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Économie
Reportage, Khouribga : Côté privé, côté public
Coup de gueule. Ces fonctionnaires de la culture
Mémoire. Les années corrida
N° 137
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

CMC. La croissance ne crée pas d’emploi

La santé de l’économie ne doit pas induire en erreur. Le taux de croissance est encourageant mais la création d'emplois reste très faible.


Le Centre marocain de conjoncture (CMC) ne mâche pas ses mots. La corrélation entre la croissance et la création d’emploi n’existe pas au Maroc. Le nombre des chômeurs est passé de 1,2 millions en 2002 à 1,3 millions en 2003. En revanche, la croissance s’est appréciée d’une année à l’autre. Selon les analystes du centre, l’économie va mieux et va se consolider. Les grands chantiers, l’habitat social, l’électrification, projets d’investissement touristiques sont autant d’indicateurs d’une potentielle relance en 2004. "Mais ce mieux demeure insuffisant", martèlent-ils. L’enjeu majeur est de mettre en place une stratégie créatrice d’emplois. Le degré de performance du gouvernement sera jugé à partir de là. Pour cause, les scénarii présentés par la CMC pour 2014 présentent une disparité en fonction de la croissance à réaliser. La constante réside dans l’augmentation de la demande d’emploi. D’ici 2014, le gouvernement doit créer 5,6 millions d’emplois. Pour y arriver, le taux de croissance annuel doit être de 6,6 % par an pour résorber 419.000 demandes d’emploi. À 5,1 % de taux de croissance, cette capacité baissera à 301.000 emplois et chutera à 250.000 emplois si le taux de croissance ne dépasse pas 4,2 %. Cette projection ne tient pas compte des pertes d’emplois qui peuvent être engendrées par le processus de mise à niveau. La restructuration des entreprises passe inévitablement par des cures d’amincissement. D’ailleurs, nombre de grands groupes, dont l’ONA et ses filiales, ont déjà entamé cette démarche. Cette phase, normale dans la vie de l’entreprise, cherche à améliorer la compétitivité par des économies de coûts. Dès que l’objectif sera atteint, l’amélioration de la productivité et la relance de la consommation peuvent ouvrir le cycle des recrutements. Le Maroc n’en est pas encore là. Et selon le CMC, il faut se préparer par la mise en place d'une politique de reconversion des salariés. Une approche qui ne sauvera pas tous les meubles, mais les plus récupérables.


Rapport de Bank Al Maghrib. L’agriculture soutient la croissance

Le rapport de Bank Al Maghrib est globalement positif. Il juge que la situation économique du pays est encourageante. Mais il n’omet pas de souligner que la croissance hors agriculture est quasiment en stagnation à 3,2 %, pratiquement au même niveau que l’année précédente. Le performance de l’agriculture a soutenu la croissance la hissant à 5,2 %. Cette note positive doit être atténuée. Le déficit commercial persiste, en effet, malgré la réduction des importations des produits agricoles. De même, la banque centrale souligne l’aggravation du déficit budgétaire, s’établissant à 5,1 %, hors privatisation. L’État a levé 26,2 milliards de dirhams sur le marché intérieur pour couvrir ses besoins en dépense. En revanche, la balance des paiements globale a dégagé un solde excédentaire de 16 milliards de dirhams. Le rapport souligne également que le taux de chômage des jeunes diplômés est passé de 25,6 % à 26,5 % d’une année à l’autre. Le gouvernement gagne ainsi sur les fondamentaux, mais perd sur l’emploi.



Khalid Tritki
La logique de la ménagère

Le jeu des chiffres est inpénétrable au commun des mortels. Chacun peut lui faire dire ce qu’il veut. Les profanes n’y verront que du feu. Ou presque. Le seul bouclier contre les attaques des chiffres est le flair de la rue. Monsieur tout le monde a un nez, des yeux et des oreilles. Les chiffres ne lui disent rien, mais le spectacle d’un fils, frère ou neveu au chômage, lui dresse un tableau économique et social qui contraste avec les données officielles. La désolation qu’inspirent les quartiers pauvres est le meilleur indice
économique. Le chiffre de la croissance ne lui procure aucune sympathie. Au contraire, il lui donne la nausée. Parce qu’il n’arrive pas à comprendre comment cela se fait que l’économie se porte mieux et que les jeunes de son voisinage rôdent encore dans les rues avec des diplômes en poche. Les chiffres sont pour les banquiers, qui ne mettent presque jamais les pieds dans une entreprise. Mais regardent de très près les relevés bancaires et le compte d’exploitation. En revanche, l’action est pour le terrain, là où il y a les oubliés du système, qui ne demandent pas des chiffres, mais des faits.


