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Par Laetitia Grotti
Élections américaines. Raison contre foi
George Bush et son rival démocrate John Kerry ont confronté sans concessions leurs vues sur l'Irak. L'un a fait appel à la raison, l'autre à la foi.
Jeudi dernier, plus de 62 millions de téléspectateurs américains avaient les yeux rivés sur leur petit écran pour suivre les échanges entre les deux candidats à la présidence. Pour la première fois, ils ont pu voir et entendre la profonde différence entre les deux hommes. L'un a fait appel à leur raison, l'autre à leur foi. |
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Pour de nombreux observateurs, Kerry a gagné la bataille de la raison haut la main. Dans la discussion sur l'Irak, le thème central de l'élection du 2 novembre, le candidat démocrate s'est montré tranchant et systématique, faisant honneur à sa réputation de champion débatteur. Il a démontré son art dans un échange qui marquera peut-être ce premier débat. "Vous savez, le père du président n'est pas arrivé à Bagdad, il na pas dépassé Bassora", a déclaré Kerry. Et le candidat démocrate de citer le livre de George Bush père, où celui-ci défend sa décision de ne pas en finir avec Saddam Hussein "parce qu'il savait quil ny avait pas de stratégie de sortie viable", a rappelé Kerry. "Et il a dit que nos troupes seraient des occupants dans une terre terriblement hostile. C'est exactement là où nous nous trouvons aujourd'hui", a ajouté le sénateur du Massachusetts.
Piqué au vif, Bush a répondu sur un ton impérieux : "Je sais comment le monde marche". Et il a de nouveau invoqué le 11 septembre pour justifier l'invasion de l'Irak. Pour lui, "l'ennemi nous a attaqués". "Le président vient de dire quelque chose d'extrêmement révélateur et de franchement très important dans ce débat", a répliqué Kerry, en s'adressant au modérateur Jim Lehrer. "En réponse à votre question sur l'Irak, il a dit : 'l'ennemi nous a attaqués'. Saddam Hussein ne nous a pas attaqués. Oussama Ben Laden nous a attaqués". C'était une fois encore la voix de la raison.
Mais George W. Bush s'accroche à sa foi, qui est inébranlable. Au-delà de ses grimaces, il n'a jamais dévié de ses certitudes lors de ce premier débat télévisé. "Je crois que je vais gagner parce que les Américains savent que je sais diriger", a-t-il dit. Et d'ajouter : "Si jamais l'Amérique montre une incertitude ou une faiblesse au cours de cette décennie, le monde ira à la tragédie. Cela n'arrivera pas tant que je serai votre président".
Après le débat, les sondages instantanés ont donné Kerry vainqueur. Mais l'un d'entre eux - celui de CNN - a révélé qu'une majorité des répondants continuaient à préférer Bush comme commandant en chef.
La raison peut-elle triompher de la foi en 2004 aux États-Unis ? Vendredi soir, Bush et Kerry se retrouveront à Saint-Louis, où aura lieu le deuxième débat de la campagne présidentielle, qui en théorie, devrait avantager Bush. En effet, les questions ne viendront pas d'un modérateur, mais d'électeurs n'ayant pas encore fixé leur choix. Dans des échanges plus libres, le président pourrait mettre à profit son franc-parler. À l'opposé, John Kerry devra établir un contact affectif avec les gens, ce qu'il est loin de toujours réussir.
Une chose est certaine: la performance de Kerry a redonné espoir aux démocrates. Face à Bush, jeudi soir, c'est le candidat démocrate qui avait l'air d'un président. À l'opposé, le chef de la Maison Blanche semblait petit, irritable, mal à l'aise. L'empereur était quasiment nu. |
Gaza. Tsahal sous pression américaine
Près de 90 morts en moins de 10 jours, tel est le bilan désastreux des offensives de lopération "Jours de pénitence", lancée à grands coups de roquettes par larmée israélienne à lintérieur de la Bande de Gaza. À lentame de cette deuxième semaine de combats particulièrement meurtriers, Ahmed Qoreï sest élevé contre "lindifférence internationale à légard de la souffrance des Palestiniens". Alors que les États-Unis opposaient à lONU leur veto, à deux reprises en une semaine, pour une résolution contre les incursions israéliennes, il semblerait que ce soit sous la pression américaine, cette fois, que Tsahal stoppe les hostilités. Devant les pressions onusiennes, et notamment arabes, Colin Powell voudrait-il ramener Sharon à la raison ? "Jespère que cette opération pourra prendre fin rapidement et que ce que fait Sharon est proportionnel à la menace quIsraël subit"
Réponse de lanalyste du quotidien israélien Haaretz : "En une semaine, le nombre de Palestiniens tués équivaut presque aux pertes israéliennes depuis le début de lannée 2004". Le même quotidien publiait également, le 6 octobre dernier, un entretien étonnant dun conseiller dAriel Sharon expliquant que le plan Sharon de "désengagement unilatéral" de Gaza "fournit la quantité de formol nécessaire pour quil ny ait pas de processus politique avec les Palestiniens"... |
Egypte. Sanglants attentats contre
des Israéliens
LÉgypte sest retrouvée sous le feu des terroristes, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, après trois explosions dans des lieux touristiques de la péninsule du Sinaï (Taba, Noueïba et Ras al Soultan), essentiellement fréquentés par des Israéliens, venus célébrer la fête religieuse Soukkot. Bilan, au moins 23 morts à lheure où nous mettons sous presse, et une revendication téléphonique (au bureau de lAFP de Jérusalem), encore à vérifier, celle dune organisation inconnue se prénommant "Groupe islamiste mondial", dont lopération visait à "venger les martyrs palestiniens et arabes qui tombent en Palestine et en Irak". |
Canada. Un congrès mondial contre la peine de mort
78 pays appliquent toujours la peine de mort, et selon Amnesty International, au moins 1526 personnes ont été exécutées dans 31 pays au cours de lannée 2002. 81 % de ces exécutions ont eu lieu en Chine, en Iran et aux USA. Autant dire quun congrès mondial est loin dêtre superflu. Ledit congrès sest ouvert le 6 octobre pour se terminer le 9 octobre à Montréal, en présence davocats, de militants, de diplomates, duniversitaires, de responsables dONG, délus et de célébrités, comme Catherine Deneuve. Le but étant darriver "aujourdhui à un moratoire général, première étape vers labolition universelle", a déclaré Jacques Chirac. |
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