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France-Monde arabe. Les dessous d'une lune de miel
Reportage. Maroc-Algérie, La frontière de la discorde
Enquête. Voyage au cœur d'Al Jazeera
N° 141
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Affaire Mandari. Les journalistes entrent dans la danse

Hicham Mandari (Photo Al Ayam)
Les journalistes deviennent une pièce importante du puzzle Mandari. Mohamed Ouamoussi, ancien d’Al Mounâtaf qui se déclare aujourd’hui correspondant d’Al Ousboue en France était aussi, de son propre aveu, en contact avec les services secrets marocains. Selon certaines sources, des pressions avaient été exercées sur sa famille pour qu’il accepte de tuyauter les "services" sur Mandari, dont il était devenu le secrétaire particulier. Aujourd’hui réfugié en France, Ouamoussi se retrouve au centre de la "piste marocaine", que les magistrats espagnols ne négligent pas.
Par ailleurs, un déplaisant chassé-croisé a opposé Ali Amar,
directeur général du Journal hebdomadaire (aujourd’hui installé en Angleterre pour suivre un cursus universitaire), au célèbre Ali Lmrabet. Dans un article de ce dernier paru dans le quotidien espagnol El Mundo (lire en page 14), on lisait que Amar aurait été alerté par un proche de Mandari, deux semaines avant sa mort, que "l’acte final de cette histoire se jouera quand il mettra les pieds à Marbella". Autrement dit, Le Journal était prévenu de l’assassinat. Il s’agissait apparemment d’un malentendu. Par "acte final", selon Amar, "nous pensions que (cet informateur) voulait dire qu’avec le lancement prochain de sa chaîne de télévision, Mandari allait dire tout ce qu’il savait sur la famille royale. À aucun moment, nous n’avions pensé qu’il parlait d’assassinat". Cette précision, qui figure dans le même article de Lmrabet, n’a pas empêché une poignée de journalistes marocains de hurler à l’implication du Journal dans l’affaire Mandari. Et de souligner avec fiel que si Ali Amar vivait dorénavant à Londres, ce n’était pas pour rien…


Guantanamo. Les cinq devant le juge

Les cinq Marocains de retour de Guantanamo défilent depuis cette semaine au bureau du juge Chentouf, spécialiste des affaires de terrorisme, à la Cour d’appel de Rabat. Leur instruction devra durer quelques semaines avant de déboucher sur un procès en règle. Un seul des cinq de Guantanamo, Abdellah Tabarak, a pour le moment pris avocat (Me Abdelfettah Zehrach, avocat du Français Pierre Robert). Des sources proches de l’instruction révèlent que les cinq devraient, logiquement, être inculpés pour "appartenance à Al-Qaïda et constitution de bande criminelle" et "non dénonciation des activités des cellules dormantes". À leur décharge, ils n’ont commis aucun acte terroriste sur le territoire marocain. Pour information, les cinq sont d’anciens "Afghans" remis, l’été dernier, aux autorités marocaines.


Drogue. Un préfet dans le viseur

Et si c’était une affaire Erramach bis ? Fatiha Jebliya, trafiquante de drogue très connue à Salé, vient d’être arrêtée. Et elle a lâché le morceau. Jebliya a accusé plusieurs fonctionnaires (policiers et gendarmes) de corruption, voire de complicité. Le plus illustre des noms éclaboussés reste celui de l’ancien préfet de police de Rabat, et chef de sûreté à Salé, Abdelhamid Bechar. Des sources sûres nous apprennent que l’implication de Bechar pourrait cacher celle d’un poisson encore plus gros : Abdelhafid Benhachem, ancien directeur de la DGSN. Bechar a été rappelé à Rabat et mis au placard depuis le départ de Benhachem. Il risque d’être bientôt traduit en justice.


