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Urgences. De l'enfer au purgatoire
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N° 143
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Police. Les (grosses) têtes tombent à la DGSN

Hamidou Laânigri (AFP)
Le général Hamidou Laânigri continue de redessiner les nouveaux contours de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale), qu’il dirige depuis plus d’un an. Il vient ainsi de redéployer l’essentiel de ses troupes, notamment aux postes de responsabilité. Au-delà des promotions dictées par des raisons d’affinité professionnelle, ce sont surtout les mises au placard qui ont retenu l’attention. Ainsi en est-il de Mokhtar Bekkali, ancien préfet de police à Rabat et chargé de la sécurité des Palais royaux depuis mai 2003. Bekkali emprunte aujourd’hui une voie de garage, se retrouvant du jour au lendemain pratiquement sans fonction réelle. Cette mise à
l’écart, qui ressemble à une suspension, revient à l’implication supposée de Bekkali (mais aussi de Bechar, autre mis à l’écart) dans le scandale de Fatiha Jebliya, la traficante de drogue de Salé dont l’arrestation avait défrayé la chronique il y a quelques semaines. Mais la mise à l’écart la plus spectaculaire reste celle de Younes Jamali, ancien numéro un de la BNPJ et, de facto, le premier responsable théorique de toutes les enquêtes liées au terrorisme à l’intérieur du pays. Jamali a été "redéployé" à la Sûreté de Tanger. Et il voit remonter une vieille histoire à la surface : des sources fiables nous assurent, en effet, que le policier était sous le coup d’une condamnation à une peine de prison (en 1994, du temps où il dirigeait la brigade anti-gang à Marrakech) pour la fin tragique d’un agent municipal, et que le tribunal vient, dix ans plus tard, de le pourvoi déposé par Jamali pour casser ledit jugement... Pour Jamali, Bekkali et quelques autres, les ennuis ne font peut-être que commencer.


Polémique. Les trois rois souffrent

Le nouveau livre d’Ignace Dalle, Les trois rois, continue d’alimenter la chronique. Contrairement à des annonces de presse, il n’a toujours pas obtenu son autorisation auprès du service des publications étrangères (communément appelé "bureau de censure") dépendant du ministère de la Communication. Il n’a pas été interdit non plus. Interdit sans l’être, en somme. Pourtant, une trentaine d’exemplaires ont déjà été vendus, à Casablanca, et un millier de copies ont déjà passé, discrètement, les frontières. Une situation étrange qui a amené l’éditeur (Fayard) à proposer l’idée d’une co-édition locale au Maroc. L’initiative a peu de chances d’aboutir.


Prisonniers politiques. Les oubliés d’Oukacha

Le Maroc compte encore des prisonniers politiques (et même parmi les plus anciens dans le monde arabe et en Afrique). Preuve en est le cas d’Ahmed Chahid et Ahmed Chaïb, emprisonnés depuis 1983 pour avoir distribué des tracts hostiles à Israël et dénoncé la répression des émeutes populaires de 1981. Accusés de complot contre le régime, et oubliés successivement à Derb Moulay Chérif, Ghbiyla et Kénitra, les deux détenus ont été exclus des multiples grâces politiques ou "normales", accordées dans le cadre des fêtes nationales. Ils sont actuellement à Oukacha, à Casablanca, où ils viennent de rendre public un communiqué "célébrant" le 21ème anniversaire de leur détention.


Partis. L’État réclame son dû

Les partis de la Choura et de l’Istiqlal (PDI), du Centre social et du travail ont été sommés, par la Cour des comptes, de restituer un montant global de 3.880.000 DH à l’État, versé par le ministère de l’Intérieur dans le cadre de l’aide publique aux campagnes électorales. La sommation a été perçue, au sein du PDI, comme "un rappel à l’ordre ayant trait au ralliement l’été dernier de Zemzami, très lié au S.G Abdelouahed Maâch", dixit une source au PDI. Du côté du parti du Travail, on lie la sommation à une plainte déposée par l’un de ses dirigeants, et accusant le S.G du parti Mohamed Idrissi… de détournements de fonds publics. Et si ces mesures s’étendaient à d’autres partis, autrement plus puissants ?


