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Par Driss Ksikes
Carte blanche aux Arabes à Francfort
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de G à D, Assia Djebbar,
Edward Al Kharrat et Mohammed
Bennis (Photos AFP et DR)
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| Appréciez lampleur de lévénement. La Foire internationale du livre de Francfort, la plus prestigieuse de toutes, décide de mettre le livre arabe au centre de son édition de 2004, devant se tenir du 6 au 10 octobre. Avec 2500 titres de 24 pays, le butin présenté est forcément maigre. La question a pris une dimension politique depuis le 11 septembre. "Le déficit en savoir" dont le monde arabe est accusé, à raison parfois, et le fait que Washington ait remis un document au G8 déplorant que "la production livresque arabe représente 1,1% de la production mondiale" pèsent énormément sur les consciences de lOccident comme de lOrient. Au lieu de sen lamenter, les Allemands ont |
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| décidé, dans la tradition orientaliste qui est la leur, de servir de pont pour les Arabes. Ainsi, le directeur de la foire, Volker Neumann, a annoncé "la traduction imminente de 50 livres arabes en allemand". Le geste est important, mais lessentiel est ailleurs. Il réside, dabord, dans le processus de création au sein des pays arabes. Sur ce point, des invités phares de lévénement, comme la romancière algérienne, souvent comparée à Françoise Sagan, Assia Djebbar, le Libanais, apprécié pour la fluidité de ses contes, Amin Maalouf, lÉgyptien Edward El Kharrat, peu lu mais starisé, mais aussi le Marocain Mohamed Bennis, poète et homme de réseaux, auront pour tâche de rendre compte de la vivacité littéraire qui traverse leurs sociétés respectives. Un aperçu de cette dynamique - très limitée faut-il le rappeler - sera donnée par des lectures de pièces théâtrales, de poèmes et autres livres denfants. Des panels de discussion permettront délargir le débat aux questions de traduction, dédition et dimplication de la société civile. Les Marocains invités, comme Fatéma Mernissi (une habituée) et Tahar Benjelloun (une icône passe-partout) devront refléter autant la magnificence que la misère de leur culture. Auront-ils la possibilité et la latitude de le faire ? En attendant, la presse allemande corrige quelques préjugés, le plus important étant que "le monde arabe nest pas autiste à lOccident, il importe 40 millions de dollars de livres et de magazines par an". Et, comme lécrit judicieusement The Guardian, "il souffre plus de la qualité que de la quantité décrits. Le nombre de livres publiés de manière marginale étant énorme et insondable". Il sera donc question de tout cela à Francfort. Que les organisateurs de la foire de Casa sen inspirent, au moins ! |
Traduction. Le fond de la jarre en arabe
Voilà un roman marocain dont la version arabe était plus quattendue. Le fond de la jarre (Qa al khabiya) a ceci de particulier quelle a réconcilié Abdellatif Laabi avec son univers pré-carcéral, denfance, des ruelles de Fès, de la famille, de lécole et dautres recoins de la mémoire, longtemps hors champ dans sa littérature. Maintenant que Hassan Bourquia a achevé cette excellente traduction, le lecteur peut retrouver les expressions proverbiales dans leur darija dorigine, lironie de lenfant vis-à-vis de sa mère poule, dans sa tonalité fassie, les dialogues de maison avec leur connotation religieuse originelle, les relations bigarrées dun contexte colonial, étouffant, dans la langue de lopprimé. Bourquia réussit, ainsi, après deux traductions dEdmond Amran El Maleh, à faire le médiateur entre Laabi et ses lecteurs arabophones, qui lapprécient depuis la revue Anfass, mais nont jamais eu droit à une version aussi raffinée de ses textes.
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