Intox. Afilal libre comme l’air

Non, Abderrazak Afilal n’est pas en prison. Le syndicaliste qui accumule les titres (baron de l’Istiqlal et patron de son syndicat, l’UGTM, député, membre du CCDH, ancien président de commune) a été victime d’une étrange rumeur, en milieu de semaine. "Je n’ai pas été convoqué par la police à Rabat, comme certains ont cru le savoir, s’indigne l’intéressé. Je suis propre, je n’ai rien à me reprocher sur ma gestion passée de la commune de Aïn Sebaâ, etc.". N’empêche, le nom d’Afilal a souvent été cité dans l’affaire "Slimani & Co.", anciens hommes de main de Basri. Il figure, nous assure-t-on, dans la liste des témoins potentiels, lui qui a abondamment été cité par ses deux adversaires désignés : Lahcen Haïrouf et Abdelaziz Laâfora.


Sahara. Aznar et ses amis rallument la mèche

En Espagne, la guerre entre le Parti Populaire (PP) de l’ancien Premier ministre Aznar et le PSOE de l’actuel chef de l’exécutif, Jose-Maria Zapatero, prend le Sahara (et donc le Maroc) en otage. Confirmation dans le dernier communiqué du PP où les amis d’Aznar somment Zapatero de "clarifier sa position quant au Sahara", l’accusant implicitement d’être pro-marocain. Le PP va plus loin, décrivant le Sahara comme une "monnaie d'échange utilisée par Zapatero pour retarder les revendications marocaines sur Sebta et Melilla". Dans tous les cas, ces positions franchement hostiles au royaume confirment, a posteriori, que Madrid n’était pas étrangère au déclenchement de toutes les crises passées entre l’Espagne et le Maroc.


Justice. Procès record pour Bouarfa

Dans les milieux judiciaires, on ne parle plus que de deux "énormes" procès à venir : celui dit des réseaux terroristes de Meknès-Fès et de Casablanca. Pour Meknès-Fès, près de 80 personnes qui passeront en jugement, courant septembre, nous apprend une source proche de la défense. Notons que parmi les accusés figurent Mohcine Bouarfa et Toufiq Hanouichi, recherchés dès le lendemain du 16 mai 2003. Beaucoup de badauds, aussi, dont le seul crime était de s'être trouvés là pendant l'arrestation de Bouarfa. En janvier 2004, la rafle de Fès-Meknès avait étonné par son ampleur. Pour le réseau dit de Casablanca, 50 personnes devront passer en justice, courant octobre. En tout, les deux procès, qui risquent de se chevaucher, concernent près de 130 personnes. Un record.


Al Jazeera. Sur les traces de Mohammed VI

Le roi Mohammed VI semble attirer l’attention d’Al Jazeera. Le premier essai transformé dernièrement n’a pas été concluant. Le reportage effectué par le directeur du bureau de Rabat, Hassan Rachidi, sur les cinq années de règne, n’a pas reçu l’assentiment du QG à Doha. Plusieurs explications ont été avancées. La plus diplomatique : "Il n’est pas dans l’habitude de la maison de programmer des émissions à l’occasion des fêtes nationales et elle ne tient pas à faire entorse à la règle avec les jeunes dirigeants.". Une autre explication, plus officieuse de l’intérieur de la chaîne, laisse croire que "la direction n’a pas apprécié le traitement plutôt laudateur qui lui a été proposé". En vérité, depuis sa nomination, Rachidi, un des anciens de la chaîne revenu après un long exil, a choisi de faire profil bas et de couvrir plus des activités culturelles, sans risque. D’autant que son arrivée coïncidait avec le harcèlement injustifié et la mise à l’index de la journaliste Iqbal Ilhami par les autorités marocaines. Mais la porte du Palais n’est pas totalement fermée. "Le journaliste Assaad Taha est sur le point d’achever un portrait de Mohammed VI sur lequel il travaille par à-coups", nous assure une source interne. Espérons qu’il aboutira.


