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Économie
Affaire Mandari. Les bonnes questions
Portrait. Dr Hicham et Mr El Guerrouj
Hasna Benhassi. L'oubliée d'Athènes
Enquête. Massacre à Taroudant
N° 140
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Après 40 ans d’exil, Moumen Diouri de retour au Maroc

Moumen Diouri (Al Ousboue)
L’auteur de Réquisitoire contre un despote sera bientôt de retour au Maroc. Moumen Diouri, ancien compagnon de lutte de Cheikh el Arab, condamné à mort en 1963, réfugié politique en France depuis 1965, a obtenu son passeport marocain cet été. Il l’avait officiellement demandé il y a 3 ans, mais s’était vu répondre, à l’époque, qu’il fallait au préalable "écrire une lettre au roi". Les excuses n’étant pas vraiment dans le tempérament de l’homme qui s’était fait torturer par Oufkir en personne à Dar el Mokri, il n’avait pas insisté. Jusqu’à ce que, le 3 août dernier, Abbas Bouderqa, ancien exilé lui aussi, actuellement membre de l’Instance équité et réconciliation, lui téléphone pour lui annoncer que "le roi avait donné des instructions". Le même jour, Diouri reçoit un appel de l’ambassadeur Hassan Abouyoub, l’invitant à passer récupérer son passeport au consulat le plus
proche. Ce qu’il a fait, recevant à son grand étonnement "un accueil des plus chaleureux". "À part ma photo, ils ne m’ont rien demandé, précise-t-il. Et le passeport était prêt dans la journée".
Pour autant, Moumen Diouri ne compte rentrer que dans deux mois, une fois qu’il aura acquis une maison et préparé les meilleures conditions pour un retour définitif.
Au Maroc, il ne compte pas exercer d’activités politiques, même si, dit-il, "il est un fait évident que j’ai beaucoup de sympathie pour Al Adl Wal Ihsane et le PJD". Ce qu’il pense de la monarchie, aujourd’hui ? Que du bien, semble-t-il, puisqu'il déclare : "Le Maroc sort de la nuit, et vit l’aube d’un futur radieux". Il ne préfère ne pas en dire plus pour l’instant, et se réserve pour son retour, tout en promettant des révélations sur l’histoire contemporaine du royaume. À suivre avec intérêt…


Menaces. Aourid et les idoles

C’est la mauvaise blague de l’été. Un homme s’est introduit par effraction au milieu du mois d’août dans un jardin public à Harhoura et s’est attelé à démolir des sculptures nouvellement installées. Interpellé puis relâché par la gendarmerie qui l’a jugé "déséquilibré mentalement", il s’est mis à prodiguer des menaces de mort à l’encontre du porte-parole du roi, Hassan Aourid. Absent alors, ce dernier avait initialement pris l’initiative de commander des sculptures abstraites à un Franco-italien, Pascal, pour les placer dans ce dépotoir transformé en jardin. L’iconoclaste, homme fort pieux d’apparence, a pris les objets d’art pour des idoles, et en voulait à Aourid d’avoir "introduit une culture impie dans les lieux".


Mandari. Des journalistes devant le juge

L’enquête autour de l’assassinat de Hicham Mandari en Espagne pourrait connaître certains développements inattendus. Des sources espagnoles, et marocaines, soutiennent que le juge d’instruction en charge de l’affaire lancera bientôt des convocations pour entendre des journalistes censés avoir connu Mandari. Des journalistes espagnols, français mais aussi marocains seraient appelés à témoigner. Mandari, pour rappel, avait multiplié les sorties médiatiques et les "révélations", où le faux le disputait au vrai, depuis juin 2003, date de la première levée du contrôle judiciaire dont il faisait l’objet en France, dans l’affaire des faux dinars du Bahrein.


Laâyoune. Avantage à Khali Henna

En faisant confirmer son élection à la présidence de la municipalité de Laâyoune par la chambre administrative de la Cour suprême, l’ancien ministre et grand notable sahraoui Khali Henna Ould Errachid a remporté la dernière manche du combat qui l’oppose au clan des Joumani. Lesquels détiennent, par décision de la même chambre (TelQuel n° 129)… La majorité des membres du conseil municipal : 20 contre 19. La haine étant farouche entre le président et sa majorité (Nous sommes au Sahara, tout est question d’appartenance tribale), la municipalité de Laâyoune se retrouve donc durablement bloquée. À moins que les Joumani ne mettent leur menace de démission collective à exécution. Suite au prochain épisode.


