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Par Laetitia Grotti
Russie. Carnage à Beslan
Après les drames du sous-marin Koursk et du théâtre Doubrovka à Moscou, le drame de Beslan démontre que les méthodes du Kremlin nont pas changé. Un seul mot dordre : silence et désinformation.
Lépouvante et la stupéfaction provoquées par lampleur du carnage de Beslan - plus dun millier de morts et de blessés - nont rien changé aux habitudes du pouvoir russe. Plus dune semaine après le dénouement du drame, aucune explication officielle circonstanciée n'est parvenue. Samedi dernier, Vladimir |
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Poutine ne sy est pas attardé. Aucun ministre, aucun responsable des forces de sécurité impliquées, aucun enquêteur du parquet général de Russie na donné une version détaillée des événements. Cette prise dotages, la plus meurtrière jamais survenue et que Poutine semble assimiler à une sorte de 11 septembre de la Russie, demeure ainsi un incompréhensible mystère pour une opinion russe traumatisée. Les divers bilans officiels sont démentis par les témoignages sur le terrain qui font état de 500, peut-être 600 morts. Ainsi, le chiffre officiel du nombre dotages - 354 personnes - donné jeudi par les autorités, na été que le plus visible dune longue série de mensonges. Idem quant à la composition du commando terroriste. Un silence de plomb avait été imposé sur le détail de leurs revendications, dont on ne sait que par les témoignages des ex-otages quils demandaient la libération de prisonniers et le retrait des forces russes de Tchétchénie. Enfin et surtout, aucune explication plausible sur les conditions de lassaut des forces russes, leur coordination, les plans dintervention, l'arrivée des secours.
"honte nationale"
Comme lors de la tragédie du sous-marin Koursk et de la prise dotages du théâtre de Doubrovka à Moscou, silence et désinformation dominent. Dordinaire peu critique, le quotidien Izvestia a qualifié de "honte nationale" la couverture télévisée du drame. Ce qui vaudra à son rédacteur en chef dêtre débarqué par la société éditrice du journal, proche du pouvoir. Enfin, Moscou rabrouait la présidence néerlandaise de lUnion européenne, qui envisageait seulement de "demander des explications". Le moins que lon puisse dire cest que ni la France, ni lAllemagne, ni la Grande-Bretagne et ni lItalie nont eu de telles interrogations. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères déclare que "la France se tient aux côtés du peuple russe dans cette douloureuse épreuve et appelle à la mobilisation de tous dans la lutte contre le terrorisme".
Sans minimiser la barbarie des terroristes de Beslan, des questions simposent. Pourquoi les capitales occidentales soutiennent-elles avec tant dardeur Vladimir Poutine ? Pourquoi de simples questions sur la politique russe dans le Caucase sont-elles écartées au profit dune solidarité muette ? Pourquoi le ministre des Affaires étrangères néerlandais qui avait déclaré à propos de lassaut et de ses morts : "Nous aimerions apprendre des autorités russes comment cette tragédie a pu arriver", a-t-il dû battre en retraite sous la pression de Moscou puis celle de ses collègues de lUE et sexcuser sur le thème du "malentendu" ? |
Irak. Le chaos annoncé
Toujours plus de drames et toujours pas de paix, lIrak est littéralement à feu et à sang. Alors que la France croyait avoir marqué des points contre des preneurs dotages au profil encore flou, lItalie doit faire face à la même crise avec lenlèvement de deux Italiennes membres de lONG "Un pont pour Bagdad", ainsi que d'une Irakienne et d'un Irakien. Autrement dit, le statu quo est toujours aussi insoutenable des deux côtés, personne ne sachant de quoi sont vraiment capables les ravisseurs. La tension redouble et les responsables dONG ont dores et déjà annoncé leur départ, devant une conjoncture si dramatique, qui voient les leurs, venus à la rescousse, pris pour cible. Plus que jamais, lEurope sollicite la haute diplomatie du monde arabe pour des appuis forts et indispensables. En Irak aussi, les communautés explosent et les plus radicaux eux-mêmes montent au créneau : "Des combattants arabes ont semé la zizanie entre les moudjahidins irakiens. Ce sont eux qui encouragent notamment les Irakiens à kidnapper les étrangers. Lenlèvement des deux Français nest pas notre jihad !". La crainte dune guerre civile nest plus une vague rumeur, pendant que jeudi, des raids américains faisaient 40 morts dans deux villes du nord du pays. |
Indonésie. La cible australienne
Pays allié de la coalition en Irak, lAustralie a dû faire face à son deuxième avertissement depuis les sanglants attentats de Bali en octobre 2002 (202 morts). Lexplosion dune bombe de forte puissance ce jeudi 9 septembre devant lambassade dAustralie à Djakarta en Indonésie, faisant au moins neuf morts et plus de 180 blessés, intervient à 10 jours du 2ème tour de lélection présidentielle dans le pays, et à 2 jours de lanniversaire des attentats du 11 septembre. La sur jumelle dAl Qaïda en Asie du Sud-Est, la Jemaah Islamiyah, déjà commanditaire du carnage de Bali, reste la piste principale. |
Liban. Lahoud, un président libano-syrien
La démission du gouvernement annoncée ce jeudi par le Premier ministre libanais, Rafic Hariri, est tout sauf une surprise. La crise politique du pays sest accentuée depuis le vote dun amendement vendredi dernier, prolongeant de 3 ans le mandat de lactuel président Émile Lahoud, précieux allié de la Syrie, que cette dernière ne souhaite absolument pas voir remplacé à ce poste. Lingérence de Damas dans les affaires beyrouthines nest un secret pour personne, pas même pour le Conseil de sécurité de lONU qui a récemment demandé via une résolution à la Syrie de ne pas simmiscer dans lélection présidentielle libanaise. |
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