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Par Chadwane Bensalmia
Brouhaha au Parlement
Des Harakis qui menacent de quitter le Parlement, des Istiqlaliens qui changent de discours, deux députés qui se retirent du groupe UC-PND
La rentrée s'avère houleuse.
C'est un nouveau tour de force qui a marqué, mercredi, la séance plénière consacrée à l'élection des membres du bureau de la Chambre et celle des présidents des six commissions. Harakis et Istiqlaliens ont joué chacun la carte de lultimatum dans leur course aux sièges.
À 16 h, heure prévue pour le démarrage de la séance, seuls les |
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députés du PJD, calmes et disciplinés, étaient présents dans la salle. À lexception de Mustapha Ramid, qui a même boycotté louverture de la session (une première), suite à sa destitution de la présidence du groupe en faveur de Abdellah Baha, le parti a choisi de faire profil bas en attendant des jours meilleurs. Dailleurs, "les autres membres du PJD sont plutôt de nature conciliante. Cest pour cela aussi que la nomination de Baha est passée sans accroc", avance-t-on pour commenter la sérénité apparente des députés du PJD.
Du reste, les autres groupes ont passé laprès-midi dans le bureau du président du Parlement, Abdelouahed Radi, en manque darguments pour convaincre laudience de lamendement de larticle 11 du règlement de la Chambre. Lequel prévoit la réduction du nombre des vice-présidents de 8 à 7, pour le mettre en adéquation avec le nombre de groupes. À lannonce de la nouvelle, les Harakis ont crié à linjustice. Premier groupe par le nombre, l'UMP convoitait - naturellement - 2 sièges du bureau de la chambre. Une thèse qui tient la route, compte tenu du passif de la chambre basse. Cest dailleurs là-dessus que le trio MP-MNP-UD sest appuyé pour plaider sa cause. "En 1983, lUC avait réussi à obtenir 2 sièges. Et avant cela, en 1977, le RNI en avait récolté 4", rapporte-t-on. Le discours de Radi sur la cohérence et lhomogénéité na pas suffi pour ramener les Harakis à la raison. "Cest compréhensible. 2 sièges, cest deux fois plus de poids que les autres partis. Ensuite, il y a les 7000 DH de différence de salaire", commente-t-on cyniquement. Résultat, le groupe haraki a commencé la journée avec 73 députés pour la terminer avec seulement 67. Devant lintransigeance de Radi, six dentre eux ont sorti le grand jeu, remettant en cause lauthenticité de leur signature sur la liste du groupe. Parmi eux, lex-gendarme et député MP, Ahmed Zarouf, qui aurait décidé de porter plainte pour falsification de signature. Deux autres élus ont menacé de quitter le groupe si ledit amendement était appliqué. Et joignant le geste à la parole, ils se sont assuré le soutien de 11 autres membres du groupe en prévision du pire. Les éventuels démissionnaires seraient, en outre, entrés en contact avec le secrétaire général du FFD, Thami Khyari. "Il faut croire que derrière la bataille des sièges se cache un autre calcul et une autre guerre", souligne ce député de lalliance socialiste. Entre tractations et bras de fer, on soufflera dans les couloirs le nom de Mohamed Benzeroual, ladversaire de Bouâzza Ikken au sein de lUD, qui naurait pas apprécié la nomination de Lahcen Hasnaoui à la tête de l'UMP. La possibilité dune scission en son sein nest d'ailleurs pas écartée.
Sur fond de protestation et de guéguerres internes, lélection des présidents des commissions a, à son tour, été retardée. Et cest aux Istiqlaliens, cette fois, de compliquer la tâche. Le PI, qui avait à la dernière réunion accepté de céder la commission de lIntérieur en échange de celle des Finances, est revenu sur sa position ce mercredi 13 octobre pour convoiter la commission des USFPistes. Le premier partage entre les groupes avait, en effet, abouti à loctroi de la commission de la Justice, de la Législation et des Droits de l'homme à lUSFP. LIstiqlal s'octroyait les Finances et le Développement économique. L'UMP, dont de nombreux élus siègent dans les municipalités et communes, avait naturellement arraché la commission de lIntérieur, de la Décentralisation et des Infrastructures. Le PJD récoltait les Affaires étrangères. Et en définitive, le RNI et le groupe UC-PND se voyaient attribuer respectivement les Secteurs sociaux et les Secteurs productifs. Seulement voilà, moins dune semaine après ce compromis, les Istiqlaliens, menés par Ahmed Khalil Boucetta, ont créé la surprise en réclamant la Justice. Boucetta aurait, selon des sources du parti, profité de labsence de Abdelhamid Aouad pour "se positionner en plaçant un de ses sympathisants (Mohamed Taïbi)". La tentative naura probablement pas de suite. Mais il nen demeure pas moins quà la sortie du Parlement, la balle était encore dans le camp des frères ennemis. |
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Abdelouahed Radi Entre deux feux
Abdelouahed Radi nest certainement pas un homme à envier. À quelques mois de lexpiration de son mandat, le président du Parlement est en mal de consensus, handicapé par quelques calculs dapothicaire et autres règlements de comptes partisans. "Il finira certainement par trouver un compromis. La question est de savoir à quel prix et dans quels délais", précise un député de son parti. Les premières résistances face à lamendement de larticle 11 (lire article) sont, en effet, un avant-goût amer de ce que seront les discussions du projet de loi sur les partis. Le retard enregistré dans le dépôt des listes des groupes - initialement fixé pour le 5 octobre passé -, la position de A. Radi face aux "caprices" du pôle haraki, avec en filigrane la course à la vice-présidence et la scission qui pourrait en découler, risquent de lui coûter quelques dizaines de voix lors des élections en avril prochain. Alors même que lensemble des groupes lui accorde aujourdhui de grandes qualités de médiateur, le président du Parlement est plus que jamais appelé à user de doigté pour garantir sa réélection. |
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