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N° 137
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Laetitia Grotti

Palestine : Arafat contesté

(Photo AFP)
Il y eut la crise des services de sécurité. Elle se double aujourd'hui d'une crise politique sans précédent.


La semaine écoulée correspond sans aucun doute à la fronde la plus grave à laquelle est confrontée l’Autorité palestinienne depuis son instauration, il y a dix ans. En effet, la crise qui a éclaté vendredi 16 juillet à Gaza n’a eu de cesse de se creuser au fil des jours et de mettre à nu, non seulement les dissensions qui traversent le Fatah (parti d’Arafat), mais plus largement une opposition d’une virulence inédite à la gestion
très personnelle du "Vieux" Yasser Arafat.
Tout est parti du bref enlèvement du chef de la police de Gaza, Ghazi Jabali. Limogé dès le lendemain, "ce mauvais est remplacé par pire", selon un cadre du Fatah cité par Le Monde. "Le pire" étant Moussa Arafat, neveu de leader palestinien, jusqu’alors responsable du renseignement militaire et lesté d’une réputation peu flatteuse dans l’ensemble des territoires palestiniens. Interprété par beaucoup comme le dernier tour de passe-passe du "Vieux", ce changement à la tête d’un des postes clés de la sécurité palestinienne a aussitôt déchaîné la colère, tant au Fatah qu'auprès de groupes armés comme les brigades des martyrs d'Al-Aqsa qui cristallisent sur leurs noms une exaspération longtemps contenue. Samedi soir, des centaines de manifestants protestaient devant le Conseil législatif palestinien à Gaza, aux cris de "l'occupation et la corruption sont les deux faces d'une même médaille".
S'ajoutant à la crise des services de sécurité, la crise politique n'a pas tardé à venir compléter un tableau pour le moins chaotique. Ainsi, tandis qu'Arafat la refusait, Ahmed Qoreï n'en a pas moins remis sa démission du poste de Premier ministre et précisé qu'elle était "irrévocable si Arafat ne confiait pas plus de pouvoir au gouvernement". Le statu quo s'est d'abord installé entre les deux hommes, chacun campant sur ses positions, avant que le Conseil législatif himself ne demande au "Vieux" d'accepter. "Chacun d'entre nous est responsable de l'échec. Le président Arafat a échoué, le gouvernement a échoué, les factions politiques ont échoué", a ainsi lancé le ministre Qadoura Fares. Signe rarissime d'indépendance, les députés, rejoignant la fronde, ont demandé à Arafat de constituer un nouveau gouvernement, mieux armé pour gérer la crise interne. Sauf que l'attentat qui a visé mardi soir Nabil Amr, ancien ministre très critique sur la gestion d'Arafat, grièvement blessé par balles, a été interprété par les plus optimistes comme un exemple de la "profonde crise sécuritaire" qui frappe les territoires. Les plus pessimistes vont plus loin. Ainsi, pour Saeb Erekat, principal négociateur palestinien, la situation est très inquiétante car "c'est la totalité du tissu social qui est maintenant en train de s'effondrer".

Par Ariane Mélazzini

France : Sharon, persona non grata

La finesse diplomatique n’est pas le point fort d’Ariel Sharon, on le sait. Jacques Chirac en a fait les frais cette semaine, dans une déclaration missive, telle une attaque surprise, prononcée dimanche dernier par le Premier ministre israélien à Jérusalem, le jour de la cérémonie du 62e anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv : "Je propose à tous les juifs de venir en Israël, c'est absolument nécessaire pour les juifs de France et ils doivent bouger immédiatement", pour cause d’un "antisémitisme déchaîné", puis "le fait que 10 % de la population française soit constituée de musulmans fournit un terreau à une nouvelle forme d'antisémitisme". Bref, pas très diplomate tout ça ! Réplique immédiate du chef de l’État français qui aurait transmis "oralement par voie diplomatique" et non par écrit comme l’affirmait une télé israélienne, que Sharon n’était plus le "bienvenu suite à ses propos". Et ce, tant qu’il n’aura pas donné des "explications" au gouvernement français. Ce n’est certainement pas l’argument de l’incompréhension "culturelle" (l’un des fondements idéologiques de l’État d’Israël est d’exhorter les juifs à immigrer dans leur pays) qui aidera à faire passer la pilule.


Irak : Diplomatie et bon voisinage

Le nouveau gouvernement irakien entame des actions diplomatiques sans fard en demandant l’aide de ses voisins. Concernant l’étanchéité des frontières, le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, a appelé à des règles de bon voisinage, notamment envers la Syrie et l’Iran qu’il soupçonne de fermer les yeux sur l’infiltration en Irak de combattants participant aux attaques ciblées. Par ailleurs, demande a été faite à l’Égypte d’organiser la relève des troupes américaines par des troupes arabes. L’Égypte, elle, a refusé d’en envoyer, mais promet de former des policiers sur son sol, comme le Maroc d’ailleurs…


USA : 9/11, le rapport qui n’accable pas

Avant la publication officielle du rapport final de la commission 9/11 ce 22 juillet, des fuites du Congrès ont permis à la presse de se charger des premières conclusions. Et elles sont plutôt surprenantes. La douche ne fut froide ni pour Bush ni pour Clinton, les deux étant personnellement épargnés de la responsabilité première. La commission a, en revanche, évoqué un "manque d’imagination" des services qui n’avaient pas conçu une telle opération ( !) ; et recommande, par ailleurs, la mise en place d’un directeur du renseignement, la création d’un centre antiterroriste et une réforme sur le renseignement.

 
 
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