|
Par Driss Ksikes
Polémique marocaine sur la foire de Francfort
| Le Maroc a décidé officiellement par son ministre de la Culture, Mohamed Achâari, de faire cavalier seul à la Foire du livre de Francfort. La foire allemande, qui débute le 6 octobre, avait désigné le monde arabe comme invité dhonneur de cette année. "Lidée est louable si nous considérons que les pays concernés constituent une communauté linguistique. Et puis cest réaliste, étant donné que tous ces pays réunis produisent 1,1 % des livres du monde entier", estime léditrice Ghita El Khayat. Le ministre, lui, déplore que chaque année soit invité un pays donné (le Portugal en 2003) et quen 2004, on ait choisi "le monde arabe en vrac". Pour des raisons différentes, |
|
| Achâari rejoint lécrivain Tahar Benjelloun, parmi les invités de marque de lédition, qui a écrit sur les colonnes dun magazine allemand pour clamer quil "ny a pas de monde arabe". Mais les raisons du rejet officiel sont différentes. "La direction de la foire a bizarrement délégué le dossier à la Ligue arabe, aux exploits peu reluisants", critique Achâari. En plus, il sest agi dargent. La ligue a commencé par faire une collecte dargent et demandé à chaque pays de participer à hauteur de 250.000 dollars. Enfin, les Égyptiens (Amr Moussa en tête) ont réussi à détourner le lot à leur profit, désignant un responsable au sein de leur ministère de la Culture, Mohamed Noujaïm, commissaire de la manifestation. "On refuse de jouer le rôle de comparse qui accompagne la grande Égypte", déclare ce responsable en réunion avec les éditeurs. Que leur propose le Maroc en échange ? Il loue un petit stand à part (150 m2) pour les quinze éditeurs locaux et invite quelques intellectuels pour faire de lanimation parallèle, vu que le programme arabe est quasi monopolisé par Le Caire. Achâari, de passage en Égypte la semaine dernière, a été fortement interpellé sur cette position "excessivement patriotique". Quant à nos éditeurs, ils ont dautres chats à fouetter. Francfort est la plus grande messe des maisons de publication, le plus grand marché des droits dédition et de traduction. Alors, quils partent sous le drapeau arabe ou marocain, ils iront vaquer à leurs occupations. Quant aux intellectuels, initialement invités dans un cadre arabe, personne ne leur a demandé de boycotter le rendez-vous. Sur place, tout cela ressemblera à quoi ? Rendez-vous au retour. |
Parution. Le roman de Mal Aïnain
Le cri des nomades de Dominique Nouiga fait partie de ces fresques, tissées avec patience, minutie et créativité. Mais la base est historique, empirique. Elle part de la légende de Mal Aïnain, ce Sahraoui de souche, savant, patriote, fils de lAdrar qui se sédentarisa au 19e siècle à Seguiet Al Hamra, avant de remonter vers Zemmour, gagner la confiance du sultan Moulay Abdelaziz et poser les bases de Smara. Raconté ainsi, cela ressemble à une propagande prouvant la marocanité du Sahara. Heureusement quil y a la littérature pour atténuer lidéologie et faire émerger les sentiments les plus enfouis. En prenant le parti de raconter cette traversée du désert à partir du point de vue, intime, de Yacout Dabaté, Nouiga a réussi à humaniser un récit inconnu, enfoui dans les livres jaunes des bibliothèques du Sud et véhiculé grâce à la mémoire orale des hommes bleus.
Éd. Nouiga & Paris Méditerranée (87 DH)
|
|