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Économie
Maroc/Algérie. Je t'aime, moi non plus
Portrait. Le fou du roi
N° 144
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

BMCE Bank. Noces américaines pour Othman Benjelloun

Othman Benjelloun (DR)
Othman Benjelloun, président de la BMCE Bank, a réussi un coup de force. Morgan Stanley Investment Management, un fonds de placement de la banque américaine Morgan Stanley, vient d’acquérir sur le marché boursier 3 % du capital de la banque marocaine. La transaction boursière est en soi une petite affaire, vu la taille de l’acquéreur qui gère 389 milliards de dollars d’actifs. La prise de participation étant également limitée, l’intervention de l’autorité monétaire n’a pas été nécessaire. Il n’en demeure pas moins que cette opération place la banque de Othman Benjelloun dans une autre dimension. D’abord, il faut noter que David Walker, président
de Morgan Stanley, était au Maroc en début d’été. Il a été reçu par Driss Jettou. Des sources bien informées révèlent que l’Américain avait clairement formulé son ambition de se positionner sur l’échiquier marocain. À ce moment là, personne ne savait que son choix était déjà fait. Une rencontre avait, en effet, déjà eu lieu avec Othman Benjelloun, durant laquelle les deux hommes avaient creusé l’option d’une prise de participation. Et ce n’est peut-être pas fini, puisque le banquier pourrait sortir d’autres surprises de sa poche. Selon l’un de ses proches collaborateurs, de nouvelles opérations devraient aboutir, car la banque est déterminée à élargir son actionnariat, en invitant des ténors de la finance mondiale. L’objectif final étant visiblement de se mettre à l’abri de toute tentative de déstabilisation locale… Ceux qui pronostiquaient la fin de Othman Benjalloun devront attendre.


Maroc/Espagne. La carte Mandari

Le Parti Popular (PP) de Jose Maria Aznar a demandé officiellement la déclassification des archives confidentielles de la Guardia civil, qui pourraient lever des zones d’ombre sur les circonstances de l’assassinat de Hicham Mandari. La démarche a très peu de chances d’aboutir, elle obéit surtout au désir d’Aznar de titiller le gouvernement Zapatero. Un rendez-vous calculé, auquel les amis d’Aznar ont invité une délégation de l’Istiqlal (une convention d’échanges lie depuis un an le PP à l’Istiqlal), conduite par Larbi Messari et Nizar Baraka, mais aussi, et c’est une surprise, l’ambassadeur du royaume en Espagne, Abdeslam Baraka, que l’on dit pourtant sur le départ.


Vache folle. Le Maroc à l’abri, mais…

Tout est parti du quotidien The Times, selon lequel le Maroc aurait reçu 100 flacons de sang d’Angleterre, susceptibles d’être contaminés par le virus de la vache folle. Le ministère de la Santé s’est empressé de démentir, mais sans plus de précision. En fait, le 28 septembre, l’ambassade britannique a enfin réagi via un communiqué : un laboratoire pharmaceutique anglais, le BLP (bioproduct laboratory), a effectivement exporté 2 flacons de Vigam, une variante d’immunoglobulines, vers le Maroc, en 1999, mais on ignore le nom du destinataire. Y a-t-il risque de contamination ? La réponse, d’après des sources autorisées, serait formellement non.


Sahara. Nezzar contre un Sahara indépendant

L'ancien ministre de la Défense algérien, Khalid Nezzar n’est "ni pour l’indépendance du Sahara, ni pour son intégration au Maroc". Interviewé par RFI, il invite "les sages de la région à trouver la formule d’autonomie". Quid des frontières entre les deux pays ? Là, Nezzar en veut au Maroc qui "nous instaure un visa pour le supprimer sans avertir les Algériens. La confiance en prend un coup. Or, il faut la restaurer pour régler nos différends". Et que font les autres militaires en attendant pour rétablir la confiance ? Ils s’arment. Après les 50 chasseurs Mig-29 achetés de Russie en avril dernier, 80 autres viennent d’être commandés, rapporte la station Médi 1, selon le Jeune indépendant.


