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Par Khalid Tritki
Statut de la CGEM. Chami joue avec le feu
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Hassan Chami est en poste,
pour son dernier mandat,
jusqu'en juin 2006 (DR)
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La note dorientation de la réforme du statut de la CGEM ne fait pas lunanimité. Certains groupes la rejettent. Les associations, alliées de Chami, perdent leur force électorale. Les tractations s'ouvrent et promettent des remous.
Les prochaines semaines seront chaudes pour la Confédération patronale. La CGEM a adressé une lettre à toutes les fédérations et associations professionnelles leur présentant les orientations du projet de réforme des statuts. Cette réforme a été entamée depuis janvier 2004, suite aux résultats de laudit stratégique de la confédération. Elle découle surtout de la pression des grands groupes qui militent pour une force de vote et donc de décision au sein du patronat. Une pression qui sest faite sentir au moment des dernières élections, où pratiquement tous les grands groupes ont fait front uni contre Hassan Chami, lactuel patron des patrons. Justement, ce dernier a pris les devants en leur proposant un terrain dentente. Ce qui est une manuvre intelligente. Il les a donc associés à la gestion de la confédération en créant un comité "grands groupes". Une manière de les rassurer en pilotant une période de transition qui doit mener vers la réforme des statuts. Nous y sommes actuellement. Mais cela ne semble pas suffire. La grogne est toujours là. "Nous ne voulons pas dun patronat qui fait allégeance au gouvernement par amitié ou par connivence. La confédération doit défendre nos intérêts, abstraction faite de la couleur politique de lexécutif", souligne un lieutenant dun président de groupe. Il nest donc pas étrange que la confédération propose dans sa réforme une clause anti-politique : "La confédération sinterdit toutes discussions ou prises de positions politiques ou religieuses". Cela nempêche pas un éventuel soutien tacite entre patronat et Premier ministre. Dautres groupes ont des motivations beaucoup plus soft. "Ce que nous cherchons, cest le changement et cette équipe est incapable de le réaliser". Entre les positions des uns et celles des autres, le bureau actuel doit tenir compte des échéances électorales. Les élections de 2002 ont démontré quil y avait une rupture entre la majorité des grands groupes et la CGEM. Cette fronde menée à lépoque par des grands de lindustrie comme Akwa (Akhannouch), Oiasmine (Amhal) et Holmarcom (Bensalah), avec le renfort de lONA, a ouvert les yeux du patronat. "La confédération ne répond pas à nos attentes. Nous avons patienté pour que le changement émane de la CGEM, mais sans résultat. Il fallait réagir", confie un patron de grand groupe. Chami a pris conscience de ce mouvement de contestation et tente, tant bien que mal, de le canaliser. Le débat doit se faire à lintérieur de la CGEM et non hors delle.
En juin 2006, la CGEM devra élire son nouveau président. Hassan Chami ne peut pas briguer un autre mandat et les supputations vont bon train sur son dauphin. Quel que soit le nom proposé, la structure du vote devra laider à décrocher la présidence. Selon des mauvaises langues, le nouveau statut jouerait la carte de léquilibre entre les différentes structures de lélectorat de façon à ne permettre à aucune majorité d'émerger. Le jeu des alliances pourrait seul départir les candidats. Dans la foulée, il doit permettre à lactuel bureau de renforcer son action vis-à-vis de la base en boostant ses recettes.
Lenjeu majeur du bureau actuel est donc de renforcer son assise financière. Et, selon lui, il ny a pas mieux que "les grands" pour régler la facture. Cet esprit se dégage à travers les tranches de cotisations (voir tableau). Et en contrepartie, léquipe actuelle tend la main aux magnats de lindustrie. Le poids des grands groupes sera renforcé. Cest une certitude, mais à quel prix ?