Tendance. Aherdane et le tour de table

Mahjoubi Aherdane invite des opérateurs économiques à un dîner organisé chez lui, la semaine prochaine. Bof ! En fait, selon des sources proches du MNP, le parti dirigé par le "Lion de l’Atlas", Aherdane compte ainsi anticiper sur un éventuel remaniement (encore un !) en séduisant des profils économiques, considérés comme des ministres technocrates en puissance. Le calcul est simple : Driss Jettou (ou son successeur), le moment venu, n’aura pas à imposer des noms, puisque le leader du MNP se chargera de les sortir de sa poche ! Le vieil amghar a ratissé large pour son dîner. Reste à savoir comment il s’y prendra pour convaincre les quadras invités à sa table qu’un passage par sa haraka fera d’eux les Boussaïd et les Mezouar de demain.


Al Moustaqilla. Le duel Maroc / Algérie

L’initiative était louable. Le directeur de la chaîne tunisienne satellitaire, basée à Londres, Al Moutaqilla, Mohammed Elhachmi Hamdi, a proposé d’arbitrer, une semaine durant, un face à face entre Marocains et Algériens, avec en toile de fond l’annulation unilatérale du visa. Hassan Abdelkhaleq (Al Alam), et Noureddine Miftah (Al Ayyam) ont joué le jeu mais ont décidé au quatrième round de jeter l’éponge. Ils ont été déstabilisés par la virulence des propos de Mohamed Bougattaya, mais aussi, déplorent-ils, par la posture biaisée de l’animateur-arbitre, et la part belle faite aux téléspectateurs algériens (exclusivement) et à un invité surprise du Polisario. Les deux derniers jours, leurs vacances ont juste été comblées par des interventions à distance du S.G du PJD, Saâdeddine El Othmani, et du sphinx Usfpéiste, Abdelkrim Benatiq. À la prochaine manche.


Nucléaire. Vanunu cherche refuge au Maroc

L’israélien Mordechaï Vanunu, qui vient de purger 18 ans de prison pour "trahison et espionnage" (il avait diffusé des informations confidentielles sur la centrale nucléaire de Dimona, où il était employé), n’en démord pas : "Je ne suis pas un traître. Six milliards de personnes respectent ce que j’ai fait, ce n’est pas un problème si six millions de juifs ne le respectent pas" a-t-il notamment déclaré à l’AFP. Dans la foulée, Vanunu a demandé, selon la chaîne I télé, à abandonner la nationalité israélienne pour obtenir la palestinienne… ou la marocaine. Vanunu, d’après la même chaîne, serait, en effet, Marocain de naissance.


Partis. Le PJD premier de la classe

Cela devient une habitude : le PJD a été, encore une fois, le premier parti à "rentrer en classe". Le parti fondé par Abdelkrim Khatib, qui prépare le 1er congrès de sa chabiba (du 29 au 31 octobre prochain), a dégainé plus vite que les autres. Il s’est réuni en conclave, en fin de semaine dernière, avant de diffuser un communiqué où il rappelle clairement qu’il se positionne plus que jamais dans l’opposition. Le PJD fustige "la faiblesse de l’action gouvernementale, la désunion de la coalition au pouvoir, le vide politique, l’aggravation de la crise économique et sociale, etc.". Pour adoucir la pilule, le PJD verse, par ailleurs, dans le politiquement correct en rappelant son soutien à l’actuelle campagne de recensement national, sa solidarité avec les journalistes français emprisonnés en Irak, etc. D’autres détails ? "Vous n’avez qu’à consulter notre site Internet, il contient toutes les actualités du parti", répond laconiquement le S.G Saâd-Eddine El Othmani.


Taroudant. Le coupable parfait

C'est lui (Photo L’opinion)
L’affaire qui a défrayé la chronique à Taroudant (huit cadavres d’enfants déterrés et jetés sur la place publique) a connu son dénouement en début de semaine. Les enquêteurs ont finalement trouvé un coupable, un tueur en série de 42 ans. Bizarrement, la police a diffusé sa photo, mais pas son nom complet ("Abdelali H."). L’assassin, d’après la version officielle, vivait de petits métiers à proximité de la gare routière de la ville. Il repérait ses victimes et les entraînait dans la propriété de son cousin, qu’il occupait, où il abusait d’elles avant de les assassiner et de les enterrer. Il aurait soudainement déterré tous les cadavres le jour où il a appris qu’une société allait
récupérer la propriété pour y faire des constructions. Question : comment un tel individu a-t-il pu sévir, trois années durant, sans jamais être inquiété, et alors même que des disparitions d’enfants étaient continuellement signalées dans la région ?


