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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Investissement. Le Palais et les patrons à Barcelone

Le Palais a réuni industriels et financiers catalans et marocains. Une forte délégation d’opérateurs a fait le déplacement… sans la CGEM.


Plus de 80 hommes d’affaires marocains se sont déplacés à Barcelone. Au menu : une méga réunion avec les industriels et financiers catalans. L’initiative, présidée par Fadel Benaich, chargé de mission au Cabinet royal, vise à développer les relations économiques avec les régions autonomes de l’Espagne. Ce qui explique que la délégation marocaine s’est déplacée en force. Presque tous les grands de la finance et de l’industrie étaient présents ou représentés à Barcelone (M.Bakouri patron de la CDG, N.Omary de la BP, K.Ouadghiri de Attijariwafa Bank…). Dès l’ouvertue de la réunion, la partie catalane a véhiculé un message fort. Selon les déclarations de ses officiels, les industries de la région sont prêtes à délocaliser vers le Maroc. Les banques aussi le soutiennent. Le patron de Banco Sabadell, une banque régionale d’une taille similaire aux banques nationales, a annoncé lors de l’atelier dédié au textile que les Catalans sont obligés d’être partout. Une façon de dire que la délocalisation vers le Sud est envisagée. Des déclarations qui demandent du courage, vue la pression qu’exercent les syndicats pour freiner les fermetures d’usines et les pertes d’emplois. La récolte sera donc bonne. Il n’en demeure pas moins que la rencontre était, selon des témoins, déséquilibrée. Pour preuve, les membres de la délégation marocaine ont été choisis à titre individuel. Les organisateurs ont invité des noms et non pas des institutions. La confédération patronale en tant que représentante du monde des affaires n’a pas été invitée. Certains affirment que c’est une mise à l’écart voulue, d’autres parlent d’oubli. En tout cas, Hassan Chami n’était pas à Barcelone. En revanche, certains de ses adhérents et patrons de fédérations affiliées au Patronat étaient de la fête. C’est le cas Jalil Tâarji, président de la fédération du tourisme, de Karim Tazi, président de l’association du textile (AMITH)… Or, du côté catalan, la délégation était plutôt institutionnelle, créant ainsi un déséquilibre entre les deux délégations. Ce qui soulève des questions sur la démarche des organisateurs et l’absence d’institutions représentatives.


Prix. Votre panier coûtera plus cher

L'indice du coût de la vie (ICV) a connu une augmentation de 2 % par rapport aux huit premiers mois de l’année dernière. Le Haut commissariat au plan précise que la part des produits alimentaires a connu, pour cette période, 2 % d’augmentation. Les transports et les communications ont progressé de 1,5 % alors que l’évolution des autres produits non alimentaires n’a pas dépassé 0,4 %. Le reste des composants de l’ICV est resté stable. L’impact de la saison estivale est présent dans cette évolution. La tendance consommatrice des ménages pendant cette période joue sur les prix en les tirant vers le haut. Une tendance qui risque de se maintenir en raison de la rentrée scolaire et de l’approche du mois de Ramadan. L’augmentation de l’ICV pour les mois à venir est d’autant plus attendue que les prix de l’énergie sont en hausse. Le facteur coût de production en sera impacté et donc le prix à la vente.



Khalid Tritki
Une stratégie sans capitaux ?

L'industrie a besoin de stratégie. Les conclusions de l’étude lancée par le ministère de tutelle décideront de ses contours. En attendant, des interrogations s’imposent. Des indiscrétions parlent déjà de l’influence du modèle coréen, une stratégie basée sur le développement par filière et une forte spécialisation. C’est une bonne chose. Mais il ne faut pas oublier que ce modèle a bénéficié de la lutte contre le communisme. Les Occidentaux voulaient à tout prix démonter la pauvreté du voisin du Nord, en opérant des injections massives de capitaux en Corée du Sud. Si le Maroc adopte la même démarche, d’où tiendra-t-il les capitaux ? La corrélation entre la stratégie industrielle et la promotion de l’investissement étranger est donc faite. Sauf qu’au Maroc le pari est loin d’être gagné. L’acte d’investir est souvent mis à mal. Preuve en est la structure financière des apports étrangers. Très souvent, ce sont les opérations de privatisation qui attirent le capital. L’investissement propre dans l’industrie existe, certes, mais reste à teneur très faible par rapport aux ambitions du pays. Et tant que l’assistance à l’investissement n’est pas huilée, le gouvernement aura sa stratégie, mais une de plus sans lendemain.