Tifnit. Mohammed VI et les pêcheurs

Les habitants du petit village de Tifnit, dans le sud d’Agadir, peuvent désormais croire aux contes de fées, après avoir reçu sur leur petite plage de pêcheurs, le roi Mohammed VI, en chair et en combinaison de jet ski. Faisant une escale sur ledit village alors qu’il s’adonnait à son sport préféré, le roi aurait partagé une longue conversation avec ses "hôtes", au terme de laquelle il s’est enquis de leurs besoins. La réponse des villageois a été une route qui les sortirait du désenclavement. Et même si le roi leur a exprimé sa crainte de voir le village dépossédé de tous ses charmes, s’il venait à être accessible au tourisme de masse, les pêcheurs de Tifnit ont maintenu leur requête. Et leur volonté fut satisfaite. Le roi a tenu promesse et les travaux devraient commencer en octobre prochain.


Victimes sahraouies. Le fin mot de l’ier

L’Instance équité et réconciliation est revenue bredouille de Laâyoune, la semaine dernière. "Nous avons détecté quelques 420 cas qui nécessitent une intervention médicale d’urgence, mais le nombre élevé d’associations de victimes sahraouies complique notre tâche", déplore un membre de l’IER. Très peu d’informations filtrent sur les raisons derrière les maladies et autres lésions enregistrées au sein de cette population. Mines anti-personnel, Kelaat M’gouna, Agdz ? L’IER se refuse d’avancer des hypothèses. Pourquoi ce black out ? "Pour vaquer au plus urgent, à la situation sanitaire", nous explique-t-on. Mais tant que les différents représentants des victimes protestent en rangs dispersés, ce sera peine perdue.


RNI. Osman sous pression

Le RNI n’en finit plus d’être dans la tourmente, partagé depuis le dernier remaniement en deux clans : ceux qui sont devenus ministres et ceux qui ne le sont pas devenus. Au centre du conflit, comme d’habitude, le départ (ou pas) de l’inamovible secrétaire général Ahmed Osman. Même les défenseurs de l’ex-Premier ministre de Hassan II font aujourd’hui pression sur lui pour qu’il prépare un plan de réorganisation (notamment financière) du parti, en vue du congrès de 2006 à l’issue duquel il devrait passer la main. Aucun candidat à sa succession ne s’est encore déclaré. Pressenti, le président de la seconde chambre Mustapha Oukacha a décliné l’offre "à cause de son âge". Au moins un qui a cette pudeur…


Justice. Les chancelleries guettent

Des conseillers juridiques de consulats européens au Maroc suivent de près certains dossiers en contentieux commercial. C'est une forme d'appui à des dossiers "malmenés" par les tribunaux marocains. À la base de cette initiative, le cas d’une ressortissante française qui avait sollicité l'aide du président Chirac pour exercer des pressions sur la partie marocaine. L'affaire en question oppose la BCM à la société Matoy's. Cette dernière avait obtenu un jugement au milieu des années 90 établissant la responsabilité de la banque dans la déconfiture de deux entreprises. Depuis, les expertises et les contre- expertises se poursuivent sans résultat. Pis, l'affaire concernant la première société a été perdue alors que le dossier était en phase d'évaluation du préjudice. Craignant un revirement de ce genre, l'investisseur a sollicité l'aide de son pays. On attend la suite.... La dernière expertise a établi le préjudice à plus de 30 millions de dirhams, que la plaignante a accepté, mais le juge a estimé bon de nommer trois nouveaux experts dont l’un aurait déjà été mêlé négativement à cette affaire. Chirac ou pas, le département dirigé par Mohamed Bouzoubaâ n'en fait qu'à sa tête.


Plan. Le coût du recensement

Ce sont plus de 50.000 contrôleurs et recenseurs qui sillonneront le Maroc, réparti en 37.154 secteurs, lors de l’opération de recensement qui durera jusqu’au 20 septembre. Chaque recenseur est ainsi chargé d’une zone comptant en moyenne 160 à 180 ménages et les citoyens, quant à eux, auront 20 à 30 minutes pour répondre aux 31 questions de "la feuille de ménage et de logement" relatives à leur conditions de vie, à l’instruction et à l’accès aux services de base. Le haut commissariat au Plan a déjà estimé le coût de l’opération à quelques 428 millions de dirhams dont 271,5 millions - plus de 50 % - couvriront les indemnités prévues pour les recenseurs (restauration et rémunération). Pour traiter l’ensemble des informations collectées, une nouveauté : la création du centre de lecture automatique des données.