Le système, jusque-là en vigueur, où chaque entreprise équivaut à une voix lors des élections, sera abandonné. En gros, la structure des cotisations préconise de fixer la contribution des grands groupes à 80.000 DH en contrepartie de 10 voix au moment du vote aux élections patronales. De même, toute entreprise dont le chiffre daffaires dépasse 500 millions de dirhams est logée à la même enseigne. La première réaction dun grand groupe de la place a été de rejeter cette proposition. "Nous jugeons la cotisation excessive", souligne-t-il. Ce qui laisse présager une belle bataille. De son côté, Sedrati martèle que la CGEM "a besoin des grands groupes. LONA ou d'autres, nont pas besoin de la CGEM pour défendre leurs intérêts. En revanche, pour défendre ses intérêts, la PME a besoin de ce groupe". En théorie, cette interdépendance incite à lunion. En réalité, elle est difficile à établir. "Il est légitime que les grands groupes cherchent à avoir leur organisation, mais la PME ne doit pas être sacrifiée, car nos intérêts ne sont pas forcément similaires ni convergents", martèle Hammad Kessal, président de la fédération des PME. Ce dernier milite pour le maintien dun vote égalitaire, une entreprise une voix, quelle qu'en soit la taille. Sa position se comprend, puisque la nouvelle mouture des statuts va faire fondre sa force électorale de moitié, si ce nest plus. Et il nest pas le seul.
Le projet des statuts met grandes entreprises et associations nationales sur le même pied dégalité. Ses orientations proposent que les associations nationales disposent de 10 voix au moment du vote. Une association comme celle coiffant le textile y perd la moitié de son poids électoral. Interrogé, Karim Tazi, le nouveau président de lAMITH adopte une attitude prudente : "Je préfère interroger les responsables de ce dossier au sein de la CGEM sur les raisons de cette mouture avant de prendre position". Aura-t-il le choix ? Pas vraiment, puisque sa base lattend au tournant. De même, certaines fédérations, comme celle du tourisme, ne verront pas ce changement dun bon il. "Il doit y avoir au moins un ratio de 1 à 2 en faveur des associations nationales", nous précise Jalil Tâarji, président de la Fédération nationale du tourisme. Pour Abdelhak Sedrati, membre de la commission chargée de la réforme des statuts, ces contestations devraient en principe être débattues au sein de la commission. "Ces gens qui rejettent nos propositions brillaient par leur absence lors des discussions de la commission", déplore-t-il. Et de poursuivre : "De toutes les façons, le projet nest pas figé et chaque bureau de la CGEM pourra changer le niveau des cotisations en fonction de la situation économique du moment". Ainsi, si ces statuts passent, chose peu probable, il faudra attendre les élections pour le changer. Les adhérents nattendront pas jusque-là. Certains affûtent déjà leurs armes. Affaire à suivre. |
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Confédération. La cooptation en question
Le statut actuel de la CGEM permet de coopter des personnalités pour siéger au bureau du patronat. Ils représentent le tiers non élu de la confédération patronale. Pour éviter cette pratique, certaines associations et fédérations préconisent de ramener ce taux à un cinquième. Lobjectif est de privilégier les membres élus. Le projet ne tient pas compte de cette proposition, mais consent une baisse. Les cooptés peuvent représenter 25 % du bureau. Laile radicale du patronat souhaite que tous les membres du bureau soient élus. Ce qui implique la présentation dune équipe complète au moment des élections. "Cest très difficile de la regrouper sachant que beaucoup de personnes préfèrent uvrer sans avoir à passer par les urnes", explique Sedrati. |
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CGEM : Qui paie combien ?
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Tranches de cotisation
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Nouvelle cotisation
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Nombre de voix / adhérent
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1.
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CA compris entre 0 et 5 millions de DH |
2000
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1
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2.
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CA compris entre 5 et 15 millions de DH |
5000
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2
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3.
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CA compris entre 15 et 25 millions de DH |
7500
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3
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4.
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CA compris entre 25 et 50 millions de DH |
10000
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4
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5.
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CA compris entre 50 et 100 millions de DH |
15000
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5
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6.
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CA compris entre 100 et 150 millions de DH |
20000
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6
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| 7. |
CA compris entre 150 et 200 millions de DH |
30000
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7
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| 8. |
CA compris entre 200 et 300 millions de DH |
40000
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8
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| 9. |
CA compris entre 300 et 500 millions de DH |
60000
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9
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| 10. |
CA supérieur à 500 millions de DH |
80000
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10
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