Elections. Rebelote à Salé

La circonscription électorale de Salé Madina semble quasiment maudite. Après l’invalidation du scrutin du 27 septembre, par le conseil constitutionnel (CC), cassant le jugement du tribunal qui considérait le dossier d’un candidat RME incomplet, tout le monde se préparait pour la campagne électorale ce samedi 10 septembre. Sont en lice, les quatre candidats déchus, Abdelhaq Sentissi (MP), Abdelilah Benkirane (PJD), Nasr Hajji (USFP) et Noureddine Lazrak (RNI). Coup de théâtre, un autre candidat, Zouheir Sdor (PLM), a su que son dossier était irrecevable. Les élections partielles auront bel et bien lieu le 23 septembre. Mais, le risque de voir le CC annuler encore ce scrutin n’est pas exclu. La jurisprudence, déclenchée par le cas de Mohamed Zarouf, en 1997, lui donne ce droit s’il s’avère que "le gouverneur a refusé par mesure dilatoire de prendre le dossier". Suspense.


Palestine. Plantons des tentes

Le 4 septembre, une campagne internationale a été prévue pour faire pression contre Israël au sujet des prisonniers politiques. Les Marocains ont répondu à l’appel, chacun à sa manière. Premiers à prendre l’initiative, les partis de l’extrême gauche, Annahj et la GSU ainsi que des militants électrons libres, ont dressé une tente au Parc de la Ligue arabe à Casa et poussé le geste jusqu’à 48 heures tournantes de grève de la faim et une pétition signée par les passants envoyée à Kofi Annan. La gauche plus rangée et l’Istiqlal, réunis dans l’association de soutien à la lutte du peuple palestinien, ont pris le relais le mercredi 7 septembre, avec une tente à Bab El Had à Rabat, avec un programme moins hard. Juste du cinéma et du débat au programme. Chacun ses ambitions.


Procès. Basri et MHI dos à dos

La première audience du procès pour diffamation opposant, à Paris, Driss Basri à Maroc Hebdo International a tourné court. En 20 minutes à peine, le tribunal a écouté les uns et les autres, décidant de la recevabilité de la plainte de l’ancien vizir, avant de renvoyer tout le monde à une prochaine audience qui aura lieu… le 11 mars 2005. Le renvoi aurait été motivé par deux raisons au moins : l’absence du plaignant Driss Basri, mais aussi celle de Abdellatif Mansour, auteur de l’article - objet de la poursuite. Seul Mohamed Selhami, le directeur de MHI, a été présent à la barre en compagnie des avocats des deux parties.


IER. La vérité dans deux mois

Les membres de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) ont passé l’été à plancher sur les modalités des auditions publiques, prévues dans deux mois. Tout un beau monde (victimes, juristes, universitaires, chercheurs, experts, responsables…etc) devra se succéder à la barre pour dire sa vérité sur les années de plomb. Combien seront-ils ? Qui seront-ils ? Auront-ils la possibilité de dire toute la vérité, notamment sur les responsabilités ? Une autre question reste pour le moment en suspens : l’IER a-t-elle eu accès aux archives confidentielles de l’administration marocaine ? Les interrogations qui entourent les séances de "vérité publique" de l’IER donnent, en tout cas, une connotation spéciale au concept de "vérité". Au point que l’IER consacrera, les 17 et 18 septembre prochains à Tanger, un colloque sur la question, animé par le politologue Abdelhaï Moudden.