Droits de l'homme. Les conseils de la FIDH

La FIDH s’intéresse de près à l’expérience marocaine en matière de vérité et de réconciliation. Le rapport qu’elle vient de publier, à base d’un travail commun avec l’AMDH, l’OMDH et le FVJ, propose trois réformes de taille pour consolider la transition démocratique et renforcer les acquis de l’IER. La première réforme, politique, invite à un dialogue franc entre le Palais, les partis classiques et les islamistes pour aboutir à une révision de la Constitution qui limite le champ d’action royal. La seconde, judiciaire, implique une autonomisation complète du corps des magistrats de l’exécutif et du Palais permettant une réelle suprématie de la loi. La dernière, sécuritaire, appelle à une redéfinition des champs d’action de la police judiciaire et des services de renseignements, de sorte à incriminer la torture et à mettre les opposants et les partisans du régime sur le même pied d’égalité en termes de poursuites et de procédures. Il faut toujours espérer.


Gauche. Enfin un récepissé (provisoire) pour Ennahj !

Ennahj Addimocrati a eu son récépissé, signé par la direction de la DAG (Direction des affaires générales au ministère de l’Intérieur), Yassine Mansouri. Le parti le plus à gauche de l’échiquier politique est reconnu par l’État depuis le 4 août. "Ne crions pas victoire, tempère toutefois Abdellah El Harif, le SG d’Ennahj, le récépissé n’est que provisoire, il sera définitif dans un délai de 60 jours". Le 4 octobre, Ennahj saura définitivement si l’État marocain le reconnaît ou pas. Le récépissé "provisoire" d’Ennahj a été obtenu au forceps, après intervention d’un huissier de justice auprès de la préfecture de Casablanca-Anfa. Mais le pas franchi reste important, renseignant sur la volonté officielle de promulguer, bientôt, la très attendue loi sur les partis.


Fonctionnaires. Combien sont-ils ?

Le ministère de la Réforme administrative table sur l'achèvement du recensement des fonctionnaires à fin novembre. Or, deux points bloqueront cette ambition. Le premier réside dans le refus des ministères des Finances et de l'Intérieur de répondre aux formulaires qui leur ont été adressés. Cela dure depuis un an. Le ministère des Finances propose une base de données informatiques et refuse de se soumettre au formulaire, alors que l'Intérieur fait la sourde oreille. Le deuxième point est que l'armée et le Palais n'ont pas été intégrés dans ce recensement. Les personnes au sein de ces institutions sont des fonctionnaires, mais ne seront pas recensées. Ce qui laisse déjà planer des doutes sur les résultats de cette opération dont l'objectif est de quantifier les employés de l'État, journalier compris pour mieux cerner la problématique de la masse salariale.


Tournage. Marrakech real TV

Après la chaîne de télévision française M6 qui avait choisi une villa de luxe à Marrakech pour tourner sa dernière émission de télé réalité "Marjolaine et les millionnaires", c’est au tour de la chaîne américaine Fox TV de faire de la ville son décor pour les besoins du tournage d’une autre télé réalité. Point de séduction cette fois-ci mais un concours d’ameublement et de décoration de riads et de kasbahs auquel participeront 11 Américains. Outre l’organisation d’une course de chameaux (sic), l’émission a choisi comme invité d’honneur à Marrakech l’archi-milliardaire Richard Bronson. Décidément, Marrakech ne rime plus qu’avec cinéma, télé et paillettes.


Diplomatie. Royal academy à Ifrane

Le projet est hébergé par l’université Al Akhawayn, piloté par le ministère des Affaires étrangères et conçu, en cette phase de lancement, en direction de ses propres cadres, titulaires de doctorat, triés sur le volet. Les 16 candidats choisis pour inaugurer le cycle de l’Académie royale de diplomatie suivront une année d’études spécialisées, à l’issue de laquelle, seuls les diplômés pourront acquérir le statut de conseillers et accéder au corps diplomatique. Les autres se contenteront de faire partie du corps administratif. Le programme de formation a été mis en place conjointement par la facultés des sciences humaines à Al Akhawayn, qui abrite le masters d’études internationales et de diplomatie, et le ministère de tutelle, qui voudrait, petit à petit, faire le ménage dans ses chancelleries archaïques et en panne d’imagination et de professionnalisme. La qualité du programme a été empruntée à des filières étrangères, dont précisément la diplomatic academy of London à Westminster, partenaire d’Al Akhawayn. À moyen terme, le programme peut profiter à des lauréats d’Al Akhawayn même ou à des chercheurs africains en quête d’un cursus d’excellence. À condition de passer le test draconien d’accès, soyez les bienvenues à la Royal academy, !


