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Par Laetitia Grotti
USA/ONU. Passe darmes à lONU
Entre la guerre en Irak et la lutte contre la pauvreté, deux visions du monde se sont opposées à lONU. Retour sur une incompréhension qui sinstalle.
Lorsque George W. Bush sadresse à lassemblée générale de lONU, lors de louverture de la 59ème session, ce sont deux mondes qui sobservent poliment, mais ne se comprennent pas. Plus que par le passé, la tonalité de son discours se voulait rassurante, en réaffirmant notamment lattachement des États-Unis aux principes fondateurs de lorganisation. Mais la |
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vision "bushienne" du monde semble en total décalage avec la perception de la plupart des diplomates qui lont patiemment écouté. Cest peu dire en effet que ces derniers se retrouvent plutôt dans la mise au point effectuée la veille par Kofi Annan. Pour le secrétaire général de lONU, la guerre en Irak, "nest pas en conformité avec la Charte des Nations unies", elle est même, de ce point de vue "illégale". "Je suis lun de ceux qui croient quil aurait dû y avoir une deuxième résolution du Conseil de sécurité pour donner le feu vert à linvasion des États-Unis, qui a renversé le régime de Saddam Hussein", a-t-il ajouté. Avant de signifier de manière très claire à Washington et à ses alliés que son organisation - qui a été très durement touchée par plusieurs attentats en Irak, dont lun a coûté la vie à son envoyé spécial Sergio Vieira de Mello - nest pas disponible pour organiser des élections dans les conditions dinsécurité qui règnent actuellement dans le pays.
Si les rapports sont aujourdhui dépassionnés, lhostilité a fait place à une profonde incompréhension. Matérialisée par un autre sujet de discorde : celui des moyens à mettre en uvre pour lutter contre lextrême pauvreté. Thème majeur de cette 59ème session de lONU - avec la réforme de lorganisation - la lutte contre la pauvreté est inscrite depuis 2000 et le Sommet du Millénaire comme un des principaux objectifs de la communauté internationale. Mais pour espérer la réduire de moitié dici 2015 (comme prévu), il manque au bas mot
50 milliards de dollars. Or, à défaut de doubler laide publique au développement - ce qui, pour nombre de chefs dÉtat est impensable en période de contraintes budgétaires -, un groupe de "pionniers", représenté par Jacques Chirac (France), Luiz Inacio Lula Da Silva (Brésil), Ricardo Lagos (Chili) et José Luis Zapatero (Espagne) a proposé, avec la bénédiction de Kofi Annan, la création dune taxe mondiale. Entre la taxation sur les ventes darmes, les transactions financières, les émissions de dioxyde de carbone, les opérations de change ou encore lémission de droits de tirage spéciaux du FMI comme dans les années 60, les idées ne manquent pas. Même si elles ont demblée été jugées "impossibles dans leur application" et "anti-démocratiques" par la secrétaire à lAgriculture américaine, Ann Veneman. Mais les États-Unis pourront-ils indéfiniment refuser le fait majoritaire, 110 pays ayant déjà signé la déclaration finale du sommet Chirac-Lula ?
Reste quau moment où ladministration Bush critique sévèrement lONU et la France pour leurs positions sur lIrak, cette manifestation dunité de Chirac, principal opposant à la guerre, et de dirigeants de gauche comme Lula et Zapatero apparaît aussi comme la volonté de proposer une approche différente pour régler les menaces dans le monde. |
USA. Lindustrie du tabac devant les juges
Le procès historique contre les industriels du tabac accusés par le gouvernement américain de tromper délibérément le public depuis un demi-siècle sur les dangers de la cigarette sest ouvert mardi à Washington. Les groupes visés sont Altria Group, Lorillard Tobacco, Liggett Group, Reynolds Tobacco et British American Tobacco Investments. Le ministre de la Justice, John Ashcroft, ne leur demande pas moins que de renoncer à 280 milliards de dollars de bénéfices passés. Une centaine de témoins sont appelés à comparaître dans ce procès qui devrait sétaler sur 6 mois. Le premier nest autre que David Kessler, ancien officiel de la Food and Drug Administration, lautorité de santé américaine, auteur dune enquête démontrant les manipulations des doses de nicotine dans les cigarettes, pour en augmenter la consommation. Les industriels sen défendent par les dernières campagnes de messages davertissement inscrits sur les paquets en vente, ainsi que par la signature dun accord en 1998 les obligeant à restreindre sévèrement leurs ventes. Ils avaient alors accepté de verser 206 milliards de dollars sur 25 ans pour couvrir les frais de soin aux anciens fumeurs engagés dans 45 États. Rappelons que daprès de nombreux rapports internationaux, le tabagisme aurait tué 62 millions de personnes depuis la Seconde Guerre Mondiale et en tuera 100 millions dans les vingt prochaines années. |
OTAN-Irak. Un centre de formation pour les officiers irakiens
Le conseil de lAlliance atlantique a fini par se décider à intervenir en Irak, et ce malgré les pressions de Paris, souhaitant des "clarifications". Un centre de formation des officiers irakiens, sorte d"académie militaire", sera donc implanté dans la banlieue de Bagdad sous la tutelle de lOTAN. Les 300 instructeurs missionnés se contenteront dentraîner les forces de sécurité irakiennes, de les équiper et de leur fournir une assistance technique. Toute action de "combat" est à exclure, met en garde un expert de lAlliance, comme il prévient : "Notre mission dépendra du succès ou de léchec des Américains". |
Union européenne. Khadafi chouchouté par Berlusconi
Cest un grand pas pour Mouammar Khadafi et pour lItalie. LUnion européenne a voté ce mercredi la fin de lembargo imposé au dirigeant lybien sur les armes, consacrant ainsi le retour de Tripoli sur la scène internationale. La raison : permettre à la Lybie de lutter efficacement contre limmigration clandestine. La demande pressante venait du président italien, Silvio Berlusconi, soucieux de préserver ses côtes de lafflux massif des candidats lybiens au départ vers lEurope. Cependant, les États membres sont fortement invités à respecter le code de conduite de lUE sur les exportations darmes. |
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