Éducation. Les programmes à la loupe

À la rentrée 2005, tous les programmes et manuels de l’ensemble des matières enseignées au sein de l’école publique marocaine devront être revus de fond en comble. Et qui s’en occupe ? Une commission de sages, encore une, créée par Abdelaziz Meziane Belfquih, Monsieur enseignement au Palais, et Habib El Malki, le ministre de tutelle. Sous la coordination du gestionnaire Rachid Lmrabet, y siègent des universitaires de renom (Mohamed Sabila en philo, Abdelfattah Kilito en littérature, Ahmed Khamlichi en religion, Driss Khrouz en économie, Mohamed Tozy en sciences sociales, Abdeslam Cheddadi en histoire, Jamal Eddine Baddou en physique, Amina Lemrini en sciences, etc). Après six mois consacrés à des questions de forme, chacun s’attellera dorénavant à chapeauter des groupes de travail consacrés à ses matières. Le résultat est prévu dans une année. Croisons les doigts.


PJD. Retour en grâce pour Ramid

Les 43 élus du PJD ont surpris leur monde en portant Mustapha Ramid à la présidence du groupe parlementaire du parti. Ramid, qui occupait déjà ces fonctions par le passé, avant d’être relevé dans les suites du 16 mai 2003, remplace ainsi au pied levé Abdellah Baha, auquel ses amis semblaient reprocher, d’après une source interne, "son manque de punch". Pour Ramid, il s’agit d’un retour en grâce que rien ne semblait présager, le député restant sur une lettre virulente adressée au S.G du parti, Saâd-Eddine El Othmani. La lettre, mine de rien, préparait à son retour. Au PJD, et à part Baha lui-même, seul Abdelilah Benkirane devrait être indisposé par le come-back du député de Derb Soltane-El Fida. En plus, probablement, des autorités marocaines, qui n’ont jamais porté Ramid dans leur cœur.


Affaire. Psychiatre, séducteur et kidnappeur

On ne parle plus que de ça dans la bonne bourgeoisie. Psychiatre coté à Casablanca, Mehdi Caruso a liquidé tous ses biens et fermé son cabinet, avant de kidnapper son fils de 5 ans, Ismaïl, dont la mère avait la garde. On pense qu’ils ont quitté le Maroc clandestinement, car ni le nom du père ni celui du fils n’ont été retrouvés sur les registres de la police des frontières. On y a retrouvé, en revanche, une trace du passage de M. N., compagne du Dr. Caruso - dont les parents affirment ne pas savoir où elle se trouve. Tout ce qu’ils savent, c’est que le fuyard était le médecin traitant de leur fille. Sur une éventuelle liaison, ils ne confirment rien. Mais le Dr. Caruso enfui, les langues se délient. Profitant de leur fragilité, il aurait abusé de la confiance (voire abusé tout court) de plusieurs de ses patientes. Pour un psy, c’est la plus grave des fautes professionnelles. Nadia Tahiri, la mère d’Ismaïl, a fait jouer un impressionnant réseau relationnel pour obtenir, en moins de quatre jours, l’émission d’un mandat d’arrêt international contre son ex-mari et une très large couverture médiatique de l’affaire (point d'orgue : le JT de 2M). À suivre.


Grève. Les motifs de Kettani et Fizazi

Fizazi, Kettani, Abou Hafs et autres islamistes radicaux condamnés à 30 ans de prison annoncent une grève de la faim "illimitée". Ils ne revendiquent plus uniquement leurs droits à "voir leurs épouses dans l’intimité", mais s’insurgent contre "le silence programmé à l’encontre de leur cause". Mais au-delà des communiqués, seuls leurs proches arrivent à décrire le fond de leur pensée. Ainsi, Ahmed Fizazi nous avoue que son frère Mohamed, lui, a dans un premier temps appris que "la grève de la faim est illicite en islam parce que c’est un suicide". Par contre, "il estime l’action kamikaze tout à fait légitime du moment que la personne s’attaque à un mécréant" (sic). Hamza Kettani, quant à lui, rapporte que son frère Hassan "fait grève pour que les associations des droits de l’homme daignent enfin s’intéresser au cas des salafistes injustement emprisonnés".


Presse. Tadili en reprend pour un an

Après avoir été condamné à 6 mois de prison pour diffamation, Anas Tadili, directeur du défunt Akhbar al ousboue, vient de voir sa peine doublée par la Cour d’appel. La corporation des journalistes a toujours dénoncé les peines de prison pour diffamation. Mais vu la nature de cette diffamation-là (les mœurs sexuelles d’un ministre), les confrères hésitent à se solidariser. C’est, en tout cas, un débat de déontologie pointu.


