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N° 145
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Mandari. Avis de recherche contre le présumé assassin

Hicham Mandari (DR)
L'enquête sur l’assassinat de Hicham Mandari est brusquement passée à la vitesse supérieure. Depuis deux semaines, déjà, les enquêteurs espagnols ont franchi les frontières françaises pour interroger, via les services de l’ambassade d’Espagne en France, des personnes ayant connu Mandari. Mohamed Ouamoussi, entre autres témoins, a été entendu par les enquêteurs. Aucun mandat d’arrêt n’a été lancé mais, de source fiable, on apprend qu’un avis de recherche international a été émis contre le garde du corps russe, qui accompagnait Hicham Mandari jusqu’aux derniers jours de sa vie, et dont l’identité exacte n’a pas encore été révélée. On a appris d’autre part, de
source autorisée, que le juge d’instruction espagnol a décidé, mardi dernier, d’émettre un avis officiel mandatant la "levée du corps" de Mandari, jusque-là entreposé à la morgue de Malaga. On ignore si le corps a été, depuis, rapatrié au Maroc ou enterré à Malaga même. On ignore de même les résultats définitifs de l’autopsie qui a - enfin - pris fin, en début de semaine après un suspense de deux mois. À signaler que cette annonce importante a été faite le lendemain de la visite, en Espagne, de trois responsables marocains : les ministres Fouad Ali El Himma et Taieb Fassi Fihri et le chargé de mission auprès du cabinet royal Fadel Benyaich. Elle a également précédé de deux jours l’arrivée de Hamidou Laânigri en visite express en Espagne. Enfin, à Madrid et surtout à Paris, Mohamed Mandari, le père de Hicham, qui réside toujours dans le Golfe, fait actuellement pression pour rapatrier le corps et accélérer le cours de l’enquête.


Sécurité. Des galons pour le général

Non, le général Hamidou Laânigri, directeur de la DGSN, ne sera pas ministre de la Défense. La rumeur est sans fondement réel, mais des sources fiables témoignent de l’existence d’efforts pour créer, au sein du ministère de l’Intérieur, un nouveau département coiffant directement les services de sécurité marocains, DGST et DGED en tête. Ces efforts ne sont pas du goût de tous, les adversaires du général lui reprochant de vouloir contrôler, même de loin, les services de la sécurité royale, voire de lorgner vers la gendarmerie de Hosni Benslimane. À confirmer.


Palais. Hilali devant le juge jeudi prochain

Fin de l’instruction pour le colonel major Hilali. Le dossier de l’ex-conservateur du Palais d’Agadir, en audience à partir du 14 octobre à la chambre criminelle de la Cour d’appel d’Agadir. L’affaire porte sur la dilapidation de l’argent du Palais, de faux et usage de faux ainsi que de détournement. Contrairement à ce qui a été annoncé dans la presse, les accusés n’ont pas fait l’objet de confrontation. Ils ont été entendus séparément à Agadir, à l’exception de Fenaoui (l’installateur d’ascenseur) dont le cas a été traité à Rabat. Le parlementaire de la région, lui, avait demandé un délai d’une semaine pour la préparation de sa défense, ce que le juge d’instruction a refusé.


Rumeur. Non, Benslimane n’est pas mort !

Le week-end dernier, une rumeur s’est propagée comme une traînée de poudre : le général Housni Benslimane est mort et la nouvelle est tenue secrète. Ça n’a pas été le cas pour Hassan II, alors pourquoi diable Benslimane ?! En tout cas, le patron de la gendarmerie était, et est toujours, en parfaite santé. Mais la rumeur était tenace. Pourquoi, sinon, le roi serait-il rentré de New York ? "Parce qu’il vit à Salé" n’était, apparemment, pas une réponse satisfaisante pour les accros de la rumeur. C’est la TVM qui a mis fin au feuilleton en montrant Benslimane, lundi soir, assistant à une séance d’entraînement de l’équipe nationale de foot. Et en plan large, pour que personne ne pense à un montage ! Paranos, ces Marocains...


Madrid. Qui remplacera Baraka ?

C'est quasiment officiel, Abdeslam Baraka n’est plus ambassadeur du Maroc en Espagne. On le sait d’une manière formelle depuis que Baraka a décliné l’invitation du Partido popular, le PP, le week-end dernier à Madrid (lire en page 6). Mais un léger doute plane encore quant à l’identité de son remplaçant. Annoncé initialement (et très "désiré" à Madrid), le nom de Omar Azziman, toujours président du CCDH, semble en ballottage avec Karima Benaïch, cadre au ministère des Affaires étrangères, que l’on dit proche du ministre délégué Taieb Fassi Fihri, et sœur de Fadel Benyaich, chargé de mission au Cabinet royal.


