponsors, mais aussi les grands chanteurs marocains. Malheureusement, son issue ne changera rien au sort des jeunes stars intéressées de chanter en arabe et de conserver leur marocanité, leur origine, leur âme. Car la chanson
marocaine est morte, comme elle vivait : médiocrement.

Mustapha Bakouri

Studio 2M, la télé "in"… enfin !

Les critiques engagées contre l’émission Studio 2M dans la presse sont vraiment ahurissantes ! Une émission de ce genre est un grand pas dans le paysage télévisuel marocain. 2M (et TVM aussi) s'inscrivent enfin dans cette tendance "moderne", "branchée", "in" qu'est la télé-réalité… Mais la presse, elle, championne de la critique, ne le voit pas de cet œil. Il s'agit de dénigrement pur et dur. Peut-être la présentation laisse-t-elle à désirer, notamment celle bâclée "d'Imad le Magnifique", pour reprendre l’expression du quotidien Aujourd'hui le Maroc. Ou encore cet arabe d'une certaine Nabila qu'on nous impose ! Mais quand on n’a pas ce qu'on veut, on se doit d’aimer ce qu'on a. Disons que notre vif intérêt pour Studio 2M confirme la normalité des téléspectateurs marocains !

Nadia Lazrek

 
 
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