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Par Ariane Mélazzini
Otages Français : Lerreur stratégique ?
Lenlèvement des journalistes français a mis le monde musulman face à ses contradictions et jette le discrédit sur les actions de lArmée islamique en Irak.
À lheure où nous mettons sous presse, le sort des journalistes français reste flou, mais "ils sont vivants et bien traités", a assuré d'un ton optimiste ce jeudi 2 septembre, le ministre français Michel Barnier, alors qu'en début de soirée, on annonçait que les otages avaient "changé de main", de groupe armé. C'est que lincroyable ballet diplomatique déployé par les |
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autorités françaises depuis leur enlèvement le 20 août dernier et dautant plus depuis lultimatum lancé le 28 août (demandant labrogation de la loi française contre le voile à lécole) ne laisse aux ravisseurs que loption dune erreur stratégique qui pourrait bien jeter un discrédit définitif sur leurs actions.
Laffaire Christian Chesnot-Georges Malbrunot est devenue en lespace de quelques jours le plus important dommage collatéral que la France ait connu depuis les otages français du Liban, en 1985. Sauf que, comme le confie ce fonctionnaire du Quai dOrsay cette semaine au Nouvel Observateur : "Aujourdhui, on nachète pas Mohammed Ataf avec une valise de billets de banque. La mouvance islamiste en Irak est libre, irrationnelle, incontrôlable et changeante". Le même magazine en veut pour preuve le récit de lassistant local de ses journalistes, invité par les ravisseurs dans leur QG. Les responsables (danciens nationalistes, membres du parti Baas ou des services spéciaux de Saddam), selon ses dires, auraient capturé les journalistes en tant quespions pour les services américains (!), puis se rendant compte quils étaient Français, l'un deux "a eu lidée den profiter pour demander labrogation de la loi contre le voile en France", rapporte le fameux Mohammed.
Derrière le voile
Cette "idée", reprenant par la même lappel lancé par lÉgyptien Al-Zawahiri, n°2 dAl Qaïda, a déclenché les foudres de la communauté musulmane. Comment un problème intérieur à la France peut-il peser en Irak ? Quel intérêt à internationaliser le problème ? Pourquoi sattaquer à la France, farouchement engagée contre linvasion américaine ? Autant de questions qui embrasent le monde musulman tout entier, le plaçant face à ses plus prégnantes contradictions. Et pourtant, la réaction internationale, et musulmane en particulier, relève du miracle. À commencer par les autorités musulmanes de France (CNCM et UOIF) qui, après avoir organisé des manifestations monstres contre la loi sur le voile, se retrouvent en osmose totale avec les actions dintimidation du gouvernement français en Irak. Une première relayée par la prise de position pour le moins surprenante de la chaîne qatarie Al Jazira, demandant elle aussi la libération des journalistes français
. On croit encore rêver lorsque le quotidien panarabe londonien Al Qods Al Arabi frappe à son tour : "Ceux qui ont enlevé les deux journalistes français et assassiné le journaliste italien ne savent peut-être pas quils sont en train de servir les intérêts américains". Rappelons la déclaration d'Iyad Allaoui, le Premier ministre irakien, le 30 août dernier : "La France paie le prix de son inaction face à la montée de lextrémisme radical". Et si cétait justement le contraire, lextrémisme radical devrait payer le prix fort. |
Russie : Le chantage tchétchène
En une semaine, la Russie a essuyé pas moins de 3 assauts des indépendantistes tchétchènes, replongeant le pays dans une spirale terroriste que Vladimir Poutine semble avoir du mal à contrôler. Après les explosions en vol de 2 avions de ligne russes causant la mort de 90 personnes, cest au tour de Moscou de compter ses victimes (10 morts et 51 blessés), mardi 31 août, suite à une attaque kamikaze à lentrée dune bouche de métro, menée par une femme membre des "Brigades Islambouli". Le lendemain, jour de rentrée scolaire, 17 hommes et femmes, armés et bourrés d'explosifs, réclamant la libération de combattants tchétchènes détenus par la Russie en Ingouchie, retiennent au moins 130 enfants dans une école dOssétie du Nord dans le Caucase. Tout le pays reste en émoi face à lacharnement sans limite des terroristes qui, à lheure où nous mettons sous presse, ont déjà relâché 26 enfants. Mais lhistoire récente le prouve (Théâtre de Moscou en 2002), larmée russe n'hésite pas à tirer dans le tas. Sauf qu'il s'agit ici d'enfants
Lélection dun nouveau président pro-russe à la tête de la Tchétchénie, le 29 août dernier, est loin de résorber les plaies. |
Israël : Grève de la
fin (sauf pour Barghouti)
Les 4000 prisonniers palestiniens en Israël, qui avaient entamé une grève de la faim le 15 août dernier pour protester contre des conditions de détention inhumaines, ont cessé leur action jeudi 2 septembre. Les autorités israéliennes auraient accédé à certaines de leurs demandes, comme de ne plus procéder à des fouilles très poussées, autoriser les entretiens téléphoniques avec leur famille et le retrait des cloisons de verre lors des visites. Seul Marwan Barghouti, très affaibli, a refusé de se réalimenter. La journée internationale de solidarité était maintenue pour le 4 septembre. |
USA : Pas de visa pour Tariq Ramadan
Mauvaise rentrée pour luniversitaire musulman le plus controversé. Résidant actuellement en Suisse, Tariq Ramadan devait entamer en ce début dannée scolaire une nouvelle carrière aux États-Unis, en tant que professeur en religion à l'université de Notre-Dame, dans l'Indiana. Raté. Les services de limmigration et des douanes américains lui ont tout simplement refusé son visa de travail, "sans explication"
Dommage. On aurait été curieux de les entendre. |
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