Presse. Lmrabet en grande forme

Le trublion est de retour ! Depuis mercredi, Ali Lmrabet est au Maroc, en reportage pour le quotidien espagnol El Mundo qui l’emploie aujourd’hui. "En tant que journaliste titulaire, responsable du Maroc" tient-il à préciser. El Mundo réalise un des plus forts tirages de la presse espagnole. "Avant, j’avais 40.000 lecteurs, aujourd’hui j’en ai 500.000, jubile Lmrabet. Merci Hamidou, merci Fouad !". Pour autant, l’enfant terrible de la presse marocaine n’a pas renoncé à faire reparaître son défunt hebdomadaire satirique Demain, sous un autre titre. Le lancement est prévu, dit-il, "cet automne". Peu crédible, vu les nombreuses occupations de Lmrabet (il travaille, en même temps, sur deux livres). Mais ne serait-ce que pour voir si on va lui délivrer un récépissé, ça vaut le coup d’essayer…


3 questions à Malika Malak (Animatrice de débat télévisé)

Vous entamez en octobre une nouvelle émission, Al Bou’d Al Akhar sur Al Horra. Quittez-vous 2M sans rancune ?
Aucune rancune, ni rancœur. Il est vrai que cela fait un an que je suis sans travail, mais des 10 ans passés, je garde de bons souvenirs des collègues et je regrette plusieurs départs. C’est une partie de ma vie durant laquelle j’ai été marquée par trois directeurs, T. Bennani-Smirès, Larbi Belarbi et Noureddine Saïl.

N’est-ce pas hasardeux de transposer le concept d’une chaîne nationale locale sur une
satellitaire encore en mal de public ?
L’émission est légèrement différente au niveau du dispositif. C’est un face à face, avec le public autour. Ce qui n’a pas changé, c’est ma ligne éditoriale, et mon souci, de donner un nom à cette phase nouvelle de post-alternance. Pour une chaîne américaine, l’exemple marocain et l’expérience de sa société civile sont vendeurs.

Puisque vous émettez du Maroc, avez-vous reçu suffisamment de garanties pour votre marge de manœuvre de la part des autorités marocaines et la direction de la chaîne ?
Aussi bien le directeur général, Muwaffaq Harb que le président, Byrd Kleinman, m’ont assurée de ma totale liberté d’action. En plus, je ne travaille pas seule, je serai épaulée par des journalistes. Quant aux autorités, la chaîne a dû les contacter. Cela s’est fait dans les règles de l’art.



Billet : Le recensement du Makhzen (par Driss ksikes)

Quand le recenseur est passé faire l’inventaire de vos biens, de votre vie, de votre poche, et de vos meubles, vous avez sans doute remarqué cette colonne atypique qu’il est obligé à chaque fois de cocher : "Étiez-vous dans ce même lieu la nuit du 31 juillet au 1er août ?". Inutile de décoder, cette case permet d’arrêter la date du recensement au cinquième anniversaire de l’intronisation du roi. Symbolique du Makhzen oblige, ce recensement se veut être le premier de Mohammed VI, autant le marquer par une date repère. Mais tout cela, me direz-vous, est un détail de cuisine interne. Le plus important est ailleurs. Dans les chiffres, certes. Mais on n’en est pas encore là. Arrêtons-nous pour l'instant sur les comportements. Premier fait inattendu, ce recensement a une victime, un enseignant bien intentionné, par hasard affecté (les enseignants en ont l’habitude) dans un douar perdu. Mal lui en a pris, il s’est présenté sans caïd ni homme d’uniforme attestant que c’est bien du recensement du Makhzen qu’il s’agit. Ni une ni deux, une salve de pierres s’abat sur lui et l’oblige à rebrousser chemin. C’est l’intifada des parias du rural, signe d’un Maroc tribal, en siba, qui a la peau dure, mais de moins en moins. À mesure que recule ce Maroc ancestral là, avance un autre Maroc, bourgeois, égocentrique, individualiste, hautain. Mohamed Lahlimi, un homme courtois de nature, s’est senti obligé de dénoncer ces riches et autres bien logés qui "reçoivent mal les recenseurs et agissent comme s’ils étaient en dehors de la société". Certains ont peut-être la double nationalité ou la briguent, d’autres ont leurs fonds, ici et ailleurs, et d’autres enfin ont perdu le sens du contact humain. Pauvre Maroc, son élite s’isole, se délite et se cache derrière les cloisons de la modernité. C’estdésolant.