Fiscalité. Les associations dans le bain

Le fisc a transmis au patronat ses propositions fiscales. Le projet prévoit de petites nouveautés. Ainsi, l’omission ou défaut de déclaration des traitements et salaires devrait être sanctionné par 15 % de majoration. Actuellement, la sanction se limite à 25 DH par omission quel que soit le montant de l’impôt sur le revenu. À cela s’ajoute 15 % de majoration pour défaut de dépôt ou de dépôt hors délai. En matière de TVA, le seuil de l’exonération passera de 180.000 DH à 400.000 DH. Le taux de 10 % sera appliqué au sel de table, aux huiles d’olive et à l’huile fluide alimentaire, au sucre brut et raffiné et aux tapis. Les dattes conditionnées, les raisins secs, les figues sèches, les bougies de décoration seront soumises à 20 % de TVA. Les associations et œuvres de bienfaisance paieront les vignettes automobiles. L’exonération tombe pour élargir l’assiette fiscale. Une mesure qui ne devrait pas plaire à Harouchi.


Sous-traitance. Un salon en attendant…

Le Sistep, Salon de la sous-traitance, a ouvert ses portes mercredi dernier. Les organisateurs tablent sur la présence de 400 exposants d’une quinzaine de pays. La tendance qui se dégage de la présence des donneurs d’ordre de sous-traitance est favorable à l’industrie aéronautique. Plus de sept exposants cherchent des partenariats dans la mécanique de précision, le traitement de surface et la tôlerie fine. L’automobile n’est pas en reste. Le salon promet donc d'être de bonne facture. Cependant, à la veille de chaque salon de ce genre, le débat est réouvert au sujet de la mise en place d’un statut spécial de la sous-traitance. Le secteur avait, il y a quelques années, formulé quelques propositions d’ordre législatif spécifique à la sous-traitance. Le dossier sommeille depuis dans les tiroirs du ministère de l’Industrie et de Commerce.



Les off

Ports. Tanger Med à part
Le projet de code des ports approuvé début septembre, le port de Tanger Med échappera aux compétences de l’Agence nationale. Cette agence qui sera créée par division de l’actuel ODEP, aura une compétence étendue à tous les ports et ses attributions toucheront à tous les aspects portuaires. Mais sa mission s’arrêtera aux portes du futur port de Tanger.

Privatisation. L’UE pour la communication
La Commission européenne table actuellement sur l’élaboration d’une stratégie pour le redéfinition de la communication sur le programme de privatisation au Maroc. Des consultants ont été saisis de ce dossier et prochainement des séances de travail seront ouvertes. L’objectif est de l’améliorer en adoptant une démarche plus professionnelle sur le transfert des établissements publics vers le secteur privé.

PME. Des actions de lobbying au programme
La fédération de la PME a entamé une série de contacts avec des députés de tous bords. L’objectif est de les sensibiliser sur des mesures favorables à la PME. Ainsi, les questions législatives, qui n’ont pas été débattues avec le gouvernement, comme le délai de paiement, pourraient être discutées au Parlement lors de l’ouverture de la prochaine législature.


Les bancaires animent la cote

Sur la semaine du 4 au 7 octobre, le Masi a perdu plus de 40 points. L’accalmie touche les valeurs industrielles et épargne les bancaires. Hormis la BCP, les bancaires affichent une progression assez marquée. Même en l’absence de volumes signifiants, des valeurs comme celle de la BCM ont clôturé jeudi en hausse à 918 DH, soit sur une courbe ascendante. La BMCE continue à animer la cote, sur la semaine, elle drainé plus de 20 millions de dirhams et sa valeur est en bonne santé (533 DH). La BCP, quant à elle, n’a pas encore atteint le seuil de stabilité. Le cours demeure volatile. Il a clôturé jeudi à 709 DH alors qu’il avait entamé la semaine à 713 DH. Et ce malgré les bons résultats de la banque. La BCP a, en effet, réalisé un produit net bancaire de 392 millions de dirhams, soit en progression de 8 % sur les six premiers mois de l’année.

 
 
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