Presse. Benali harcelé par Nouakchott

Abdellah Benali, journaliste à Maroc Hebdo Intérnational, vient de gagner la France où il compte demander l’asile politique. De nationalité mauritanienne, Benali se plaignait depuis de longs mois d’un harcèlement continu des autorités mauritaniennes, à Rabat même, où il habitait. L’été dernier, il reçut même des menaces de mort. Les autorités mauritaniennes ont toujours reproché à Benali, connu pour ses sympathies pour le clan Ould Daddah (opposition) son ton critique envers le régime de Ould Taya. Benali a donc quitté le Maroc où il ne sentait plus en sécurité. À Paris, où il se trouve actuellement, le journaliste semble avoir trouvé refuge auprès de RSF, en attendant de légaliser son nouveau statut de réfugié politique.


Réunion. Jettou et les patrons aux Habous

Le mercredi 22 septembre, le ministère des Affaires islamiques accueillait une réunion inhabituelle. Le premier ministre, Driss Jettou, et les patrons de la CGEM s’y sont retrouvés. Le secteur privé s’apprête-t-il à investir dans le religieux ? Pure hérésie. Jettou a tout simplement emprunté à son confrère Ahmed Toufiq la salle spacieuse dont dispose son ministère. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il se fait hôte dans les locaux de son voisin, dans l’enceinte du Méchouar de Rabat. Mais au-delà des bienfaits du voisinage, trois remarques s’imposent. Primo, le Premier ministre est un homme pratique. Secundo, les Habous sont bien lotis. Tertio, il est inadmissible que la Primature demeure un simple vestibule, en annexe du Palais royal.


Transhumance. Derham part à la pêche

Hassan Derham, député RNI, vient de basculer vers le MP. Quoi de plus banal, dans un ciel politique dédié à la transhumance parlemntaire. Seulement voilà : Derham, qui appartient à une famille de notables à Laâyoune, est aussi un homme d’affaires dont le patrimoine repose en partie sur la pêche. Et Mohand Laenser, le S.G du Mouvement Populaire, est le ministre… de la Pêche. De là à penser que Derham a rejoint le MP pour arranger ses affaires personnelles de pêche, il n’y a qu’un pas que ses détracteurs franchissent allègrement. "Hassan Derham, nous dit cette source autorisée au RNI, possède plusieurs licences de pêche. Il était souvent venu se plaindre de certains ministres RNI, notamment Taïeb Ghafès (ancien ministre de la Pêche, évidemment). Son choix, aujourd’hui, de rejoindre le MP ne repose pas sur des motivations politiques, mais personnelles". Une version qu’une source au MP contredit, naturellement, arguant que "Derham a rejoint le parti qui cadre le mieux avec sa vision politique"… Reste à préciser que Derham pourrait entraîner, dans sa fuite vers le MP, d’autres élus RNI établis dans les provinces du Sud.


Sahara. Rabat et Madrid se renvoient l’ascenseur

Question : les Espagnols chercheraient-ils à conclure un accord sur la pêche pour service rendu au Maroc? Tout le laisse croire en tout cas. La position du gouvernement Zapatero sur les dossiers de l'immigration et du Sahara encourage cette thèse. Juan Carlos Martin Fragueiro, secrétaire général à la Pêche, s’est déplacé cette semaine au Maroc. La raison officielle de cette visite est d'aider le royaume à "évaluer ses ressources halieutiques par échange de procédés et de navires scientifiques". Une initiative qui devrait, logiquement, conduire à un accord sur l'exploitation. Les professionnels ne s’y sont pas trompés, eux qui parlent déjà d'un positionnement sur la filière côtière et sur le semi pélagique. Des bateaux espagnols opèrent déjà sur cette branche via des sociétés mixtes. Tant mieux pour les pêcheurs espagnols et le Sahara marocain.


Kick-boxing. Un champion marocain assassiné en Hollande

Ancien champion du monde de kick-boxing, Noureddine Bensaleh, un Néerlandais d’origine marocaine, a été abattu lundi à Amsterdam. Blessé par balles lors d’une fusillade, il a succombé à ses blessures lors de son arrivée à l’hôpital. Si la police néerlandaise ne privilégie aucune piste, des sources proches de l’enquête avancent l’hypothèse d’un règlement de comptes. Celui que les aficionados avaient baptisé "Fighting Noureddine" avait été sacré champion du monde de kick-boxing en 1994. L’année d’avant, il représentait encore le Maroc au championnat du monde de cette discipline et s’était adjugé la médaille d’or de sa catégorie. Il s’était par la suite reconverti à la boxe anglaise, sport dans lequel il décrocha plusieurs titres.


