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Par Driss Bennani
"Le 16 mai a été un très bon exercice"
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Moncef Slimi (Journaliste)
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Antécédents
| 1962 : |
Naissance en Tunisie |
| 1978 : |
Première arrestation à Tunis, 8 mois de prison |
| 1995 : |
1989. Journaliste à Asharq al Awssat |
| 2003 : |
1992. Master en Sciences administratives a Rabat |
| 1998 : |
Récupère son passeport tunisien |
| 2004 : |
Asharq al Awssat met fin à ses fonctions |
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Smyet Bak ?
Mohamed Slimi.
Smyet mok ?
Oum Ezzine Slimi.
Nimirou dla carte ?
A 99 48 P.
Les interrogatoires commencent comme ça en Tunisie aussi ?
En plus détaillé. En Tunisie, nous devons citer jusqu'aux prénoms des grands-pères de nos parents.
Jai appris que vous vous étiez installé à Dubaï. Pourquoi quitter le royaume heureux, M. Slimi ?
Je ne l'ai pas quitté définitivement. Jai trouvé un meilleur job, c`est tout.
Asharq al Awssat, ce sont des escrocs ?
Cest une grande école où jai appris beaucoup de choses. Je ne regrette rien, mais je suis déçu que le journal se soit mêlé daffaires aussi lâches.
Politiques ?
Encore plus lâches que la politique.
On dit quavec votre collègue Ali Anouzla, également viré, vous avez payé pour la réconciliation entre les deux royaumes, après la brouille post-16 mai
Ça nexplique pas tout. Asharq est un grand groupe qui passe par une période difficile de transition où il y a beaucoup de règlements de comptes. Cest lunique explication, vu que le bureau de Rabat marchait très bien.
Ne me dites pas que vous naviez reçu aucune consigne après le 16 mai ?
Ce nest pas comme ça que ça marche dans le journal. Tout est implicite. Il ny a jamais dinstructions. Il faut plaire aux dirigeants à Londres sans quils aient à te le demander. Mon éviction est dautant plus bizarre que quelques jours avant, le rédacteur en chef me félicitait pour ma couverture des travaux de la Ligue Arabe à Tunis.
Benali était intervenu pour vous restituer votre passeport. Pourquoi nintervient-il pas pour vous maintenant ?
Je nai jamais demandé à un responsable politique dintervenir pour moi, quitte à le payer de ma personne.
Vous avez déjà bossé pour les services tunisiens ?
(Rires). Jai un véritable problème, vous savez. Quand je veux foncer du côté marocain, je me dis toujours "tu oublies que tu nes pas Marocain" et je marrête. En Tunisie, je sers de point dentente entre le journal et les autorités tunisiennes et cela est interprété comme de la collaboration avec les services.
Il paraît que ce sont des officiels marocains qui ont demandé votre départ
Dans le domaine de linformation, les officiels marocains observent souvent un mutisme que certains esprits interprètent comme une bénédiction. Ça a toujours été comme ca.
Surtout depuis votre couverture du 16 mai, où vous défendiez le wahhabisme en provenance dArabie Saoudite
Écoutez, les gens du Golfe ont lhabitude de récompenser leurs protégés, ceux qui servent leurs intérêts. À ce jour, il reste un seul journaliste algérien à Asharq al Awssat, aucun Tunisien et aucun Marocain à Londres. Les 4 ou 5 journalistes qui sont restés à Rabat ont tous peur pour leur situation. Sur 120 journalistes d'Asharq, il ny a que 6 journalistes maghrébins dont cinq Marocains à Rabat.
Quest-ce à dire selon vous ?
Cest très simple, les Saoudiens se désengagent du Maghreb. |
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