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Par Driss Ksikes
Penser le 11 septembre
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De G à D Jacques Derrida,
Jurgen Habermas
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| Le 11 septembre (9.11 tel que répertorié aujourdhui) est plus quune date, un événement et, qui plus est, "un concept". La date devient inoubliable à force dêtre répétée, lévénement, majeur, car mis en scène et traumatisant pour le futur, et le concept, difficile à cerner, car ouvert sur plusieurs questions à la fois. Doù la démarche de Giovanna Borradori, à partir de New York, dinterroger à ce sujet le philosophe allemand qui sest le plus engagé en faveur de la démocratie au sein de lespace public, Jürgen Habermas, et son homologue français, qui a le plus douté de la rationalité moderne, Jacques Derrida. Le résultat est un livre, Le "concept" du 11 septembre, où chacun |
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sinterdit de réduire lévénement à un pur chaos et énumère les quelques pistes de réflexion qui peuvent le rendre intelligible. Pour Habermas, dabord, le 9.11 rappelle, dans son caractère imprévu et grandiose, plus 1914 (déclenchement de la Première Guerre mondiale) que 1941 (Pearl Harbour). Pour Derrida, le fait que cela provienne de lextérieur et se produise sur le territoire américain à une échelle traumatisante rappelle plutôt 1821 (guerre dindépendance contre la Grande-Bretagne). Les mots et les politiques qui en découlent, chacun des deux penseurs les décortiquent à sa manière. "Le terrorisme", Habermas en convient, est acceptable comme appellation du moment que "le risque est indéterminé et difficile à délimiter". Il récuse, par contre, lexpression "guerre contre le terrorisme", dabord parce que "la guerre" ne peut être menée contre un réseau diffus, ensuite parce que les États, dépassés par un phénomène peu contrôlable, sont tentés de "sur-réagir pour prouver leur efficacité". Enfin, "le choc des civilisations" est pour lui une manière de "masquer la suprématie injurieuse du mode capitalistique mondialisé". Derrida, pour sa part, a du mal à accepter le mot "terrorisme" et préfère parler de "chose", tellement le phénomène est nouveau et complexe. Il ne pense pas que la guerre froide soit si loin que cela, puisque les ravisseurs "musulmans" ont été outillés et formés par lOccident quils attaquent et parce que les États-Unis, attaqués aujourdhui, sont lunique État autoproclamé tuteur du monde après la chute du mur. Enfin, il pense que la "tolérance" dont on parle sonne comme "de la charité chrétienne", et que le substrat théologique de cette lutte est alimentée des deux côtés. Seule issue, "une Europe non eurocentriste", éclairée, qui ferait face à lAmérique fondamentaliste. Éclairant.
Le "concept" du 11 septembre, Éd. Galilée (2004)
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Roman. Le livre du deuil
| Anissa Bellefqih consacre tout un livre pour signifier sa détresse de veuve. Je ne verrai pas lautomne flamboyant est un collage de récits, de mails, dimpressions, de ressentis, de colères et bien dautres réactions dune femme qui apprend tardivement, brusquement, à communiquer avec ses enfants, à supporter la vie, à affronter ses aléas, seule. Est-ce un roman ou un simple cri du cur ? Plutôt le livre dun deuil.
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Essai. Nous avons une société civile !
Voilà une thématique qui, traitée autrement, aurait eu droit à un ouvrage abscons. Dirigé par Maria-Angels Roque et impliquant des auteurs de renom, La société civile au Maroc a, finalement, lallure dun livre-référence, avec des articles synthétiques, qui traitent les différents aspects (droits humains, féminisme, religion, développement local
) et montrent, sans effet laudateur, comment de nouveaux acteurs émergent dans ce Maroc dit "en transition".
Éd. Publisud et Sochepress
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