Islamistes. Fizazi tire sur Raïssouni

Non, Ahmed Raïssouni ne sera pas l’interlocuteur des imams (les Fizazi, Abou Hafs, Kettani) en détention pour avoir trempé, d’après les autorités marocaines, de près ou de loin dans les attentats du 16 mai 2003. C’est du moins ce que dit Mohamed Fizazi, dans une lettre publiée cette semaine par notre confrère Al-Ayyam. "En nous défendant, tu nous causes du tort et tu touches à notre dignité", a notamment dit l’imam originaire de Tanger en parlant de Raïssouni. Rappelons que Fizazi et les autres avaient exigé des parlementaires venus leur rendre visite en prison, l’été dernier, d’avoir des interlocuteurs pour plaider leur cause dans le monde extérieur.


Racisme. La Corse casse du Marocain

Un drapeau marocain brûlé en mai 2004, au sud de Bastia (Corse). Un pompiste marocain assassiné et un agent du consulat du Maroc agressé à Bastia, la semaine dernière. La Corse, décidément, n’aime pas trop le Maroc. En 2003, pas moins de 56 actions violentes visant des Maghrébins ont été répertoriées contre 14 en 2000. Bref, une recrudescence de violence raciste sur l’île de Beauté où les thèses des nationalistes sur la "corsisation" des emplois semblent inspirer des individus aux méthodes plus qu’expéditives. Pour rappel, avec 26.018 immigrés sur une population totale de 260.149 habitants, la Corse a le taux d’immigrés le plus élevé de France. Un immigré sur 5 y a adopté la nationalité française. Les Marocains représentent 42% de cette population immigrée. Quant à la mixité sociale, elle n’existe tout simplement pas, puisque seul un Marocain sur 10 a pour conjoint une personne non immigrée.


Insolite. Prix Nobel de mythomanie

Depuis plusieurs mois, un certain Mohammed Ouhane, médecin originaire de Casablanca, raconte partout que "l’empreinte génétique numérique", procédé qu’il aurait inventé, fait de lui un candidat sérieux au prix Nobel de médecine ! Sur cette base et sans vérification, les quotidiens Assabah, Le Matin du Sahara et Aujourd’hui Le Maroc lui ont consacré de longs articles et interviews. Enhardi, M. Ouhane a même demandé audience à Driss Jettou et au roi (!), pour qu’ils appuient sa candidature au Nobel ! Le ministre de la Santé, Mohammed Cheikh Biadillah, seul officiel à l’avoir reçu, l'a gentiment éconduit. Et pour cause : Ouhane est totalement inconnu de la communauté scientifique, n’a publié aucun travail de recherche - ni aux États-Unis, où il prétend exercer, ni au Maroc, ni nulle part ailleurs. À Casablanca, il est surtout connu pour être le délégué du très confidentiel "parti de l’Environnement et du développement" (PED), sous les couleurs duquel il s’était présenté (et avait perdu) aux législatives de 2002. Apparemment, ça peut rendre fou.


Triste. Un immeuble pour remplacer la Casa de Espana

Moins de 5 mois après la réouverture de la Casa de Espana, entièrement rénovée après les attentats du 16 mai, ce club privé vient de fermer définitivement ses portes. Officiellement, la Cour d’appel de Casablanca a imposé cette fermeture suite au non paiement des loyers les quatre dernières années. Pourtant, selon le président de l’association de la Casa de Espana, les propriétaires du local comptent tout simplement le démolir pour y bâtir un immeuble et un parking souterrain. Et la mémoire des 27 victimes tombées dans la Casa de Espana ? Réponse du président de l’association des victimes des attentats du 16 mai : "Personne n’a le droit d’effacer le souvenir des morts". Sans stèle, ni plaque commémorative, et avec un immeuble à la place de la Casa, ce sera difficile.


Projet. Ben Harper attendu à Casablanca

Le festival de Casablanca, c’est donc du sérieux. Si l’on en croit quelques bruits persistants, la programmation se précise et des noms d’artistes - pas des moindres - sont pressentis. En effet, on entend déjà parler de Ben Harper, BB King, Sean Paul et Jimmy Cliff. Tous ces artistes auraient déjà été approchés, même si rien n’est encore officiellement confirmé pour le moment. Reste le cas de l’excellent groupe de rap marseillais IAM qui aurait, lui, déjà donné son accord de principe. Quant aux dates retenues pour le festival, le mois d’avril semble faire l’unanimité. Information plus sûre, Neïla Tazi, directrice d’A3 Communication, a rejoint le comité d’organisation, présidé par Meriem Bensaleh, PDG de Oulmès.


