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N° 143
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Investissement étranger. Le Maroc se positionne bien

Un nouveau rapport de la commission des Nations unies pour le développement laisse présager des perspectives alléchantes pour le Maroc.


Selon le dernier rapport de l'investissement dans le monde, préparé par la Cnuced, le Maroc a amélioré sa position en terme d'investissement étranger. Globalement, en Afrique, les investissements étrangers directs ont progressé de 28 % et atteint 15 milliards de dollars en 2003. Ces entrées ont progressé dans 36 pays et diminué dans 17. Les premiers ont profité de la reprise enregistrée au niveau des ressources naturelles et du redémarrage des fusions au niveau international. Selon le rapport, le Maroc a été le principal bénéficiaire de cette reprise grâce à son processus de privatisation. Cette tendance devrait en principe se poursuivre. La tendance mondiale des flux de capitaux, dénote une domination des services. Dans les pays développés, ce secteur représente 72 % du PIB et 52 % dans les pays en développement. Les services n'étant pas exportables, les investisseurs sont obligés de s'implanter dans les marchés qui les intéressent. Le processus d'ouverture via les politiques de libéralisation entamées par les pays en développement, et notamment le Maroc, les positionne comme destination d'accueil. Ainsi, pour le Maroc, l'enjeu est d'attirer les majors du secteur pour participer dans la libéralisation de certains secteurs. Le plus en vue actuellement est celui des télécommunications, mais aussi la gestion portuaire et l'électricité. Le pays envisage d'ailleurs de mettre Maroc Telecom dans le panier boursier en novembre. L'année 2005 sera celle de l'électricité et du transport maritime, voire même ferroviaire, en attendant l'adjudication de la concession du port de Tanger Med et la libéralisation des autres ports, surtout celui de Casablanca. Mais il n'y a pas que des côtés positifs. Le rapport de la Cnuced souligne que si l'apport financier des entrants est d'origine locale, il y a risque de hausse des taux d'intérêt. De même, les investissements dans les services, s'ils améliorent la concurrence et donc le produit, ont également un impact négatif sur la balance des paiements. Une grande partie des IED du secteur se fait dans des activités qui alimentent le marché local, et qui n'auront pas d'apport en devise. En revanche, le rapatriement des bénéfices vers la maison mère ou vers le pays d'origine se fait, lui, en devises.


Agroalimentaire. Il faut tracer les sardines

Le premier janvier 2005, les nouvelles normes européennes en matière d'importation de produits agro-alimentaires entreront en vigueur. La traçabilité des produits devient de facto une obligation. L'agroalimentaire représente 13 milliards de dirhams, dont 49 % en produits de la mer. Les enjeux de la conformité sont énormes. C'est la raison pour laquelle l'Office national des pêches organise le 28 septembre un symposium sur la traçabilité. Celui-ci annoncera un plan d'action muni d'un échéancier de mise en œuvre par filière. Un comité technique veillera sur son application. Ce comité, institué par la Primature, doit mettre à jour le dispositif réglementaire, concevoir des outils pour les opérateurs, définir la démarche pour l'obtention de l'accréditation auprès de l'UE et assurer une veille en matière de sécurité alimentaire. Tout cela, bien entendu, avant le 1er janvier 2005.



Khalid Tritki
Les inconnus de l'administration

Il y a une inconnue dans l'administration. Vous comme moi n'entendons pas souvent parler du "domaine". Le mot nous dit quelque chose, mais nous ignorons, par exemple, que le domaine gère, entre autres, tout le matériel réformé de l'État. Si une administration décide de changer son parc informatique, le domaine récupère, du moins en théorie, l'ancien équipement. Où va cet équipement ? Tout le monde l'ignore. La gouvernance moderne repose sur la communication. Les tenants et les aboutissants de
toute opération publique doivent être connus de tous. Non pas parce qu'un journaliste a posé la question, mais parce que l'administration, le domaine notamment, aura pris la résolution d'informer le contribuable, donc le bailleur de fonds par excellence, sur le devenir des équipements qu'il a financé. Ces derniers servent-ils à équiper des associations d'utilité publique, des écoles rurales ou des Mouqataât périphériques ? Poser la question n'implique pas l'existence d'un préjugé. Mais l'ignorance résulte de l'opacité. L'opacité favorise la suspicion et cette dernière installe la rupture entre le citoyen et son gouvernement. J'ai pensé aux domaines, car les locaux de mon arrondissement me renvoient ma réalité de sous-développé. Demain, un autre tableau me rappellera l'existence d'une autre inconnue… !


