Le adel qui ma divorcé, je connais pas son nom, je sais juste quil a une barbe et quil habite Derb Soltane
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
"Je vais me marier". Zakaria Boualem interrompt sa conversation silencieuse avec son ness-ness pour lancer, blasé : "Et contre qui ?". Farid reprend son souffle : "Avec Aouatif, tu sais, la fille de lautre soir
". Farid a lair exténué, on dirait quil a passé les deux dernières années de sa vie dans une machine à laver. Cest le pote de Zakaria Boualem, son âchir - ce qui constitue un travail à plein temps. Ils partagent le même esprit contemplatif et négatif, propre aux gens de Guercif. Physiquement, Farid est un homme qui possède létonnante particularité dêtre dépourvu de cou, ce qui fait que sa tête, directement posée sur ses épaules, paraît rouler en permanence de droite à gauche. Il geint :
- Les papiers, avec la nouvelle Moudawana, cest de la folie ! Tu te rends compte quils mont fait aller à Sidi Kacem, mon lieu de naissance, pour récupérer un certificat de naissance original !
- Ahh, tu es né à Sidi Kacem ?
- Oui, et je me suis tapé un aller-retour pour un misérable papier. Mais tu te rends compte, le type qui est né à Laâyoune, et qui veut se marier, le pauvre. Suppose quil a un budget de 3000 DH pour le dîner, lorchestre, et la bague
Il explose son budget avec un aller-retour à Laâyoune !! Il y a de quoi renoncer
- Et tu las eu ? |
|
- Ouais, jai pu faire mon certificat administratif de khoutouba
- Quoi ! Il faut un certificat de khoutouba ! Ils sont créatifs, ces gens-là. Quand je pense quil y des pays qui réduisent le nombre de papiers administratifs. Nous, on en crée, tbaaaark Allah ! Bientôt, on va avoir le certificat de calvitie, le certificat de normalité vestimentaire
- La nouvelle Moudawana, a khouya
Elle ma tué, un aller-retour à Sidi Kacem. Mais ce nest pas fini : il faut que je fournisse un papier qui prouve que jai bien divorcé.
- Tu es divorcé ?
- Ouais, jai été marié trois semaines en 1999.
- Pourquoi ?
- Parce que je pouvais pas faire moins. Juste après le mariage, elle a voulu tuer le chat, et elle a failli me tuer au passage. Au final, cest le mariage qui est mort. Maintenant, il me faut ce papier de divorce.
- Tu nas quà aller au tribunal qui la prononcé. Je suis sûr quils te donneront une copie du jugement contre un café et 50 DH.
- Je lai fait, mais il me faut loriginal de lacte de divorce, écrit de la main du adel qui ma divorcé !
- Et le papier du tribunal, il suffit pas ?
- NON, tu sais comment ils sont, quand ils deviennent rigoureux ; soudain, ils deviennent pire que des Suisses Allemands. Zaâma, un papier du tribunal, ça leur suffit pas. Il leur faut un parchemin manuscrit a sidi, avec une écriture illisible que même ton nom tu le reconnais pas. Les gens, ils utilisent des traitements de texte et eux, ils préfèrent un papier qui sort du Moyen-Age, parce que cest plus fiable !
- Et alors ?
- Et alors le adel qui ma divorcé, je connais pas son nom, je sais juste quil a une barbe et quil habite Derb Soltane et quil a une jellaba grise.
- Mmmm
Ils doivent être 200 adoul barbus à Derb Soltane. En plus, peut-être quil change de jellaba de temps en temps.
- Mais jai retrouvé son nom ! Jai fait une enquête de fin limier de la PJ, tu sais, ceux de LOpinion. Il a émigré aux États-Unis !
- Quest-ce quil fait là-bas, il vend des pizzas ? Il est à Guantanamo ?
- J'en sais rien et je men fous. Cest pas le problème.
- Je me demande ce que peut faire un adel aux États-Unis. Quand les Américains ont conçu leur système économique, ils ont prévu des éboueurs, des médecins, des chanteurs de country
mais pas des adoul. Remarque, il peut toujours faire le adel pour son plaisir, le week-end. Mais bon, de là à gagner sa vie
- Laisse-moi te raconter : le adel harrag, il a laissé une copie de ses registres à un autre adel. Une sorte de back up du disque dur.
- Tu veux dire du livre dur.
- Lmouhim, jai pu avoir mon papier et je vais me marier. Pourquoi tu me poses toutes ces questions ?
- Parce que moi aussi, je vais me
marier ! |