Presse. Licenciements à Achark Al Awsat

Le bureau marocain de Achark Al Awsat, le grand quotidien arabophone, continue de subir des transformations. Il vient de mettre à la porte deux nouveaux collaborateurs, Mohamed Raoui (22 ans d’ancienneté) et Saïda Charif. Les raisons de ces nouveaux licenciements ne tiendraient pas tant à une restriction budgétaire qu'à la volonté de recadrer les orientations marocaines du titre. Hatim Bettioui, qui dirige le bureau depuis l’évincement de Ali Anouzla (dont le procès contre le quotidien reprend le 14 septembre), est désormais à la tête d’une équipe réduite à trois personnes, que l’on dit très proches de la diplomatie marocaine (et donc saoudienne).


Humanitaire. Des euros pour combattre l’impunité

L’Europe consacre une enveloppe de 20,7 millions d’euros à des projets pour la promotion de la démocratie et des droits de l’homme à travers le monde. Le projet, décliné dans un document écrit, présente le Maroc comme "un des pays ciblés comme prioritaires". Les ONG et les établissements de l’enseignement supérieur peuvent "soumissionner" au projet, à condition de militer pour l’abolition de la peine de mort, la lutte contre l’impunité ou la réhabilitation des victimes de la torture. La priorité marocaine a été retenue pour le chapitre "lutte contre l’impunité", ce qui cadre bien avec le travail en cours à l’IER (Instance équité et réconciliation).


Politique. La GSU new look

La Gauche socialiste unifiée a fini de renouveler ses instances. Mohamed Moujahid a été porté à la tête du parti. Il est secondé, et c’est une nouveauté, par deux S.G adjoints : Mostafa Meftah, ancien de l’OADP, et Aïcha Khamlichi, actuelle membre du CCDH. La classe dirigeante a été allégée passant de 150 à 90 membres pour le comité central et de 24 à 15 pour le bureau politique, "dont sept néophytes", dixit un cadre du parti. Mohamed Bensaïd a confirmé pour sa part son retrait, alors que des cadres importants (Brahim Yassine, Kamal Lahbib et Ahmed Herzenni) ont quitté les centres de décision. La GSU devrait officialiser sa fusion avec Fidélité à la démocratie, dont le congrès est attendu en novembre prochain, en 2005.


Ben Barka. Le Forum s’insurge

Mehdi Ben Barka est décidément un sujet très sensible. Le Forum vérité et justice l’a rappelé à sa manière, en rendant public un communiqué dans lequel il critique le traitement réservé au célèbre disparu dans un dossier réalisé par notre confrère Le Journal Hebdomadaire, traitant des relations entre le Mossad et la gauche marocaine. "Nous soutenons la liberté de la presse, nous a confié Mohamed Sebbar président du FVJ, mais nous estimons dangereux de prêter l’oreille à une seule source, surtout quand cela joue sur le terrain sensible de la cause palestinienne. Cela risque, à terme, de brouiller les pistes et d’éloigner la perspective du règlement tant attendu de l’affaire Ben Barka".


Ondes. BBC veut FM

La BBC ne recevra pas de faveur. À la délégation anglo-arabe venue la semaine dernière, les responsables marocains, prudents, ont rappelé que la loi de l’audiovisuel attend le sceau des conseillers (2e chambre) devant être apposé en octobre. D’ici là, "la Haute autorité (HACA) nous convoquera, au même titre que tout le monde, pour s’assurer que notre demande est conforme à la loi", rapportent-ils. Le ministère de la Communication n’est pas prêt de réitérer l’offre exclusive faite à la radio américaine Sawa, l’année dernière. Pour les Anglais, tout se fera dans les normes. Ils n’en demandent pas moins, mais sont venus en force pour montrer que FM compte énormément pour eux, à une époque où les auditeurs deviennent gâtés et pas prêts de supporter l’inconfort des ondes courtes (SW). Rendez-vous en octobre.