Taroudant. Les surprises d’un procès

Les nouvelles en provenance de Taroudant ne sont guère rassurantes. Le procès du tueur en série, Abdelali Hadi, n’a toujours pas été ouvert alors que l’on apprend que la police judiciaire a été surprise par la réapparition de l’une des victimes supposées mortes et enterrées : Youssef Aounil. L’enfant aurait quitté le domicile de ses parents, il y a plus de trois ans, avant d’être accueilli dans une famille à El Jadida. Le jeune Aounil a déclaré avoir fui le domicile parental pour cause de violence et mauvais traitements… Autre nouvelle surprenante : une ONG appartenant au tissu associatif de Taroudant a décidé de lancer une opération de solidarité avec les victimes, en invitant Bayti, l’Observatoire des enfants, etc. La manifestation a été tout bonnement interdite par les autorités de la ville, pour les habituelles "raisons de sécurité".


Polémique. Les Istiqlaliens entre eux

L'Istiqlal est décidément un parti surprenant. Il en a donné une nouvelle preuve, à l’occasion de la dernière réunion de son comité central où les "frères" istiqlaliens se sont livrés à une véritable bataille rangée. La guerre des mots a délivré des perles. Exemples : Abdelkrim Ghallab fustigeant le gouvernement… dont Abbes El Fassi, le SG du parti, est un éminent membre sans portefeuille. M’hamed Douiri défendant ce même gouvernement, dont son fils fait partie, et critiquant les erreurs passées de la diplomatie marocaine (sur le dossier du Sahara) sous la conduite de M’hamed Boucetta, ancien S.G du parti et adversaire de l’ombre de Abbes El Fassi. On ne s’aime décidément pas beaucoup entre les disciples de feu Allal El Fassi.


Maroc. Le rêve américain 3

C'est décidément une obsession. Pour la troisième fois en moins d’un an, une délégation de Washington s’arrête au Maroc pour essayer de comprendre… pourquoi l’Amérique a une mauvaise image chez nous. La réponse (en gros, "votre politique au Moyen-Orient") est plus que prévisible. Et pourtant… Après des Congressmen et des officiers de l’armée (!), c’est Alice G. Welles, responsable du Maghreb au département d’État, qui s’y colle. La semaine dernière, à Rabat, elle a rencontré des journalistes locaux pour s’enquérir de… la liberté d’expression au Maroc. Les lignes rouges, l’autocensure, etc. Audacieuse hypothèse : et si les Marocains, en fait, adoraient l’Amérique, mais qu’ils ne pouvaient pas le dire librement ? Jusqu’où va l’aveuglement, quand même...


CNSS. L’UMT tient à sa caisse

L'UMT tient à sa caisse (de sécurité sociale). Et le conseil d’administration de la CNSS, tenu en milieu de semaine, vient de le rappeler. Au bout d’une longue matinée de cris et d’agitations, les membres de l’UMT se sont retirés. Après consultation, sans doute, de leur conseil des sages, ils ont finalement accepté de reprendre les débats…. jusqu’à ce que les propositions sur les candidats au poste de vice-président du conseil de la CNSS atterrissent sur la table. Nouvelle fronde des représentants de l’UMT, qui rejettent la candidature de Sedrati, produit du patronat marocain, et imposent à la place celle de Saâdia Bennani, finalement nommée vice-présidente. La CNSS, dont les œuvres sociales représentent un enjeu financier de taille, restera toujours UMT.


Et deux projets lancés, deux !

Deuxième succès dans le cadre des fameux "50 projets" (TelQuel n° 127) portés par le réseau des associations de quartier et la CGEM. Le programme de l’ONG Al Inbiâth, qui avait remporté le prix "forum entreprises-associations / TelQuel" est sur les rails. Grâce au financement de Richbond, un tournoi de basket a été lancé samedi dernier à Sidi Bernoussi. Le tournoi n’est que la première étape du programme "attamassouk", dont l’objectif est de détecter, puis de former de jeunes leaders associatifs. La spirale vertueuse est enclenchée. Bravo, continuez !


Sida. 15 à 30.000 séropositifs au Maroc

Les nouveaux chiffres du sida au Maroc, arrêtés à l’été 2004, sont légèrement à la hausse. Le royaume compte ainsi 1442 cas cumulés, dont 62 % sont des femmes. 84 % de ces cas se concentrent dans les villes. La répartition des tranches d’âges est la suivante : 2 % pour les moins de 15 ans, 25 % pour les 15-29 ans, 44 % pour les 30-39 et 12 % pour les 40-49 ans. 75 % des malades sont hétérosexuels, 5 % sont homosexuels, 4 % sont bisexuels, 1 % ont été contaminés suite à une transfusion sanguine, 2 % suite à une injection de drogue intra-veineuse et 3 % en périnatale (transmission mère-enfant). Le nombre total des séropositifs (ou porteurs sains) oscille entre 15 et 30.000 personnes. À rappeler par ailleurs, et c’est une première, que la campagne estivale des CIDAG (Centres mobiles d’information et de diagnostic), qui ont sillonné tout le royaume, s’est soldée par des résultats intéressants : 807 tests de dépistage effectués et plus de 6000 préservatifs distribués en trois mois, les chiffres ne sont pas si dérisoires que cela, quand on sait la frilosité ambiante.