H'rig. Mourir à Tunis

Entre 10 et 15.000 DH. Tel est le prix de la mort pour les hommes du douar Fokra, près de Khouribga. Séduits par les promesses d’un recruteur, ils sont 70 à avoir pris l’avion jusqu’à Tunis. "Une fois sur place, ils ont travaillé pour se faire un peu d’argent et prendre contact avec des passeurs pour l’Italie", explique Khalil Jemmah, président de l’AFVIC (Association des familles de victimes de l’émigration clandestine). Dimanche, et à l’exception de 11 survivants, ils ont tous coulé au large des côtes tunisiennes. L’AFVIC a écrit au Premier ministre pour lui demander une journée de deuil national, en vain. Reste que pour la première fois dans l’histoire de cette ville, les autorités locales ont réuni sécuritaires et familles pour tenter de trouver une solution. Depuis 1997, l’AFVIC a enregistré 4000 morts et… aucune condoléance officielle aux familles !


Amir Al Mouminine. L’avis des partis

Àla rencontre tenue par le collectif "Démocratie et modernité", sur Imarat Al Mouminine, a connu deux absents de taille : le ministre, Ahmed Toufiq, et le premier secrétaire de l’USFP, Mohamed Elyazghi. Par contre, elle a permis de sonder l’avis des partis présents sur le monopole du couple religion-politique par le roi. Deux formations se sont distinguées : la GSU et le PJD. Le premier, représenté par Mohamed Moujahid, considère que "la modernité est un tout", alors pas de place à des références ancestrales, même chez le roi. Le second, doublement représenté par Saadeddine Othmani et Ahmed Raïssouni, a d’un côté réfuté la dissociation entre le religieux et le politique et défendu le droit de se présenter comme islamo-démocrates, à l’image des chrétiens démocrates. Pour les autres, rien à signaler. De la langue de bois, surtout.


Justice. Le Maroc a-t-il peur de la CPI ?

Sur les 97 pays ayant ratifié le Statut de la Cour pénale internationale (CPI), un seul appartient à la région Afrique du Nord et Moyen-Orient : la Jordanie. Aujourd’hui, une coalition internationale de plus de 2000 ONG exhorte le Maroc à prendre la tête de file dans la région et à ratifier le plus tôt possible le traité. Pour mémoire, notre beau pays s’était engagé à le faire dès le 8 septembre 2000, date à laquelle il signait le statut de Rome instituant la CPI. Le spectre de voir poursuivies, loin de nos frontières, de célèbres figures du passé explique-t-il le retard pris dans la ratification ?


Parlement. Remous au PJD

La décision du secrétariat général du PJD de reconduire Abdellah Baha à la tête du groupe parlementaire, contrairement à la volonté de la majorité des élus, qui avaient voté Mustapha Ramid, risque de faire mal. Ramid, lui-même, a obtempéré sans trop de commentaires. Mais Al Moqri Abou Zeid Al Idrissi a fait savoir, dans un moment de colère, qu’il démissionnait du bureau national. Mohamed Benchaaboune s’est dit, pour sa part, mal à l’aise de voir son parti "succomber aux exigences externes et sacrifier les équilibres internes". Début de désarroi, fin de la discipline ou réactions à vif ? Attendons la rentrée parlementaire pour en juger.


Mouvements populaires. Unis n’âam a sidi !

À la lecture de ces lignes, le groupe parlementaire des Harakat (Mouvements populaires), communément appelé UMP, devrait normalement avoir été constitué. Après une première réunion dimanche dernier, les leaders des trois partis (MP, MNP, UD), conduits par Mahjoubi Aherdane, étaient censés entériner l’accord vendredi. Si tout va bien, le groupe en question sera le plus grand de l’hémicycle, avec 76 députés. À court terme, il lorgnera la présidence de la commission des finances et la vice-présidence du Parlement. À moyen terme, les "mouvements" aimeraient voir intervenir un changement gouvernemental en leur faveur. Et avant les élections, si possible ! Mais ça, c’est le roi qui le décide. Les mouvements le savent et attendent dans leur coin, sages et - pour combien de temps ? - unis.


