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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Ça me dérange de faire le pitre"

Ali Belhaj
(Président d'Alliance Des Libertés)
Antécédents

    1960. Naissance à Marseille
    1985. Doctorat en économie aux États-Unis
    1992. Président de la commune de Dar Bouâzza
    1995. Crée l'association Maroc 2020
    2002. Président d'Alliance des Libertés (ADL)

Smyet bak ?
Abdelkader.

Smyet mok ?
Mimi Boutiba, que Dieu ait son âme.

Nimirou d'la carte ?
Je ne me rappelle jamais, mais je peux vérifier.

Blach ! Où avez-vous disparu depuis les élections ?
Après les législatives, il y a eu les communales. Le parti a eu 450 élus. Des présidences dans 25 villes petites et moyennes, des vices-présidences dans de plus grandes villes. Nous avons tenu notre congrès annuel, lancé des associations professionnelles. C'est un travail de structuration qui n'est pas très visible, mais les résultats sont là.

Soit, mais vous n'avez fait aucune sortie, ne serait-ce que pour "réaffirmer la marocanité du Sahara marocain"...
On a réagi, mais on ne donne pas assez de visibilité au parti. Et puis, à quoi bon faire une sortie pour affirmer la même chose que tous les autres partis ? Certes, il n'y a pas une personne pour contester la marocanité du Sahara…

Qui vous a dit ça ?
Je nuance, évidemment. Je ne dispose d'aucune étude scientifique, mais on peut dire qu'aucun parti politique ne la conteste. Il faut ouvrir un débat public, favoriser une confrontation d'idées entre citoyens majeurs. Ça me dérange de faire le pitre.

Lors de votre congrès constitutif, vous ambitionniez de "rénover la vie politique". Deux ans de "vraie" vie politique vous ont-ils fait changer d'ambition ?
Nous sommes plus modestes. Nous espérons participer à la rénovation de la vie politique. En étant des agitateurs d'idées, en attirant les jeunes, en décloisonnant le politique et l'associatif, etc. Notre première évaluation, nous la ferons en 2007.

Vous êtes un parti de jeunes. Ça veut dire que vous refusez les vieux ?
Non, mais les jeunes ne se sentent pas représentés dans les partis actuels. Nous essayons de les associer à notre programme. Le rôle d'un parti, on semble l'oublier, est d'encadrer la jeunesse.

La jeunesse dorée de Rabat et de Casablanca ?
J'accepte qu'on parle d'élite locale, mais pas de jeunesse dorée. C'est l'élite locale qui tire le reste vers le haut. Nous sommes représentés partout, de Dakhla à Tétouan, en passant par Khemisset.

Vous n'êtes pas frustrés que l'État vous ait piqué votre idée "Maroc 2020", en vous précédant de 10 ans ?
L'idée est de réfléchir sur des sujets clés, comme l'éducation ou la santé, et à long terme, de penser le futur de ce pays. Nous n’avons rien inventé.

Vous vous êtes déclaré contre la peine de mort, mais sans réagir contre la condamnation des terroristes du 16 mai. C’est courageux...
Et je reste, personnellement, fermement opposé à la peine de mort. Une société ne peut pas décréter la mort, elle n’a pas donné la vie. C’est un acte barbare. Mais, que voulez-vous, il reste populaire.

Même au sein d’un parti "jeune" comme le vôtre ?
Nous lançons le débat au sein du parti. Il faut convaincre les gens, mais il n'y a pas unanimité.

Votre identité "bourge" dérange toujours ?
Autant que celle de votre patron Benchemsi ou de n'importe quel fils de bonne famille.

Oui, mais Benchemsi ne sillonne pas le monde rural en Jaguar !
Ce n’est pas ma Jaguar. En plus, quitte à avoir une Jaguar, mieux vaut être sur des projets sociaux plutôt qu’au golf.

Vous êtes ambitieux ?
J’aime faire des choses intéressantes. Je ne suis pas carriériste, sinon, j’aurai eu un tout autre parcours.

Comme intégrer le premier cercle royal ?
C’est un choix du souverain, ça ne se décrète pas. être dans le premier cercle royal peut servir pour faire des choses intéressantes.

 
 
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