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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Ariane Mélazzini

Algérie. Bouteflika impose son code

(Photo AFP)
Bouteflika avait timidement promis un nouveau code de la famille s’il était réélu. Aujourd’hui, il veut l’imposer à une société très divisée, mais qui veut aller plus loin.


S i le président réélu, le 8 avril dernier à une écrasante majorité, cherche aujourd’hui à imposer à tout prix sa réforme - "La révision du Code de la famille est impérative" a-t-il déclaré le 10 octobre dernier - c’est d’abord à une réforme profonde de la société qu’il s’attaque. Une société algérienne qui reste sclérosée par un code élaboré en 1984, instituant depuis une
"sous citoyenneté des femmes", d'après le collectif "Vingt ans, barakat !". De là à dire que le président Bouteflika se serait senti doublé par son homologue marocain, le10 décembre 2003, il n’y aurait qu’un pas. En effet, le lendemain du discours royal, Bouteflika s’est à son tour empressé d’annoncer un nouveau code… Argument providentiel pour une campagne à venir ? Certainement, puisque ce projet ne prit qu’une place mineure dans sa campagne, derrière l’annonce de grands travaux et d’un "nettoyage politique". Une fois ce nettoyage accompli, la presse mise au pas et la reprise en main du FLN, Bouteflika semble prêt à se lancer. Le projet de loi actuel reconnaît notamment la polygamie et la répudiation. La commission mise en place propose donc les amendements suivants : la femme pourra choisir son conjoint, fin du tutorat, interdiction de la polygamie, tutelle commune du père et de la mère sur les enfants, révision des lois sur le divorce, avec le versement obligatoire d’une pension alimentaire.
Si les défenseurs de la cause féminine réclament tout simplement l’abrogation de cette "loi anticonstitutionnelle", ainsi que le déclarait Louisa Hanoune, porte-parole du Parti des Travailleurs (PT) et première candidate féminine à l’élection présidentielle, les islamistes, eux, s’opposent fermement à des "amendements contraires à la Charia (loi islamique)". Pourtant, Bouteflika s’était appliqué à rendre sa déclaration aussi diplomate que possible, voire à double tranchant : "La révision s’est avérée impérative si nous voulons garantir la stabilité et l’harmonie dans la société et assurer le respect de la Charia", avant d’insister sur une loi qui "reste valable en tout lieu et en tout temps, conformément à la tradition des premiers exégètes". Un dangereux tour de passe-passe qui a le don de provoquer l’hystérie des uns et des autres, certains allant même jusqu’à abaisser le débat à des formules périmées : "Les femmes sont des vaches" ou encore "Les femmes sont invitées à se contenter de la moitié ou du quart d’un homme"… Et qui dénote, surtout, d’une volonté de ne pas rompre le lien avec les "alliés" religieux. Entre un mouvement islamiste d’El Islah qui réclame un référendum et les féministes sollicitant l’abrogation pure et simple du code au profit de lois civiles et égalitaires, Bouteflika devra plus que jamais montrer une détermination sans faille face à un chantier sociétal qui, à l’instar du Maroc, transcende largement les antagonismes et les fractures sociales pour réformer en profondeur les mentalités.


Afghanistan. Premiers dépouillements entre amis

Cinq jours après les premières présidentielles au suffrage universel de l’histoire de l’Afghanistan, les dépouillements ont débuté le 14 octobre et 25.000 bulletins ont déjà été comptés. Le taux de participation n’est toujours pas connu et les résultats devront se faire attendre jusqu'à la fin du mois. Le sentiment de réussite des forces américaines est, toutefois, facilement contrebalancé par la relative mauvaise ambiance entre les candidats. En effet, les candidats ont déposé pas moins de 43 plaintes pour irrégularité du scrutin, actuellement étudiées par les experts internationaux. Le boycott de l’élection annoncé le jour même du scrutin par 15 des 18 candidats - dénonçant la "fraude organisée" et une élection "illégitime" - n’a, lui, pas tenu longtemps, les candidats ayant été sommés de résoudre leurs "disputes"par ces mêmes experts, Kofi Annan en tête. De plus, les premiers résultats annoncés par l’IRN (Institut républicain national) donnant Karzaï gagnant et Qanouni, son principal rival, loin derrière, sont à prendre avec prudence, l’IRN étant affilié au parti républicain américain. Et quand on sait combien la réussite de cette élection tomberait à point nommé dans le calendrier présidentiel américain de G. W. Bush, on se demande si les Afghans seront vraiment libres de choisir leur président.


USA. Bush tricheur ?


La polémique enfle sur le fameux "faux pli" détecté par les caméras dans le dos du président américain lors du premier débat avec son rival démocrate, John Kerry. Bush aurait-il triché en se faisant souffler son discours par le biais d’une oreillette ? Son "laissez-moi finir", alors que personne ne l’interrompait, ainsi que la curieuse insistance des républicains pour ne pas filmer les candidats de dos a de quoi mettre la puce à l’oreille. Durant les célébrations du Débarquement en France, en juin dernier, un technicien de CNN aurait même intercepté le son d’une voix lui récitant son discours… On savait Bush maladroit, mais là c’est du tout cuit !


Irak. Al Zarkaoui wanted !

Alors que les combats et attaques font rage en Irak, à l’approche du Ramadan (1 otage turc décapité, 35 morts pour la journée de jeudi 14), et craignant de nouvelles attaques, Iyad Allaoui a lancé, mercredi 13 octobre, un ultimatum à la rébellion sunnite : "Nous avons demandé à Fallouja de livrer Al Zarkaoui et son groupe. S’ils ne le font pas, il y aura une opération d’envergure. Nous n’aurons pas de clémence". Fallouja est considérée comme le fief des moudjahidine sunnites et Abou Moussab Al Zarkaoui comme le responsable des enlèvements, décapitations, attentats commis ces derniers mois en Irak, tout en étant… aussi invisible qu’un Ben Laden !

 
 
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