Irak. Michael Moore et les singes marocains

"Fahrenheit 9/11", le fameux brûlot anti-Bush de Michael Moore, ne montre pas le Maroc à son avantage. Dans l’un des moments comiques du film, le royaume est accusé d’avoir soutenu l’effort de guerre américain en Irak… en expédiant une "armée de singes" à Bagdad. L’assertion relève évidemment du deuxième degré, mais elle a une histoire. En pleine guerre en Irak, la rumeur sur "des singes envoyés par le Maroc pour faire exploser les mines" avait pris une telle ampleur que la question avait fini par être posée au porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, lors d’un point de presse. Le démenti, bien justifié, du ministre surprit les esprits des présents par sa solennité, au point que la rumeur, loin de se dégonfler, voyagea vite et bien. Et atterrit, un beau jour, sur le bureau du "méchant", mais brillant Michael Moore !


3 questions à Ahmed Boukous (Recteur de l’IRCAM)

Au bout du cinquième recensement, les Marocains sauront-ils combien de berbérophones il y a au sein de la population ?
Le questionnaire comporte pour la 2e fois une rubrique relative aux langues parlées et maternelles. En 1994, hélas, la question portant sur l’usage de l’amazigh a été surajoutée. Les résultats ne comportaient donc pas de proportions de berbérophones. Aujourd’hui, si les questions sont bien posées, si les réponses sont objectives et si le traitement est optimal, on aura une idée précise.

Avez-vous une estimation approximative a priori ?
À travers les méthodes de recoupement adoptées par les sociolinguistes, entre la carte des tribus et les statistiques officielles, on sait que les amazighophones représentent entre 45 et 55 % de la population rurale. Le chiffre officiel disponible est de 35%, mais vu la pesanteur de l’époque et les hésitations des gens à afficher leur identité, il n’est pas très fiable.

L’IRCAM a-t-il formulé des revendications pour arriver à un chiffre plus précis ?
Des personnes au sein de l’IRCAM et des associations culturelles ont fait part de leurs appréhensions. Au vu du questionnaire, les questions sur l’amazigh ne sont pas aussi approfondies que celles relatives à l’arabe et au français, où l’on ne cherche pas uniquement le nombre de locuteurs, mais aussi les domaines et les types d’usage. Pourquoi pas pour l’amazigh aussi ?.



Billet : La traque des arabophones (par Driss ksikes)

Les arabophones ont la cote partout, sauf chez eux. Quand ils viennent d’Occident vers le Sud, ils passent, depuis le 11 septembre, pour des briseurs de barrières, mais aussi des intrus pouvant craindre le pire. Ainsi des deux journalistes français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, otages de la loi anti-voile chez l’intraitable Armée islamique de l’Irak. Tous deux, parlant couramment l’arabe et ayant une connaissance fine de la région, sont victimes de la tour de Babel à laquelle ils ont cru en temps d’orthodoxie zélote. Les rédactions occidentales en sont venues à s’interroger pour savoir si cela valait le coup de dépêcher des journalistes maîtrisant la langue du terroir en terrain miné. Au Nord, les arabophones d’origine ont un sort tout à fait différent. Aux États-Unis, la CIA et le FBI multiplient les annonces pour recruter les bons relais et analystes, les chaînes et stations accourent pour avoir leur lot d’arabes capables d’appréhender la population cible et de traduire les messages codés qui se succèdent. Dernière catégorie, les arabophones pauvres émigrent avec de plus en plus de frénésie vers les chaînes arabophones riches pour rivaliser en technicité avec les non arabophones et produire de l’information estampillée arabe, par la proximité, la langue ou la priorité des images. Les premiers, plus des conquérants que des orientalistes, sont confrontés à un monde enlaidi par la guerre impériale et crispé par les rancoeurs. Les seconds, complices ou juste pragmatiques, sont une minorité qui cache les victimes du racisme, du Patriot act ou de la survie en terre d’immigration. Les derniers, des opportunistes, se déplacent horizontalement vers le Golfe, faute d’échelle sociale leur permettant d’évoluer verticalement chez eux. Ainsi vont les arabophones en ces temps où la guerre s’écrit en arabe.



