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Par Driss Bennani
"Je suis un bleu en management"
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Jamal Boushaba
(Journaliste culturel)
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Antécédents
| 1965. |
Naissance à Rabat |
| 1982. |
Arrive à Casablanca |
| 1986. |
Passe une année sabbatique à Paris où il découvre les arts |
| 1991. |
Crée Les alignés, magazine dart et dhumeur |
| 2000. |
Publie le magazine Au Maroc (2 numéros) |
| 2004. |
Chroniqueur au Journal hebdomadaire et à 2M |
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Smyet bak ?
Mouhamadine Boushaba.
Cest berbère ?
Non, il sappelle Mouhamadine, parce que laîné sappelait Mohamed. Cest une déformation des prénoms pour éviter les confusions.
Bonjour la créativité !
Ce nest pas ça. Ce sont les traditions. À lépoque, on ne cherchait pas à faire joli. Cest comme en France, où il y a beaucoup de Pierre et de Jean.
Smyet mok ?
Fatema Ayadi.
Nimirou dla carte ?
Je ne le retiens pas. Je ne retiens aucun numéro, en fait.
Premier interrogatoire ?
Oui, je nai pas de passé politique.
Vous êtes journaliste culturel. Quest-ce que ça fait dêtre journaliste de quelque chose qui nexiste pas ?
Ce nest même pas vrai. Ce quil y a, cest que certains responsables dans nos médias ne sont pas suffisamment cultivés pour mesurer limportance de la chose. Je reste convaincu que dans ce pays, le développement passe par la culture. La formule a prouvé son efficacité. Jai toujours uvré pour cette vision des choses et ça a très bien marché jusque-là.
Mais, cette culture pour laquelle vous vous battez reste un luxe pour la majorité des Marocains ?
Ça non plus, ce nest pas vrai. Depuis le protectorat, le Maroc sest vendu par sa culture. Nous navons pas de pétrole, cest notre véritable richesse.
On vous prend au sérieux quand vous vous présentez en tant que journaliste culturel ?
Pourquoi pas ? Parce que vous croyez quun journaliste politique est plus sérieux ? Quà cela ne tienne, mettons la culture dans son contexte de clé du développement. Cest dailleurs ce que je viens décrire dans un récent article.
Vous êtes coupable de lun des plus beaux magazines de ces dernières années, "Au Maroc" qui a tenu
1 numéro. Vous croyez que cest lespérance de vie dun bon magazine culturel ?
Non, nous navons pas été sanctionnés par le marché. Le magazine a très bien marché, le succès a dépassé nos espérances, mais nous étions des bleus en management. Nous navions pas les bons chiffres, pas le bon budget prévisionnel. On a donc été contraints de nous arrêter pour des problèmes de trésorerie.
Vous êtes sûr que ça na rien à voir avec votre grande gueule ?
Absolument pas. Et puis grande gueule est une image que je nai jamais eu de moi-même.
Ah bon, et quest-ce que vous appelez le fait de descendre un mythe comme Fatema Mernissi ?
Cest du dépit amoureux. Cest une femme que jai toujours lue, suivie et qui a écrit des choses excellentes. Mais qui, pour des raisons que je narrive pas à mexpliquer, nous fourgue, à nous Marocains, contrairement aux éditions étrangères, de la merde. Cest tout.
Vous faites partie de l'association Casa mémoire, vous militez pour la sauvegarde du patrimoine architectural de Casablanca
Vous pensez sérieusement que c'est une priorité ?
Si ce nest que dun point de vue purement économique, cest une nécessité. Rendre la ville plus agréable boosterait le tourisme urbain. En France, cest Paris qui compte, tout comme Barcelone, Delhi, Londres, etc. Casablanca compte la plus grande concentration darchitecture de la première moitié du 20ème siècle, un véritable livre à ciel ouvert, mais dont les pages ne peuvent être lues tellement elles sont sales. Maintenant, ils veulent créer une avenue royale, un opéra, un aquarium, alors que tout existe déjà. Je dis, ne faites pas plus, ni mieux, nettoyez dabord. |
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