Humeur : Hrig, cause nationale (par Karim Boukhari)

La véritable cause nationale du Maroc, vue d’Europe, n’est pas le Sahara, mais l’émigration clandestine. Tout bêtement. Imaginez l’impact qu’a pu avoir, en Grèce (et dans le reste du monde), la fugue d’un champion marocain en plein J.O. Imaginez nos amis français s’étonnant, se gargarisant, des fugues, coup sur coup, de dix joueurs de football appartenant à deux des clubs les plus en vue au Maroc : le WAC et l’Ittihad de Tanger. Imaginez encore nos amis au Canada, stupéfaits de découvrir, il y a deux ans, que l’effectif d’un petit club marocain, la RSS, s’était inexplicablement évaporé dans la nature.
Ne blâmons pas trop nos sportifs. Ils ne sont qu’un échantillon parfaitement représentatif de la société marocaine, toutes classes confondues. En bas de l’échelle, il y a les anonymes, ceux qu’on appelle vulgairement les "harraga", qui tentent chaque jour le pari d’affronter les vagues, d’étouffer dans les coffres des voitures légères, ou d’accompagner la fumée noire des gros camions en transit, pour atteindre l’Europe. Au sommet de la pyramide, on retrouve une bonne frange de nos dignitaires qui pratiquent le "hrig" à leur façon : en consignant leurs progénitures et leurs biens à l’étranger, en faisant des mains et des pieds pour obtenir la double nationalité, etc.
Mais quel est donc ce pays qui inspire si peu confiance à ses produits humains ? Quel est ce pays dont les élus locaux "hreg" en Europe, et les opérateurs économiques brandissent fièrement le passeport français ou espagnol pour passer les frontières ? Il y a un gros, gros problème quelque part. Le hrig. Cause nationale, démocratie parallèle (et authentique) qui fédère les Marocains en donnant leur chance à un marchand ambulant et à tous les Elam Jay !



Vite !

"Les Trois rois" d’Ignace Dalle sera-t-il vendu au Maroc ? A priori, oui. Une filiale du groupe Hachette au Maroc, conventionnée avec l’éditeur du livre, Fayard, s’apprêtait à en formuler la demande officielle auprès du ministère de la Communication, en fin de semaine. Une autorisation d’importer devrait logiquement suivre. Croisons les doigts…

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À Paris, des militants marocains des droits de l’homme menacent d’organiser un sit-in devant la résidence de Driss Basri, dans le 16ème , pour protester contre la présence de l’ancien ministre de l’Intérieur en France. Le sit-in, promettent les anciennes victimes des années de plomb, devrait avoir lieu au plus tard en octobre.

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Deux joueurs du Wydad, en plus d’un membre de l’encadrement technique, ont "disparu" lors d’un stage de préparation effectué par le club marocain à Saint-Etienne, en France. Ces fugues s’ajoutent à celles enregistrées, en quelques semaines à peine, d’autres sportifs de haut niveau : un haltérophile aux J.O d’Athènes et sept joueurs de l’équipe de football de Tanger, "disparus" en France. À qui le tour ?

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Depuis qu’il a gagné un surprenant fauteuil de directeur de banque, à la tête du CIH, Khalid Alioua a perdu son titre de député de Casablanca-Anfa. Logique. Alioua a été remplacé par l’ancien numéro deux de la liste USFP, dans les dernières élections législatives : Mohamed Ibrahimi.

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Le ministre du Développement social, Abderrahim Harouchi, a invité les représentants de la région de Casablanca (wali, maire, conseil de la région et chambre de commerce, ainsi que les ONG de la région) à une réunion de travail la semaine dernière. Objectif : mettre en place une action pour éradiquer le phénomène de la mendicité. Ça sera dur, mon ministre !

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Difficile d’appréhender la réalité chiffrée du tourisme sexuel au Maroc. Mais le phénomène est tel que, en France, un rapport officiel place le royaume parmi les principales cibles de ces touristes d’un genre très spécial. Le même rapport conseille, en douze propositions, au Maroc et à la France de renforcer leur coopération judiciaire, juridique et policière, pour combattre le phénomène.

 
 
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