Assurances. Enfin les décrets d'application !

Après deux ans d'attente, le secteur de l'assurance et de la bancassurance se réjouit d'apprendre que les décrets d'application sortiront en octobre. Depuis sa promulgation, le nouveau code des assurances a un contenu assez large et souvent vague. Ce qui explique que nombre de textes font référence à des décrets d'application à venir. Ces derniers se proposent de régir des aspects assez pointus et dont la teneur fait l'objet de frictions entre les différents intervenants sur le marché, notamment courtiers, agents généraux, compagnies et banques. De même que le redéploiement sur le marché par une couverture de proximité est retardé à cause de l'absence de décret. Aucun agent ne peut ouvrir son officine sans l'obtention d'un agrément. Or, le détail de cette agrémentation doit figurer dans les textes réglementaires à venir.


Import/export. Aggravation du déficit commercial

Selon CGEM info, au terme des sept premiers de l'année 2004, les résultats des échanges extérieurs dénotent une hausse des importations de 14,5 % contre 4 % pour les exportations. Le déficit commercial s'est aggravé de 31,7 % et le taux de couverture a perdu 5,7 points. La progression des exportations a concerné les demi-produits, les produits bruts, les produits énergétiques et les biens d'équipement. Les produits alimentaires accusent une baisse importante. L'acide phosphorique tire les demi-produits vers le haut avec un bond de 55,9 %. Côté produits finis de consommation, l'amélioration des ventes des vêtements confectionnés et des tissus de coton a maintenu cette branche au même niveau que l'année précédente. Concernant les produits alimentaires, la hausse touche la conserve de légumes alors que tomates, mollusques et coquillages accusent des baisses assez prononcées.



Les off

Sécurité. Les Chinois ont le marché du port
L'ODEP négocie un contrat de 190 millions de dirhams avec la société chinoise ZPNC. Cette dernière a eu le marché de l'équipement et la maintenance du matériel de sécurité portuaire. Cette opération s'inscrit dans l'adoption par le Maroc des normes ISPS, un dispositif américain décrété suite aux attentats du 11 septembre. La société chinoise a été retenue, car son offre était moins chère de presque 40 millions de dirhams que celle des Allemands et des Américains en lice.

Pêche. Pas de taxe de licence
L'ancien ministre de la Pêche avait permis à la filière des céphalopodes de sortir en mer sans s'acquitter des droits de licence. En rentrant de la marée, 2 sociétés seulement ont payé cette taxe de 100.000 DH par bateau. Un écrit du ministère de tutelle a prévenu les sociétés qu'aucune sortie en mer ne sera autorisée sans paiement de la redevance. Question : si le repos biologique est prolongé, la taxe sera-t-elle réglée ?

OFPPT. L'IGF s'attaque aux marchés
Une mission de l'Inspection générale des finances (IGF) est actuellement à l'Office de la formation et de la promotion du travail, concernant les marchés accordés par l'office, notamment pour la construction et l'équipement des centres de formation. Un nouvel épisode, après celui des contrats spéciaux de formation. Affaire à suivre.


Sonasid tire la bourse vers le bas

Les réactions du marché aux annonces au sujet des sociétés cotées se font sentir. Les craintes résultant de l'entrée en vigueur en 2005 de l'ALE avec l'Égypte pèsent de tout leur poids sur la valeur de la Sonasid, qui a perdu presque 100 DH depuis vendredi dernier. Elle a clôturé la séance de jeudi à 780 DH. Un mouvement de vente des porteurs a marqué la cote. Cette baisse a impacté les autres valeurs. La SNI, holding qui détient des participations dans le capital de la Sonasid, n'a pu éviter la dépréciation. Elle a clôturé jeudi à 982 DH au lieu de 1005 DH en début de semaine. Les bancaires ne dérogent pas à la règle, excepté la BMCE qui, ayant annoncé des résultats en hausse, profite de l'aubaine en attendant les résultats des concurrents. La BCP continue sa baisse (732 DH).

 
 
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