Automobile. Bennani, le Senna marocain

Il a vingt ans et risque d’entrer dans l’histoire comme le premier Marocain et même le premier Arabe dans le monde très fermé de la Formule 1. Mehdi Bennani, c’est de lui qu’il s’agit, intéresse, en effet, Eddie Jordan, le patron de l’écurie éponyme, qui songe à lui comme pilote titulaire pour la saison 2005. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, l’écurie Minardi est également sur les rangs. À lire le palmarès de Mehdi Bennani, rien de vraiment étonnant. Cet inconditionnel d’Ayrton Senna a déjà occupé plusieurs fois la pôle position lors du très couru championnat BMW Asie et a toujours été présent sur le podium. Bonne route au champion.


3 questions à Lahcen Daoudi (Dirigeant du PJD)

On vous prête des contacts avec la Primature, dans la perspective d’un nouveau remaniement ministériel. Qu’en est-il ? Etes-vous prêts dans l’absolu à entrer au gouvernement ?
Il n’en est rien. Les contacts que l’on nous prête sont de la spéculation gratuite. Le PJD est un parti serein, qui répond à des propositions sereines. Et il n’en a pas reçu, justement. Et puis, le PJD ne croit pas à un remaniement. On ne défait pas un gouvernement à la veille de l’adoption d’une loi de finances, politiquement c’est du non sens.

Comment expliquer la lune de miel que vous semblez vivre avec votre ennemi d’hier, l’USFP ?
Ce n’est pas une lune de miel. Rappelez-vous que l’USFP, comme d’autres partis, était allé vite en besogne au lendemain des attentats du 16 mai 2003. Aujourd’hui, le climat politique général s’est apaisé, et c’est tant mieux. Avec l’USFP, nous entretenons de simples rapports de courtoisie, ni plus ni moins. Il n’y a eu ni rencontre politique, ni réunion autour d’une même table.

Que ferait le PJD si la très attendue loi sur les partis en venait à supprimer le référentiel islamique ?
Et que ferait-on si le ciel nous tombait sur la tête ? La question est absurde. Le PJD n’est pas un parti islamique, mais politique. Nous ne faisons pas de la Da’âwa, mais des propositions économiques et sociales. C’est un projet que nous défendons pour ce pays, qui est musulman. L’espace religieux appartient à la communauté entière et il n’est du ressort de personne en particulier. Quant au référentiel… Vous savez, l’Europe a ses "démocraties chrétiennes", et Bush se prend, à ses heures, pour le "messie", alors...



Billet : La faute à Boutef (par Driss ksikes)

Vous en avez gros sur le cœur ? Allez-y, pensez à tout ce que vous reprochez à Boutef. Sa marocanité oubliée ? C’est vieux. Et puis, il ne faut pas trop demander à un président algérien. Son armement tous azimuts ? Normal, c’est soit l’UMA soit l’OTAN. Et Boutef veut monnayer un rôle de leader avec des puissances qui ne parlent que le langage armé. À quoi pensez-vous encore ? À sa production pétrolière qu’il compte augmenter de 1,2 à 2 millions de dollars par jour ? Mettez-vous à sa place. L’Irak tarde à submerger le marché, autant avancer tous ses pions en attendant. Qu’est-ce qui vous dérange encore ? Sa main tendue vers l’Afrique du Sud, pour acheter ses armes de camelote ? C’est une vieille complicité de socialistes. Vous y voyez un coup monté qui a précipité la reconnaissance de la RASD ? C’est de bonne guerre. Et puis, pourquoi s’en prendre à Boutef et pas à Benaïssa ? N’est-ce pas notre chef de la diplomatie qui a induit les hommes de Thabo Mbeki en erreur ? Mais bon, l’autocritique n’étant pas notre fort, vous préférez vous en prendre à Boutef. Il ne paie pas de mine en plus. Alors, allez-y, quels sont vos derniers griefs ? Son pacte secret avec la Turquie, à laquelle il est également allé acheter du ravitaillement militaire ? S’il fait une fixation sur les armes, il ne faut pas trop attirer son attention. Vous savez, il peut être rapide à la gâchette. Et puis, il ne suffit pas d’un marché d’armes pour qu’Ankara reconnaisse la RASD à son tour. Il faudrait vraiment une autre bourde de Benaïssa pour qu’ils passent à l’acte. C’est bon ? Vous en voulez encore à Boutef ? Pour son discours à l’ONU, vous dites ? Vous n’aimez pas qu’il traite le Maroc de colonisateur ? Écoutez, il ne faut pas lui en vouloir, il est parfois jaloux. Et puis heureusement qu’il existe, Boutef. C’est beaucoup mieux qu’un punching ball.