Humeur : Exilés du coeur (par Karim Boukhari)

Y’a-t-il encore un opposant marocain en exil ? Concrètement aucun. Le retour programmé de Moumen Diouri (lire p 8) le prouve définitivement. Bien sûr, il y aura toujours un Ahmed Rami, ancien putschiste reconverti en antisémite primaire, exilé en Suède. Voire un Abdelkrim Moutii, fondateur de la chabiba islamiya, probablement tapi dans un pays arabe. Mais Rami n’était que l’un des innombrables lieutenants d’Oufkir et Moutii l’instrument "idéologique" de l’assassinat de Omar Benjelloune, l’autre martyr de la gauche marocaine. Deux seconds couteaux qui ressemblent plus à des francs-tireurs paumés qu’à d’authentiques opposants.
Le retour de Moumen Diouri ressemblera à celui de Fqih Basri ou d’Abraham Serfaty, hier. Des hommes qui avaient leurs raisons de divorcer avec le régime, qui ont quitté le pays pour éviter une mort à peu près certaine, et qui reviennent, malgré tout, par la grande porte. Bien sûr, on dira toujours que "le royaume cynique accueille ses opposants quand ils ne sont plus capables de s’opposer à grand-chose", que "le retour des anciens combattants finit de les enterrer politiquement". On observera aussi que certains retours s’accompagnent de subtiles tracasseries policières, notamment au passage des frontières. Ces remarques sont de nature à tempérer bien des élans. Mais allez dire cela aux amis et voisins des revenants, aux rues qui les ont connus, à tous ceux qui ont attendu des décennies avant de les serrer dans leurs bras. La raison du cœur, ça existe aussi. Cela préserve l’essentiel et donne encore plus de relief à la symbolique. Au Maroc comme ailleurs, on peut faire de l’opposition en continuant de respirer l’air de son pays.



Et un chantier bouclé, un !

Les fameux "50 projets" (TelQuel n°127) portés par le réseau des associations de quartier et la CGEM, avancent à grands pas. L'un d'entre eux a même été achevé cette semaine. Avec le soutien financier du promoteur immobilier Al Mawlid, les volontaires de l'association des chantiers sociaux marocains (section Sidi Bernoussi) ont terassé une piste (anciennement dépotoir sauvage), par laquelle transitent quotidiennement 3000 ouvriers. La Lydec et l'arrondissement de Bernoussi ont aussi participé à l'opération. C'est fait. Bravo !



Vite !

Le Gal Hamidou Laânigri, patron de la DGSN (direction générale de la sûreté nationale) a été promu "général de division" durant l’été. Un galon de plus pour ce militaire de formation, dont le passage à la tête de la DST, après le départ de Driss Basri, a coïncidé avec l’éclosion du terrorisme au Maroc.

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Un haltérophile marocain, Yassine Zouaki, a profité de son séjour à Athènes pour disparaître dans la nature. Il avait pourtant été reçu par le roi avant son départ pour les J.O, en compagnie de l’ensemble de la délégation olympique. Fâcheux incident, qui n’est peut-être pas si étranger au discours royal, quelques jours plus tard, sur "les valeurs de patriotisme et de civisme dont devrait faire montre notre jeunesse".

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Branle bas de combat en France ! Le pays connaît en effet une alerte maximale à la rage depuis le décès d’un chiot enragé en Gironde le 21 août dernier… chiot qui avait été recueilli au Maroc, à Agadir, et importé illégalement en France. C’est le deuxième cas de chien enragé marocain "exporté" en France. Quant à Agadir, les risques de propagation ne semblent y inquiéter personne.

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On connaissait (un peu) les Marocains d’Afghanistan, et ceux (un peu moins) du Pakistan. Voilà qu’on découvre ceux de Bosnie. C’est à Slobodan Milosevic qu’on le doit, lui qui, lors de sa propre défense devant le Tribunal Pénal International, a dénoncé des combattants venus du Maroc entre autres pays musulmans, "participer à une rébellion et soutenir le premier État islamique d’Europe".

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Des sources concordantes font état du prochain départ de Abdeslam Baraka de Madrid, où il était en poste en tant qu’ambassadeur du royaume. Baraka n’avait pas que des amis, en Espagne comme au Maroc. Son départ était déjà programmé bien avant la crise du Perejil en 2002. L’identité de son successeur devra bientôt être connue.

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L’hebdomadaire Al Akhbar, a mis la clé sous le paillasson. Cette fin prématurée (moins d’un an d’existence) est due, entre autres, à l’état de santé de son directeur, Abdelkader Chaoui, actuellement en convalescence.

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Maroc Soir renaît de ses cendres à partir du 1er janvier 2005. Les réunions se suivent, depuis quelques semaines, pour définir le contenu.

 
 
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