Fonds Hassan II. 525 millions de dirhams d’engagement

Le Fonds Hassan II a soutenu la signature de sept conventions d’investissement. Les projets concernent surtout le tourisme et l’infrastructure destinée à l’investissement. Pour 525 millions de dirhams, le fonds a ouvert le bal pour trois projets touristiques, notamment celui de Saâdia à l’Oriental, de l’Aguedal à Marrakech et de Mogador à Essaouira. Pour l’industrie, six projets ont été validés. Deux d’entre eux portent sur la réhabilitation des zones industrielles. Les quatre autres sont destinés à développer des pépinières d’entreprises. L’engagement financier total du fonds depuis sa création arrive ainsi à 12 milliards de dirhams. Cet investissement touche à la fois des projets d’infrastructures nationales et au programme d’appui à l’investissement privé. La répartition est presque équitable entre les deux sphères d’intervention du fonds. Notons enfin que le Fonds Hassan II s’alimente des recettes de la privatisation et devrait en principe être renfloué prochainement par la manne qui découlera du placement en bourse de Maroc Telecom.


Droits d’enregistrement. L’instruction tombe enfin

La refonte des droits d’enregistrement est une réalité depuis la promulgation de la loi des finances 2004. Le nouveau texte a apporté du nouveau au niveau de l’harmonisation et des procédures. La dernière instruction de l’administration des impôts vise justement à baliser les derniers repères. Le nouvelle mouture a également touché à certains taux d’imposition. Ainsi, la charge fiscale a légèrement baissé, grâce notamment à la réduction de 10 à 5 % pour la cession des droits de bail, de 5 à 2,5 % pour l’acquisition de locaux construits à usage autre que l’habitation, de 3,5 à 2,5 % pour les ventes de meubles, de 4,1 et 0,5 % applicables à l’inventaire après décès selon le lien et le degré de parenté, à un taux unique de 0,5 %. Ce n’est pas fini, dans la prochaine loi des finances, les opérateurs s’attendent à une refonte de la fiscalité locale.



Les off

lection. L’USFP prépare son programme économique
Une commission de la recherche au sein de l’USFP se penche actuellement sur le futur programme économique et social du parti. Ce programme sera présenté à son congrès qui sera tenu le printemps prochain et servira de base à la prochaine campagne électorale. Selon des sources proches du parti, ce programme constituera une rupture avec ceux du passé. Contrairement à ces derniers, il sera précis et se concentrera sur les possibilités d’augmenter la croissance et de doper les performances économiques du pays.

Internet.
Le pack Internet de Maroc Telecom (PC et connexion à 2500 DH) fait des mécontents. Des PME spécialisées dans la revente de matériel informatique ont sollicité conseil auprès de la CGEM. Elles reprochent à l’opérateur historique de pratiquer des prix hors concurrence, ce qui menace leur commerce. Elles souhaitent être associées à cette opération d’une manière ou d’une autre. La position de la CGEM est délicate sur ce dossier, car elle aura à arbitrer entre la démocratisation de l’Internet et la sauvegarde des intérêts d’une frange de ses adhérents. Affaire à suivre.



Ajustements de l’ONA et la SNI

L'indice boursier Masi continue sur sa lancée enregistrant ainsi une augmentation de 1,35 % sur la semaine allant du 16 au 22 juillet. Jeudi dernier, l’indice a clôturé à 4502,71 points alors qu’il était à 4442,18 points le vendredi précédent. Les transactions demeurent marquées par les ajustements dans les portefeuilles des holdings ONA et SNI avec des volumes plus ou moins importants sur Wafabank et Wafa Assurance. Le plus grand volume de la semaine a été enregistré mardi, mobilisant 835 millions de dirhams, dont la majorité a transité par le marché de bloc. Pour le reste, la cotation se calme de plus en plus en prévision des vacances d’été.

 
 
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