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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Le corps, c’est le sexe. Donc un tabou"

E.lam Jay (Chanteur, producteur)
Antécédents

    1974 : Naissance à Casablanca
    1998 : Signe son premier grand contrat avec Sony
    1999 : Crée une boîte de production "All 4 soul" aux USA
    2003 : Retour au Maroc
    2004 : Co-interprété "Maghribia", tube promotionnel de Maroc 2010 et sort "Morena"

Smyet Bak ?
Mostapha. Je préfère taire mon nom de famille.

B’dina ? Smyet mok ?
Bakia Malika.

Nimirou d’la carte ?
Je ne l’ai pas. On me l’avait confisquée sur un tournage à Rabat et on ne me l’a pas encore rendue. D’ailleurs, ça tombe bien. Je lance un appel pour la récupérer.

Pour ça, il faut passer au poste. Mais dites-moi, c’est Si Mostapha qui vous a appelé E.Lam Jay ?
Non, bien sûr que non, c’est mon pseudo. Vous savez, au Maroc, c’est difficile de créer un star system. On a tendance à devenir vite copain et intime avec un artiste. Il suffit de refuser une interview pour vous faire traiter de gonflé. E.Lam Jay, c’est une sorte de personnage dans lequel je rentre le matin en sortant de chez moi, et que je quitte quand je retrouve mes amis et ma famille le soir.

Ah, c’est donc ça, le star system ?
Non, mais c’est une manière de voir les choses.

Vous savez que vous êtes la première star autoproclamée du Maroc indépendant ?
J’aime beaucoup les belles phrases, mais je préfère qu’elles soient fondées. Une star encore une fois, c’est simplement un artiste que le public veut. Quand on chantonne votre chanson dans la rue, vous êtes une star. Et puis, oui, je suis une star autoproclamée. On ne devient pas star, on naît star, chacun dans son domaine. On est d’abord star dans sa tête. Et puis moi, je ne fais pas de musique pour les gens qui pensent, mais pour les enfants.

Je dois prendre au sérieux ce que vous dites, zaâma ?
En chantant, je réalise des rêves d’enfants. Mettre
des habits extravagants, monter sur un chameau, etc. Je m’éclate.

Le général Benslimane (patron de la fédération de foot) sera content de savoir qu’il a traité avec un gosse qui veut s’éclater, vous avez raison !
Je n’ai pas traité personnellement avec lui, mais il doit se rendre compte de l’impact de notre travail. Et puis, je peux vous dire que les plus grandes stars de ce monde sont des enfants dans leur tête, c’est ce qui leur permet de créer et de rester vifs. Et puis, si seulement tous les enfants pouvaient faire ce que nous faisons…

Modeste en plus, mais passons. Vous dites vouloir produire des jeunes musiciens marocains. C’est étrange, mais je ne vous ai jamais aperçu à la FOL, au Boulevard ou à Essaouira …
Parce que malheureusement, il n'y a qu’une seule copie de moi. On ne m’a pas encore piraté. Mais je vais vous répondre franchement. Il n'y a pas de messie. C’est toujours pareil quand quelqu’un débarque ici, on a tendance à tout arrêter, à attendre et à critiquer à tort et à raison.

Ce n’est pas vrai, puisque les musiciens dont je vous parle se débrouillent très bien sans vous. Sauf qu’en tant que producteur, je croyais que vous les connaissiez !
Je connais certains d’entre eux. Je suis une structure qui a une adresse, un local. Il faut frapper à ma porte. Je vois bientôt Mahmoud Megri pour voir ce qu’on peut faire ensemble, je continue à travailler avec des jeunes qui font 3500 Km pour venir me voir, pourquoi pas les locaux ?

Dites-moi, combien vous avez sorti d’albums en 10 ans de carrière ?
Qui sont déjà sortis ?

Oui, sinon, ça s’appelle des projets !
Ben au fait, j’ai toujours travaillé seul. La production m’a beaucoup occupé. J’ai sorti un single qui s’appelle "Free" en 1998.

Et vous vous étonnez qu’on vous dise star autoproclamée ?
Vous savez, j’ai une vingtaine de clips qui ne sont jamais passés nulle part.

Qui n’existent donc pas…
Pas du tout. C’est le véritable capital d’un artiste. Quand je travaille sur 15 projets, je ne les sors pas tous, mais seulement le meilleur et le plus accompli. Ce n’est pas simple, il faut des plans de promo, choisir le bon timing, etc.

Bon courage.

 
 
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