Imams et rabbins. La réconciliation à Ifrane

Le 1er Congrès mondial des imams et rabbins pour la paix, initiative lancée par la Fondation suisse "Hommes de parole" se tiendra finalement du 3 au 6 janvier prochain à Al Akhawayne, à Ifrane. Reporté une première fois en mai dernier, le congrès accueillera 100 imams et rabbins du monde entier. On y verra entre autres Ahmed Taoufiq, ministre des Habous, Abdul Rahman Abbad, membre du conseil des oulémas palestiniens mais aussi Shlomo Amar, grand rabbin d’Israël. À leurs côtés, Kofi Annan, Mohamed Arkoun ou encore Mohamed Ayadi. Du beau monde pour cogiter sur "Islam et judaïsme comme instruments de paix : reconnaissance et respect de l’autre".


Show-biz. Shakira au secours d’Al Hoceima

À Al Hoceima, on se souvient encore de l’opération "Agir Réagir", lancée par l’association française "Juste pour eux", à la suite du tremblement de terre et qui avait permis la construction d’une école, grâce aux bénéfices d’un single auquel ont pris part, entre autres, J.J. Goldman, Amina, Youssou N’Dour, Khaled… L’association continue de mobiliser les stars pour la reconstruction d’une seconde école dans la région : elle organise le 26 octobre prochain et sous le parrainage de l’humoriste Gad El Maleh, une vente aux enchères d’œuvres d’art et de bijoux généreusement offerts par des célébrités telles que T. Ardisson, Lara Fabian, Indochine, Bernard Pivot, Paco Rabanne, Kylie Minogue… et même Shakira.


3 questions à Mustapha Naïmi (Chercheur, spécialiste du Sahara)

Faut-il prendre les "bruits de bottes" maroco-algériens au sérieux ?
Non, ce n’est pas sérieux. C’est une manière pour l’Algérie de faire pression sur les instances internationales. Il n’est pas impossible qu’Alger cherche à favoriser une partition du territoire. Ou, au mieux, à faire revenir le référendum sur le tapis. L’Algérie est directement intéressée dans le conflit, c’est une évidence. Pour le Maroc, c’est plutôt une question de principe.

Que gagnerait l’Algérie dans une partition du Sahara ?
Cela créerait un germe d’infiltration entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
L’Algérie est étrangère à cet espace. Plus qu’une ouverture sur l’Atlantique, c’est un accès direct à l’Afrique de l’Ouest, via un micro-État vassal, qui intéresse Alger. Mais cela a très peu de chances d’aboutir. Autant que le référendum, d’ailleurs.

Il n’y a donc pas d’issue ?
Si, si une solution est imposée par les puissances internationales. L’Algérie se soumettrait, le Polisario se soumettrait… mais c’est le Maroc qui risquerait de ne pas jouer le jeu. Une fois le spectre du référendum écarté, il renâclerait à l’autonomie. Parce que ses partis nationalistes, chauvins et jacobins, continuent à penser qu’une autonomie locale générerait le chaos au Sahara. Mais ils se trompent.



Billet : Une Constitution Mohammed VI (par Driss ksikes)

Un homme qui côtoie le roi a le don de rassurer. Il vous apprend, au détour d’une conversation, que le roi est gentil, certes impulsif, mais démocrate, moderne, prêt à déléguer et ne demande qu’à voir de bons résultats. Magnifique. Et pourquoi seuls les hommes du roi se rendent compte que les choses sont aussi limpides ? Parce que tout cela est une affaire de tempérament, d’attitude, et non une ligne politique clairement tracée. Le constat est vieux, mais la parade que cet homme du roi m’a soufflée est inédite : il nous faut une constitution Mohammed VI. L’idée est séduisante. Il ne pense même pas à un texte concocté dans les alcôves du Palais, taillé sur mesure. Non, il propose qu’une commission ouverte sur tous les partis mette la main à la pâte. Malin, il sait qu’ils seront plus royalistes que le roi. Alors, il ne chicane pas là-dessus. Je ne vous le cache pas, j’ai peur que l’idée soit pervertie avant qu’elle ne naisse. Je propose, donc, de mettre la main à la pâte. À quoi peut ressembler une Constitution Mohammed VI ? S’il est démocrate, cela voudrait dire une réelle séparation des pouvoirs et la fin de l’autocratie, qui lui permet de détenir tous les ressorts entre ses mains. S’il est moderne, cela équivaut à rendre Imarat Al Mouminine un simple décor symbolique, une marque de fabrique, sans conséquence politique. S’il est enclin à laisser les autres faire leur boulot, le Premier ministre devrait en être le premier bénéficiaire. Si, enfin, il se veut pragmatique, alors qu’il élimine les doublons. Que les élus cessent ce va-et-vient improductif entre les deux chambres et que la monarchie exécutive cesse de faire de l’ombre à l’exécutif. Et que deviendrait Mohammed VI dans l’histoire ? Un roi qui ne subit plus la Constitution de son père.



