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N° 143
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Laetitia Grotti

USA/ONU. Passe d’armes à l’ONU

(Photo AFP)
Entre la guerre en Irak et la lutte contre la pauvreté, deux visions du monde se sont opposées à l’ONU. Retour sur une incompréhension qui s’installe.


Lorsque George W. Bush s’adresse à l’assemblée générale de l’ONU, lors de l’ouverture de la 59ème session, ce sont deux mondes qui s’observent poliment, mais ne se comprennent pas. Plus que par le passé, la tonalité de son discours se voulait rassurante, en réaffirmant notamment l’attachement des États-Unis aux principes fondateurs de l’organisation. Mais la
vision "bushienne" du monde semble en total décalage avec la perception de la plupart des diplomates qui l’ont patiemment écouté. C’est peu dire en effet que ces derniers se retrouvent plutôt dans la mise au point effectuée la veille par Kofi Annan. Pour le secrétaire général de l’ONU, la guerre en Irak, "n’est pas en conformité avec la Charte des Nations unies", elle est même, de ce point de vue "illégale". "Je suis l’un de ceux qui croient qu’il aurait dû y avoir une deuxième résolution du Conseil de sécurité pour donner le feu vert à l’invasion des États-Unis, qui a renversé le régime de Saddam Hussein", a-t-il ajouté. Avant de signifier de manière très claire à Washington et à ses alliés que son organisation - qui a été très durement touchée par plusieurs attentats en Irak, dont l’un a coûté la vie à son envoyé spécial Sergio Vieira de Mello - n’est pas disponible pour organiser des élections dans les conditions d’insécurité qui règnent actuellement dans le pays.
Si les rapports sont aujourd’hui dépassionnés, l’hostilité a fait place à une profonde incompréhension. Matérialisée par un autre sujet de discorde : celui des moyens à mettre en œuvre pour lutter contre l’extrême pauvreté. Thème majeur de cette 59ème session de l’ONU - avec la réforme de l’organisation - la lutte contre la pauvreté est inscrite depuis 2000 et le Sommet du Millénaire comme un des principaux objectifs de la communauté internationale. Mais pour espérer la réduire de moitié d’ici 2015 (comme prévu), il manque au bas mot… 50 milliards de dollars. Or, à défaut de doubler l’aide publique au développement - ce qui, pour nombre de chefs d’État est impensable en période de contraintes budgétaires -, un groupe de "pionniers", représenté par Jacques Chirac (France), Luiz Inacio Lula Da Silva (Brésil), Ricardo Lagos (Chili) et José Luis Zapatero (Espagne) a proposé, avec la bénédiction de Kofi Annan, la création d’une taxe mondiale. Entre la taxation sur les ventes d’armes, les transactions financières, les émissions de dioxyde de carbone, les opérations de change ou encore l’émission de droits de tirage spéciaux du FMI comme dans les années 60, les idées ne manquent pas. Même si elles ont d’emblée été jugées "impossibles dans leur application" et "anti-démocratiques" par la secrétaire à l’Agriculture américaine, Ann Veneman. Mais les États-Unis pourront-ils indéfiniment refuser le fait majoritaire, 110 pays ayant déjà signé la déclaration finale du sommet Chirac-Lula ?
Reste qu’au moment où l’administration Bush critique sévèrement l’ONU et la France pour leurs positions sur l’Irak, cette manifestation d’unité de Chirac, principal opposant à la guerre, et de dirigeants de gauche comme Lula et Zapatero apparaît aussi comme la volonté de proposer une approche différente pour régler les menaces dans le monde.


Par Ariane Mélazzini

USA. L’industrie du tabac devant les juges

Le procès historique contre les industriels du tabac accusés par le gouvernement américain de tromper délibérément le public depuis un demi-siècle sur les dangers de la cigarette s’est ouvert mardi à Washington. Les groupes visés sont Altria Group, Lorillard Tobacco, Liggett Group, Reynolds Tobacco et British American Tobacco Investments. Le ministre de la Justice, John Ashcroft, ne leur demande pas moins que de renoncer à 280 milliards de dollars de bénéfices passés. Une centaine de témoins sont appelés à comparaître dans ce procès qui devrait s’étaler sur 6 mois. Le premier n’est autre que David Kessler, ancien officiel de la Food and Drug Administration, l’autorité de santé américaine, auteur d’une enquête démontrant les manipulations des doses de nicotine dans les cigarettes, pour en augmenter la consommation. Les industriels s’en défendent par les dernières campagnes de messages d’avertissement inscrits sur les paquets en vente, ainsi que par la signature d’un accord en 1998 les obligeant à restreindre sévèrement leurs ventes. Ils avaient alors accepté de verser 206 milliards de dollars sur 25 ans pour couvrir les frais de soin aux anciens fumeurs engagés dans 45 États. Rappelons que d’après de nombreux rapports internationaux, le tabagisme aurait tué 62 millions de personnes depuis la Seconde Guerre Mondiale et en tuera 100 millions dans les vingt prochaines années.


OTAN-Irak. Un centre de formation pour les officiers irakiens

Le conseil de l’Alliance atlantique a fini par se décider à intervenir en Irak, et ce malgré les pressions de Paris, souhaitant des "clarifications". Un centre de formation des officiers irakiens, sorte d’"académie militaire", sera donc implanté dans la banlieue de Bagdad sous la tutelle de l’OTAN. Les 300 instructeurs missionnés se contenteront d’entraîner les forces de sécurité irakiennes, de les équiper et de leur fournir une assistance technique. Toute action de "combat" est à exclure, met en garde un expert de l’Alliance, comme il prévient : "Notre mission dépendra du succès ou de l’échec des Américains".


Union européenne. Khadafi chouchouté par Berlusconi

C’est un grand pas pour Mouammar Khadafi et pour l’Italie. L’Union européenne a voté ce mercredi la fin de l’embargo imposé au dirigeant lybien sur les armes, consacrant ainsi le retour de Tripoli sur la scène internationale. La raison : permettre à la Lybie de lutter efficacement contre l’immigration clandestine. La demande pressante venait du président italien, Silvio Berlusconi, soucieux de préserver ses côtes de l’afflux massif des candidats lybiens au départ vers l’Europe. Cependant, les États membres sont fortement invités à respecter le code de conduite de l’UE sur les exportations d’armes.

 
 
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