Humeur : Ordinateurs coupables (par Karim Boukhari)

Comme les hommes, certains ordinateurs sont nés pour être idiots. Ils avalent tout ce qu’on leur présente, ignorent les mises à jour, boguent comme des mules, et n’évacuent pas toujours leur corbeille. Du travail bête et (parfois) méchant. Les ordinateurs de la police des frontières appartiennent indiscutablement à cette catégorie. Et l’histoire racontée cette semaine par notre confrère Al-Bidaoui l’illustre parfaitement. Selon le journal casablancais, l’ancien patron de l’ONA et gendre de Hassan II, Fouad Filali, a été longuement retardé au passage des frontières marocaines à cause d’un bogue informatique. L’ordinateur affichait Fouad Filali Belghmi, alors que le passeport marquait Fouad Filali tout court. Mettez-vous à la place du pauvre policier en face de l’écran magique : qui croire, le passeport ou l’ordinateur ? Pour ajouter à la confusion, le méchant ordinateur a oublié de rayer la mention "passeport diplomatique", qui n’est plus attribuée à Filali depuis qu’il a quitté, d’un seul coup, et l’ONA et la famille royale. Cela complique la tâche du policier, obligé de croire son ordinateur. Et de prendre Filali pour Belghmi (ce qui n’est pas faux, soit dit au passage), diplomate ou conseiller royal… Le même ordinateur est encore capable de se surpasser, de vous étonner. En oubliant par exemple, comme cela a été rappelé fort judicieusement par Al-Bidaoui, que les anciens détenus politiques sont des gens libres aujourd’hui, parfois même de hauts cadres de l’État. Rien à faire, Driss Benzekri est toujours un comploteur, Serfaty est un dangereux Brésilien, la moitié des quinqua qui dirigent le secteur privé sont des communistes, etc. Ne vous étonnez pas si, demain, un gentil moustachu vous retarde, scrute votre visage, tourne et retourne votre passeport, avant de vous accorder le droit de passer les frontières.



Vite !

La capitale du Souss ne parle que de cela. Selon des sources dignes de foi, le dossier du conservateur du palais d'Agadir, Hilali, actuellement en détention, sera transféré à la Cour d'appel d'Agadir appelée bientôt à y statuer. Rappelons que le conservateur est accusé de dilapidation du budget de la demeure royale. Il n’est pas le seul, puisque neuf de ses fournisseurs sont dans le même "panier".

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Le week-end dernier a battu de nouveaux records en matière d’émigration clandestine. Pas moins de 300 candidats (130 Marocains et 170 "Africains") ont ainsi été arrêtés d’un seul coup, entre le 17 et le 19 septembre. Combien, à côté, ont réussi à prendre le large via le Détroit de Gibraltar ou Las Palmas ?

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"Attajdid" est devenu, depuis août 2004, un "tri-hebdomadaire". Selon un responsable du journal, "cette situation est due à des problèmes de sous-effectif, liés aux congés. Plutôt que de suspendre la publication, on a choisi d’en diminuer le rythme de parution". Le support devra reprendre son rythme quotidien, en octobre prochain.

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Des personnalités de Marrakech, marocaines et étrangères (dont le célèbre Yves Saint-Laurent) ont lancé une pétition pour la sauvegarde du marché de Guéliz, menacé de démolition par la municipalité, vu sa vétusté. Le marché, s’il n’a pas de valeur architecturale, n’en représente pas moins une valeur affective pour les Marrakchis. Vite, que l’on se dépêche !

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Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, est un grand fan de Hicham el Guerrouj. C’est sur sa demande que le champion marocain sera présent sur le plateau de l’émission Vivement dimanche, animée par le célèbre Michel Drucker. À guetter.

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Mohamed Aujjar, ancien ministre des Droits de l’homme, s’apprête à lancer un quotidien arabophone. Le deuxième sorti du giron du RNI, son parti, après An-Nahar. Comme ce dernier, le journal d’Aujjar se veut "indépendant du RNI". Dans les faits, pourtant, il reflètera une tendance, une de plus, au sein du parti cher à Ahmed Osman. Un Osman, d’ailleurs, qui caresse le rêve de lancer à son tour un journal pour combler le vide laissé par la disparition de Attajamouû, le défunt quotidien officiel du RNI.

 
 
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