Media. Al Jazeera drague le Maroc

Mercredi soir, réception au local d’Al Jazeera à Rabat. Le jeune directeur général de la chaîne, le Jordanien Waddah Khanfar, vient pour la première fois à Rabat annoncer le nouveau dessein de son antenne marocaine. Un lourd investissement est prévu pour l’achat d’un studio mobile et couvrir l’ensemble du Maghreb arabe. Depuis plus d’un an, le bureau dirigé par Hassan Rached fait profil bas et s’autocensure sur l’information politique. Aujourd’hui, Nabil Benabdellah, de la partie, déclare : "Nous sommes à fond avec vous, à condition que l’information soit traitée sans partie pris". Est-ce un feu vert ou une limitation ? La chaîne qatarie croit savoir qu’elle est dorénavant la bienvenue. Espérons-le.


3 questions à Mohamed Alouah (Fondateur du FLAM)

Vous avez passé 10 mois en prison pour avoir créé le "FLAM" (Front de libération de l’Algérie marocaine), quel est votre sentiment aujourd’hui ?
Je ne regrette rien, je n’ai rien renié. J’ai fait de la prison pour mes idées. J’étais un détenu politique. On m’a mis avec les islamistes détenus à Salé, dans une espèce de citadelle anti-terroriste, isolé et privé de toute communication avec le monde extérieur durant toute la durée de mon incarcération.

Etes-vous conscient d’avoir déclenché un véritable incident diplomatique entre le
Maroc et l’Algérie avec le FLM et l’idée de lancer "un Polisario-bis" à partir du Maroc ?
Je me suis exprimé en mon âme et conscience. Le Maroc a des droits historiques en Algérie, le tracé des frontières ne lui a jamais rendu justice, et ce n’est peut-être pas fini. J’estime qu’il était de mon devoir, en tant que responsable politique, de tirer la sonnette d’alarme.

Mais votre parti ne représente pas grand-chose, il n’a même pas de récépissé, et le FLAM n’existe que dans votre imagination…
Le PLR n’est qu’un petit parti. Mais cela ne nous enlève pas le droit de nous exprimer sur des sujets d’intérêt national. Je le répète, l’Algérie est en train de manœuvrer pour créer un État-tampon entre le Maroc et la Mauritanie. Cela risque de falsifier l’histoire de la région et de créer des tensions, voire des guerres inutiles. Il faut faire face à cela, en commençant par démystifier l’attitude des Algériens, chose d’ailleurs que le dernier mémorandum présenté par le Maroc fait très bien...



Billet : "Le terroriste" (par Driss ksikes)

Cela revient chez tous les intellectuels marocains bien pensants : "Les Palestiniens ne sont pas des terroristes, mais des résistants". Et les Irakiens qui font de la décapitation programmée ? Et les Tchétchènes qui ont provoqué un infanticide collectif à Beslan ? Et nos ancêtres qui posaient des bombes au marché central et finissaient par abattre de jeunes enfants qui rôdaient dans les parages ? Un résistant est-il moins terroriste qu’un non résistant ? Toutes ces questions seraient longtemps restées en suspens dans ma tête, si je n’étais pas tombé sur cet article surprenant de l’écrivain libanais Mohamed Semmak. Que dit cet homme ? "La violence est un crime lorsque la victime est visée pour elle-même. Le terroriste, lui, attaque une cible, pour passer un message à une tierce partie". Décodez, le terroriste est un être politiquement désabusé. Il n’agit pas sur un coup de tête, mais parce que l’injustice qu’il a en face de lui est tellement énorme, insurmontable, oppressante, qu’il préfère frapper fort et marquer les esprits. Semmak rationalise les situations critiques qui peuvent déclencher l’acte terroriste : l’occupation d’un pays par un autre, le déséquilibre dans l’ordre économique mondial ou encore la discrimination raciale. On en vient à croire que le terroriste est un acteur politique violent, rien de plus. Cette explication idéologique a un défaut majeur. Elle manque terriblement d’humanisme, elle met le droit de résister au-dessus du droit de vivre. Or, à quel moment faut-il en vouloir au terroriste pour les dégâts qu’il occasionne ? Lorsque ses victimes dépassent un nombre critique, lorsqu’elles sont en deça d’un âge minimum ou lorsque sa cause est perdue d’avance ? Tout cela est absurde. D’autant que rien n’arrête un terroriste, encore moins la réflexion. Il n’est pas forcément ignorant, mais têtu.