Humeur : Des hommes et des charrettes (par Karim Boukhari)

La rumeur prête au souverain le désir de changer deux de ses ministres de souveraineté, et non des moindres : Mohamed Benaïssa aux Affaires étrangères et Mustapha Sahel à l’Intérieur. Cette rumeur n’est pas partie de rien. Benaïssa mène depuis trop longtemps une diplomatie inerte. Et Sahel donne l’impression de ne pas être au courant des affaires intérieures du royaume, qui reviennent de fait à son subordonné théorique : Fouad Ali El Himma. Changer, d’un seul coup, la façade (théorique) interne et externe du royaume est tout de même un signal d’alarme, quelque chose de grave et d’exceptionnel. Ce ne serait pas vraiment une surprise, pourtant, tant la diplomatie du royaume et sa cuisine intérieure ressemblent à des charrettes héritées de l’ère médiévale. Mais est-ce vraiment la faute aux hommes qui traînent les charrettes ?
Sans aller jusqu’à signer un chèque en blanc aux deux hommes, on est bien obligés de leur trouver des excuses. Benaïssa, tout ministre des Affaires étrangères qu’il est, est-il pour quelque chose dans les changements opérées, coup sur coup, dans deux des ambassades les plus sensibles, à Rabat et Madrid ? Et le pauvre Sahel, est-il au moins au courant des effectifs employés par deux des départements dont il a la tutelle : la direction des affaires générales et les services de sécurité ?
Benaïssa et Sahel ne sont peut-être pas les meilleurs boxeurs dans leur catégorie, mais Fassi Fihri et El Himma, tapis dans leur ombre, sont-ils vraiment les champions que l’on suppose ?



Vite !

Le mandat de la Minurso arrive à expiration le 31 octobre prochain. Des sources concordantes font état de la volonté américaine de ne pas prolonger la mission des casques bleus au Sahara, les Américains projetant de couper les vivres à l’ONU. Une position que ne partagent pas la France et l’Espagne, les deux pays étant décidés à redonner une chance au plan de paix onusien.

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Mounir Majidi aurait fait une correspondance à certains membres de la famille royale les avertissant que "les notes de téléphone, d’électricité et de frais divers" ne seraient plus pris en charge par le protocole royal. La note aurait reçu l’aval de Mohammed VI.

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Une première. La chorale de Rabat ne s’est pas tenue samedi dernier pour raison d’autocensure. Pierre Péraudin avait prévu un texte du poète grec Ovide faisant l’apologie de l’homosexualité. Levée de boucliers, un commandant et autres choristes ont rejeté ce texte "immoral". Un bras de fer s’en est suivi entre défenseurs de l’art et gardiens de la morale.

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"Les juges devraient faire des promos. Tu en achètes un, on t’en donne deux", avait (plus ou moins) écrit le journaliste Rachid Nini. Résultat, Nini est convoqué par la police pour répondre de ce qu’il a écrit. "Les CMI m’ont agressé en public à Rabat et, depuis, je reçois une série de communications anonymes". Pas sympa, les gars.

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À Paris, le procès pour diffamation opposant, depuis 2002, le journaliste Hamid Barrada à Ahmed Boukhari, RFI et l’éditeur Lafon, vient d’être reporté à mai 2005, deux séances de rattrapage étant programmées respectivement en décembre et mars prochains. Le report est motivé par l’absence de Boukhari, toujours privé de passeport, malgré le dernier avis favorable de la Cour suprême.

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En attendant les résultats du recensement prévus dans une année, voici les premiers chiffres de l’opération : 11 recenseurs ont été victimes de chiens de garde, 12 d’accidents de la circulation, 11 d’agressions verbales, 17 de chutes, 9 ont été malades, un cas d’affection dermique et un cas d’intoxication alimentaire ont été relevés par le Haut Commissariat du Plan. Décidément, recenseur, c’est un métier à risques !

 
 
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