Humeur : Thérapie de groupe (par Karim Boukhari)

Nos dirigeants politiques feraient bien d’écouter de la musique. Aller à Meknès, par exemple, où l’Institut français a proposé coup sur coup Dionysos (super groupe de rock, vraiment) et Rachid Taha, l’ancien diablotin de Carte de Séjour. Se dégourdir les jambes, se rafraîchir les idées, chanter (même faux), et danser comme un pied, cela n’a jamais fait de mal à personne. Imaginez tout le bien que cela pourrait faire à un Abbes El Fassi, qui réussit l’exploit de diriger un parti où personne ne l’aime. Imaginez un Mahjoubi Aherdane dansant, ajoutant ainsi une corde de plus à son arc fait de peinture, de poésie, de résistance, de patriotisme, de royalisme, etc. Un Ahmed Raïssouni respirant à pleins poumons, oubliant pour une fois ses éternels concepts anti-jeunes. Un Nabil Benabdellah réapprenant à sourire, réalisant que la vie d’un porte-parole du gouvernement n’est pas faite que de démentis systématiques sur fond de zénitude obligée. Un Ahmed Osman retrouvant une deuxième jeunesse, lui que ses ministres d’hier ont condamné à l’insomnie quotidienne. Un Mohamed Benaïssa enfin en accord avec lui-même, souriant, détendu, loin de ses migraines diplomatiques. Une Nouzha Chekrouni cool, mais pour de bon, elle dont la vacuité de la mission officielle (ministre déléguée auprès des Affaires étrangères et de la Coopération chargée des Marocains résidant à l’étranger : ouf !) lui ont fait oublier ses origines meknassies, son faible pour le piano.
Et si ces messieurs dames ne sont pas vraiment dans l’air du temps, qu’ils oublient Dionysos et Rachid Taha. Et qu’ils réservent un week-end de juin 2005, toujours à Meknès, avec l’espoir d’écouter, peut-être, deux prêtresses de la chanson française : Brigitte Fontaine et Françoise Hardy. Allez, ils les ont bien écoutées au moins une fois, ces deux-là !



Vite !

Le Mémorandum royal contre l'Algérie du 26 août a pris de court des membres du gouvernement, et non des moindres. De source fiable, on a appris que le porte-parole, Nabil Benabdellah, et le Premier ministre, Driss Jettou, ignoraient encore la nouvelle le dimanche matin, alors que Kofi Annan s’apprêtait à recevoir, à New York, le fameux document.

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L'ambassadeur du Maroc en Espagne, Abdeslam Baraka, pourrait être bientôt remplacé par Omar Azziman, actuel président du CCDH. Des bruits insistants abondent en ce sens, notamment à Madrid où Baraka n’a jamais eu la côte. Azziman est connu pour son "hispanohilie" et son sens de la diplomatie.

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Imprimeurs, attention ! Pour commander du papier, il faut vous y prendre avec un mois d’avance sur les délais habituels. Et c’est à cause de… Bush et Kerry ! En période électorale, tous les flux de papier du monde sont dirigés prioritairement vers les États-Unis, pour cause de tirages de presse phénoménaux. Sans oublier les tracts et les affiches...

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Abdelaziz Laâfora, Abdelmoghit Slimani et les hommes de Basri viennent d’être transférés de la prison de Salé vers Oukacha à Casablanca, il y a 2 semaines. L’initiative a été motivée par la dissolution de la Cour spéciale de justice. Des sources sûres indiquent que le juge chargé d’instruire l’affaire a été également "déplacé" à Casablanca, à la Cour d’appel.

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3 Marocains ont été arrêtés au Portugal pour trafic de drogue. Cannabis, cocaïne ? Non, beaucoup plus inhabituel : ecstasy ! Pas moins de 21.000 cachets de cette drogue synthétique ont été retrouvés en leur possession. À 100 DH la pilule, cela fait une contre-valeur de plus de 2 millions de dirhams. Le kif mène à tout...

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Le groupe "Metro", qui a fait ses preuves dans la presse gratuite en France, serait en train de s’implanter au Maroc. Il devrait s’intéresser dans un premier temps à Casablanca, avant d’étendre son réseau à d’autres villes.

 
 
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